cours, méthodes, 9 exercices corrigés, QCM de 8 questions
Durée
60 min
Prérequis
Structure de la cellule eucaryote, notion de chromosome (niveaux précédents)
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contenu original 9raya, gratuit, CC BY-NC-SA 4.0.
L'essentiel
Remarque
Ce chapitre rassemble la localisation de l'information génétique, la structure de l'ADN, sa réplication, le cycle cellulaire, la mitose et les chromosomes. Selon l'organisation de ta classe, certains points (preuves expérimentales, caryotype) peuvent avoir été vus dans un autre chapitre : ici, tu as la vue d'ensemble pour réviser.
1. Où se trouve l'information génétique ?
Les caractères héréditaires d'un être vivant (forme, couleur, fonctionnement des cellules) dépendent d'une information génétique. Elle est transmise d'une cellule à ses cellules filles lors des divisions, et des parents aux enfants lors de la reproduction.
Chez les cellules eucaryotes, cette information est localisée dans le noyau. Des expériences d'ablation et de greffe réalisées sur des algues unicellulaires géantes (les acétabulaires, dont la forme du chapeau est caractéristique de l'espèce) le montrent :
une cellule sans noyau régénère un premier chapeau grâce aux substances déjà présentes dans le cytoplasme, mais ne peut plus en refaire ensuite ;
si on greffe la tige d'une espèce A sur la base nucléée d'une espèce B, le chapeau formé est d'abord de forme intermédiaire, puis, après une nouvelle ablation, de forme B : c'est le noyau qui commande la forme définitive.
Remarque
Les mitochondries et les chloroplastes contiennent aussi un peu d'ADN propre. Mais l'essentiel de l'information génétique de la cellule est dans le noyau. Le détail de l'ADN mitochondrial est une notion complémentaire : vois avec ton professeur si elle est au programme de ta classe.
2. L'ADN, support chimique de l'information génétique
Le noyau contient de l'ADN (acide désoxyribonucléique), réparti dans les chromosomes. Plusieurs arguments montrent que l'ADN est le support de l'information génétique :
Expérience
Principe
Conclusion
Transformation bactérienne (Griffith, 1928)
Des pneumocoques S (lisses, virulents) tués par la chaleur, mélangés à des pneumocoques R (rugueux, non virulents) vivants, tuent des souris, et on retrouve des bactéries S vivantes dans les souris mortes
Un « principe transformant » passe des bactéries mortes aux bactéries vivantes et modifie leur caractère de façon héréditaire
Identification du principe transformant (Avery et collaborateurs, 1944)
Un extrait de bactéries S est traité par une protéase, une ARNase ou une ADNase avant d'être mis en contact avec des bactéries R
Seule la destruction de l'ADN supprime la transformation : le principe transformant est l'ADN
Infection par un virus bactériophage (Hershey et Chase, 1952)
Deux lots de virus : dans l'un, l'ADN est marqué au 32P ; dans l'autre, les protéines sont marquées au 35S ; après infection de bactéries, on sépare les bactéries des coques vides (capsides) des virus
La radioactivité du 32P se retrouve dans les bactéries, celle du 35S reste à l'extérieur : c'est l'ADN qui pénètre et dirige la fabrication de nouveaux virus
Un argument de plus : la quantité d'ADN d'un noyau diploïde qui ne se prépare pas à se diviser (phase G1, voir le paragraphe 5) est la même dans toutes les cellules d'une espèce, et elle est de moitié dans les gamètes.
3. Structure de l'ADN
Définition(Nucléotide)
Un nucléotide d'ADN est formé d'un sucre (le désoxyribose), d'un groupement phosphate et d'une base azotée : adénine (A), thymine (T), guanine (G) ou cytosine (C).
Les nucléotides s'enchaînent par des liaisons entre le phosphate de l'un et le sucre du suivant : on obtient une chaîne polynucléotidique (un « brin »), avec un squelette sucre-phosphate et des bases tournées vers l'intérieur.
Propriété(Double hélice)
La molécule d'ADN est formée de deux brins antiparallèles enroulés en double hélice. Les bases se font face et s'apparient par des liaisons hydrogène : A avec T (2 liaisons) et G avec C (3 liaisons). Les deux brins sont donc complémentaires, et non identiques.
Conséquences de la complémentarité (règles de Chargaff) : dans une molécule d'ADN bicaténaire, %A=%T et %G=%C. On en déduit :
%A+%G=50%
Le pourcentage de bases G + C varie d'une espèce à l'autre, mais il est identique sur les deux brins d'une même molécule (chaque G d'un brin fait face à un C de l'autre brin). Ce qui porte l'information, c'est l'ordre des nucléotides (la séquence), un peu comme l'ordre des lettres dans un mot.
