1. Rappels : chromosomes, chromatides et quantité d'ADN
Les cellules du corps (cellules somatiques) sont diploïdes : elles possèdent 2n chromosomes, réunis en n paires de chromosomes homologues. Dans chaque paire, un chromosome vient de la mère et l'autre du père. Ils portent les mêmes gènes aux mêmes emplacements (les loci), mais pas forcément les mêmes allèles.
Les gamètes sont haploïdes : ils n'ont que n chromosomes, un seul par paire. Chez l'être humain, 2n=46 et n=23.
Avant la réplication de l'ADN (phase S), un chromosome est formé d'une chromatide. Après la réplication, il est formé de deux chromatides identiques, dites sœurs, réunies au niveau du centromère.
La mitose donne deux cellules filles identiques à la cellule mère, avec 2n chromosomes : la quantité d'ADN varie de 2Q à 4Q puis revient à 2Q.
Si deux gamètes à n chromosomes fusionnent, le zygote a 2n chromosomes. Sans un mécanisme qui réduit de moitié le nombre de chromosomes, il doublerait à chaque génération. Ce mécanisme, c'est la méiose.
2. La méiose
Étape
Ce qui se passe
Chromosomes de la cellule
ADN de la cellule
Interphase (phase S)
Réplication de l'ADN, une seule fois
2n chromosomes, qui passent de 1 à 2 chromatides
2Q→4Q
Prophase I
Les homologues s'apparient en nbivalents (4 chromatides chacun) ; crossing-over
2n chromosomes à 2 chromatides
4Q
Métaphase I
Les bivalents se placent de part et d'autre du plan équatorial
2n chromosomes à 2 chromatides
4Q
Anaphase I
Les homologues se séparent ; chaque chromosome garde ses 2 chromatides
n chromosomes à 2 chromatides vers chaque pôle
4Q (cellule entière)
Télophase I
Formation de 2 cellules filles
n chromosomes à 2 chromatides par cellule
2Q par cellule
Métaphase II
Pas de nouvelle réplication ; les chromosomes se placent au plan équatorial
n chromosomes à 2 chromatides
2Q
Anaphase II
Les chromatides sœurs se séparent
n chromosomes à 1 chromatide vers chaque pôle
2Q (cellule entière)
Télophase II
Formation de 4 cellules haploïdes
n chromosomes à 1 chromatide par cellule
Q par cellule
3. La fécondation
Le zygote reçoit un lot de n chromosomes de chaque parent : il retrouve les n paires de chromosomes homologues. La fécondation rétablit la diploïdie que la méiose avait réduite.
La rencontre des gamètes se fait au hasard : n'importe quel spermatozoïde peut féconder n'importe quel ovule. C'est la fécondation qui assemble les deux lots de chromosomes, mais ce sont la méiose et la fécondation ensemble qui créent la diversité génétique.
4. Le brassage interchromosomique
Pendant la métaphase I, les n bivalents se placent au plan équatorial. Pour chaque paire, le chromosome d'origine maternelle peut se trouver d'un côté ou de l'autre du plan, au hasard et indépendamment des autres paires. À l'anaphase I, les chromosomes migrent donc vers les pôles selon des combinaisons différentes.
Cas de deux gènes portés par deux paires de chromosomes différentes (gènes indépendants) : un individu double hétérozygote AaBb forme quatre types de gamètes équiprobables.
Gamète
AB
Ab
aB
ab
Proportion
41
41
41
41
5. Le brassage intrachromosomique
Pendant la prophase I, les chromosomes homologues sont appariés en bivalents. Des échanges de segments ont lieu entre deux chromatides non sœurs (une de chaque homologue) : c'est le crossing-over (ou enjambement). Il se voit au microscope sous forme de croisements appelés chiasmas.
Il ne change rien pour des gènes situés sur des chromosomes différents. Il intervient pour deux gènes portés par le même chromosome (gènes liés). Soit un individu double hétérozygote abAB : un chromosome porte A et B, son homologue porte a et b.
Situation
Gamètes formés
Sans crossing-over entre les deux gènes
AB et ab seulement (gamètes parentaux)
Avec crossing-over entre les deux gènes
AB et ab (parentaux) et Ab, aB (gamètes recombinés)
Tous les gamètes ne sont pas recombinés : le crossing-over n'a pas lieu dans toutes les méioses entre deux gènes donnés. Les gamètes parentaux sont donc plus nombreux que les recombinés.
