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    2e Bac Sciences de la vie et de la Terre (SVT)

    Transfert de l'information génétique au cours de la reproduction sexuée

    Méiose, fécondation, brassages inter et intrachromosomique, cycles de développement : cours 2e Bac SVT avec 8 exercices corrigés et QCM.

    • 90 min
    • 8 exercices corrigés
    • QCM de 7 questions

    Prérequis : Mitose et caryotype (1re Bac), notions de gène, d'allèle et de chromosome

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    L'essentiel

    1. Rappels : chromosomes, chromatides et quantité d'ADN

    Les cellules du corps (cellules somatiques) sont diploïdes : elles possèdent 2n2n chromosomes, réunis en nn paires de chromosomes homologues. Dans chaque paire, un chromosome vient de la mère et l'autre du père. Ils portent les mêmes gènes aux mêmes emplacements (les loci), mais pas forcément les mêmes allèles.

    Les gamètes sont haploïdes : ils n'ont que nn chromosomes, un seul par paire. Chez l'être humain, 2n=462n = 46 et n=23n = 23.

    Avant la réplication de l'ADN (phase S), un chromosome est formé d'une chromatide. Après la réplication, il est formé de deux chromatides identiques, dites sœurs, réunies au niveau du centromère.

    La mitose donne deux cellules filles identiques à la cellule mère, avec 2n2n chromosomes : la quantité d'ADN varie de 2Q2Q à 4Q4Q puis revient à 2Q2Q.

    Si deux gamètes à nn chromosomes fusionnent, le zygote a 2n2n chromosomes. Sans un mécanisme qui réduit de moitié le nombre de chromosomes, il doublerait à chaque génération. Ce mécanisme, c'est la méiose.

    2. La méiose

    ÉtapeCe qui se passeChromosomes de la celluleADN de la cellule
    Interphase (phase S)Réplication de l'ADN, une seule fois2n2n chromosomes, qui passent de 1 à 2 chromatides2Q→4Q2Q \to 4Q
    Prophase ILes homologues s'apparient en nn bivalents (4 chromatides chacun) ; crossing-over2n2n chromosomes à 2 chromatides4Q4Q
    Métaphase ILes bivalents se placent de part et d'autre du plan équatorial2n2n chromosomes à 2 chromatides4Q4Q
    Anaphase ILes homologues se séparent ; chaque chromosome garde ses 2 chromatidesnn chromosomes à 2 chromatides vers chaque pôle4Q4Q (cellule entière)
    Télophase IFormation de 2 cellules fillesnn chromosomes à 2 chromatides par cellule2Q2Q par cellule
    Métaphase IIPas de nouvelle réplication ; les chromosomes se placent au plan équatorialnn chromosomes à 2 chromatides2Q2Q
    Anaphase IILes chromatides sœurs se séparentnn chromosomes à 1 chromatide vers chaque pôle2Q2Q (cellule entière)
    Télophase IIFormation de 4 cellules haploïdesnn chromosomes à 1 chromatide par celluleQQ par cellule

    3. La fécondation

    Le zygote reçoit un lot de nn chromosomes de chaque parent : il retrouve les nn paires de chromosomes homologues. La fécondation rétablit la diploïdie que la méiose avait réduite.

    La rencontre des gamètes se fait au hasard : n'importe quel spermatozoïde peut féconder n'importe quel ovule. C'est la fécondation qui assemble les deux lots de chromosomes, mais ce sont la méiose et la fécondation ensemble qui créent la diversité génétique.

    4. Le brassage interchromosomique

    Pendant la métaphase I, les nn bivalents se placent au plan équatorial. Pour chaque paire, le chromosome d'origine maternelle peut se trouver d'un côté ou de l'autre du plan, au hasard et indépendamment des autres paires. À l'anaphase I, les chromosomes migrent donc vers les pôles selon des combinaisons différentes.

    Cas de deux gènes portés par deux paires de chromosomes différentes (gènes indépendants) : un individu double hétérozygote AaBbAaBb forme quatre types de gamètes équiprobables.

    GamèteABABAbAbaBaBabab
    Proportion14\frac{1}{4}14\frac{1}{4}14\frac{1}{4}14\frac{1}{4}

    5. Le brassage intrachromosomique

    Pendant la prophase I, les chromosomes homologues sont appariés en bivalents. Des échanges de segments ont lieu entre deux chromatides non sœurs (une de chaque homologue) : c'est le crossing-over (ou enjambement). Il se voit au microscope sous forme de croisements appelés chiasmas.

    Il ne change rien pour des gènes situés sur des chromosomes différents. Il intervient pour deux gènes portés par le même chromosome (gènes liés). Soit un individu double hétérozygote A Ba b\dfrac{A\,B}{a\,b} : un chromosome porte AA et BB, son homologue porte aa et bb.