Remarque
Pour te repérer, chaque brin a une extrémité 5' (côté phosphate) et une extrémité 3' (côté sucre). Les deux brins sont orientés en sens inverse. Pour écrire le brin complémentaire de 5'-ATGC-3', on complète base par base : 3'-TACG-5', soit 5'-GCAT-3' si on le lit dans le sens 5' vers 3'. Cette notation 5'/3' est un complément qui sert à comprendre le mot « antiparallèles » : vois avec ton professeur si elle est exigée dans ta classe.
Ordres de grandeur utiles pour les calculs : deux paires de bases successives sont séparées d'environ 0,34nm le long de la molécule, et le diamètre de la double hélice est d'environ 2nm. L'ADN diffère de l'ARN :
Caractère
ADN
ARN
Sucre
désoxyribose
ribose
Bases
A, T, G, C
A, U (uracile), G, C
Structure
deux brins (double hélice)
un seul brin
Localisation
surtout noyau
noyau et cytoplasme
4. La réplication de l'ADN
Avant chaque division cellulaire, l'ADN est répliqué : la molécule est copiée à l'identique pour que chaque cellule fille reçoive la même information. Trois modèles sont possibles :
conservatif : la molécule d'origine reste intacte et une molécule entièrement neuve est formée ;
semi-conservatif : chaque molécule fille garde un brin ancien et possède un brin néo-synthétisé ;
dispersif : les molécules filles sont faites de fragments anciens et neufs mélangés.
Expérience de Meselson et Stahl (1958). Des bactéries sont cultivées longtemps sur un milieu contenant de l'azote lourd 15N : leur ADN est « lourd ». Elles sont ensuite transférées sur un milieu à l'azote léger 14N. On extrait l'ADN à chaque génération et on le centrifuge dans un gradient de chlorure de césium, qui sépare les molécules selon leur densité : ADN lourd (15N/15N), ADN hybride (15N/14N), ADN léger (14N/14N).
Génération sur 14N
Conservatif
Semi-conservatif
Dispersif
Observé
1
50 % lourd + 50 % léger
100 % hybride
100 % hybride
100 % hybride
2
25 % lourd + 75 % léger
50 % hybride + 50 % léger
100 % de densité intermédiaire plus légère
50 % hybride + 50 % léger
À la génération 1, le modèle conservatif est éliminé (pas de bande lourde). À la génération 2, le modèle dispersif est éliminé (il y a de l'ADN léger). Seul le modèle semi-conservatif est compatible avec les résultats.
Propriété(Réplication semi-conservative)
Lors de la réplication, les deux brins de la molécule d'ADN se séparent et chacun sert de matrice pour la synthèse d'un brin complémentaire. Chaque molécule fille est formée d'un brin ancien et d'un brin nouveau.
Après n générations à partir d'une molécule lourde, il y a 2n molécules, dont toujours 2 hybrides (celles qui contiennent un brin lourd d'origine). La proportion d'ADN hybride vaut donc :
2n2=2n−11(n≥1)
Au niveau moléculaire, la réplication fait intervenir une enzyme qui ouvre la double hélice (hélicase) et des ADN polymérases qui ajoutent les nucléotides complémentaires en face de chaque brin matrice. Chez les eucaryotes, la réplication démarre en de nombreux points à la fois, ce qui accélère la copie. La complémentarité des bases et le contrôle des polymérases rendent les erreurs très rares ; une erreur non corrigée est une mutation (voir le chapitre suivant).
5. Le cycle cellulaire
Entre deux divisions, une cellule qui se divise passe par un cycle cellulaire formé de l'interphase (phases G1, S, G2) et de la mitose (phase M). On note Q la quantité d'ADN d'un lot haploïde de n chromosomes à une chromatide : un noyau diploïde en G1 contient donc 2Q.
Phase
Événements principaux
ADN par noyau
Chromosomes
G1
Croissance de la cellule, synthèse de protéines
2Q
1 chromatide chacun
S
Réplication de l'ADN
de 2Q à 4Q
passent à 2 chromatides
G2
Préparation à la mitose
4Q
2 chromatides chacun
M
Mitose puis cytodiérèse
de 4Q à 2Q par noyau fils
1 chromatide chacun après la séparation
Certaines cellules sortent du cycle et ne se divisent plus (phase G0) ; d'autres, comme les cellules d'un méristème de racine, se divisent sans arrêt. Des points de contrôle vérifient, par exemple, que l'ADN est entièrement répliqué avant d'entrer en mitose. Une cellule qui échappe à ces contrôles peut se multiplier de façon anarchique.
