Cette définition a un sens : la fonction x↦x1 est continue sur l'intervalle ]0,+∞[, donc elle admet des primitives sur cet intervalle, et une seule d'entre elles prend la valeur 0 en 1.
Conséquences immédiates de la définition :
ln est définie sur ]0,+∞[ et ln1=0.
ln est dérivable (donc continue) sur ]0,+∞[ et ln′(x)=x1.
Comme x1>0 pour tout x>0, la fonction ln est strictement croissante sur ]0,+∞[.
Ce nombre existe et il est unique, car ln est continue et strictement croissante de ]0,+∞[ sur R (voir les limites au paragraphe 3) : le réel 1 a donc exactement un antécédent.
2. Propriétés algébriques
Plus généralement, pour tout nombre rationnel r, on a ln(ar)=rlna. Par exemple, ln(en)=n pour tout entier relatif n.
3. Limites usuelles
Les limites aux bornes de l'ensemble de définition :
x→+∞limlnx=+∞etx→0+limlnx=−∞
Les limites à connaître par cœur :
limx→+∞xlnx=0 et, pour tout n∈N∗, limx→+∞xnlnx=0.
limx→0+xlnx=0 et, pour tout n∈N∗, limx→0+xnlnx=0.
limx→1x−1lnx=1.
limx→0xln(1+x)=1.
4. Étude de la fonction ln et courbe représentative
x
0
1
e
+∞
ln′(x)
+
+
+
lnx
−∞
↗
0
↗
1
↗
+∞
On note (C) la courbe de ln dans un repère orthonormé.
La droite d'équation x=0 (l'axe des ordonnées) est asymptote verticale à (C).
Comme limx→+∞lnx=+∞ et limx→+∞xlnx=0, la courbe (C) admet une branche parabolique de direction l'axe des abscisses au voisinage de +∞.
La tangente au point A(1,0) a pour équation y=x−1 ; la tangente au point B(e,1) a pour équation y=e1x (elle passe par l'origine).
ln′′(x)=−x21<0 : la courbe est concave, elle est située en dessous de ses tangentes. En particulier, pour tout x>0 : lnx≤x−1.
ln est une bijection de ]0,+∞[ sur R : tout réel a un unique antécédent par ln.
5. Dérivée de lnu et de ln∣u∣
Pour l'ensemble de définition : x↦ln(u(x)) est définie quand u(x)>0, et x↦ln∣u(x)∣ est définie quand u(x)=0.
6. Primitives de uu′
7. Logarithme de base a et logarithme décimal
Propriétés de loga :
loga(1)=0, loga(a)=1 et loga(ar)=r pour tout rationnel r.
loga a les mêmes propriétés algébriques que ln : loga(xy)=logax+logay, loga(yx)=logax−logay et loga(xn)=nlogax.
loga est dérivable sur ]0,+∞[ et (loga)′(x)=xlna1 : elle est strictement croissante si a>1 et strictement décroissante si 0<a<1.
Le logarithme de base e est la fonction ln elle-même.
Méthodes
Méthode 1 : Déterminer l'ensemble de définition
Repère chaque expression ln(u(x)) : elle impose la condition u(x)>0.
Pour une expression ln∣u(x)∣, la condition est seulement u(x)=0.
Ajoute les autres conditions (dénominateur non nul, racine carrée...) et prends l'intersection de toutes les conditions.
Exemple : f(x)=ln(x+2x−1). Il faut x=−2 et x+2x−1>0. Le quotient a le signe de (x−1)(x+2), qui est strictement positif à l'extérieur des racines −2 et 1. Donc Df=]−∞,−2[∪]1,+∞[.
Méthode 2 : Résoudre une équation ou une inéquation
Détermine l'ensemble D sur lequel l'équation (ou l'inéquation) a un sens.
Sur D, transforme l'écriture en lnA=lnB (ou lnA<lnB) grâce aux propriétés algébriques.
Utilise lnA=lnB⟺A=B et lnA<lnB⟺A<B (valables pour A>0 et B>0).
Ne garde que les solutions qui appartiennent à D.