    SituationGamètes formés
    Sans crossing-over entre les deux gènesABAB et abab seulement (gamètes parentaux)
    Avec crossing-over entre les deux gènesABAB et abab (parentaux) et AbAb, aBaB (gamètes recombinés)

    Tous les gamètes ne sont pas recombinés : le crossing-over n'a pas lieu dans toutes les méioses entre deux gènes donnés. Les gamètes parentaux sont donc plus nombreux que les recombinés.

    Le brassage interchromosomique (indépendance des chromosomes) et le brassage intrachromosomique (crossing-over) produisent une diversité de gamètes presque illimitée. Avec la fécondation au hasard, chaque individu est génétiquement unique, sauf les jumeaux issus d'un même zygote. Cette variabilité est la matière première de l'évolution.

    6. Les cycles de développement

    Type de cyclePhase dominantePosition de la méioseExemple
    HaplophasiqueHaplophase ; la diplophase se réduit au zygoteJuste après la fécondation (méiose zygotique)Un champignon comme Sordaria
    DiplophasiqueDiplophase ; l'haplophase se réduit aux gamètesÀ la formation des gamètes (méiose gamétique)L'être humain, les animaux
    Haplo-diplophasiqueAlternance de deux générations pluricellulairesÀ la formation des spores (méiose sporique)Une mousse (le polytric), une fougère

    Cycle haplophasique (Sordaria). Les filaments (mycélium) sont haploïdes. Deux filaments compatibles fusionnent : leurs noyaux fusionnent à leur tour et forment un zygote à 2n2n chromosomes, la seule cellule diploïde du cycle. Il subit tout de suite la méiose (4 cellules haploïdes), puis une mitose : l'asque contient 8 spores alignées, qui donnent chacune un nouveau mycélium haploïde.

    Cycle diplophasique (être humain). Tout l'organisme est diploïde. Seuls les gamètes, formés par méiose dans les gonades, sont haploïdes. La fécondation donne le zygote, qui se développe par mitoses.

    Cycle haplo-diplophasique. Deux générations pluricellulaires alternent. Le sporophyte (2n2n) forme par méiose des spores (nn). Chaque spore germe et donne, par mitoses, un gamétophyte (nn) qui produit des gamètes par mitoses. Leur fusion redonne un zygote qui devient un sporophyte. Chez la fougère, la grande plante feuillée est le sporophyte et le gamétophyte (prothalle) est minuscule. Chez la mousse, c'est l'inverse : la plante feuillée est le gamétophyte.

    Méthodes

    Méthode 1 : Identifier une phase de la méiose

    1. Compte les chromosomes et regarde s'ils ont une ou deux chromatides.
    2. Regarde s'ils sont appariés (bivalents) : si oui, tu es en prophase I ou en métaphase I.
    3. Si 2n2n chromosomes à 2 chromatides migrent par lots de nn vers les deux pôles, c'est l'anaphase I. Si la cellule n'a que nn chromosomes à 2 chromatides, non appariés, tu es en division II ; si leurs chromatides se séparent, c'est l'anaphase II.
    4. Calcule la quantité d'ADN : nombre de chromatides divisé par nn, exprimé en multiples de QQ.

    Méthode 2 : Dénombrer les gamètes et les zygotes possibles

    1. Détermine nn, le nombre de paires d'homologues (n=2n2n = \frac{2n}{2}).
    2. Le nombre de gamètes différents par brassage interchromosomique est 2n2^n.
    3. Le nombre de zygotes différents est 2n×2n=4n2^n \times 2^n = 4^n (fécondation au hasard).
    4. Précise que le crossing-over augmente encore ces nombres.

    Méthode 3 : Prévoir les gamètes d'un double hétérozygote

    1. Les gènes sont-ils sur des paires de chromosomes différentes ? Alors 4 gamètes équiprobables, à 25 %25\,\% chacun.
    2. Sont-ils sur la même paire ? Écris les deux chromosomes de l'individu (par exemple A Ba b\dfrac{A\,B}{a\,b}) : les gamètes parentaux reprennent ces chromosomes tels quels.
    3. Ajoute les gamètes recombinés avec le taux de recombinaison rr : chaque recombiné a la proportion r2\frac{r}{2}, chaque parental la proportion 100−r2\frac{100 - r}{2} (en %).

    Méthode 4 : Déterminer le type de cycle de développement

    1. Repère les cellules haploïdes et diploïdes grâce au nombre de chromosomes.
    2. Place la fécondation (début de la diplophase) et la méiose (début de l'haplophase).
    3. Regarde quelle phase est pluricellulaire et dominante.
    4. Conclus : méiose juste après la fécondation, haplophase dominante, cycle haplophasique ; méiose aux gamètes, diplophase dominante, cycle diplophasique ; deux phases pluricellulaires, cycle haplo-diplophasique.