6. La mitose
Définition(Mitose)
La mitose est la division du noyau d'une cellule en deux noyaux fils génétiquement identiques au noyau de la cellule mère. Elle est suivie de la cytodiérèse, qui partage le cytoplasme.
Phase
Événements
État des chromosomes
Prophase
Les chromosomes se condensent, le nucléole et l'enveloppe nucléaire disparaissent, le fuseau de division se met en place
visibles, à 2 chromatides
Métaphase
Les chromosomes, très condensés, s'alignent à l'équateur de la cellule (plaque équatoriale), chacun fixé au fuseau par son centromère
à 2 chromatides, les plus visibles (on fait le caryotype à ce stade)
Anaphase
Les centromères se divisent : les deux chromatides de chaque chromosome se séparent et migrent vers les pôles opposés
à 1 chromatide, en nombre doublé dans la cellule
Télophase
Les chromosomes se décondensent, les enveloppes nucléaires et les nucléoles se reforment, la cytodiérèse sépare les deux cellules
à 1 chromatide, dans deux noyaux
Caractère
Cellule animale
Cellule végétale
Fuseau
formé autour des centrioles, avec des asters
sans centrioles ni asters
Cytodiérèse
étranglement de la membrane au niveau de l'équateur
formation d'une cloison (plaque cellulaire) puis d'une paroi
Les deux cellules filles ont le même nombre de chromosomes et la même information génétique que la cellule mère : la mitose assure la conservation de l'information génétique au cours des générations de cellules. Elle sert à la croissance, au renouvellement des cellules et à la cicatrisation.
7. Les chromosomes
La chromatine (observée en interphase) et les chromosomes (observés en mitose) sont constitués de la même matière : de l'ADN associé à des protéines, notamment des histones. Ce sont deux états de condensation. Décondensée, la chromatine est accessible pour la lecture des gènes ; condensée, elle se transporte plus facilement pendant la division.
Définition(Chromosome métaphasique)
Un chromosome métaphasique est formé de deux chromatides identiques (chacune une molécule d'ADN), réunies au niveau du centromère. De part et d'autre du centromère se trouvent les deux bras.
Le caryotype est l'ensemble des chromosomes d'une cellule, photographiés en métaphase et classés par paires selon leur taille et la position du centromère. Il est caractéristique de l'espèce.
Une cellule diploïde (2n chromosomes) possède les chromosomes par paires d'homologues : même forme, mêmes gènes, mais pas nécessairement les mêmes allèles. Un gamète est haploïde (n chromosomes).
Chez l'être humain, 2n=46 : 22 paires d'autosomes et 1 paire de chromosomes sexuels (XX chez la femme, XY chez l'homme).
Espèce
Nombre de chromosomes (2n)
Drosophile
8
Petit pois
14
Oignon
16
Maïs
20
Être humain
46
Chien
78
Remarque
Le nombre de chromosomes n'est pas lié à la complexité de l'espèce : il ne sert pas à classer les êtres vivants du « plus simple » au « plus complexe ».
Méthodes
Méthode 1 : Exploiter un document expérimental
Décris : cite le principe de l'expérience et les résultats avec des valeurs chiffrées.
Compare : mets en regard les lots (témoin et essais) et relève ce qui change.
Déduis : tire une conclusion limitée à ce que montrent les données.
Explique : relie la conclusion à une notion du cours.
Exemple. Des souris sont injectées avec les bactéries suivantes (20 souris par lot) : R seules, 0 mort ; S seules, 20 morts ; S chauffées, 0 mort ; R + S chauffées, 17 morts.
Rédaction : « Les bactéries R seules et les S chauffées sont inoffensives (0 mort sur 20), les S vivantes tuent les 20 souris. Pourtant, le mélange R + S chauffées tue 17 souris sur 20 : un facteur contenu dans les S mortes a donc rendu virulentes les bactéries R vivantes. On parle de principe transformant. Ces résultats ne disent pas quelle est la nature chimique de ce facteur : il faut d'autres expériences (traitements par des enzymes) pour montrer que c'est l'ADN. »
Méthode 2 : Prévoir les résultats selon chaque hypothèse de réplication
Écris les brins de la molécule de départ (lourd = 15N pour les deux brins).
Applique la règle de chaque modèle à la première réplication : conservatif (une molécule d'origine garde ses deux brins lourds), semi-conservatif (chaque molécule a un brin lourd et un brin léger), dispersif (mélange).
Répète pour la génération suivante : à chaque réplication, le nombre de molécules double.
Compare avec les résultats : élimine tout modèle qui prévoit une bande que l'on n'observe pas, ou qui n'explique pas une bande observée.
