cours, méthodes, 9 exercices corrigés, QCM de 8 questions
Durée
60 min
Prérequis
Structure de l'ADN et de l'ARN, réplication, notion de gène et d'allèle
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Licence
contenu original 9raya, gratuit, CC BY-NC-SA 4.0.
L'essentiel
Remarque
Les séquences utilisées dans les exercices sont des extraits inventés, sauf mention contraire. Les points signalés « notion complémentaire » (maturation de l'ARN, exceptions au schéma ADN, ARN, protéine) peuvent dépasser le programme de ta classe : vois avec ton professeur.
1. Du gène au caractère
Une protéine est une macromolécule formée d'une chaîne d'acides aminés (il en existe 20 types). L'ordre des acides aminés (structure primaire) détermine le repliement de la chaîne dans l'espace, donc la fonction de la protéine : enzyme, hormone, transporteur, protéine de structure, anticorps.
Définition(Gène)
Un gène est une portion d'ADN, c'est-à-dire une séquence de nucléotides, qui contient l'information nécessaire à la synthèse d'une chaîne polypeptidique (ou d'un ARN fonctionnel). Les différentes versions d'un même gène sont les allèles.
Le phénotype (l'ensemble des caractères observables) s'étudie à plusieurs échelles : moléculaire (la protéine), cellulaire, puis celle de l'organisme. Il dépend du génotype et, parfois, de l'environnement. La relation entre gène et caractère passe par la protéine :
geˋne (ADN)⟶ARN messager⟶proteˊine⟶caracteˋre
Exemple(La drépanocytose)
Chez les personnes atteintes, la chaîne bêta de l'hémoglobine possède une valine à la place d'un acide glutamique en 6e position. Cette hémoglobine anormale (HbS) forme des fibres quand l'oxygène est rare. Les globules rouges prennent alors une forme de faucille, se détruisent et se bloquent dans les petits vaisseaux : on passe d'un changement de séquence d'ADN à un changement de protéine, puis de cellule, puis de symptômes.
Chez les eucaryotes, l'ADN reste dans le noyau, alors que les protéines sont fabriquées dans le cytoplasme. Il faut donc un intermédiaire qui transporte l'information : l'ARN messager (ARNm), copie d'un gène.
2. La transcription
Définition(Transcription)
La transcription est la synthèse d'une molécule d'ARN messager à partir d'un gène. Elle a lieu dans le noyau et est réalisée par une enzyme, l'ARN polymérase.
Déroulement :
L'ARN polymérase se fixe sur l'ADN au niveau d'une région de départ (le promoteur) et ouvre localement la double hélice.
Un seul des deux brins, le brin transcrit (ou brin matrice), sert de modèle. L'enzyme assemble des nucléotides d'ARN complémentaires : A (du brin transcrit) avec U, T avec A, G avec C, C avec G.
L'ARNm est synthétisé dans le sens 5' vers 3' (le brin transcrit est lu dans le sens 3' vers 5'), jusqu'à une région de fin. L'ARNm se détache et la double hélice se referme.
Propriété(Séquence de l'ARNm)
L'ARNm a la même séquence que le brin non transcrit (appelé brin codant), à condition de remplacer T par U.
Preuve expérimentale. Des cellules mises quelques minutes au contact d'uridine radioactive (l'uracile n'existe que dans l'ARN) montrent d'abord de la radioactivité dans le noyau, puis dans le cytoplasme : l'ARN est fabriqué dans le noyau, puis il migre vers le cytoplasme.
Remarque(notion complémentaire)
Chez les eucaryotes, le premier ARN formé subit une maturation dans le noyau : des portions (introns) sont retirées, les parties conservées (exons) sont raccordées, et des extrémités sont ajoutées. L'ARNm mature sort ensuite du noyau.
3. Le code génétique
Les protéines utilisent 20 acides aminés alors que l'ARN comporte 4 sortes de nucléotides : il faut associer à chaque acide aminé un groupe de nucléotides, un codon. Avec 1 nucléotide, il y a 41=4 combinaisons ; avec 2, 42=16 (insuffisant pour 20 acides aminés) ; avec 3, 43=64 (suffisant). Un codon est donc un triplet de nucléotides.