    Méthode 5 : Exploiter les asques de Sordaria (crossing-over)

    1. Les 8 spores sont rangées dans l'ordre des divisions. Les asques 4 : 4 (4 spores d'un type puis 4 de l'autre) montrent une séparation des allèles dès la division I : pas de crossing-over entre le gène et le centromère.
    2. Les asques 2 : 4 : 2 et 2 : 2 : 2 : 2 montrent une séparation à la division II : un crossing-over a eu lieu entre le gène et le centromère.
    3. Pourcentage d'asques recombinés =asques 2 : 4 : 2 et 2 : 2 : 2 : 2total d’asques×100= \dfrac{\text{asques 2 : 4 : 2 et 2 : 2 : 2 : 2}}{\text{total d'asques}} \times 100.
    4. Distance du gène au centromère =pourcentage d’asques recombineˊs2= \dfrac{\text{pourcentage d'asques recombinés}}{2}, car dans un asque recombiné, seules 2 chromatides sur 4 sont recombinées.

    Méthode 6 : Rédiger une réponse « type bac »

    1. Décris : donne les valeurs chiffrées et le sens de variation, sans interpréter.
    2. Compare : mets les résultats en relation (avant / après, témoin / test).
    3. Déduis : écris ta conclusion en citant le chiffre qui la prouve.
    4. Explique : relie la conclusion à un mécanisme du cours (méiose, crossing-over, fécondation).

    Exercices corrigés

    Exercice 1 : Reconnaître les phases de la méiose

    Facile

    Une espèce animale a 2n=82n = 8. On note QQ la quantité d'ADN de 4 chromosomes à une chromatide. On observe cinq cellules de testicule en méiose :

    CelluleObservation
    A8 chromosomes à 2 chromatides, associés en 4 paires, alignés sur le plan équatorial
    B8 chromosomes à 2 chromatides ; 4 migrent vers un pôle et 4 vers l'autre pôle
    C4 chromosomes à 2 chromatides, alignés sur le plan équatorial, sans association par paires
    D8 chromosomes à 1 chromatide ; 4 migrent vers chaque pôle
    Eune cellule isolée, avec 4 chromosomes à 1 chromatide
    1. Identifie la phase de chaque cellule en justifiant.
    2. Range ces cellules dans l'ordre chronologique.
    3. Calcule la quantité d'ADN de chaque cellule, en fonction de QQ.
    4. Explique pourquoi l'ADN passe de 4Q4Q (cellule B) à 2Q2Q (cellule C), puis à QQ (cellule E).
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    1.

    • A : les chromosomes homologues sont associés par paires (bivalents) au plan équatorial : métaphase I.
    • B : les chromosomes migrent vers les pôles en gardant leurs 2 chromatides (les chromatides sœurs ne se sont pas séparées) : anaphase I, séparation des homologues.
    • C : 4 chromosomes à 2 chromatides, la moitié du nombre initial, sans appariement : métaphase II.
    • D : les chromatides se sont séparées et migrent, 4 chromosomes à 1 chromatide par pôle : anaphase II.
    • E : cellule haploïde finale à 4 chromosomes à 1 chromatide : spermatide (fin de la télophase II).

    2. Ordre : A, B, C, D, E.

    3. On compte les chromatides : QQ correspond à 4 chromatides.

    • A : 8×2=168 \times 2 = 16 chromatides, soit 4Q4Q.
    • B : 1616 chromatides dans la cellule entière, soit 4Q4Q.
    • C : 4×2=84 \times 2 = 8 chromatides, soit 2Q2Q.
    • D : 8×1=88 \times 1 = 8 chromatides dans la cellule, soit 2Q2Q.
    • E : 4×1=44 \times 1 = 4 chromatides, soit QQ.

    4. Entre B et C, la cellule se divise en deux à la fin de la division I, après la séparation des chromosomes homologues : chaque cellule fille reçoit la moitié des chromosomes et la moitié de l'ADN (4Q→2Q4Q \to 2Q). Entre D et E, la division II sépare les chromatides sœurs et répartit les deux lots dans deux cellules : 2Q→Q2Q \to Q.

    Exercice 2 : Diversité des gamètes et des zygotes

    Facile

    Données sur quatre espèces (nombre de chromosomes des cellules somatiques) :

    EspèceDrosophilePoisMaïsÊtre humain
    2n2n8142046
    1. Calcule nn pour chaque espèce.
    2. Calcule le nombre de types de gamètes différents que peut produire un individu, par brassage interchromosomique seul.
    3. Calcule le nombre de zygotes différents possibles par fécondation entre deux individus de la même espèce.
    4. Pourquoi les nombres réels sont-ils encore plus élevés ?
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    1. n=2n2n = \frac{2n}{2} : drosophile 44 ; pois 77 ; maïs 1010 ; être humain 2323.