Le brassage interchromosomique (indépendance des chromosomes) et le brassage intrachromosomique (crossing-over) produisent une diversité de gamètes presque illimitée. Avec la fécondation au hasard, chaque individu est génétiquement unique, sauf les jumeaux issus d'un même zygote. Cette variabilité est la matière première de l'évolution.
6. Les cycles de développement
Type de cycle
Phase dominante
Position de la méiose
Exemple
Haplophasique
Haplophase ; la diplophase se réduit au zygote
Juste après la fécondation (méiose zygotique)
Un champignon comme Sordaria
Diplophasique
Diplophase ; l'haplophase se réduit aux gamètes
À la formation des gamètes (méiose gamétique)
L'être humain, les animaux
Haplo-diplophasique
Alternance de deux générations pluricellulaires
À la formation des spores (méiose sporique)
Une mousse (le polytric), une fougère
Cycle haplophasique (Sordaria). Les filaments (mycélium) sont haploïdes. Deux filaments compatibles fusionnent : leurs noyaux fusionnent à leur tour et forment un zygote à 2n chromosomes, la seule cellule diploïde du cycle. Il subit tout de suite la méiose (4 cellules haploïdes), puis une mitose : l'asque contient 8 spores alignées, qui donnent chacune un nouveau mycélium haploïde.
Cycle diplophasique (être humain). Tout l'organisme est diploïde. Seuls les gamètes, formés par méiose dans les gonades, sont haploïdes. La fécondation donne le zygote, qui se développe par mitoses.
Cycle haplo-diplophasique. Deux générations pluricellulaires alternent. Le sporophyte (2n) forme par méiose des spores (n). Chaque spore germe et donne, par mitoses, un gamétophyte (n) qui produit des gamètes par mitoses. Leur fusion redonne un zygote qui devient un sporophyte. Chez la fougère, la grande plante feuillée est le sporophyte et le gamétophyte (prothalle) est minuscule. Chez la mousse, c'est l'inverse : la plante feuillée est le gamétophyte.
Méthodes
Méthode 1 : Identifier une phase de la méiose
Compte les chromosomes et regarde s'ils ont une ou deux chromatides.
Regarde s'ils sont appariés (bivalents) : si oui, tu es en prophase I ou en métaphase I.
Si 2n chromosomes à 2 chromatides migrent par lots de n vers les deux pôles, c'est l'anaphase I. Si la cellule n'a que n chromosomes à 2 chromatides, non appariés, tu es en division II ; si leurs chromatides se séparent, c'est l'anaphase II.
Calcule la quantité d'ADN : nombre de chromatides divisé par n, exprimé en multiples de Q.
Méthode 2 : Dénombrer les gamètes et les zygotes possibles
Détermine n, le nombre de paires d'homologues (n=22n).
Le nombre de gamètes différents par brassage interchromosomique est 2n.
Le nombre de zygotes différents est 2n×2n=4n (fécondation au hasard).
Précise que le crossing-over augmente encore ces nombres.
Méthode 3 : Prévoir les gamètes d'un double hétérozygote
Les gènes sont-ils sur des paires de chromosomes différentes ? Alors 4 gamètes équiprobables, à 25% chacun.
Sont-ils sur la même paire ? Écris les deux chromosomes de l'individu (par exemple abAB) : les gamètes parentaux reprennent ces chromosomes tels quels.
Ajoute les gamètes recombinés avec le taux de recombinaison r : chaque recombiné a la proportion 2r, chaque parental la proportion 2100−r (en %).
Méthode 4 : Déterminer le type de cycle de développement
Repère les cellules haploïdes et diploïdes grâce au nombre de chromosomes.
Place la fécondation (début de la diplophase) et la méiose (début de l'haplophase).
Regarde quelle phase est pluricellulaire et dominante.
Conclus : méiose juste après la fécondation, haplophase dominante, cycle haplophasique ; méiose aux gamètes, diplophase dominante, cycle diplophasique ; deux phases pluricellulaires, cycle haplo-diplophasique.
Méthode 5 : Exploiter les asques de Sordaria (crossing-over)
Les 8 spores sont rangées dans l'ordre des divisions. Les asques 4 : 4 (4 spores d'un type puis 4 de l'autre) montrent une séparation des allèles dès la division I : pas de crossing-over entre le gène et le centromère.