Voici le code génétique (codons de l'ARNm, lus de 5' vers 3'). Chaque case donne les quatre codons qui commencent par la même première base (ligne) et ont la même deuxième base (colonne), avec leur acide aminé :
1re base
2e base : U
2e base : C
2e base : A
2e base : G
U
UUU Phe, UUC Phe, UUA Leu, UUG Leu
UCU Ser, UCC Ser, UCA Ser, UCG Ser
UAU Tyr, UAC Tyr, UAA Stop, UAG Stop
UGU Cys, UGC Cys, UGA Stop, UGG Trp
C
CUU Leu, CUC Leu, CUA Leu, CUG Leu
CCU Pro, CCC Pro, CCA Pro, CCG Pro
CAU His, CAC His, CAA Gln, CAG Gln
CGU Arg, CGC Arg, CGA Arg, CGG Arg
A
AUU Ile, AUC Ile, AUA Ile, AUG Met
ACU Thr, ACC Thr, ACA Thr, ACG Thr
AAU Asn, AAC Asn, AAA Lys, AAG Lys
AGU Ser, AGC Ser, AGA Arg, AGG Arg
G
GUU Val, GUC Val, GUA Val, GUG Val
GCU Ala, GCC Ala, GCA Ala, GCG Ala
GAU Asp, GAC Asp, GAA Glu, GAG Glu
GGU Gly, GGC Gly, GGA Gly, GGG Gly
Propriétés :
Il y a 64 codons : 61 codent des acides aminés et 3 sont des codons stop (UAA, UAG, UGA), qui ne codent aucun acide aminé.
Le codon AUG code la méthionine et sert de codon d'initiation (début de la traduction).
Le code est dégénéré (redondant) : plusieurs codons peuvent coder le même acide aminé (par exemple 6 codons pour la leucine). Mais il est non ambigu : un codon code un seul acide aminé.
Il est sans chevauchement et sans ponctuation : l'ARNm est lu codon après codon à partir de l'AUG, sans espace ni saut ; on parle de cadre de lecture.
Il est quasi universel : il est presque le même chez les bactéries, les végétaux et les animaux. C'est ce qui rend possible le transfert de gènes entre espèces (génie génétique).
4. La traduction
Définition(Traduction)
La traduction est la synthèse d'un polypeptide dont la séquence d'acides aminés est déterminée par la séquence des codons de l'ARNm. Elle a lieu dans le cytoplasme, sur les ribosomes.
Les acteurs : l'ARNm (le message), les ribosomes (formés de deux sous-unités), les ARN de transfert (ARNt) et les acides aminés. Chaque ARNt porte à une extrémité un acide aminé précis et, à l'autre, un triplet de nucléotides, l'anticodon, complémentaire d'un codon. On écrit l'anticodon en face du codon, base par base : au codon 5'-AUG-3' correspond l'anticodon 3'-UAC-5'.
Initiation : la petite sous-unité du ribosome se fixe sur l'ARNm, repère le codon AUG, où vient s'apparier l'ARNt porteur de la méthionine. La grande sous-unité se joint à l'ensemble.
Élongation : un nouvel ARNt, dont l'anticodon est complémentaire du codon suivant, entre dans le ribosome. Une liaison peptidique unit son acide aminé à la chaîne, puis le ribosome avance d'un codon.
Terminaison : quand le ribosome arrive à un codon stop, aucun ARNt ne s'apparie. La chaîne polypeptidique est libérée et les sous-unités se séparent.
Plusieurs ribosomes lisent en même temps le même ARNm, ce qui forme un polysome et multiplie la production de protéines. Le polypeptide se replie ensuite pour former la protéine fonctionnelle.
Si un polypeptide compte n acides aminés, la région codante de l'ARNm (codon stop compris) compte 3(n+1) nucléotides.
Remarque(notion complémentaire)
Chez les bactéries, qui n'ont pas de noyau, la traduction peut commencer pendant que l'ARNm est encore en cours de transcription. Certains virus, comme le VIH, copient leur ARN en ADN : le sens ADN, ARN, protéine n'est donc pas universel.
5. Les mutations
Définition(Mutation)
Une mutation est une modification rare et accidentelle de la séquence de nucléotides de l'ADN. Si elle touche les cellules germinales (celles qui donnent les gamètes), elle peut être transmise à la descendance ; si elle touche les cellules somatiques, elle ne l'est pas.