Exemple 1 : résous lnx+ln(x−2)=ln3. Il faut x>0 et x>2, donc D=]2,+∞[. Sur D, l'équation s'écrit ln(x(x−2))=ln3, soit x2−2x−3=0, dont les racines sont 3 et −1. Seul 3 appartient à D : S={3}.
Exemple 2 : résous ln(2x−1)≤ln(x+3). Il faut x>21 et x>−3, donc D=]21,+∞[. Sur D : 2x−1≤x+3⟺x≤4. Donc S=]21,4].
Méthode 3 : Lever une forme indéterminée
Repère la forme indéterminée : +∞−∞, 0×∞, ∞∞ ou 00.
Factorise par le terme qui « l'emporte » pour faire apparaître une limite usuelle (xlnx, xlnx...).
Si besoin, fais un changement de variable (t=x, t=3x...).
Exemple 1 : limx→+∞(x−lnx) est de la forme +∞−∞. On écrit x−lnx=x(1−xlnx). Comme xlnx→0, la parenthèse tend vers 1 et la limite vaut +∞.
Exemple 2 : pour limx→+∞xlnx, pose t=x. Alors x=t2, lnx=2lnt et xlnx=t2lnt. Quand x→+∞, t→+∞, donc la limite vaut 0.
Exemple 3 : xln(1+3x)=3×3xln(1+3x). Avec t=3x→0, on obtient limx→0xln(1+3x)=3.
Méthode 4 : Étudier une fonction contenant ln
Détermine l'ensemble de définition.
Calcule les limites aux bornes (méthode 3 si forme indéterminée).
Calcule la dérivée (souvent avec (lnu)′=uu′) et étudie son signe : le dénominateur est souvent positif, seul le numérateur compte.
Dresse le tableau de variations et étudie les branches infinies.
Exemple : f(x)=x−lnx sur ]0,+∞[. On a f′(x)=1−x1=xx−1, du signe de x−1. En 0+, −lnx→+∞ donc f(x)→+∞ ; en +∞, f(x)→+∞ (méthode 3).
x
0
1
+∞
f′(x)
−
0
+
f(x)
+∞
↘
1
↗
+∞
Conclusion : pour tout x>0, f(x)≥1, donc lnx≤x−1<x.
Méthode 5 : Trouver une primitive de la forme uu′
Repère au dénominateur une fonction u et vérifie que le numérateur est u′, à une constante multiplicative près.
Ajuste cette constante.
Écris ln∣u∣+C, ou lnu+C si u>0 sur l'intervalle.
Exemples :
Sur R, une primitive de x↦x2+12x est x↦ln(x2+1).
Sur ]−2π,2π[, tanx=cosxsinx=−cosx(cosx)′ avec cosx>0 : une primitive de tan est x↦−ln(cosx).
Méthode 6 : Utiliser ln pour trouver un exposant
Pour résoudre an≥b (avec a>0, b>0, n entier inconnu), applique ln, qui est croissante : nlna≥lnb.
Divise par lna en regardant son signe : si a>1, lna>0 et le sens ne change pas ; si 0<a<1, lna<0 et le sens de l'inégalité change.
Exemple 1 : le plus petit entier n tel que 2n≥1000. On a nln2≥ln1000, soit n≥ln2ln1000≈9,97. Donc n=10 (vérification : 29=512 et 210=1024).
Exemple 2 : le plus petit entier n tel que 0,9n≤0,5. On a nln0,9≤ln0,5 et ln0,9<0, donc n≥ln0,9ln0,5≈6,58. Donc n=7 (vérification : 0,96≈0,531 et 0,97≈0,478).
Exercices corrigés
Exercice 1 : Calculs avec les propriétés algébriques
Facile
Exprime en fonction de ln2 et ln3 : A=ln72, B=ln(916) et C=ln6+ln(121).
Simplifie D=ln(e2)−ln(e1)+lne.
Voir le corrigé
1) On décompose en facteurs premiers : 72=23×32, donc A=3ln2+2ln3.
Contrôle numérique : C=ln(126)≈−1,589 et −23ln2−21ln3≈−1,589.
