La chute libre est exacte dans le vide. Dans l'air, elle est une bonne approximation pour un solide dense, compact et peu rapide, dont le poids est très grand devant la poussée d'Archimède et les frottements.
On étudie le mouvement du centre d'inertie G dans le référentiel terrestre (galiléen). On choisit un axe Ozvertical orienté vers le bas (le sens naturel d'une chute). La deuxième loi de Newton mg=maG donne :
aG=gsoitaz=g
L'accélération est constante et ne dépend ni de la masse ni de la forme du solide : c'est un mouvement rectiligne uniformément accéléré. Avec les conditions initiales z(0)=z0 et v(0)=v0 :
v(t)=gt+v0z(t)=21gt2+v0t+z0
Si tu orientes l'axe vers le haut (pour un lancer vertical vers le haut), alors az=−g, v(t)=−gt+v0 et z(t)=−21gt2+v0t+z0. Le sommet est atteint quand v=0, c'est-à-dire à l'instant ts=gv0, à l'altitude zmax=z0+2gv02.
2. Les forces exercées par un fluide
Quand un solide tombe dans un fluide (liquide ou gaz), il subit, en plus de son poids, deux forces dues au fluide.
Dimension de k : une force s'exprime en kg.m.s−2, donc k s'exprime en kg.s−1 si n=1 et en kg.m−1 si n=2.
Force
Direction et sens
Intensité
Poids P
verticale, vers le bas
mg
Poussée d'Archimède FA
verticale, vers le haut
ρfVg
Frottement fluide f
opposée à v
kvn (n=1 ou 2)
3. Équation différentielle du mouvement
Un solide de masse m et de volume V est abandonné dans un fluide. On oriente Oz vers le bas. Dans le référentiel terrestre, la deuxième loi de Newton s'écrit P+FA+f=maG. Comme le mouvement est vertical et que la vitesse v est comptée positive vers le bas, la projection sur Oz donne
mdtdv=mg−ρfVg−kvn
On divise par m et on note :
dtdv=A−BvnavecA=g(1−mρfV)etB=mk
Ici A>0 si le solide est plus dense que le fluide (ρs>ρf) : il coule. Si ρs<ρf, la poussée d'Archimède l'emporte sur le poids et le solide remonte : on oriente alors l'axe vers le haut et on adapte les signes (voir l'exercice 8).
4. Le cas n = 1 : solution, vitesse limite, temps caractéristique
Pour n=1, l'équation dtdv+Bv=A est du type y′=ay+b vu en mathématiques. Avec v(0)=0, sa solution est
v(t)=BA(1−e−Bt)
On introduit deux grandeurs caractéristiques :
vlim=BA=k(m−ρfV)gτ=B1=km
Alors v(t)=vlim(1−e−t/τ) et l'équation différentielle s'écrit dtdv+τv=τvlim, car τvlim=A.
La vitesse n'atteint jamais exactement vlim, mais s'en approche très vite :
t
0
τ
2τ
3τ
5τ
vlimv
0
0,63
0,86
0,95
0,993
5. Régimes du mouvement et lecture de la courbe v(t)
Régime initial (transitoire) : la vitesse augmente, l'accélération a=dtdv diminue de la valeur A (à t=0, quand v=0) vers 0.
Régime permanent (asymptotique) : la vitesse a pratiquement atteint vlim et reste constante. Alors a=0, donc d'après la première loi, P+FA+f=0 : mg−ρfVg=kvlimn. Les forces ne disparaissent pas, elles se compensent.
Sur le graphe v(t) :
vlim est l'ordonnée de l'asymptote horizontale (le plateau) ;
τ est l'abscisse du point d'intersection de la tangente à l'origine avec l'asymptote ; pour n=1 seulement, c'est aussi l'instant où v=0,63vlim ;
le coefficient directeur de la tangente à l'origine est A=τvlim (accélération initiale) ;
la durée du régime transitoire est de l'ordre de 5τ : on dit que τ est le temps caractéristique de la chute.