Les asques 2 : 4 : 2 et 2 : 2 : 2 : 2 montrent une séparation à la division II : un crossing-over a eu lieu entre le gène et le centromère.
Distance du gène au centromère =2pourcentage d’asques recombineˊs, car dans un asque recombiné, seules 2 chromatides sur 4 sont recombinées.
Méthode 6 : Rédiger une réponse « type bac »
Décris : donne les valeurs chiffrées et le sens de variation, sans interpréter.
Compare : mets les résultats en relation (avant / après, témoin / test).
Déduis : écris ta conclusion en citant le chiffre qui la prouve.
Explique : relie la conclusion à un mécanisme du cours (méiose, crossing-over, fécondation).
Exercices corrigés
Exercice 1 : Reconnaître les phases de la méiose
Facile
Une espèce animale a 2n=8. On note Q la quantité d'ADN de 4 chromosomes à une chromatide. On observe cinq cellules de testicule en méiose :
Cellule
Observation
A
8 chromosomes à 2 chromatides, associés en 4 paires, alignés sur le plan équatorial
B
8 chromosomes à 2 chromatides ; 4 migrent vers un pôle et 4 vers l'autre pôle
C
4 chromosomes à 2 chromatides, alignés sur le plan équatorial, sans association par paires
D
8 chromosomes à 1 chromatide ; 4 migrent vers chaque pôle
E
une cellule isolée, avec 4 chromosomes à 1 chromatide
Identifie la phase de chaque cellule en justifiant.
Range ces cellules dans l'ordre chronologique.
Calcule la quantité d'ADN de chaque cellule, en fonction de Q.
Explique pourquoi l'ADN passe de 4Q (cellule B) à 2Q (cellule C), puis à Q (cellule E).
Voir le corrigé
1.
A : les chromosomes homologues sont associés par paires (bivalents) au plan équatorial : métaphase I.
B : les chromosomes migrent vers les pôles en gardant leurs 2 chromatides (les chromatides sœurs ne se sont pas séparées) : anaphase I, séparation des homologues.
C : 4 chromosomes à 2 chromatides, la moitié du nombre initial, sans appariement : métaphase II.
D : les chromatides se sont séparées et migrent, 4 chromosomes à 1 chromatide par pôle : anaphase II.
E : cellule haploïde finale à 4 chromosomes à 1 chromatide : spermatide (fin de la télophase II).
2. Ordre : A, B, C, D, E.
3. On compte les chromatides : Q correspond à 4 chromatides.
A : 8×2=16 chromatides, soit 4Q.
B : 16 chromatides dans la cellule entière, soit 4Q.
C : 4×2=8 chromatides, soit 2Q.
D : 8×1=8 chromatides dans la cellule, soit 2Q.
E : 4×1=4 chromatides, soit Q.
4. Entre B et C, la cellule se divise en deux à la fin de la division I, après la séparation des chromosomes homologues : chaque cellule fille reçoit la moitié des chromosomes et la moitié de l'ADN (4Q→2Q). Entre D et E, la division II sépare les chromatides sœurs et répartit les deux lots dans deux cellules : 2Q→Q.
Exercice 2 : Diversité des gamètes et des zygotes
Facile
Données sur quatre espèces (nombre de chromosomes des cellules somatiques) :
Espèce
Drosophile
Pois
Maïs
Être humain
2n
8
14
20
46
Calcule n pour chaque espèce.
Calcule le nombre de types de gamètes différents que peut produire un individu, par brassage interchromosomique seul.
Calcule le nombre de zygotes différents possibles par fécondation entre deux individus de la même espèce.
Pourquoi les nombres réels sont-ils encore plus élevés ?
Voir le corrigé
1.n=22n : drosophile 4 ; pois 7 ; maïs 10 ; être humain 23.
2. Nombre de gamètes =2n : drosophile 24=16 ; pois 27=128 ; maïs 210=1024 ; être humain 223=8388608.
3. Chaque gamète d'un parent peut s'unir à chaque gamète de l'autre, donc 2n×2n=4n : drosophile 162=256 ; pois 1282=16384 ; maïs 10242=1048576 ; être humain 246=70368744177664, soit environ 7,04×1013.
4. Ces calculs ne tiennent compte que du brassage interchromosomique. Le crossing-over de la prophase I recombine les allèles sur un même chromosome : chaque chromosome n'est plus un simple « morceau maternel » ou « paternel », ce qui multiplie encore les types de gamètes.