2)ln(e2)=2, ln(e1)=−1 et lne=21. Donc D=2+1+21=27.
Exercice 2 : Équations avec ln
Facile
Résous dans R les équations suivantes.
ln(2x+1)=ln(x+4)
ln(x−1)=2
(lnx)2−lnx−6=0
Voir le corrigé
1) Il faut 2x+1>0 et x+4>0, soit x>−21 : D=]−21,+∞[. Sur D : 2x+1=x+4⟺x=3, et 3∈D. Donc S={3}.
2) Il faut x>1. Comme 2=ln(e2), l'équation s'écrit ln(x−1)=ln(e2), soit x−1=e2, donc x=1+e2, qui est bien strictement supérieur à 1. S={1+e2}.
3) Il faut x>0. On pose X=lnx : l'équation devient X2−X−6=0. Le discriminant vaut 1+24=25, donc X=21+5=3 ou X=21−5=−2.
lnx=3⟺x=e3 et lnx=−2⟺x=e−2. Les deux valeurs sont strictement positives : S={e−2,e3}.
Exercice 3 : Inéquations avec ln
Moyen
Résous dans R les inéquations suivantes.
ln(3−x)≥0
lnx+ln(x+1)<ln6
(lnx)2−3lnx+2≤0
Voir le corrigé
1) Il faut 3−x>0, soit x<3. Comme 0=ln1, l'inéquation s'écrit ln(3−x)≥ln1, soit 3−x≥1, donc x≤2. Avec la condition x<3 : S=]−∞,2].
2) Il faut x>0 et x+1>0, donc D=]0,+∞[. Sur D, l'inéquation s'écrit ln(x(x+1))<ln6, soit x2+x−6<0. Les racines de x2+x−6 sont 2 et −3, et ce trinôme est strictement négatif entre ses racines : −3<x<2. Avec x>0 : S=]0,2[.
3) Il faut x>0. Avec X=lnx : X2−3X+2≤0, soit (X−1)(X−2)≤0, donc 1≤X≤2. Ainsi lne≤lnx≤ln(e2), ce qui donne e≤x≤e2. S=[e,e2].
Exercice 4 : Calculs de limites
Moyen
Calcule les limites suivantes.
limx→+∞(x−2lnx)
limx→0+(x−1)lnx
limx→03xln(1+2x)
limx→+∞(ln(x+1)−lnx)
limx→0+x(lnx)2
limx→1x2−1lnx
Voir le corrigé
1) Forme +∞−∞. On factorise : x−2lnx=x(1−2xlnx). Comme xlnx→0, la parenthèse tend vers 1, donc la limite vaut +∞.
2) Pas de forme indéterminée : x−1→−1 et lnx→−∞, donc le produit tend vers +∞.
3) On écrit 3xln(1+2x)=32×2xln(1+2x). Avec t=2x→0, tln(1+t)→1. La limite vaut 32.
4) Pour x>0 : ln(x+1)−lnx=ln(xx+1)=ln(1+x1). Comme 1+x1→1 et que ln est continue en 1, la limite vaut ln1=0.
5) Forme 0×∞. Pose t=x : x=t2 et lnx=2lnt, donc x(lnx)2=t2×4(lnt)2=4(tlnt)2. Quand x→0+, t→0+ et tlnt→0. La limite vaut 0.
6) Forme 00. On écrit x2−1lnx=x−1lnx×x+11. Comme x−1lnx→1 et x+11→21, la limite vaut 21.
Exercice 5 : Calculs de dérivées
Moyen
Pour chaque fonction, précise l'ensemble sur lequel elle est dérivable et calcule sa dérivée.
f1(x)=ln(x2+x+1)
f2(x)=xlnx−x
f3(x)=xlnx
f4(x)=ln∣x−3∣
f5(x)=ln(lnx)
Déduis ensuite de la question 3 que, pour tout x>0, lnx≤ex.
Voir le corrigé
1) Le trinôme x2+x+1 a pour discriminant 1−4=−3<0 : il est strictement positif sur R. Donc f1 est dérivable sur R et f1′(x)=x2+x+12x+1.
2) Sur ]0,+∞[ : f2′(x)=1×lnx+x×x1−1=lnx.