6. Le cas n = 2
L'équation s'écrit dtdv=A−Bv2. En régime permanent, dtdv=0, donc A=Bvlim2 :
vlim=BA=k(m−ρfV)g
Dans l'air, avec la poussée d'Archimède négligée, vlim=kmg. Le temps caractéristique garde la définition τ=Avlim (la tangente à l'origine, de pente A, coupe l'asymptote à t=τ), mais la solution n'est plus du type 1−e−t/τ : la lecture « v=0,63vlim » ne donne plus τ, il faut passer par la tangente à l'origine.
7. La méthode d'Euler
C'est une méthode de résolution approchée d'une équation différentielle dtdv=F(v). On remplace la dérivée par sa tangente sur un petit intervalle de temps Δt, le pas de la méthode. À l'instant ti, l'accélération vaut ai=A−Bvin, et on calcule de proche en proche :
ai=A−Bvinvi+1=vi+aiΔtti+1=ti+Δt
On part de la condition initiale v0=v(t=0). Avec un tableur, on obtient ainsi la courbe v(t), qu'on compare à l'expérience. Si on veut aussi la position, on ajoute zi+1=zi+viΔt.
Quand vi approche vlim, les accélérations ai tendent vers 0 : les valeurs de vi se stabilisent sur le plateau.
Méthodes
Méthode 1 : Établir l'équation différentielle de la chute
Système : le solide. Référentiel : le référentiel terrestre (galiléen). Axe Oz vertical vers le bas.
Bilan des forces : P, FA (si on ne la néglige pas) et f (opposée à la vitesse).
Écris P+FA+f=maG et projette sur Oz.
Divise par m et mets sous la forme dtdv=A−Bvn : identifie A et B.
Exemple : une boule de masse m=0,20kg et de volume V=5,0×10−5m3 tombe dans l'eau (ρf=1000kg.m−3) avec f=kv et k=2,0kg.s−1. Alors A=g(1−mρfV)=9,8×(1−0,200,050)=7,35m.s−2 et B=mk=10s−1.
Méthode 2 : Déterminer vlim et τ
Par le calcul (n=1) : vlim=BA et τ=B1=km. Pour n=2 : vlim=BA et τ=Avlim.
Par le graphe : lis le plateau pour vlim ; pour τ, trace la tangente à l'origine et note l'abscisse de son intersection avec l'asymptote, ou (pour n=1 seulement) lis l'instant où v=0,63vlim.
Vérifie la cohérence : A=τvlim (pour n=1).
Exemple (suite de la méthode 1) : vlim=107,35=0,735m.s−1 et τ=0,10s. Autre cas, par le graphe : un plateau à 0,50m.s−1 et une tangente à l'origine qui coupe l'asymptote à t=0,080s donnent τ=0,080s et A=0,0800,50=6,25m.s−2.
Méthode 3 : Vérifier qu'une fonction est solution de l'équation différentielle
Dérive la fonction proposée.
Remplace v et dtdv dans l'équation différentielle.
Vérifie que l'égalité est vraie pour tout t (et contrôle la condition initiale).
Exemple : v(t)=0,50(1−e−t/0,080) est-elle solution de dtdv+12,5v=6,25 ? On a dtdv=0,0800,50e−12,5t=6,25e−12,5t et 12,5v=6,25−6,25e−12,5t. La somme vaut 6,25 : c'est bien une solution, et v(0)=0.
Méthode 4 : Appliquer la méthode d'Euler
Note A, B, n, la condition initiale v0 et le pas Δt.
Construis un tableau avec les colonnes ti, vi, ai=A−Bvin et vi+1=vi+aiΔt.
Remplis ligne par ligne : la valeur vi+1 calculée sur une ligne devient vi de la ligne suivante.
Compare à vlim ou à la solution exacte pour juger la précision.
Exemple : dtdv=6,0−3,0v (SI), v0=0, Δt=0,10s. Ligne 0 : a0=6,0 donc v1=0,60. Ligne 1 : a1=6,0−3,0×0,60=4,2 donc v2=0,60+0,42=1,02. Ligne 2 : a2=6,0−3,0×1,02=2,94 donc v3=1,02+0,294≈1,31. On approche bien vlim=3,06,0=2,0m.s−1.