Exercice 3 : Quantité d'ADN au cours de la méiose
Moyen
On mesure la quantité d'ADN contenue dans le noyau de cellules d'une espèce animale qui a 2n=6 chromosomes. Les cellules 1 à 5 appartiennent à la même lignée germinale.
Repère
Cellule observée
ADN (en pg)
1
cellule germinale en interphase, avant toute réplication
6
2
même cellule, pendant la réplication
9
3
même cellule, avec les bivalents sur le plan équatorial
12
4
l'une des deux cellules issues de la première division
6
5
l'une des quatre cellules finales
3
6
zygote formé par la fusion de deux gamètes
6
Pour chaque repère, indique l'étape correspondante et exprime l'ADN en fonction de Q.
Explique les variations 6→12→6→3→6 pg.
Donne le nombre de chromosomes et de chromatides des cellules 3, 4, 5 et 6.
Quelle série de valeurs obtiendrait-on pour deux mitoses successives à partir de la cellule 1 ?
Voir le corrigé
1. Ici 2Q=6 pg, donc Q=3 pg.
Repère 1 : phase G1, 2Q.
Repère 2 : phase S (réplication en cours), entre 2Q et 4Q.
Repère 3 : métaphase I, 4Q=12 pg.
Repère 4 : cellule fille de la division I (télophase I), 2Q=6 pg.
Repère 5 : cellule haploïde finale (télophase II), Q=3 pg.
Repère 6 : zygote, 2Q=6 pg.
2.
6→12 pg : la réplication de l'ADN double la quantité d'ADN.
12→6 pg : la division I sépare les chromosomes homologues et répartit les chromosomes dans deux cellules.
6→3 pg : la division II sépare les chromatides sœurs et les répartit dans deux cellules.
3→6 pg : la fécondation réunit deux gamètes à 3 pg ; le zygote retrouve 6 pg, la quantité d'une cellule diploïde.
3. Avec 2n=6 et n=3 :
Repère 3 : 6 chromosomes à 2 chromatides (12 chromatides).
Repère 4 : 3 chromosomes à 2 chromatides (6 chromatides).
Repère 5 : 3 chromosomes à 1 chromatide (3 chromatides).
Repère 6 : 6 chromosomes à 1 chromatide (6 chromatides).
4. Une mitose conserve 2n : 6→12→6 pg (première mitose), puis 6→12→6 pg (seconde). On ne descend jamais à 3 pg : c'est la preuve que la quantité d'ADN est divisée par deux deux fois, donc que la méiose comporte deux divisions pour une seule réplication.
Exercice 4 : Brassage interchromosomique chez un double hétérozygote
Moyen
Chez une espèce animale, deux gènes sont portés par deux paires de chromosomes différentes. Le gène A/a détermine la couleur du corps (A : gris, dominant ; a : noir). Le gène B/b détermine la taille des ailes (B : longues, dominant ; b : courtes). Un mâle et une femelle de génotype AaBb sont croisés.
En métaphase I, comment les deux paires de chromosomes peuvent-elles se placer ? Quels gamètes obtient-on dans chaque cas ?
Donne les types de gamètes d'un individu AaBb et leur proportion.
Construis l'échiquier de croisement des gamètes des deux parents.
Déduis le nombre de génotypes différents et les proportions des phénotypes de la descendance.
Voir le corrigé
1. Les deux paires se placent indépendamment l'une de l'autre au plan équatorial. Première disposition : A et B du même côté, a et b de l'autre : gamètes AB et ab. Seconde disposition : A et b du même côté, a et B de l'autre : gamètes Ab et aB. Les deux dispositions sont également probables.
2. Quatre types de gamètes, équiprobables : AB, Ab, aB, ab, à 41 chacun (22=4 types, pour n=2 paires étudiées).
3. La fécondation se fait au hasard : 4×4=16 cases équiprobables.
Gamètes femelles \ mâles
AB
Ab
aB
ab
AB
AABB
AABb
AaBB
AaBb
Ab
AABb
AAbb
AaBb
Aabb
aB
AaBB
AaBb
aaBB
aaBb
ab
AaBb
Aabb
aaBb
aabb
4. On compte 9 génotypes différents : AABB (1/16), AABb (2/16), AaBB (2/16), AaBb (4/16), AAbb (1/16), Aabb (2/16), aaBB (1/16), aaBb (2/16), aabb (1/16). La somme fait 1616.