Pour le modèle semi-conservatif, après n générations : 2n molécules, dont 2 hybrides.
Méthode 3 : Suivre ADN, chromosomes et chromatides au cours du cycle
Pour une cellule 2n=6, on obtient (ADN par noyau, Q = ADN d'un lot haploïde) :
Moment
Chromosomes
Chromatides
ADN
G1
6
6
2Q
Fin de S, G2, métaphase
6
12
4Q
Fin d'anaphase (dans la cellule)
12
12
4Q dans la cellule, soit 2Q à chaque pôle
Après télophase (par cellule fille)
6
6
2Q
Règle : le nombre de chromatides double en phase S (réplication) ; le nombre de chromosomes double à l'anaphase (les centromères se divisent, chaque chromatide devient un chromosome) ; à la cytodiérèse, chaque cellule fille reçoit la moitié de ces chromosomes, soit le même nombre que la cellule mère.
Méthode 4 : Calculer avec les règles de Chargaff
%A=%T et %G=%C.
Si on connaît une base, on trouve les trois autres : %G=%C=2100−2×%T.
Pour passer aux effectifs, on multiplie le pourcentage par le nombre total de bases (le double du nombre de paires de bases).
Pour les liaisons hydrogène : 2×(paires A-T)+3×(paires G-C).
Exemple. Dans un fragment de 100 paires de bases contenant 30 % de A : 30 % de T, donc 20 % de G et 20 % de C. Sur 200 bases : 60 A, 60 T, 40 G, 40 C. Liaisons hydrogène : 2×60+3×40=240.
Méthode 5 : Estimer la durée des phases à partir de comptages
On admet que, dans une population de cellules qui se divisent de façon continue, la proportion de cellules dans une phase est proportionnelle à la durée de cette phase :
dureˊe de la phase=nombre total de cellulesnombre de cellules dans la phase×dureˊe du cycle
Exemple. Sur 200 cellules, 10 sont en métaphase ; le cycle dure 20 h : durée de la métaphase =20010×20=1h.
Exercices corrigés
Exercice 1 : Composition en bases d'un fragment d'ADN
Facile
Un fragment d'ADN bicaténaire contient 1 200 paires de bases ; 24 % de ses bases sont de la thymine.
Calcule le pourcentage de chacune des autres bases.
Calcule le nombre de nucléotides de chaque type dans le fragment (les deux brins).
Calcule le nombre de liaisons hydrogène entre les deux brins.
Calcule la longueur du fragment, sachant que deux paires de bases successives sont séparées de 0,34nm.
Voir le corrigé
1. Règles de Chargaff : %A=%T=24%. Il reste 100−2×24=52% pour G et C, qui sont en quantités égales : %G=%C=26%.
2. Le fragment contient 2×1200=2400 nucléotides (deux brins). Donc A=T=0,24×2400=576 et G=C=0,26×2400=624. Vérification : 576+576+624+624=2400.
3. Il y a 576 paires A-T (2 liaisons chacune) et 624 paires G-C (3 liaisons chacune) : 2×576+3×624=1152+1872=3024 liaisons hydrogène.
Écris la séquence du brin complémentaire, en indiquant ses extrémités.
Compare le pourcentage de bases G et C des deux brins. Que constates-tu ?
Les deux brins d'une molécule d'ADN sont-ils identiques ? Justifie.
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1. On apparie chaque base : A-T, T-A, G-C, C-G. Le brin complémentaire se lit 3'-TACGGCATTCGA-5'. En l'écrivant dans le sens 5' vers 3' : 5'-AGCTTACGGCAT-3'.
2. Le brin de départ compte 6 bases G ou C sur 12, soit 50 %. Le brin complémentaire en compte aussi 6 sur 12, soit 50 %. Chaque G d'un brin fait face à un C de l'autre : le pourcentage de G + C est donc le même sur les deux brins.
3. Non : en face d'un A il y a toujours un T, en face d'un G un C. À chaque position, les deux brins portent donc des bases différentes : ils sont complémentaires, et non identiques. Ici, lus dans le sens 5' vers 3', ils s'écrivent 5'-ATGCCGTAAGCT-3' et 5'-AGCTTACGGCAT-3'.
Exercice 3 : Questions de cours sur la mitose et les chromosomes
Facile
Définis : chromatide, centromère, caryotype.
Cite, dans l'ordre, les quatre phases de la mitose et un événement caractéristique de chacune.
Donne deux différences entre la mitose d'une cellule animale et celle d'une cellule végétale.
Explique pourquoi les deux cellules filles issues d'une mitose sont génétiquement identiques à la cellule mère.