Méthode 5 : Décider si on néglige la poussée d'Archimède
Calcule le rapport PFA=ρsρf (solide homogène).
Si ce rapport est très inférieur à 1 (de l'ordre de 10−3 ou moins), tu peux négliger FA ; sinon, tu la gardes.
Si l'énoncé dit « on néglige la poussée d'Archimède », ne la fais pas intervenir.
Exemple : une pierre de masse volumique 2700kg.m−3 dans l'air : 27001,2≈4,4×10−4, négligeable. La même pierre dans l'eau : 27001000≈0,37, non négligeable.
Méthode 6 : Étudier une chute libre
Choisis l'axe (vers le bas pour une chute, vers le haut pour un lancer) et note les conditions initiales.
Écris az=±g, puis v(t) et z(t) par intégration.
Pour une durée, résous z(t)= valeur demandée ; pour une vitesse sans durée, utilise v2−v02=2a(z−z0).
Exemple : une pierre lâchée sans vitesse d'une hauteur de 45m (axe vers le bas) : z=21gt2=45 donne t=9,890≈3,03s et v=gt≈29,7m.s−1.
Exercices corrigés
Exercice 1 : Une pierre dans un puits
Facile
On lâche sans vitesse initiale une pierre dans un puits. On néglige tous les frottements et on prend g=9,8m.s−2. On choisit l'axe Oz vertical vers le bas, d'origine O au point de lâcher, et on prend t=0 au lâcher.
Établis v(t) et z(t).
La pierre touche l'eau au bout de 2,5s. Calcule la distance entre le point de lâcher et la surface de l'eau, puis la vitesse d'arrivée, en m.s−1 puis en km.h−1.
Quelle serait la durée de la chute et la vitesse d'arrivée pour une chute de 20m ?
Une pierre deux fois plus lourde tombe-t-elle plus vite ?
Voir le corrigé
1) Seul le poids agit : mg=maG, donc az=g. Par intégration avec v(0)=0 et z(0)=0 : v(t)=gt=9,8t et z(t)=21gt2=4,9t2 (SI).
2)z(2,5)=4,9×2,52=4,9×6,25≈30,6m : la surface de l'eau est à environ 30,6m sous le point de lâcher. La vitesse est v=9,8×2,5=24,5m.s−1, soit 24,5×3,6≈88km.h−1.
3)z=20m donne t=9,82×20≈2,02s et v=gt≈19,8m.s−1. On retrouve aussi v=2gz=392≈19,8m.s−1.
4) Non : l'accélération az=g ne dépend pas de la masse (elle se simplifie dans mg=maG). Les deux pierres arrivent en même temps, si les frottements sont négligeables.
Exercice 2 : Une balle lancée vers le haut
Moyen
Une balle est lancée verticalement vers le haut, à la vitesse v0=14m.s−1, depuis un point situé à z0=1,5m au-dessus du sol. Elle n'est soumise qu'à son poids (g=9,8m.s−2). On choisit l'axe Oz vertical vers le haut, d'origine O au sol, et on prend t=0 au lancer.
Établis l'accélération, puis v(t) et z(t).
Calcule l'instant et l'altitude du sommet de la trajectoire.
Calcule l'instant où la balle touche le sol et sa vitesse à cet instant.
Pourquoi la vitesse d'arrivée au sol n'est-elle pas égale à v0 ?
Voir le corrigé
1) Chute libre, axe vers le haut : az=−g=−9,8m.s−2. Avec v(0)=14m.s−1 et z(0)=1,5m : v(t)=−9,8t+14 et z(t)=−4,9t2+14t+1,5 (SI).
2) Au sommet, v=0 : ts=9,814≈1,43s. L'altitude est zmax=z0+2gv02=1,5+19,6196=1,5+10=11,5m.