Exercice 5 : Déterminer des cycles de développement
Moyen
On décrit trois organismes (descriptions simplifiées).
Organisme X (un champignon). Il vit sous forme de filaments dont les cellules ont 6 chromosomes. Deux filaments compatibles fusionnent, puis leurs noyaux fusionnent : la cellule obtenue a 12 chromosomes. Elle subit aussitôt deux divisions successives qui donnent 4 cellules à 6 chromosomes. Celles-ci redonnent des filaments par mitoses.
Organisme Y (un insecte). Les cellules du corps ont 10 chromosomes. Dans les glandes génitales, certaines cellules subissent deux divisions successives et forment des cellules à 5 chromosomes, les gamètes. La fusion de deux gamètes donne une cellule à 10 chromosomes qui se développe, par mitoses, en un nouvel individu.
Organisme Z (une plante sans fleurs). La grande plante feuillée a des cellules à 20 chromosomes. Sous ses feuilles, des sacs contiennent des spores à 10 chromosomes, formées après deux divisions successives. Chaque spore germe et forme, par mitoses, une minuscule lame verte (cellules à 10 chromosomes). Celle-ci forme des gamètes par mitoses ; leur fusion donne un œuf à 20 chromosomes, qui se développe en grande plante feuillée.
Pour chaque organisme, indique les stades haploïdes et les stades diploïdes.
Place la fécondation et la méiose dans chaque cycle.
Nomme le type de cycle de chaque organisme.
Résume ta réponse dans un tableau.
Voir le corrigé
1.
X : haploïde = filaments (n=6) et les 4 cellules finales ; diploïde = uniquement la cellule à 12 chromosomes (le zygote).
Y : haploïde = les gamètes (n=5) ; diploïde = tout le reste (zygote et individu, 2n=10).
Z : haploïde = les spores, la lame verte (le gamétophyte) et les gamètes (n=10) ; diploïde = le zygote et la grande plante feuillée (le sporophyte), à 2n=20.
2.
X : la fécondation est la fusion des noyaux ; la méiose suit immédiatement (les deux divisions successives qui donnent 4 cellules à n).
Y : la méiose a lieu dans les glandes génitales et forme les gamètes ; la fécondation est la fusion des gamètes.
Z : la méiose a lieu dans les sacs (sporanges) et forme les spores ; la fécondation est la fusion des gamètes portés par la lame verte.
3 et 4.
Organisme
Phase dominante
Position de la méiose
Type de cycle
X
haplophase (diplophase réduite au zygote)
juste après la fécondation
haplophasique
Y
diplophase (haplophase réduite aux gamètes)
formation des gamètes
diplophasique
Z
deux générations pluricellulaires ; la grande plante diploïde domine visiblement
formation des spores
haplo-diplophasique
Exercice 6 : Probabilités chromosomiques chez l'être humain
Difficile
On suppose que les 23 paires de chromosomes homologues se répartissent indépendamment à l'anaphase I et on ignore le crossing-over. Chaque chromosome d'un gamète est donc d'origine maternelle ou paternelle avec la probabilité 21.
Un homme a reçu 23 chromosomes de sa mère et 23 de son père. Quelle est la probabilité qu'un de ses spermatozoïdes contienne uniquement les 23 chromosomes d'origine maternelle ?
Soit X le nombre de chromosomes d'origine maternelle dans un spermatozoïde. Quelle loi suit X ? Donne son espérance et calcule p(X=11) sachant que C2311=1352078.
Deux enfants d'un même couple naissent à des moments différents (pas de jumeaux vrais). Quelle est la probabilité qu'ils aient reçu exactement le même lot de chromosomes paternels ? Et le même lot paternel et le même lot maternel ?
Voir le corrigé
1. Les 23 paires se répartissent indépendamment. Pour chaque paire, la probabilité d'avoir le chromosome maternel est 21. D'où p=(21)23=83886081≈1,19×10−7.
2. On répète 23 fois, de façon indépendante, une épreuve à deux issues (chromosome maternel avec la probabilité 21) : X suit la loi binomiale B(23,21). Son espérance est E(X)=23×21=11,5. Puis :
p(X=11)=C2311(21)23=83886081352078≈0,161
Un spermatozoïde contient donc, avec une probabilité d'environ 16%, exactement 11 chromosomes maternels (et autant pour 12, car C2312=C2311).