Les mutations résultent d'erreurs de réplication non corrigées ou de l'action d'agents mutagènes (rayons UV, rayons X, certaines substances chimiques). Une mutation crée un nouvel allèle. Les mutations ponctuelles (qui touchent un ou quelques nucléotides) se classent ainsi :
Type
Modification de l'ADN
Conséquence sur la protéine
Substitution silencieuse
un nucléotide remplacé, nouveau codon synonyme
aucune : même acide aminé
Substitution faux-sens
un nucléotide remplacé, nouveau codon pour un autre acide aminé
un acide aminé changé : effet variable
Substitution non-sens
un nucléotide remplacé, apparition d'un codon stop
protéine tronquée, le plus souvent non fonctionnelle
Insertion ou délétion d'un nombre de nucléotides non multiple de 3
ajout ou perte d'un ou deux nucléotides
décalage du cadre de lecture : en général, tous les acides aminés suivants sont modifiés
Insertion ou délétion de 3 nucléotides (ou d'un multiple de 3)
ajout ou perte d'un ou plusieurs codons
un ou plusieurs acides aminés en plus ou en moins, sans décalage
Exemple
Dans la drépanocytose, une substitution A en T dans le codon 6 du gène de la chaîne bêta de l'hémoglobine change GAG en GTG, donc l'acide glutamique en valine (faux-sens). Dans la mucoviscidose, une délétion fréquente de 3 nucléotides supprime un acide aminé (la phénylalanine 508) d'une protéine membranaire.
Une mutation peut être neutre, défavorable ou, plus rarement, favorable selon l'environnement. Les mutations sont la source première de la diversité des allèles et donc de la variabilité génétique des populations.
Méthodes
Méthode 1 : Passer du gène à la protéine
Repère le brin transcrit (celui que l'ARN polymérase lit). S'il n'est pas indiqué, c'est le brin complémentaire du brin codant.
Écris l'ARNm : apparie chaque base (A avec U, T avec A, G avec C, C avec G). Si tu pars du brin non transcrit, recopie-le en remplaçant T par U.
Repère le codon AUG et découpe en codons à partir de là, jusqu'au codon stop.
Traduis chaque codon avec le tableau du code génétique.
Exemple. Brin transcrit 3'-TACTTTGGACGAATT-5'. ARNm : 5'-AUGAAACCUGCUUAA-3', soit AUG, AAA, CCU, GCU, UAA. Polypeptide : Met - Lys - Pro - Ala, puis stop.
Méthode 2 : Identifier et classer une mutation
Écris l'ARNm et le polypeptide de l'allèle normal, puis ceux de l'allèle muté.
Compare codon par codon. Si un seul codon est changé, c'est une substitution.
Pour une substitution : même acide aminé (silencieuse) ; autre acide aminé (faux-sens) ; codon stop (non-sens).
Pour une insertion ou une délétion : compte le nombre de nucléotides en plus ou en moins. Un multiple de 3 ne décale pas le cadre de lecture ; sinon, tous les codons suivants changent.
Conclus sur les conséquences sur la protéine (taille, séquence) puis sur le phénotype.
Méthode 3 : Calculer longueurs et nombres
Un polypeptide de n acides aminés correspond à n codons, donc 3n nucléotides, plus 3 pour le codon stop : 3(n+1).
Nombre de liaisons peptidiques : n−1.
Nombre d'appariements codon-anticodon : n (le codon stop n'a pas d'ARNt).
Nombre de séquences d'ARNm possibles pour une séquence d'acides aminés : on multiplie le nombre de codons de chaque acide aminé.
Exemple. Pour le tripeptide Ala - Lys - Met : 4×2×1=8 séquences d'ARNm possibles.
Méthode 4 : Exploiter un marquage radioactif
Identifie le précurseur marqué et ce qu'il sert à fabriquer (uridine : ARN ; acide aminé : protéines ; thymidine : ADN).
Décris l'évolution de la radioactivité dans le temps et par compartiment (noyau, cytoplasme) avec des valeurs.
Déduis le trajet de la molécule : la radioactivité apparaît d'abord là où la molécule est fabriquée, puis là où elle migre.
Vérifie avec le témoin ou une autre condition (inhibiteur).
Méthode 5 : Relier mutation, protéine et phénotype
Rédige en quatre étapes, avec les données : (1) la modification de l'ADN (nature, position) ; (2) la modification de l'ARNm et de la séquence de la protéine ; (3) la conséquence sur la structure et la fonction de la protéine ; (4) la conséquence sur le phénotype (cellule puis organisme). N'oublie pas de préciser s'il s'agit d'un allèle récessif ou si l'autre allèle compense.