3) On résout z(t)=0, soit −4,9t2+14t+1,5=0. Le discriminant est Δ=142+4×4,9×1,5=196+29,4=225,4, et la racine positive est tg=9,814+225,4=9,814+15,01≈2,96s. La vitesse est alors v=−9,8×2,96+14≈−15,0m.s−1 : la balle descend à 15,0m.s−1 (le signe négatif indique le sens vers le bas).
4) La balle repasse par son point de départ (z=1,5m) avec la vitesse −14m.s−1, puis elle descend encore de 1,5m en accélérant : v2=v02+2gz0=196+29,4=225,4, donc ∣v∣≈15,0m.s−1.
Exercice 3 : Faut-il tenir compte de la poussée d'Archimède ?
Facile
Une sphère d'acier, de rayon r=2,0cm et de masse volumique ρs=7800kg.m−3, est abandonnée successivement dans l'air (ρair=1,2kg.m−3), dans l'eau (ρeau=1000kg.m−3) et dans la glycérine (ρgly=1260kg.m−3). On prend g=9,8m.s−2 et V=34πr3.
Calcule le volume V, la masse m et le poids P de la sphère.
Calcule la poussée d'Archimède dans chacun des trois fluides.
Compare-la au poids et conclus.
Voir le corrigé
1)V=34π×(2,0×10−2)3≈3,35×10−5m3=33,5cm3. La masse est m=ρsV=7800×3,35×10−5≈0,261kg et le poids P=mg≈0,261×9,8≈2,56N.
2)FA=ρfVg :
dans l'air : FA=1,2×3,35×10−5×9,8≈3,9×10−4N ;
dans l'eau : FA=1000×3,35×10−5×9,8≈0,328N ;
dans la glycérine : FA=1260×3,35×10−5×9,8≈0,414N.
3) Le rapport PFA=ρsρf vaut environ 1,5×10−4 (soit 0,015%) dans l'air, 0,128 (soit 12,8%) dans l'eau et 0,162 (soit 16,2%) dans la glycérine. Dans l'air, la poussée d'Archimède est négligeable ; dans les deux liquides, elle représente plus de 10% du poids et on doit la prendre en compte.
Exercice 4 : Une bille dans la glycérine
Moyen
Une bille d'acier de rayon r=5,0mm et de masse volumique ρs=7800kg.m−3 est abandonnée sans vitesse initiale dans de la glycérine de masse volumique ρf=1260kg.m−3. Le frottement fluide est f=kv avec k=0,13kg.s−1. On prend g=9,8m.s−2, l'axe Oz vertical vers le bas, et V=34πr3.
Calcule le volume V, la masse m, le poids P et la poussée d'Archimède FA.
Établis l'équation différentielle vérifiée par v et calcule A et B.
Calcule la vitesse limite vlim et le temps caractéristique τ.
Écris v(t), calcule v(τ) et la durée au bout de laquelle v=0,99vlim.
Voir le corrigé
1)V=34π×(5,0×10−3)3≈5,24×10−7m3. La masse est m=ρsV≈7800×5,24×10−7≈4,08×10−3kg. Le poids est P=mg≈4,00×10−2N et la poussée est FA=ρfVg≈1260×5,24×10−7×9,8≈6,47×10−3N (environ 16% du poids).
2) Deuxième loi de Newton projetée sur Oz : mdtdv=mg−ρfVg−kv, donc dtdv=A−Bv avec A=g(1−mρfV)=g(1−ρsρf)=9,8×(1−0,1615)≈8,22m.s−2 et B=mk=4,08×10−30,13≈31,8s−1.
3)vlim=BA=31,88,22≈0,258m.s−1 et τ=B1=km≈3,14×10−2s, soit environ 31ms.
4)v(t)=0,258(1−e−t/0,0314) (SI). À t=τ : v(τ)=0,258×(1−e−1)≈0,163m.s−1. La condition v=0,99vlim s'écrit e−t/τ=0,01, donc t=τln(100)≈4,6τ≈0,145s. En moins d'une seconde, la bille est donc en régime permanent.