3) Sur ]0,+∞[ : f3′(x)=x2x1×x−lnx×1=x21−lnx.
4)f4 est dérivable sur ]−∞,3[ et sur ]3,+∞[, et sur chacun de ces intervalles f4′(x)=x−31.
5) Il faut x>0 et lnx>0, soit x>1. Sur ]1,+∞[, avec u=lnx : f5′(x)=uu′=lnx1/x=xlnx1.
Conséquence.f3′(x) a le signe de 1−lnx : positif sur ]0,e], négatif sur [e,+∞[. Donc f3 admet un maximum en e, égal à f3(e)=e1. Ainsi, pour tout x>0, xlnx≤e1, d'où lnx≤ex.
Exercice 6 : Calculs de primitives
Moyen
Détermine une primitive de chaque fonction sur l'intervalle I indiqué.
f(x)=x2+3x+52x+3 sur I=R
g(x)=xlnx sur I=]0,+∞[
h(x)=xlnx1 sur I=]1,+∞[
k(x)=x2−1x sur I=]1,+∞[, puis la primitive K de k sur I telle que K(2)=0
m(x)=1−x3 sur I=]1,+∞[
Voir le corrigé
1) Avec u(x)=x2+3x+5, on a u′(x)=2x+3. Le discriminant de u vaut 9−20=−11<0, donc u>0 sur R. Une primitive est F(x)=ln(x2+3x+5).
2)g(x)=x1×lnx est de la forme u′u avec u=lnx. Une primitive est G(x)=21(lnx)2.
3)h(x)=lnx1/x est de la forme uu′ avec u=lnx>0 sur ]1,+∞[. Une primitive est H(x)=ln(lnx).
4)k(x)=21×x2−12x et x2−1>0 sur ]1,+∞[. Les primitives sont x↦21ln(x2−1)+C. La condition K(2)=0 donne 21ln3+C=0, donc K(x)=21ln(x2−1)−21ln3.
5) Avec u(x)=1−x, on a u′(x)=−1, donc m(x)=−3×1−x−1=−3uu′. Sur ]1,+∞[, u ne s'annule pas et ∣1−x∣=x−1. Une primitive est M(x)=−3ln(x−1). Vérification : M′(x)=x−1−3=1−x3.
Exercice 7 : Logarithme décimal et logarithme de base a
Moyen
Calcule sans calculatrice log1000, log0,01, log10 et log232.
Une solution a une concentration [H3O+]=4×10−3 mol/L. Calcule son pH à 10−2 près, sachant que log4≈0,602.
On dilue cette solution dix fois : la concentration est divisée par 10. Montre que le pH augmente de 1.
Détermine le plus petit entier naturel n tel que 3n>106.
Étudie le sens de variation de la fonction log21.
2)pH=−log(4×10−3)=−(log4+log10−3)=3−log4≈3−0,602, donc pH≈2,40.
3) Si c est la concentration initiale, le nouveau pH vaut −log(10c)=−logc+log10=pH+1.
4)ln est strictement croissante, donc 3n>106⟺nln3>6ln10⟺n>ln36ln10, car ln3>0. Or ln36ln10≈12,58, donc n=13. Vérification : 312=531441<106 et 313=1594323>106.
5)log21(x)=ln21lnx=−ln2lnx. Sa dérivée vaut −xln21<0 sur ]0,+∞[ : la fonction est strictement décroissante.
Exercice 8 : Un encadrement de ln et la limite d'une suite
Difficile
Étudie la fonction φ(x)=x−1−lnx sur ]0,+∞[ et déduis que, pour tout x>0, lnx≤x−1.
En remplaçant x par x1, montre que, pour tout x>0, 1−x1≤lnx.
Soit (un) la suite définie pour n≥1 par un=nln(1+n1). Montre que n+1n≤un≤1.
Déduis la limite de la suite (un).
Voir le corrigé
1)φ′(x)=1−x1=xx−1 : négative sur ]0,1], positive sur [1,+∞[. Donc φ admet un minimum en 1, égal à φ(1)=0. Pour tout x>0, φ(x)≥0, c'est-à-dire lnx≤x−1.