Exercices corrigés
Exercice 1 : Transcription d'un gène
Facile
Voici un fragment du brin transcrit d'un gène (lu de 3' vers 5') : 3'-TACCGAGTGACCTTTATC-5'.
Écris la séquence de l'ARNm correspondant, de 5' vers 3'.
Écris le brin non transcrit de ce gène (de 5' vers 3') et compare-le à l'ARNm.
Combien de codons contient l'ARNm obtenu ?
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1. On apparie chaque base du brin transcrit : TAC donne AUG, CGA donne GCU, GTG donne CAC, ACC donne UGG, TTT donne AAA, ATC donne UAG. ARNm : 5'-AUGGCUCACUGGAAAUAG-3'.
2. Le brin non transcrit est complémentaire du brin transcrit : 5'-ATGGCTCACTGGAAATAG-3'. Il a la même séquence que l'ARNm, avec T à la place de U (AUGGCU... pour l'ARNm, ATGGCT... pour le brin non transcrit). Il n'est pas lu par l'ARN polymérase, mais on l'appelle brin codant parce qu'il a la même séquence que le message.
3. L'ARNm compte 18 nucléotides, soit 318=6 codons : AUG, GCU, CAC, UGG, AAA, UAG.
Exercice 3 : Questions de cours sur l'expression génétique
Facile
Définis : gène, codon, anticodon.
Montre par un calcul qu'un codon ne peut pas être formé de moins de trois nucléotides.
Cite trois propriétés du code génétique.
Complète le tableau comparant transcription et traduction.
Caractère
Transcription
Traduction
Lieu
?
?
Molécule servant de modèle
?
?
Intervenants principaux
?
?
Produit
?
?
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1. Un gène est une portion d'ADN contenant l'information pour fabriquer un polypeptide. Un codon est un triplet de nucléotides de l'ARNm qui code un acide aminé (ou un arrêt). Un anticodon est le triplet de nucléotides d'un ARNt, complémentaire d'un codon.
2. Il faut coder 20 acides aminés avec 4 nucléotides. Avec 1 nucléotide : 41=4 possibilités ; avec 2 : 42=16, toujours inférieur à 20 ; avec 3 : 43=64≥20. Il faut donc au moins 3 nucléotides par codon.
3. Le code est dégénéré (plusieurs codons pour un acide aminé), non ambigu (un codon, un seul acide aminé), sans chevauchement ni ponctuation, et quasi universel.
Un polypeptide est formé de 212 acides aminés (la méthionine initiale comprise).
Combien de nucléotides compte la région codante de l'ARNm, codon stop compris ?
Combien de paires de nucléotides compte la région codante du gène correspondant (on suppose que ce gène ne contient pas d'intron) ?
Combien de liaisons peptidiques unissent les acides aminés de ce polypeptide ?
Combien d'appariements codon-anticodon se produisent pendant la traduction ?
Combien de séquences d'ARNm différentes peuvent coder le tripeptide Leu - Ser - Arg ? Et le tripeptide Met - Trp - Lys ?
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1. 212 codons pour les acides aminés, plus 1 codon stop : 3×(212+1)=639 nucléotides.
2. Chaque nucléotide de l'ARNm est copié d'un nucléotide du brin transcrit, lui-même apparié à un nucléotide du brin non transcrit. Sans intron, la région codante du gène compte donc autant de paires de nucléotides que l'ARNm de nucléotides : 639 paires.
3. Pour n acides aminés, il y a n−1 liaisons : 212−1=211.
4. Il y a un appariement par codon traduit, donc 212 (le codon stop n'est pas lu par un ARNt).
5. D'après le code, Leu a 6 codons, Ser a 6 codons et Arg a 6 codons : 6×6×6=216 séquences possibles. Met a 1 codon, Trp a 1 codon et Lys a 2 codons : 1×1×2=2 séquences possibles. C'est la dégénérescence du code.