    2. Nombre de gamètes =2n= 2^n : drosophile 24=162^4 = 16 ; pois 27=1282^7 = 128 ; maïs 210=1 0242^{10} = 1\,024 ; être humain 223=8 388 6082^{23} = 8\,388\,608.

    3. Chaque gamète d'un parent peut s'unir à chaque gamète de l'autre, donc 2n×2n=4n2^n \times 2^n = 4^n : drosophile 162=25616^2 = 256 ; pois 1282=16 384128^2 = 16\,384 ; maïs 1 0242=1 048 5761\,024^2 = 1\,048\,576 ; être humain 246=70 368 744 177 6642^{46} = 70\,368\,744\,177\,664, soit environ 7,04×10137{,}04 \times 10^{13}.

    4. Ces calculs ne tiennent compte que du brassage interchromosomique. Le crossing-over de la prophase I recombine les allèles sur un même chromosome : chaque chromosome n'est plus un simple « morceau maternel » ou « paternel », ce qui multiplie encore les types de gamètes.

    Exercice 3 : Quantité d'ADN au cours de la méiose

    Moyen

    On mesure la quantité d'ADN contenue dans le noyau de cellules d'une espèce animale qui a 2n=62n = 6 chromosomes. Les cellules 1 à 5 appartiennent à la même lignée germinale.

    RepèreCellule observéeADN (en pg)
    1cellule germinale en interphase, avant toute réplication6
    2même cellule, pendant la réplication9
    3même cellule, avec les bivalents sur le plan équatorial12
    4l'une des deux cellules issues de la première division6
    5l'une des quatre cellules finales3
    6zygote formé par la fusion de deux gamètes6
    1. Pour chaque repère, indique l'étape correspondante et exprime l'ADN en fonction de QQ.
    2. Explique les variations 6→12→6→3→66 \to 12 \to 6 \to 3 \to 6 pg.
    3. Donne le nombre de chromosomes et de chromatides des cellules 3, 4, 5 et 6.
    4. Quelle série de valeurs obtiendrait-on pour deux mitoses successives à partir de la cellule 1 ?
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    1. Ici 2Q=62Q = 6 pg, donc Q=3Q = 3 pg.

    • Repère 1 : phase G1G_1, 2Q2Q.
    • Repère 2 : phase S (réplication en cours), entre 2Q2Q et 4Q4Q.
    • Repère 3 : métaphase I, 4Q=124Q = 12 pg.
    • Repère 4 : cellule fille de la division I (télophase I), 2Q=62Q = 6 pg.
    • Repère 5 : cellule haploïde finale (télophase II), Q=3Q = 3 pg.
    • Repère 6 : zygote, 2Q=62Q = 6 pg.

    2.

    • 6→126 \to 12 pg : la réplication de l'ADN double la quantité d'ADN.
    • 12→612 \to 6 pg : la division I sépare les chromosomes homologues et répartit les chromosomes dans deux cellules.
    • 6→36 \to 3 pg : la division II sépare les chromatides sœurs et les répartit dans deux cellules.
    • 3→63 \to 6 pg : la fécondation réunit deux gamètes à 33 pg ; le zygote retrouve 66 pg, la quantité d'une cellule diploïde.

    3. Avec 2n=62n = 6 et n=3n = 3 :

    • Repère 3 : 6 chromosomes à 2 chromatides (12 chromatides).
    • Repère 4 : 3 chromosomes à 2 chromatides (6 chromatides).
    • Repère 5 : 3 chromosomes à 1 chromatide (3 chromatides).
    • Repère 6 : 6 chromosomes à 1 chromatide (6 chromatides).

    4. Une mitose conserve 2n2n : 6→12→66 \to 12 \to 6 pg (première mitose), puis 6→12→66 \to 12 \to 6 pg (seconde). On ne descend jamais à 33 pg : c'est la preuve que la quantité d'ADN est divisée par deux deux fois, donc que la méiose comporte deux divisions pour une seule réplication.

    Exercice 4 : Brassage interchromosomique chez un double hétérozygote

    Moyen

    Chez une espèce animale, deux gènes sont portés par deux paires de chromosomes différentes. Le gène A/aA/a détermine la couleur du corps (AA : gris, dominant ; aa : noir). Le gène B/bB/b détermine la taille des ailes (BB : longues, dominant ; bb : courtes). Un mâle et une femelle de génotype AaBbAaBb sont croisés.