2) Pour x>0, on a x1>0, donc lnx1≤x1−1, soit −lnx≤x1−1. En multipliant par −1 : lnx≥1−x1.
3) On applique les deux inégalités à x=1+n1=nn+1 :
1−n+1n≤ln(1+n1)≤n1
Comme 1−n+1n=n+11, on multiplie par n>0 : n+1n≤un≤1.
4)limn→+∞n+1n=1. D'après le théorème des gendarmes, limn→+∞un=1. C'est cohérent avec la limite usuelle limt→0tln(1+t)=1, appliquée à t=n1.
Exercice 9 : Étude d'une fonction avec une fonction auxiliaire
Type Bac
Partie I. Soit g la fonction définie sur ]0,+∞[ par g(x)=x2−1+lnx.
Calcule g′(x) et montre que g est strictement croissante sur ]0,+∞[.
Calcule g(1) et déduis le signe de g(x) sur ]0,+∞[.
Partie II. Soit f la fonction définie sur ]0,+∞[ par f(x)=x−1−xlnx, et (C) sa courbe dans un repère orthonormé.
Calcule limx→0+f(x) et interprète graphiquement le résultat.
Calcule limx→+∞f(x) et montre que la droite (Δ) d'équation y=x−1 est asymptote à (C) au voisinage de +∞.
Étudie la position relative de (C) et (Δ).
Montre que, pour tout x>0, f′(x)=x2g(x), puis dresse le tableau de variations de f.
Déduis que f(x)≥0 pour tout x>0.
Détermine la primitive F de f sur ]0,+∞[ qui s'annule en 1.
Voir le corrigé
Partie I.
1)g′(x)=2x+x1. Pour x>0, les deux termes sont strictement positifs, donc g′(x)>0 et g est strictement croissante sur ]0,+∞[.
2)g(1)=1−1+ln1=0. Comme g est strictement croissante : g(x)<0 sur ]0,1[, g(1)=0 et g(x)>0 sur ]1,+∞[.
Partie II.
1) Quand x→0+ : lnx→−∞ et x1→+∞, donc xlnx→−∞ et −xlnx→+∞. Comme x−1→−1, on obtient limx→0+f(x)=+∞. La droite d'équation x=0 est asymptote verticale à (C).
2) Quand x→+∞ : xlnx→0 et x−1→+∞, donc limx→+∞f(x)=+∞. De plus f(x)−(x−1)=−xlnx→0 : la droite (Δ) est asymptote oblique à (C) au voisinage de +∞.
3)f(x)−(x−1)=−xlnx a le signe de −lnx (car x>0). Sur ]0,1[, −lnx>0 : (C) est au-dessus de (Δ). Sur ]1,+∞[, −lnx<0 : (C) est en dessous de (Δ). Les deux se coupent au point A(1,0).
4)f′(x)=1−x21−lnx=x2x2−1+lnx=x2g(x). Donc f′(x) a le signe de g(x) (partie I).
x
0
1
+∞
f′(x)
−
0
+
f(x)
+∞
↘
0
↗
+∞
5)f admet un minimum en 1, égal à f(1)=1−1−0=0. Donc f(x)≥0 pour tout x>0, avec égalité seulement en x=1. La tangente à (C) en A(1,0) est horizontale. Pour construire (C), place l'asymptote verticale x=0, la droite (Δ), le point A avec sa tangente horizontale, et respecte la position relative de la question 3.
6) Une primitive de x↦x−1 est x↦2x2−x. Comme xlnx=x1×lnx est de la forme u′u avec u=lnx, une primitive est 21(lnx)2. Donc F(x)=2x2−x−21(lnx)2+C. La condition F(1)=0 donne 21−1+C=0, soit C=21 :
F(x)=2x2−x−21(lnx)2+21
Exercice 10 : Étude d'une fonction polynomiale en lnx
Type Bac
Soit f la fonction définie sur ]0,+∞[ par f(x)=(lnx)2−2lnx, et (C) sa courbe dans un repère orthonormé.
Calcule limx→0+f(x) et limx→+∞f(x).