Exercice 5 : De l'ADN à la protéine par marquage radioactif
Moyen
Document 1 (valeurs fictives). Des cellules en culture sont placées 5 minutes dans un milieu contenant de l'uridine radioactive (précurseur de l'ARN), puis rincées et placées dans un milieu à l'uridine non radioactive. À différents moments après le rinçage, on mesure la répartition de la radioactivité (autoradiographie), en pourcentage de la radioactivité totale de la cellule :
Temps après le rinçage (min)
0
30
60
120
240
Radioactivité dans le noyau (%)
94
71
45
18
7
Radioactivité dans le cytoplasme (%)
6
29
55
82
93
Document 2 (valeurs fictives). On ajoute à une culture un inhibiteur de l'ARN polymérase, puis on mesure l'incorporation d'un acide aminé radioactif dans les protéines (valeur à t=0 prise égale à 100) :
Temps (h)
0
1
3
6
Culture témoin
100
102
98
101
Culture avec inhibiteur
100
92
61
24
Pourquoi utilise-t-on de l'uridine pour marquer l'ARN et pas l'ADN ?
Décris puis interprète le document 1.
Interprète le document 2 et explique pourquoi la baisse n'est pas immédiate.
Conclus sur le rôle de l'ARN dans l'expression de l'information génétique.
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1. L'uridine contient la base uracile, qui existe dans l'ARN mais pas dans l'ADN (qui contient de la thymine). La radioactivité marque donc uniquement l'ARN synthétisé.
2. Juste après le marquage, 94 % de la radioactivité est dans le noyau et 6 % dans le cytoplasme. La proportion nucléaire diminue ensuite (71 % à 30 min, 45 % à 60 min, 7 % à 240 min) alors que la proportion cytoplasmique augmente jusqu'à 93 %. Après le rinçage, le milieu ne contient plus d'uridine radioactive : la radioactivité qui apparaît dans le cytoplasme provient donc d'ARN déjà fabriqué dans le noyau. L'ARN est donc synthétisé dans le noyau (le marquage y apparaît d'abord) puis migre vers le cytoplasme, où a lieu la synthèse des protéines.
3. Dans la culture témoin, la synthèse de protéines reste constante (environ 100). Avec l'inhibiteur de l'ARN polymérase, elle diminue : 92 à 1 h, 61 à 3 h, 24 à 6 h. Sans transcription, il n'y a plus de nouvel ARNm et la synthèse des protéines chute. Elle ne tombe pas à zéro tout de suite car les ARNm déjà présents dans le cytoplasme continuent d'être traduits jusqu'à leur dégradation.
4. L'ARN messager est copié à partir de l'ADN dans le noyau, passe dans le cytoplasme et sert de modèle à la synthèse des protéines : c'est l'intermédiaire entre le gène (noyau) et la protéine (cytoplasme).
L'allèle normal N d'un gène a pour brin transcrit (3' vers 5') : TAC CGA GTG ACC TTT ATC. Cinq allèles mutés sont découverts. Utilise le code génétique du cours.
Allèle
Brin transcrit (3' vers 5')
N (normal)
TAC CGA GTG ACC TTT ATC
M1
TAC CGA GTG ACC TTC ATC
M2
TAC CGA GTG ACC TAT ATC
M3
TAC CGA GTG ATC TTT ATC
M4
TAC CGA GGT GAC CTT TAT C
M5
TAC CGA ACC TTT ATC
Donne l'ARNm et le polypeptide de l'allèle N.
Pour chaque allèle muté, détermine l'ARNm, le polypeptide, le type de mutation et sa conséquence.
Quel allèle a, à ton avis, les conséquences les plus graves ? Lequel ne change sûrement pas la protéine ?
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1. ARNm de N : 5'-AUGGCUCACUGGAAAUAG-3', soit AUG GCU CAC UGG AAA UAG. Polypeptide : Met - Ala - His - Trp - Lys (puis stop).
2.
Allèle
ARNm
Polypeptide
Type de mutation
M1
AUG GCU CAC UGG AAG UAG
Met - Ala - His - Trp - Lys
substitution silencieuse (AAA et AAG codent Lys)
M2
AUG GCU CAC UGG AUA UAG
Met - Ala - His - Trp - Ile
substitution faux-sens (Lys devient Ile)
M3
AUG GCU CAC UAG AAA UAG
Met - Ala - His
substitution non-sens (UGG devient le codon stop UAG)
M4
AUG GCU CCA CUG GAA AUA G...