    1. En métaphase I, comment les deux paires de chromosomes peuvent-elles se placer ? Quels gamètes obtient-on dans chaque cas ?
    2. Donne les types de gamètes d'un individu AaBbAaBb et leur proportion.
    3. Construis l'échiquier de croisement des gamètes des deux parents.
    4. Déduis le nombre de génotypes différents et les proportions des phénotypes de la descendance.
    Voir le corrigé

    1. Les deux paires se placent indépendamment l'une de l'autre au plan équatorial. Première disposition : AA et BB du même côté, aa et bb de l'autre : gamètes ABAB et abab. Seconde disposition : AA et bb du même côté, aa et BB de l'autre : gamètes AbAb et aBaB. Les deux dispositions sont également probables.

    2. Quatre types de gamètes, équiprobables : ABAB, AbAb, aBaB, abab, à 14\frac{1}{4} chacun (22=42^2 = 4 types, pour n=2n = 2 paires étudiées).

    3. La fécondation se fait au hasard : 4×4=164 \times 4 = 16 cases équiprobables.

    Gamètes femelles \ mâlesABABAbAbaBaBabab
    ABABAABBAABBAABbAABbAaBBAaBBAaBbAaBb
    AbAbAABbAABbAAbbAAbbAaBbAaBbAabbAabb
    aBaBAaBBAaBBAaBbAaBbaaBBaaBBaaBbaaBb
    ababAaBbAaBbAabbAabbaaBbaaBbaabbaabb

    4. On compte 9 génotypes différents : AABBAABB (1/16), AABbAABb (2/16), AaBBAaBB (2/16), AaBbAaBb (4/16), AAbbAAbb (1/16), AabbAabb (2/16), aaBBaaBB (1/16), aaBbaaBb (2/16), aabbaabb (1/16). La somme fait 1616\frac{16}{16}.

    Phénotypes : [gris, longues] : 1+2+2+4=91 + 2 + 2 + 4 = 9 cases ; [gris, courtes] : 1+2=31 + 2 = 3 cases ; [noir, longues] : 1+2=31 + 2 = 3 cases ; [noir, courtes] : 11 case. Proportions : 916\frac{9}{16}, 316\frac{3}{16}, 316\frac{3}{16}, 116\frac{1}{16}.

    Exercice 5 : Déterminer des cycles de développement

    Moyen

    On décrit trois organismes (descriptions simplifiées).

    Organisme X (un champignon). Il vit sous forme de filaments dont les cellules ont 6 chromosomes. Deux filaments compatibles fusionnent, puis leurs noyaux fusionnent : la cellule obtenue a 12 chromosomes. Elle subit aussitôt deux divisions successives qui donnent 4 cellules à 6 chromosomes. Celles-ci redonnent des filaments par mitoses.

    Organisme Y (un insecte). Les cellules du corps ont 10 chromosomes. Dans les glandes génitales, certaines cellules subissent deux divisions successives et forment des cellules à 5 chromosomes, les gamètes. La fusion de deux gamètes donne une cellule à 10 chromosomes qui se développe, par mitoses, en un nouvel individu.

    Organisme Z (une plante sans fleurs). La grande plante feuillée a des cellules à 20 chromosomes. Sous ses feuilles, des sacs contiennent des spores à 10 chromosomes, formées après deux divisions successives. Chaque spore germe et forme, par mitoses, une minuscule lame verte (cellules à 10 chromosomes). Celle-ci forme des gamètes par mitoses ; leur fusion donne un œuf à 20 chromosomes, qui se développe en grande plante feuillée.

    1. Pour chaque organisme, indique les stades haploïdes et les stades diploïdes.
    2. Place la fécondation et la méiose dans chaque cycle.
    3. Nomme le type de cycle de chaque organisme.
    4. Résume ta réponse dans un tableau.
    Voir le corrigé

    1.

    • X : haploïde = filaments (n=6n = 6) et les 4 cellules finales ; diploïde = uniquement la cellule à 12 chromosomes (le zygote).
    • Y : haploïde = les gamètes (n=5n = 5) ; diploïde = tout le reste (zygote et individu, 2n=102n = 10).
    • Z : haploïde = les spores, la lame verte (le gamétophyte) et les gamètes (n=10n = 10) ; diploïde = le zygote et la grande plante feuillée (le sporophyte), à 2n=202n = 20.

    2.

    • X : la fécondation est la fusion des noyaux ; la méiose suit immédiatement (les deux divisions successives qui donnent 4 cellules à nn).
    • Y : la méiose a lieu dans les glandes génitales et forme les gamètes ; la fécondation est la fusion des gamètes.
    • Z : la méiose a lieu dans les sacs (sporanges) et forme les spores ; la fécondation est la fusion des gamètes portés par la lame verte.

    3 et 4.