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1. Une chromatide est l'une des deux molécules d'ADN identiques (avec ses protéines) qui constituent un chromosome répliqué. Le centromère est la région étroite qui relie les deux chromatides et par laquelle le chromosome est fixé au fuseau. Le caryotype est l'ensemble des chromosomes d'une cellule, classés par paires selon leur taille et la position du centromère.
2. Prophase : condensation des chromosomes et disparition de l'enveloppe nucléaire. Métaphase : alignement des chromosomes sur la plaque équatoriale. Anaphase : séparation des chromatides, qui migrent vers les pôles. Télophase : décondensation des chromosomes et reformation des noyaux.
3. Dans une cellule animale, le fuseau s'organise autour de centrioles (avec des asters) et la cytodiérèse se fait par étranglement. Dans une cellule végétale, il n'y a ni centrioles ni asters et la cytodiérèse se fait par la formation d'une cloison (plaque cellulaire) au milieu de la cellule.
4. Avant la mitose, en phase S, chaque molécule d'ADN est répliquée de façon semi-conservative : chaque chromosome possède alors deux chromatides identiques. À l'anaphase, ces deux chromatides sont réparties une à une dans les deux cellules filles. Chaque cellule fille reçoit donc une copie de chaque molécule d'ADN : même nombre de chromosomes, même information.
Exercice 4 : Où est localisée l'information génétique ?
Moyen
On dispose de deux espèces d'algues unicellulaires géantes, A (chapeau en forme de disque lisse) et B (chapeau à bord lobé). Chaque cellule comporte un pied (rhizoïde) qui contient le noyau, une tige et un chapeau. Les résultats suivants proviennent d'expériences inventées pour cet exercice.
Expérience
Cellules testées
Résultat
1. Ablation du chapeau d'une cellule A (noyau intact)
20
20 régénèrent un chapeau de type A
2. Section d'une cellule A : fragment avec pied et noyau
20
20 forment un chapeau de type A
3. Section d'une cellule A : fragment sans noyau (tige)
20
17 forment un premier chapeau de type A ; après ablation de ce chapeau, 0 sur 17 en refont un
4. Greffe d'une tige de A (sans noyau) sur un pied avec noyau de B
20
20 forment un premier chapeau de forme intermédiaire ; après ablation, 19 forment un chapeau de type B et 1 un chapeau intermédiaire
Compare les résultats des expériences 1, 2 et 3 et déduis un rôle du noyau.
Interprète le premier chapeau obtenu à l'expérience 3.
Interprète les résultats de l'expérience 4 et conclus sur la localisation de l'information génétique.
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1. Quand le noyau est présent (expériences 1 et 2), toutes les cellules forment un chapeau de type A (20 sur 20 à chaque fois), y compris après l'ablation du chapeau (expérience 1). Le fragment sans noyau (expérience 3) forme un seul chapeau (17 sur 20) puis, après ablation, n'en refait plus aucun (0 sur 17) : le noyau est nécessaire à une régénération durable.
2. Le premier chapeau du fragment anucléé est de type A : la tige contient, dans son cytoplasme, des substances produites auparavant sous le contrôle du noyau et qui suffisent à une première régénération. Ces réserves s'épuisent, d'où l'absence de seconde régénération.
3. Dans l'expérience 4, la tige vient de A mais le noyau vient de B. Le premier chapeau est intermédiaire : il résulte à la fois des substances de A encore présentes dans la tige et de celles produites par le noyau de B. Après ablation, les anciennes substances de A ont disparu : le chapeau est de type B dans 19 cas sur 20 (le cas restant garde un chapeau intermédiaire, sans doute parce qu'il reste encore des substances de A : cela ne remet pas en cause la tendance). La forme définitive du chapeau est donc commandée par le noyau.
Conclusion. L'information génétique qui détermine la forme du chapeau est portée par le noyau, et non par le cytoplasme. Le cytoplasme n'a qu'un rôle transitoire et exécutant.
On observe au microscope des cellules du méristème d'une racine d'oignon (2n=16). Sur 400 cellules comptées, 312 sont en interphase, 52 en prophase, 14 en métaphase, 8 en anaphase et 14 en télophase. On admet que le cycle cellulaire dure 20 h et que la proportion de cellules observées dans une phase est proportionnelle à la durée de cette phase.
Calcule l'indice mitotique (pourcentage de cellules en mitose).
Calcule la durée de chaque phase.
Donne le nombre de chromosomes et de chromatides d'une cellule en métaphase, puis d'une cellule à la fin de l'anaphase.
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1. Cellules en mitose : 52+14+8+14=88. Indice mitotique =40088=0,22, soit 22 %.