Met - Ala - Pro - Leu - Glu - Ile...
insertion d'un nucléotide (un G de plus dans le troisième triplet, GTG devient GGTG) : décalage du cadre de lecture
M5
AUG GCU UGG AAA UAG
Met - Ala - Trp - Lys
délétion de 3 nucléotides (le triplet GTG, donc le codon CAC) : perte de His, pas de décalage
3. M3 raccourcit la protéine à 3 acides aminés au lieu de 5 : elle sera très probablement non fonctionnelle. M4 modifie tous les acides aminés après l'insertion et le codon stop d'origine n'est plus lu dans le bon cadre : la protéine est très probablement non fonctionnelle. M1 est la seule qui ne change sûrement pas la protéine. M2 et M5 modifient (ou retirent) un acide aminé : l'effet dépend de l'importance de cet acide aminé pour la fonction.
Exercice 7 : L'hémoglobine normale et l'hémoglobine S
Difficile
Document 1. Extrait du brin transcrit des allèles HbA (normal) et HbS de la chaîne bêta de l'hémoglobine, pour les codons 4 à 8 (3' vers 5'). Cet extrait simplifié correspond à la région du gène de la chaîne bêta où se situe la mutation de la drépanocytose. La numérotation est celle de la protéine mature (la méthionine initiale n'est pas comptée).
Allèle
Brin transcrit, codons 4 à 8
HbA
TGA GGA CTC CTC TTC
HbS
TGA GGA CAC CTC TTC
Document 2. Hémoglobines et phénotypes, selon les génotypes (valeurs moyennes fictives pour l'exercice) :
Génotype
HbS dans les globules rouges (%)
Globules rouges en faucille à faible teneur en oxygène (%)
Symptômes
HbA//HbA
0
0
aucun
HbA//HbS
38
22
en général aucun
HbS//HbS
91
96
anémie sévère, crises douloureuses
Transcris et traduis les deux allèles. Compare les polypeptides.
Précise la nature de la mutation et du changement d'acide aminé.
Les acides aminés concernés sont l'acide glutamique (chargé négativement) et la valine (sans charge, hydrophobe). Explique l'intérêt de cette précision pour comprendre l'effet de la mutation.
Exploite le document 2 : que montre la présence de HbS chez les individus HbA//HbS ?
Établis la chaîne qui relie la mutation au phénotype de l'organisme.
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1. HbA : ARNm 5'-ACU CCU GAG GAG AAG-3', polypeptide Thr - Pro - Glu - Glu - Lys. HbS : ARNm 5'-ACU CCU GUG GAG AAG-3', polypeptide Thr - Pro - Val - Glu - Lys. La seule différence est au codon 6 : Glu dans HbA, Val dans HbS.
2. Dans le brin transcrit, CTC devient CAC : T remplacé par A. Sur le brin codant, GAG devient GTG. C'est une substitution d'un seul nucléotide, de type faux-sens : un acide aminé est changé (Glu devient Val).
3. La valine est hydrophobe et sans charge, alors que l'acide glutamique est chargé. Ce changement modifie les propriétés de surface de la chaîne : les molécules d'HbS peuvent s'associer entre elles quand l'oxygène manque et former des fibres, ce qui n'arrive pas avec l'HbA. Un seul acide aminé suffit donc à changer la fonction de la protéine.
4. Chez les individus HbA//HbS, 38 % de l'hémoglobine est de type S : les deux allèles sont exprimés (les deux types d'hémoglobine sont fabriqués). Le phénotype clinique est pourtant souvent normal car l'HbA présente suffit : au niveau de l'organisme, HbS se comporte comme un allèle récessif. Chez HbS//HbS, il n'y a presque que de l'HbS (91 %), les globules rouges se déforment (96 %) et la maladie apparaît.
5. Allèle HbS (substitution A en T au codon 6) → ARNm GUG au lieu de GAG → chaîne bêta avec Val au lieu de Glu → hémoglobine S, qui forme des fibres à faible teneur en oxygène → globules rouges en faucille, fragiles et qui bloquent les petits vaisseaux → anémie et crises douloureuses chez l'organisme HbS//HbS.
Des expériences dans des extraits de bactéries (contenant ribosomes, ARNt, acides aminés et enzymes) permettent de déterminer le code génétique.