3. Pour chaque paire, les deux enfants ont reçu le même chromosome paternel avec la probabilité 21 (le second chromosome est le même que le premier ou l'autre, de façon indépendante). Pour les 23 paires : (21)23≈1,19×10−7. Pour le lot paternel et le lot maternel, les deux événements sont indépendants : (21)23×(21)23=(21)46≈1,42×10−14.
Deux frères et sœurs non jumeaux ne sont donc pratiquement jamais génétiquement identiques, même sans tenir compte du crossing-over, qui rend l'événement encore plus improbable.
Exercice 7 : Le crossing-over chez Sordaria
Type Bac
Sordaria est un champignon à cycle haplophasique. Une souche à spores noires (allèle N) est croisée avec une souche à spores claires (allèle n). Le zygote N//n subit la méiose, puis une mitose : l'asque contient 8 spores alignées. Les données ci-dessous sont inventées pour l'exercice.
Document 1 : schéma de principe. Après la méiose, les 4 cellules haploïdes sont rangées dans l'asque dans l'ordre des divisions. Chacune se divise ensuite une fois par mitose : les 8 spores sont donc deux à deux identiques, et on lit l'asque de haut en bas.
Document 2 : résultats de l'observation de 500 asques.
Disposition des 8 spores (de haut en bas)
Nombre d'asques
NNNN nnnn
208
nnnn NNNN
202
NN nnnn NN
17
nn NNNN nn
19
NN nn NN nn
29
nn NN nn NN
25
Explique pourquoi un asque contient 8 spores alors que la méiose forme 4 cellules.
Interprète les asques « NNNN nnnn » et « nnnn NNNN ».
Interprète les asques « NN nnnn NN », « nn NNNN nn », « NN nn NN nn » et « nn NN nn NN ».
Calcule le pourcentage d'asques recombinés et la distance entre le gène et le centromère.
Que démontrent ces résultats pour le brassage des allèles ?
Voir le corrigé
1. La méiose forme 4 cellules haploïdes. Chacune subit ensuite une mitose : elle donne 2 spores identiques. On obtient 4×2=8 spores, deux à deux identiques et rangées dans l'ordre de leur formation.
2. Ces asques ont 4 spores noires d'un côté et 4 spores claires de l'autre. Les deux allèles se sont séparés dès la division I, c'est-à-dire que les deux chromosomes homologues, l'un portant N et l'autre n, ont migré à des pôles différents : il n'y a pas eu de crossing-over entre le gène et le centromère. Les deux dispositions (NNNN nnnn ou nnnn NNNN) dépendent de l'orientation du bivalent à la métaphase I.
3. Dans ces asques, les spores noires et claires sont mélangées : N et n ne se séparent qu'à la division II. Un crossing-over a donc eu lieu en prophase I, entre le gène et le centromère. Il a échangé des segments de chromatides entre les deux homologues. Chaque chromosome possède alors une chromatide N et une chromatide n : à l'anaphase I, chaque pôle reçoit les deux allèles, et ils ne se séparent qu'à l'anaphase II. Les différentes dispositions (2 : 4 : 2 ou 2 : 2 : 2 : 2) viennent de l'orientation, au hasard, des chromatides de chaque chromosome en métaphase II, dans chacune des deux cellules.
4. Asques recombinés : 17+19+29+25=90 asques sur 500, soit 50090×100=18%.
Dans un asque recombiné, seules 2 des 4 chromatides ont été recombinées : la moitié des spores est recombinée. Distance gène-centromère =218=9 unités de recombinaison (centimorgans).
5. Les asques de type 2 : 4 : 2 et 2 : 2 : 2 : 2 prouvent l'existence d'un brassage intrachromosomique : les allèles d'un même chromosome sont échangés avec ceux de l'homologue par crossing-over. Dans 18% des asques, ce brassage a eu lieu entre le gène et le centromère.