2. On applique la proportionnalité entre nombre de cellules et durée (cycle de 20 h) :
interphase : 400312×20=15,6h ;
prophase : 40052×20=2,6h ;
métaphase : 40014×20=0,7h ;
anaphase : 4008×20=0,4h ;
télophase : 40014×20=0,7h.
Vérification : 15,6+2,6+0,7+0,4+0,7=20h. L'interphase est la phase la plus longue, et l'anaphase la plus courte.
3. En métaphase : 16 chromosomes à 2 chromatides, soit 32 chromatides. À la fin de l'anaphase : 32 chromosomes à une chromatide (16 à chaque pôle), soit 32 chromatides en tout.
On dispose de bactéries R (colonies rugueuses) et d'une culture de bactéries S (colonies lisses) tuée par la chaleur, dont on extrait les macromolécules. Cet extrait est traité, puis ajouté à des bactéries R vivantes. Après 24 h, on compte les colonies lisses.
Lot
Traitement
Colonies lisses
1
Bactéries R seules, sans extrait
0
2
R + extrait de S non traité
42
3
R + extrait traité par une protéase
40
4
R + extrait traité par une ARNase
39
5
R + extrait traité par une ADNase
0
De plus, les colonies lisses du lot 2, mises en culture, donnent uniquement des bactéries lisses pendant de nombreuses générations.
Quel est le rôle du lot 1 ?
Exploite les lots 2 à 5 pour identifier la substance responsable de la transformation.
Pourquoi l'observation sur les générations suivantes est-elle importante ?
Voir le corrigé
1. Le lot 1 est le témoin : il montre que, sans extrait de S, les bactéries R ne donnent aucune colonie lisse (0). L'apparition de colonies lisses dans les autres lots est donc bien due à l'extrait.
2. L'extrait non traité transforme des bactéries R en bactéries S (42 colonies lisses). Le traitement par une protéase (40) ou une ARNase (39) ne supprime pas cette transformation : les protéines et l'ARN ne sont pas nécessaires. Les petites différences entre 42, 40 et 39 sont de l'ordre des variations expérimentales : elles ne permettent pas de conclure à un effet de ces deux traitements. Seul le traitement par l'ADNase supprime totalement la transformation (0) : le principe transformant est l'ADN.
3. Les descendants des bactéries transformées restent lisses : le caractère acquis est héréditaire. L'ADN reçu a donc été conservé et répliqué à chaque division. Cela confirme que l'ADN porte l'information génétique transmise aux cellules filles.
Des bactéries sont cultivées longtemps sur un milieu contenant 15N, puis transférées à l'instant 0 sur un milieu contenant 14N. À chaque génération (une génération = 40 minutes), l'ADN est extrait et centrifugé dans du chlorure de césium. Le tableau donne la proportion d'ADN trouvée dans chaque bande.
Génération après le transfert
ADN lourd
ADN hybride
ADN léger
0
100 %
0 %
0 %
1
0 %
100 %
0 %
2
0 %
49 %
51 %
3
0 %
26 %
74 %
4
0 %
12 %
88 %
Décris l'évolution des proportions.
Pour chacun des trois modèles de réplication (conservatif, semi-conservatif, dispersif), indique ce que l'on attend à la génération 1 et à la génération 2. Quels modèles sont éliminés ?
Calcule la proportion théorique d'ADN hybride aux générations 3 et 4 dans le modèle retenu et compare-la aux résultats.
Après 4 générations, à partir d'une seule molécule lourde, combien de molécules obtient-on ? Combien contiennent encore un brin lourd ?
Voir le corrigé
1. À la génération 0, tout l'ADN est lourd. À la génération 1, tout l'ADN est hybride. Ensuite la proportion d'ADN hybride diminue (49 %, 26 %, 12 %) alors que celle de l'ADN léger augmente (51 %, 74 %, 88 %). L'ADN lourd ne réapparaît jamais.
À la génération 1, on observe 100 % d'ADN hybride et aucune bande lourde : le modèle conservatif est éliminé. À la génération 2, il y a de l'ADN léger (51 %) : le modèle dispersif, qui prévoit une seule bande intermédiaire, est éliminé. Le modèle semi-conservatif est le seul compatible.
3. Proportion théorique d'ADN hybride : 2n−11. Génération 3 : 41=25% (observé 26 %). Génération 4 : 81=12,5% (observé 12 %). L'accord avec les mesures est très bon, aux erreurs expérimentales près.
4. Après 4 générations, il y a 24=16 molécules. Seules 2 contiennent encore un brin lourd d'origine (les deux brins lourds de la molécule initiale sont conservés, chacun dans une molécule hybride) : 162=12,5%, en accord avec le calcul.