Document 1. On ajoute à ces extraits des ARN synthétiques de séquence répétitive et on identifie le polypeptide formé :
ARN synthétique
Polypeptide obtenu
UUUUUU... (une seule base répétée)
une seule sorte d'acide aminé : Phe
AAAAAA...
une seule sorte d'acide aminé : Lys
CCCCCC...
une seule sorte d'acide aminé : Pro
UCUCUCUC...
deux acides aminés alternés : Ser et Leu
UGUGUGUG...
deux acides aminés alternés : Cys et Val
Document 2. On teste la fixation de trinucléotides sur des ribosomes, qui retiennent l'ARNt porteur de l'acide aminé correspondant :
Trinucléotide
ARNt retenu
UCU
Ser
UCC
Ser
UCA
Ser
CUC
Leu
UGU
Cys
GUG
Val
Montre par un calcul qu'un codon ne peut pas être formé de moins de 3 nucléotides.
À partir des trois premières lignes du document 1, déduis les codons correspondants.
Explique pourquoi l'alternance de deux acides aminés avec les ARN UCUC... et UGUG... est en accord avec un code en triplets, et déduis, avec le document 2, les acides aminés codés par UCU, CUC, UGU et GUG.
Quelle propriété du code illustre le fait que UCU, UCC et UCA retiennent un ARNt porteur du même acide aminé ?
Calcule le nombre moyen de codons par acide aminé et conclus.
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1. Avec 4 nucléotides, il y a 41=4 codons de 1 nucléotide et 42=16 codons de 2 nucléotides, ce qui est inférieur aux 20 acides aminés à coder. Avec 3 nucléotides, 43=64≥20 : les codons ont donc au moins 3 nucléotides.
2. D'après la question 1, les codons ont au moins 3 nucléotides ; on admet qu'ils en ont exactement 3 (la question 3 montre que c'est cohérent avec les résultats). L'ARN UUUU... est alors lu UUU UUU UUU : UUU code Phe. De même, AAA code Lys et CCC code Pro.
3. Pour UCUCUC... : un ribosome qui lit par triplets lit UCU CUC UCU CUC, soit deux triplets différents qui alternent : on obtient deux acides aminés alternés. Si les codons avaient 2 ou 4 nucléotides (un nombre pair), on lirait toujours le même codon (UC UC UC... ou UCUC UCUC...) et on n'obtiendrait qu'un seul acide aminé. L'alternance observée exige donc un nombre impair de nucléotides par codon, et d'après la question 1 le plus petit possible est 3 : elle est compatible avec des codons de 3 nucléotides. D'après le document 2 : UCU code Ser, CUC code Leu ; UGU code Cys, GUG code Val. Ces résultats sont cohérents avec le document 1 (Ser et Leu ; Cys et Val).
4. Plusieurs codons différents (UCU, UCC, UCA) codent le même acide aminé (Ser) : le code est dégénéré (ou redondant). Le fait que chaque trinucléotide ne retienne qu'un ARNt porteur d'un seul acide aminé illustre aussi son caractère non ambigu.
5. Il y a 64 codons, dont 3 codons stop : 61 codons codent 20 acides aminés, soit 2061≈3,05 codons par acide aminé en moyenne. Il y a donc bien en moyenne plusieurs codons par acide aminé : le code est dégénéré. Cette redondance rend certaines substitutions silencieuses.
Exercice 9 : Une enzyme absente, la phénylcétonurie
Type Bac
Document 1. Chez une personne en bonne santé, une enzyme (la phénylalanine hydroxylase, notée E) transforme la phénylalanine (Phe), acide aminé apporté par l'alimentation, en tyrosine. Quand l'enzyme est absente, la phénylalanine s'accumule dans le sang et dans les tissus, ce qui peut abîmer le cerveau en développement : c'est la phénylcétonurie.
Document 2. Valeurs fictives, mais cohérentes avec cette maladie :
Génotype
Activité de l'enzyme E (% de la normale)
Phénylalanine dans le sang (µmol/L)
État
N//N
100
60
sain
N//m
48
75
sain
m//m
1
1 400
malade
Document 3. Extrait (inventé) du brin transcrit du début du gène de l'enzyme E (3' vers 5') :
Allèle
Brin transcrit
N
TAC GGA CTT TTC ACC GTG
m
TAC GGA ATT TTC ACC GTG
Compare les deux allèles du document 3 et indique la nature de la mutation.
Détermine l'ARNm et le polypeptide de chaque allèle.
Explique pourquoi les individus m//m ont une activité enzymatique quasi nulle et pourquoi ils ont beaucoup de phénylalanine dans le sang.