Exercice 5 : Exploiter un enregistrement de vitesse
Moyen
Une bille de masse m=15g et de masse volumique ρs=5,0×103kg.m−3 est abandonnée sans vitesse initiale dans un liquide. Le frottement est du type f=kv. On prend g=9,8m.s−2. On mesure la vitesse v (axe Oz vers le bas) :
t (s)
0
0,025
0,050
0,100
0,150
0,200
0,300
v (m.s−1)
0
0,157
0,253
0,346
0,380
0,393
0,399
Quelle est la vitesse limite approximative ?
Détermine le temps caractéristique τ par la méthode des 63%.
Déduis l'accélération initiale a0. Compare-la à g : que peux-tu en conclure ?
Calcule la constante k, puis la masse volumique ρf du liquide.
Voir le corrigé
1) La vitesse se stabilise : vlim≈0,40m.s−1.
2) À t=τ, v=0,63vlim=0,63×0,40≈0,252m.s−1. Dans le tableau, v=0,253m.s−1 à t=0,050s : donc τ≈0,050s.
3) À t=0, v=0 donc le frottement est nul et a0=A=τvlim=0,0500,40=8,0m.s−2. Comme a0<g=9,8m.s−2, une force verticale vers le haut s'exerce déjà à t=0 : c'est la poussée d'Archimède, qui n'est donc pas négligeable ici.
4)τ=km, donc k=τm=0,05015×10−3=0,30kg.s−1. Par ailleurs A=g(1−ρsρf) donne ρsρf=1−gA=1−9,88,0≈0,184, donc ρf≈0,184×5,0×103≈9,2×102kg.m−3 : ce peut être une huile. Vérification : vlim=k(m−ρfV)g=km(1−0,184)g=0,300,015×0,816×9,8≈0,40m.s−1.
Exercice 6 : La méthode d'Euler pas à pas
Moyen
La vitesse d'une bille (axe Oz vers le bas) vérifie, en unités SI, l'équation dtdv=8,0−20v avec v(0)=0.
Identifie A, B, calcule vlim et τ.
Avec un pas Δt=0,010s, complète par la méthode d'Euler le tableau des valeurs de ti, vi et ai pour i=0 à 5.
Compare la valeur d'Euler à t=0,050s avec la solution exacte v(t)=0,40(1−e−20t). Comment améliorer la précision ?
Voir le corrigé
1)A=8,0m.s−2 et B=20s−1. Donc vlim=BA=0,40m.s−1 et τ=B1=0,050s. Le pas Δt=0,010s vaut 5τ : il est plus petit que τ.
2) On applique ai=8,0−20vi et vi+1=vi+ai×0,010.
i
ti (s)
vi (m.s−1)
ai (m.s−2)
0
0,000
0
8,0
1
0,010
0,080
6,4
2
0,020
0,144
5,12
3
0,030
0,195
4,10
4
0,040
0,236
3,28
5
0,050
0,269
2,62
(Par exemple, v2=0,080+6,4×0,010=0,144 et v3=0,144+5,12×0,010≈0,195.)
3) La solution exacte à t=0,050s est v=0,40(1−e−1)≈0,253m.s−1 ; Euler donne 0,269m.s−1, soit un écart d'environ 6% (Euler surestime ici la vitesse, car la courbe v(t) est concave). Pour améliorer la précision, on diminue le pas : avec Δt=0,005s (10 lignes), on obtient v≈0,261m.s−1 à t=0,050s, soit environ 3% d'écart.
Exercice 7 : Une balle de tennis, frottement en kv2
Moyen
Une balle de tennis de masse m=57g et de rayon r=3,3cm est lâchée sans vitesse initiale d'un point très élevé. Le frottement de l'air est f=kv2 avec k=1,0×10−3 (unités SI). On prend g=9,8m.s−2 et ρair=1,2kg.m−3. L'axe Oz est vertical vers le bas.
Détermine l'unité de k à partir de l'expression de f.
Vérifie que la poussée d'Archimède est négligeable devant le poids.