Exercice 8 : Quantité d'ADN au cours du cycle cellulaire
Type Bac
On mesure la quantité d'ADN par noyau d'une cellule humaine en culture (2n=46) pendant un cycle complet de 20 h. On sait que la mitose proprement dite commence à t=18,5h. À t=19h, la cellule est en métaphase ; à t=19,5h, elle est en télophase avec deux noyaux formés.
Temps (h)
0
4
8
10
12
14
18
19
19,5
20
ADN par noyau (pg)
6,6
6,6
6,6
8,8
11,0
13,2
13,2
13,2
6,6
6,6
Décris l'évolution de la quantité d'ADN en citant des valeurs, puis identifie et délimite les phases G1, S, G2 et M.
Explique l'origine du doublement de la quantité d'ADN et celle de sa diminution.
À t=12h, quelle fraction de l'ADN est déjà répliquée ?
Complète le tableau suivant pour une cellule aux instants indiqués.
Instant
Nombre de chromosomes
Nombre de chromatides
t=4h
?
?
t=16h
?
?
t=19h
?
?
t=20h (par cellule fille)
?
?
Explique l'intérêt biologique de ce mécanisme.
Voir le corrigé
1. De 0 à 8 h, la quantité d'ADN est constante à 6,6 pg. De 8 h à 14 h, elle augmente régulièrement de 6,6 à 13,2 pg (soit 1,1pg/h). De 14 h à 19 h, elle reste constante à 13,2 pg. Entre 19 h et 19,5 h, elle retombe brutalement à 6,6 pg, valeur qui reste constante jusqu'à 20 h.
Phases : G1 de 0 à 8 h (8 h, ADN constant à 6,6pg, soit 2Q) ; S de 8 à 14 h (6 h, ADN qui double) ; G2 de 14 à 18,5 h (4,5 h, ADN constant à 13,2pg, soit 4Q) ; M de 18,5 à 20 h (1,5 h). Total : 8+6+4,5+1,5=20h.
2. Le doublement a lieu en phase S : c'est la réplication semi-conservative de l'ADN. Chaque molécule d'ADN est copiée, ce qui double la quantité d'ADN du noyau. La diminution a lieu à la fin de la mitose : à l'anaphase, les chromatides de chaque chromosome se séparent et les deux lots de chromosomes forment deux noyaux fils. Chaque noyau reçoit la moitié de l'ADN, soit à nouveau 6,6pg.
3. À t=12h, il y a 11,0pg, soit 11,0−6,6=4,4pg d'ADN nouvellement synthétisé sur 6,6pg à produire : 6,64,4=32. Les deux tiers de l'ADN sont déjà répliqués.
4.
Instant
Nombre de chromosomes
Nombre de chromatides
t=4h (G1)
46
46
t=16h (G2)
46
92
t=19h (métaphase)
46
92
t=20h (par cellule fille)
46
46
En G1, chaque chromosome a une chromatide. Après la phase S, chaque chromosome en possède deux (46 chromosomes, 92 chromatides). En métaphase, rien n'a encore changé. À l'anaphase, les 92 chromatides se séparent et deviennent 92 chromosomes à une chromatide : chaque cellule fille en reçoit 46, donc 46 chromosomes et 46 chromatides.
5. Le doublement de l'ADN avant la division, suivi de la séparation exacte des chromatides, permet à chaque cellule fille de recevoir une copie complète et identique de l'information génétique. L'organisme conserve ainsi le même caryotype et les mêmes gènes dans toutes ses cellules, lors de la croissance et du renouvellement des tissus.
Exercice 9 : Deux substances qui perturbent le cycle cellulaire
Type Bac
On cultive des cellules animales qui se divisent de façon continue (cycle de durée constante). On étudie l'effet de deux substances.
Document 1 : substance X. Après 24 h de culture, avec ou sans la substance X, on mesure la quantité d'ADN par noyau de chaque cellule et on classe les cellules (en pourcentage) :
Lot
Cellules avec 2Q (G1)
Cellules avec une quantité entre 2Q et 4Q (S)
Cellules avec 4Q (G2 + M)
Culture témoin
52 %
28 %
20 %
Culture avec la substance X
21 %
74 %
5 %
Document 2 : substance Y. On suit l'indice mitotique (pourcentage de cellules en mitose) en fonction du temps après l'ajout de la substance. Dans la culture témoin, il reste constant à 4 %.
Temps après ajout (h)
0
2
4
6
Indice mitotique avec Y (%)
4
15
26
37
Les cellules observées en présence de Y ont des chromosomes très condensés, à deux chromatides, non séparés.