    OrganismePhase dominantePosition de la méioseType de cycle
    Xhaplophase (diplophase réduite au zygote)juste après la fécondationhaplophasique
    Ydiplophase (haplophase réduite aux gamètes)formation des gamètesdiplophasique
    Zdeux générations pluricellulaires ; la grande plante diploïde domine visiblementformation des sporeshaplo-diplophasique

    Exercice 6 : Probabilités chromosomiques chez l'être humain

    Difficile

    On suppose que les 23 paires de chromosomes homologues se répartissent indépendamment à l'anaphase I et on ignore le crossing-over. Chaque chromosome d'un gamète est donc d'origine maternelle ou paternelle avec la probabilité 12\frac{1}{2}.

    1. Un homme a reçu 23 chromosomes de sa mère et 23 de son père. Quelle est la probabilité qu'un de ses spermatozoïdes contienne uniquement les 23 chromosomes d'origine maternelle ?
    2. Soit XX le nombre de chromosomes d'origine maternelle dans un spermatozoïde. Quelle loi suit XX ? Donne son espérance et calcule p(X=11)p(X = 11) sachant que C2311=1 352 078C_{23}^{11} = 1\,352\,078.
    3. Deux enfants d'un même couple naissent à des moments différents (pas de jumeaux vrais). Quelle est la probabilité qu'ils aient reçu exactement le même lot de chromosomes paternels ? Et le même lot paternel et le même lot maternel ?
    Voir le corrigé

    1. Les 23 paires se répartissent indépendamment. Pour chaque paire, la probabilité d'avoir le chromosome maternel est 12\frac{1}{2}. D'où p=(12)23=18 388 608≈1,19×10−7p = \left(\frac{1}{2}\right)^{23} = \frac{1}{8\,388\,608} \approx 1{,}19 \times 10^{-7}.

    2. On répète 23 fois, de façon indépendante, une épreuve à deux issues (chromosome maternel avec la probabilité 12\frac{1}{2}) : XX suit la loi binomiale B(23,12)\mathcal{B}\left(23, \frac{1}{2}\right). Son espérance est E(X)=23×12=11,5E(X) = 23 \times \frac{1}{2} = 11{,}5. Puis :

    p(X=11)=C2311(12)23=1 352 0788 388 608≈0,161p(X = 11) = C_{23}^{11} \left(\frac{1}{2}\right)^{23} = \frac{1\,352\,078}{8\,388\,608} \approx 0{,}161

    Un spermatozoïde contient donc, avec une probabilité d'environ 16 %16\,\%, exactement 11 chromosomes maternels (et autant pour 12, car C2312=C2311C_{23}^{12} = C_{23}^{11}).

    3. Pour chaque paire, les deux enfants ont reçu le même chromosome paternel avec la probabilité 12\frac{1}{2} (le second chromosome est le même que le premier ou l'autre, de façon indépendante). Pour les 23 paires : (12)23≈1,19×10−7\left(\frac{1}{2}\right)^{23} \approx 1{,}19 \times 10^{-7}. Pour le lot paternel et le lot maternel, les deux événements sont indépendants : (12)23×(12)23=(12)46≈1,42×10−14\left(\frac{1}{2}\right)^{23} \times \left(\frac{1}{2}\right)^{23} = \left(\frac{1}{2}\right)^{46} \approx 1{,}42 \times 10^{-14}.

    Deux frères et sœurs non jumeaux ne sont donc pratiquement jamais génétiquement identiques, même sans tenir compte du crossing-over, qui rend l'événement encore plus improbable.

    Exercice 7 : Le crossing-over chez Sordaria

    Type Bac

    Sordaria est un champignon à cycle haplophasique. Une souche à spores noires (allèle NN) est croisée avec une souche à spores claires (allèle nn). Le zygote N//nN//n subit la méiose, puis une mitose : l'asque contient 8 spores alignées. Les données ci-dessous sont inventées pour l'exercice.

    Document 1 : schéma de principe. Après la méiose, les 4 cellules haploïdes sont rangées dans l'asque dans l'ordre des divisions. Chacune se divise ensuite une fois par mitose : les 8 spores sont donc deux à deux identiques, et on lit l'asque de haut en bas.

    Document 2 : résultats de l'observation de 500 asques.

    Disposition des 8 spores (de haut en bas)Nombre d'asques
    NNNN nnnn208
    nnnn NNNN202
    NN nnnn NN17
    nn NNNN nn19
    NN nn NN nn29
    nn NN nn NN25
    1. Explique pourquoi un asque contient 8 spores alors que la méiose forme 4 cellules.
    2. Interprète les asques « NNNN nnnn » et « nnnn NNNN ».
    3. Interprète les asques « NN nnnn NN », « nn NNNN nn », « NN nn NN nn » et « nn NN nn NN ».
    4. Calcule le pourcentage d'asques recombinés et la distance entre le gène et le centromère.
    5. Que démontrent ces résultats pour le brassage des allèles ?
    Voir le corrigé

    1. La méiose forme 4 cellules haploïdes. Chacune subit ensuite une mitose : elle donne 2 spores identiques. On obtient 4×2=84 \times 2 = 8 spores, deux à deux identiques et rangées dans l'ordre de leur formation.