Explique pourquoi les individus N//m sont sains.
Propose une mesure alimentaire pour limiter les symptômes et justifie-la.
Deux parents N//m ont un enfant. Dresse l'échiquier de croisement et donne la probabilité que l'enfant soit m//m.
Voir le corrigé
1. Les deux séquences ne diffèrent qu'au troisième triplet : CTT dans N, ATT dans m. Le C est remplacé par un A : c'est une substitution d'un seul nucléotide.
2. Allèle N : ARNm 5'-AUG CCU GAA AAG UGG CAC-3', polypeptide Met - Pro - Glu - Lys - Trp - His. Allèle m : ARNm 5'-AUG CCU UAA AAG UGG CAC-3' ; le codon GAA devient UAA, un codon stop. Le polypeptide ne compte que 2 acides aminés : Met - Pro. C'est une mutation non-sens.
3. Avec l'allèle m, la traduction s'arrête très tôt : le polypeptide est trop court pour se replier en une enzyme active (activité de 1 %, donc quasi nulle). Sans enzyme active, la phénylalanine n'est plus transformée en tyrosine et s'accumule dans le sang (1 400 µmol/L contre 60 chez les sains).
4. Les individus N//m possèdent un allèle N fonctionnel qui produit l'enzyme : leur activité est de 48 %, suffisante pour maintenir la phénylalanine à un niveau presque normal (75 µmol/L). L'allèle m est donc récessif.
5. Comme la phénylalanine vient de l'alimentation, un régime pauvre en phénylalanine, mis en place dès la naissance, limite son accumulation et protège le cerveau en développement. D'où l'intérêt de dépister la maladie chez le nouveau-né.
6. Les parents N//m produisent des gamètes N et m, en proportions égales :
Gamètes
N (1/2)
m (1/2)
N (1/2)
N//N (1/4)
N//m (1/4)
m (1/2)
N//m (1/4)
m//m (1/4)
La probabilité d'avoir un enfant m//m est donc 21×21=41.
Mettre T dans l'ARN ou U dans l'ADN. L'ARN contient de l'uracile, l'ADN de la thymine. Quand tu transcris, A du brin transcrit s'apparie avec U.
Confondre brin transcrit et brin codant. L'ARNm est complémentaire du brin transcrit et identique (T devient U) au brin non transcrit.
Lire à l'envers. Le code se lit de 5' vers 3' sur l'ARNm. Si le brin transcrit est écrit de 3' vers 5', ne recopie pas la séquence telle quelle.
Confondre codon et anticodon. Le codon est sur l'ARNm, l'anticodon sur l'ARNt, et ils sont complémentaires.
Oublier que le codon stop ne code aucun acide aminé. Il met fin à la traduction : pas d'ARNt, pas d'acide aminé.
Croire qu'une mutation modifie toujours la protéine ou le phénotype. Une substitution silencieuse ne change pas la protéine ; un allèle muté récessif est masqué par l'allèle normal chez un hétérozygote.
Oublier le décalage du cadre de lecture. L'ajout ou la perte de 1 ou 2 nucléotides change tous les codons suivants ; 3 nucléotides, non.
Dire que la transcription a lieu dans le cytoplasme. Chez les eucaryotes, la transcription se fait dans le noyau, la traduction dans le cytoplasme.
À retenir
Un gène est une portion d'ADN qui porte l'information pour fabriquer un polypeptide ; la protéine détermine le caractère.
La transcription synthétise l'ARNm à partir du brin transcrit, dans le noyau, grâce à l'ARN polymérase.
L'ARNm est identique au brin non transcrit, avec U à la place de T.
Le code génétique associe un codon (triplet) à un acide aminé : 64 codons, 61 pour des acides aminés, 3 stop ; AUG est le codon d'initiation.
Il est dégénéré, non ambigu, sans chevauchement et quasi universel.
La traduction a lieu dans le cytoplasme sur les ribosomes : l'ARNt (anticodon) apporte les acides aminés, jusqu'au codon stop.
Un polypeptide de n acides aminés correspond à 3(n+1) nucléotides de la région codante de l'ARNm.
Une mutation est une modification rare de la séquence d'ADN : substitution (silencieuse, faux-sens, non-sens) ou insertion et délétion (décalage si non multiple de 3).
La relation se lit : mutation, puis protéine modifiée, puis phénotype modifié (exemple : drépanocytose).