Exercice 8 : Brassage intrachromosomique et croisement test
Type Bac
Chez une espèce de plante, le gène R/r détermine la couleur de la fleur (R : rouge, dominant ; r : blanche) et le gène L/l la forme de la graine (L : longue, dominant ; l : ronde). Une plante de lignée pure [rouge, longue] est croisée avec une plante de lignée pure [blanche, ronde] ; toute la F1 est [rouge, longue]. Un individu F1 est croisé avec une plante [blanche, ronde] (croisement test). Les résultats (1 000 descendants, données inventées) sont :
Phénotype
[rouge, longue]
[blanche, ronde]
[rouge, ronde]
[blanche, longue]
Effectif
438
442
61
59
Quels résultats attendrait-on si les deux gènes étaient sur deux paires de chromosomes différentes ? Compare avec l'expérience.
Que peux-tu conclure sur la position des deux gènes ? Écris le génotype de l'individu F1 et celui de la plante [blanche, ronde].
Distingue les phénotypes parentaux des phénotypes recombinés, et calcule le taux de recombinaison.
Explique l'origine des phénotypes recombinés et précise la proportion des différents gamètes de l'individu F1.
Dans quel pourcentage des méioses de l'individu F1 y a-t-il eu un crossing-over entre les deux gènes ?
Voir le corrigé
1. Si les gènes étaient indépendants, l'individu F1 (RrLl) produirait 4 types de gamètes équiprobables : on attendrait 41 de chaque phénotype, soit 250 descendants de chaque type. L'expérience donne deux effectifs nettement plus élevés (438 et 442) et deux effectifs très faibles (61 et 59) : les résultats ne sont pas ceux attendus.
2. Les gènes sont liés : ils sont portés par la même paire de chromosomes. La plante F1 hérite d'un chromosome portant R et L (de la lignée rouge, longue) et d'un chromosome portant r et l. Génotype de la F1 : rlRL ; génotype de la plante [blanche, ronde] : rlrl. Comme elle ne forme qu'un seul type de gamète rl, les phénotypes de la descendance reflètent les gamètes de la F1.
3. Phénotypes parentaux (ceux des deux lignées pures parentes) : [rouge, longue] (438) et [blanche, ronde] (442). Phénotypes recombinés : [rouge, ronde] (61) et [blanche, longue] (59).
taux de recombinaison=100061+59×100=12%
4. Les phénotypes recombinés viennent de gamètes recombinés, produits par un crossing-over entre les deux gènes, en prophase I de la méiose de la F1, entre chromatides non sœurs du bivalent. Gamètes de la F1 : RL et rl (parentaux), environ 44% chacun ; Rl et rL (recombinés), environ 6% chacun. Vérification : 2×44+2×6=100%.
5. Chaque méiose avec crossing-over donne 2 gamètes recombinés sur 4, soit la moitié de recombinés. Si p est la proportion de méioses avec crossing-over, alors 2p=12%, donc p=24%. Environ une méiose sur quatre présente un crossing-over entre les deux gènes.
QCM
Erreurs fréquentes
Confondre chromosome et chromatide. Un chromosome a une chromatide avant la réplication et deux après ; après l'anaphase II, il n'en a de nouveau qu'une. Compte toujours les deux.
Dire que l'anaphase I sépare les chromatides. Elle sépare les chromosomes homologues, qui gardent leurs deux chromatides. Ce sont les chromatides qui se séparent à l'anaphase II.
Croire qu'il y a une seconde réplication entre les divisions I et II. L'ADN n'est répliqué qu'une seule fois, avant la division I. Voilà pourquoi la quantité d'ADN tombe à Q.
Calculer 22n au lieu de 2n pour les gamètes. Le nombre de types de gamètes est 2n, avec n le nombre de paires (23 chez l'être humain, pas 46).
Placer le crossing-over entre chromatides sœurs ou entre chromosomes non homologues. Il se fait entre chromatides non sœurs de chromosomes homologues, en prophase I.
Annoncer un taux de recombinaison supérieur à 50%. C'est impossible : au maximum la moitié des gamètes est recombinée (gènes indépendants ou très éloignés).
Confondre type de cycle et position de la méiose. Haplophasique : méiose juste après la fécondation. Diplophasique : méiose aux gamètes. Haplo-diplophasique : méiose aux spores.
Oublier la fécondation dans la diversité. Les gamètes sont différents grâce au brassage, mais c'est la rencontre au hasard des gamètes qui produit des zygotes tous différents.
À retenir
La méiose = 2 divisions successives, 1 seule réplication : une cellule à 2n donne 4 cellules à n.
Division I réductionnelle (séparation des homologues), division II équationnelle (séparation des chromatides sœurs).