    2. Ces asques ont 4 spores noires d'un côté et 4 spores claires de l'autre. Les deux allèles se sont séparés dès la division I, c'est-à-dire que les deux chromosomes homologues, l'un portant NN et l'autre nn, ont migré à des pôles différents : il n'y a pas eu de crossing-over entre le gène et le centromère. Les deux dispositions (NNNN nnnn ou nnnn NNNN) dépendent de l'orientation du bivalent à la métaphase I.

    3. Dans ces asques, les spores noires et claires sont mélangées : NN et nn ne se séparent qu'à la division II. Un crossing-over a donc eu lieu en prophase I, entre le gène et le centromère. Il a échangé des segments de chromatides entre les deux homologues. Chaque chromosome possède alors une chromatide NN et une chromatide nn : à l'anaphase I, chaque pôle reçoit les deux allèles, et ils ne se séparent qu'à l'anaphase II. Les différentes dispositions (2 : 4 : 2 ou 2 : 2 : 2 : 2) viennent de l'orientation, au hasard, des chromatides de chaque chromosome en métaphase II, dans chacune des deux cellules.

    4. Asques recombinés : 17+19+29+25=9017 + 19 + 29 + 25 = 90 asques sur 500500, soit 90500×100=18 %\frac{90}{500} \times 100 = 18\,\%.

    Dans un asque recombiné, seules 2 des 4 chromatides ont été recombinées : la moitié des spores est recombinée. Distance gène-centromère =182=9= \frac{18}{2} = 9 unités de recombinaison (centimorgans).

    5. Les asques de type 2 : 4 : 2 et 2 : 2 : 2 : 2 prouvent l'existence d'un brassage intrachromosomique : les allèles d'un même chromosome sont échangés avec ceux de l'homologue par crossing-over. Dans 18 %18\,\% des asques, ce brassage a eu lieu entre le gène et le centromère.

    Exercice 8 : Brassage intrachromosomique et croisement test

    Type Bac

    Chez une espèce de plante, le gène R/rR/r détermine la couleur de la fleur (RR : rouge, dominant ; rr : blanche) et le gène L/lL/l la forme de la graine (LL : longue, dominant ; ll : ronde). Une plante de lignée pure [rouge, longue] est croisée avec une plante de lignée pure [blanche, ronde] ; toute la F1 est [rouge, longue]. Un individu F1 est croisé avec une plante [blanche, ronde] (croisement test). Les résultats (1 000 descendants, données inventées) sont :

    Phénotype[rouge, longue][blanche, ronde][rouge, ronde][blanche, longue]
    Effectif4384426159
    1. Quels résultats attendrait-on si les deux gènes étaient sur deux paires de chromosomes différentes ? Compare avec l'expérience.
    2. Que peux-tu conclure sur la position des deux gènes ? Écris le génotype de l'individu F1 et celui de la plante [blanche, ronde].
    3. Distingue les phénotypes parentaux des phénotypes recombinés, et calcule le taux de recombinaison.
    4. Explique l'origine des phénotypes recombinés et précise la proportion des différents gamètes de l'individu F1.
    5. Dans quel pourcentage des méioses de l'individu F1 y a-t-il eu un crossing-over entre les deux gènes ?
    Voir le corrigé

    1. Si les gènes étaient indépendants, l'individu F1 (RrLlRrLl) produirait 4 types de gamètes équiprobables : on attendrait 14\frac{1}{4} de chaque phénotype, soit 250 descendants de chaque type. L'expérience donne deux effectifs nettement plus élevés (438 et 442) et deux effectifs très faibles (61 et 59) : les résultats ne sont pas ceux attendus.

    2. Les gènes sont liés : ils sont portés par la même paire de chromosomes. La plante F1 hérite d'un chromosome portant RR et LL (de la lignée rouge, longue) et d'un chromosome portant rr et ll. Génotype de la F1 : R Lr l\dfrac{R\,L}{r\,l} ; génotype de la plante [blanche, ronde] : r lr l\dfrac{r\,l}{r\,l}. Comme elle ne forme qu'un seul type de gamète rlrl, les phénotypes de la descendance reflètent les gamètes de la F1.