Montre que limx→+∞xf(x)=0 et interprète le résultat.
Montre que f′(x)=x2(lnx−1) et dresse le tableau de variations de f.
Détermine les points d'intersection de (C) avec l'axe des abscisses.
Montre que f′′(x)=x22(2−lnx). Déduis que (C) admet un point d'inflexion I dont tu donneras les coordonnées, puis écris l'équation de la tangente à (C) en I.
Résous dans ]0,+∞[ l'inéquation f(x)≤3.
Discute, suivant les valeurs du réel m, le nombre de solutions de l'équation f(x)=m.
Voir le corrigé
1) On factorise : f(x)=lnx(lnx−2). Quand x→0+, lnx→−∞ et lnx−2→−∞, donc f(x)→+∞. Quand x→+∞, les deux facteurs tendent vers +∞, donc f(x)→+∞.
2)xf(x)=x(lnx)2−2xlnx. Le second terme tend vers 0. Pour le premier, pose t=x : x(lnx)2=t2(2lnt)2=4(tlnt)2→0. Donc limx→+∞xf(x)=0 : (C) admet une branche parabolique de direction l'axe des abscisses au voisinage de +∞.
3)f′(x)=2lnx×x1−x2=x2(lnx−1). Pour x>0, f′(x) a le signe de lnx−1 : négatif sur ]0,e[, nul en e, positif sur ]e,+∞[. De plus f(e)=1−2=−1.
x
0
e
+∞
f′(x)
−
0
+
f(x)
+∞
↘
−1
↗
+∞
4)f(x)=0⟺lnx=0 ou lnx=2⟺x=1 ou x=e2. Les points d'intersection sont (1,0) et (e2,0).
5) On dérive f′(x)=x2lnx−2 comme un quotient : f′′(x)=x2x2×x−(2lnx−2)=x24−2lnx=x22(2−lnx). Elle s'annule en x=e2 en changeant de signe (positive avant, négative après). Le point I(e2,f(e2)) est un point d'inflexion, avec f(e2)=4−4=0, donc I(e2,0).
f′(e2)=e22(2−1)=e22, donc la tangente en I a pour équation y=e22(x−e2), soit y=e22x−2.
6) Avec X=lnx : X2−2X−3≤0, soit (X−3)(X+1)≤0, donc −1≤X≤3. Ainsi e−1≤x≤e3 et S=[e1,e3] (environ [0,37;20,09]).
7) D'après le tableau : f est continue et strictement décroissante de ]0,e] sur [−1,+∞[, puis continue et strictement croissante de [e,+∞[ sur [−1,+∞[.
Si m<−1 : aucune solution.
Si m=−1 : une seule solution, x=e.
Si m>−1 : deux solutions, l'une dans ]0,e[ et l'autre dans ]e,+∞[.
QCM
Erreurs fréquentes
Écrire ln(a+b)=lna+lnb : c'est faux. La règle concerne le produit : ln(ab)=lna+lnb.
Confondre (lnx)2 et ln(x2) : pour x=e, (lne)2=1 alors que ln(e2)=2.
Écrire ln(x2)=2lnx pour tout x=0 : la formule correcte est ln(x2)=2ln∣x∣, car x peut être négatif.
Résoudre sans chercher le domaine : dans lnx+ln(x−2)=ln3, la valeur −1 vérifie x2−2x−3=0 mais n'est pas solution.
Remplacer lnx+ln(x−2) par ln(x(x−2)) sans préciser que c'est valable seulement pour x>2.
Dériver lnu en u1 : la dérivée est uu′, il ne faut pas oublier u′.
Diviser une inégalité par lna sans regarder son signe : si 0<a<1, alors lna<0 et le sens de l'inégalité change.
Croire que xlnx tend vers 1 ou vers +∞ en +∞ : la limite vaut 0.
À retenir
ln est la primitive de x↦x1 sur ]0,+∞[ qui s'annule en 1 : ln1=0, lne=1, ln′(x)=x1.
ln est strictement croissante : lna=lnb⟺a=b, lna<lnb⟺a<b, et lnx>0⟺x>1.