Exploite le document 1 : décris les résultats puis indique l'étape du cycle bloquée par la substance X. Justifie en expliquant la diminution des pourcentages de cellules en G1 et en G2 + M.
Exploite le document 2 : calcule l'augmentation moyenne de l'indice mitotique par heure et indique l'étape bloquée par la substance Y.
Explique pourquoi l'indice mitotique reste constant à 4 % dans la culture témoin.
Propose, pour chaque substance, un mécanisme d'action possible au niveau moléculaire ou cellulaire.
Voir le corrigé
1. Dans la culture traitée par X, la proportion de cellules en phase S est de 74 % contre 28 % pour le témoin ; celle des cellules en G1 chute de 52 % à 21 % et celle des cellules à 4Q (G2 + M) de 20 % à 5 %. Les cellules entrent en phase S mais ne parviennent pas à la terminer : elles s'accumulent en phase S, avec une quantité d'ADN intermédiaire. Les cellules qui étaient déjà en G2 ou en mitose terminent leur division, mais elles ne sont plus remplacées, puisqu'aucune cellule n'achève la phase S ; la proportion en G2 + M s'effondre. Les cellules en G1 passent en S sans être renouvelées par les mitoses : G1 diminue aussi. La substance X bloque la phase S, donc la réplication de l'ADN.
2. L'indice passe de 4 % à 37 % en 6 h : 637−4=5,5 points par heure (régulier : +11 points toutes les 2 h). Les cellules continuent d'entrer en mitose, mais n'en sortent pas : elles s'accumulent avec des chromosomes à deux chromatides non séparés. La substance Y bloque la mitose en métaphase (la séparation des chromatides, à l'anaphase, n'a pas lieu).
3. Dans la culture témoin, le nombre de cellules qui entrent en mitose est égal au nombre de cellules qui en sortent : la proportion de cellules en mitose reste donc constante (4 %).
4.Substance X : inhibiteur de l'ADN polymérase (ou de l'ouverture de la double hélice) : la synthèse des brins complémentaires est impossible. Substance Y : poison du fuseau de division (empêche les chromosomes de se fixer au fuseau ou de migrer), donc pas d'anaphase. Ces propriétés expliquent l'utilisation de substances de ce type dans certains traitements contre les cellules qui se multiplient trop, mais aussi leurs effets sur les cellules saines qui se divisent beaucoup.
Confondre chromosome et chromatide. Un chromosome non répliqué a une chromatide ; après la phase S, il en a deux. Le nombre de chromosomes ne change pas en phase S.
Croire que la mitose double la quantité d'ADN. Le doublement a lieu en phase S (réplication). La mitose répartit l'ADN déjà doublé et ramène la quantité par noyau à sa valeur de G1.
Dire que les deux brins de l'ADN sont identiques. Ils sont complémentaires : A en face de T, G en face de C.
Mal comprendre « semi-conservatif ». Cela signifie que chaque molécule fille conserve un brin de la molécule mère, et non que la moitié des molécules est conservée.
Écrire U dans l'ADN ou T dans l'ARN. L'ADN contient T, l'ARN contient U.
Dire que la mitose réduit le nombre de chromosomes. La mitose conserve 2n ; c'est la méiose, étudiée ailleurs, qui le réduit à n.
Interpréter un tableau sans chiffres. Une bonne réponse cite des valeurs (« de 6,6 à 13,2 pg entre 8 et 14 h ») avant de conclure.
Oublier les différences végétal / animal. Pas de centrioles ni d'asters chez la cellule végétale, et une cloison s'y forme au lieu d'un étranglement.
À retenir
L'information génétique est localisée dans le noyau, dans l'ADN des chromosomes.
Transformation bactérienne (traitement par l'ADNase) et expérience sur le phage : l'ADN est le support de l'information génétique.
L'ADN est une double hélice de deux brins antiparallèles et complémentaires : A=T (2 liaisons), G≡C (3 liaisons) ; %A=%T et %G=%C.
La réplication est semi-conservative : chaque molécule fille a un brin ancien et un brin nouveau (Meselson et Stahl).
Cycle cellulaire : G1, S (réplication), G2, M ; la quantité d'ADN par noyau passe de 2Q à 4Q en S, puis revient à 2Q à la fin de la mitose.
Mitose : prophase, métaphase, anaphase, télophase ; elle donne deux cellules filles identiques à la cellule mère.
Un chromosome métaphasique a deux chromatides identiques reliées au centromère ; il a une chromatide après l'anaphase.
Le caryotype est caractéristique de l'espèce ; chez l'être humain, 2n=46 (22 paires d'autosomes + 1 paire de gonosomes).