    3. Phénotypes parentaux (ceux des deux lignées pures parentes) : [rouge, longue] (438) et [blanche, ronde] (442). Phénotypes recombinés : [rouge, ronde] (61) et [blanche, longue] (59).

    taux de recombinaison=61+591 000×100=12 %\text{taux de recombinaison} = \frac{61 + 59}{1\,000} \times 100 = 12\,\%

    4. Les phénotypes recombinés viennent de gamètes recombinés, produits par un crossing-over entre les deux gènes, en prophase I de la méiose de la F1, entre chromatides non sœurs du bivalent. Gamètes de la F1 : RLRL et rlrl (parentaux), environ 44 %44\,\% chacun ; RlRl et rLrL (recombinés), environ 6 %6\,\% chacun. Vérification : 2×44+2×6=100 %2 \times 44 + 2 \times 6 = 100\,\%.

    5. Chaque méiose avec crossing-over donne 2 gamètes recombinés sur 4, soit la moitié de recombinés. Si pp est la proportion de méioses avec crossing-over, alors p2=12 %\frac{p}{2} = 12\,\%, donc p=24 %p = 24\,\%. Environ une méiose sur quatre présente un crossing-over entre les deux gènes.

    QCM

    Question 1.Quel événement de la méiose fait passer une cellule de 2n2n à nn chromosomes ?
    Question 2.Une cellule diploïde subit une méiose complète. Elle donne :
    Question 3.Une cellule d'une espèce à 2n=122n = 12 est en anaphase I. Combien de chromosomes migrent vers chaque pôle ?
    Question 4.Une cellule diploïde en phase G1G_1 contient 2Q2Q d'ADN. Quelle quantité d'ADN contient chacune des cellules obtenues à la fin de la méiose ?
    Question 5.Un individu possède 5 paires de chromosomes homologues. Par brassage interchromosomique, il peut former :
    Question 6.Le crossing-over a lieu :
    Question 7.Dans un cycle haplophasique comme celui de Sordaria, la méiose a lieu :

    Erreurs fréquentes

    • Confondre chromosome et chromatide. Un chromosome a une chromatide avant la réplication et deux après ; après l'anaphase II, il n'en a de nouveau qu'une. Compte toujours les deux.
    • Dire que l'anaphase I sépare les chromatides. Elle sépare les chromosomes homologues, qui gardent leurs deux chromatides. Ce sont les chromatides qui se séparent à l'anaphase II.
    • Croire qu'il y a une seconde réplication entre les divisions I et II. L'ADN n'est répliqué qu'une seule fois, avant la division I. Voilà pourquoi la quantité d'ADN tombe à QQ.
    • Calculer 22n2^{2n} au lieu de 2n2^n pour les gamètes. Le nombre de types de gamètes est 2n2^n, avec nn le nombre de paires (23 chez l'être humain, pas 46).
    • Placer le crossing-over entre chromatides sœurs ou entre chromosomes non homologues. Il se fait entre chromatides non sœurs de chromosomes homologues, en prophase I.
    • Annoncer un taux de recombinaison supérieur à 50 %50\,\%. C'est impossible : au maximum la moitié des gamètes est recombinée (gènes indépendants ou très éloignés).
    • Confondre type de cycle et position de la méiose. Haplophasique : méiose juste après la fécondation. Diplophasique : méiose aux gamètes. Haplo-diplophasique : méiose aux spores.
    • Oublier la fécondation dans la diversité. Les gamètes sont différents grâce au brassage, mais c'est la rencontre au hasard des gamètes qui produit des zygotes tous différents.

    À retenir

    • La méiose = 2 divisions successives, 1 seule réplication : une cellule à 2n2n donne 4 cellules à nn.
    • Division I réductionnelle (séparation des homologues), division II équationnelle (séparation des chromatides sœurs).
    • ADN d'une cellule diploïde : 2Q→4Q2Q \to 4Q (phase S) →2Q\to 2Q (division I) →Q\to Q (division II).
    • La fécondation rétablit 2n2n ; l'alternance méiose - fécondation conserve le nombre de chromosomes de l'espèce.
    • Brassage interchromosomique : métaphase I, 2n2^n gamètes possibles (chez l'être humain, 223=8 388 6082^{23} = 8\,388\,608).
    • Brassage intrachromosomique : crossing-over en prophase I, entre chromatides non sœurs ; il produit des gamètes recombinés, au plus 50 %50\,\%.
    • Taux de recombinaison =recombineˊstotal×100= \frac{\text{recombinés}}{\text{total}} \times 100 ; distance gène-centromère chez Sordaria == pourcentage d'asques recombinés divisé par 2.
    • Cycles : haplophasique (méiose zygotique, ex. Sordaria), diplophasique (méiose gamétique, ex. être humain), haplo-diplophasique (méiose sporique, ex. mousse, fougère).
    • Méiose + fécondation au hasard = diversité génétique : chaque individu est unique (sauf jumeaux vrais).

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