Établis l'équation différentielle vérifiée par v (sans Archimède) et calcule B=mk.
Calcule la vitesse limite (en m.s−1 et en km.h−1) et le temps caractéristique τ=Avlim.
Pour quelle vitesse l'accélération vaut-elle 5,0m.s−2 ?
Voir le corrigé
1)f=kv2 donc k=v2f, de dimension (m.s−1)2N=m2.s−2kg.m.s−2=kg.m−1. Donc k s'exprime en kg.m−1.
2)V=34πr3=34π×(3,3×10−2)3≈1,5×10−4m3, donc FA=ρairVg≈1,2×1,5×10−4×9,8≈1,8×10−3N. Le poids est P=mg=0,057×9,8≈0,56N : PFA≈0,3%, négligeable.
3) Deuxième loi de Newton projetée sur Oz : mdtdv=mg−kv2, donc dtdv=g−mkv2, c'est-à-dire A=g=9,8m.s−2 et B=mk=0,0571,0×10−3≈1,75×10−2m−1.
4) En régime permanent, dtdv=0, donc vlim=BA=kmg=1,0×10−30,057×9,8=558,6≈23,6m.s−1, soit environ 85km.h−1. Le temps caractéristique est τ=Avlim=9,823,6≈2,4s.
5) On résout g−Bv2=5,0, soit v2=1,75×10−29,8−5,0≈274, donc v≈16,5m.s−1. (Pour a=2g, on trouverait v=2vlim≈16,7m.s−1.)
Exercice 8 : Une bille de polystyrène qui remonte
Difficile
Une petite bille de polystyrène de rayon r=1,0cm et de masse volumique ρs=40kg.m−3 est lâchée sans vitesse initiale au fond d'un grand bac d'eau (ρf=1000kg.m−3). Elle est totalement immergée. Le frottement de l'eau est f=kv2 avec k=0,080kg.m−1. On prend g=9,8m.s−2. L'axe Oz est vertical vers le haut, et V=34πr3.
Calcule V, m, P et FA. Pourquoi la bille remonte-t-elle ?
Établis l'équation différentielle vérifiée par v (vitesse positive vers le haut). Montre qu'elle s'écrit dtdv=A−Bv2 avec A=g(ρsρf−1) et B=mk, puis calcule A et B.
Calcule la vitesse limite.
Avec un pas Δt=1,0ms, calcule par la méthode d'Euler v1, v2 et v3.
Donne l'ordre de grandeur de la durée du régime transitoire avec τ=Avlim.
Voir le corrigé
1)V=34π×(1,0×10−2)3≈4,19×10−6m3 ; m=ρsV≈40×4,19×10−6≈1,68×10−4kg ; P=mg≈1,64×10−3N ; FA=ρfVg≈1000×4,19×10−6×9,8≈4,11×10−2N. Comme FA>P (le rapport vaut ρsρf=25), la résultante est dirigée vers le haut : la bille remonte.
2) Le frottement est opposé à la vitesse, donc dirigé vers le bas. Projection sur Oz (vers le haut) : mdtdv=FA−P−kv2. En divisant par m : dtdv=mρfVg−g−mkv2=g(ρsρf−1)−mkv2, car mV=ρs1. Donc A=9,8×(25−1)=235m.s−2 et B=mk=1,676×10−40,080≈477m−1 (on garde ici une décimale de plus sur m pour ne pas cumuler les arrondis).
3) En régime permanent, A=Bvlim2, donc vlim=BA=477235≈0,70m.s−1 (on retrouve kFA−P).
4)v0=0 donc a0=235m.s−2 et v1=0+235×0,0010=0,235m.s−1. Ensuite a1=235−477×0,2352≈209m.s−2 et v2=0,235+0,209≈0,444m.s−1. Puis a2=235−477×0,4442≈141m.s−2 et v3=0,444+0,141≈0,585m.s−1.
5)τ=Avlim=2350,70≈3,0×10−3s. Le régime transitoire dure quelques τ, soit de l'ordre de 10ms : la bille atteint presque instantanément sa vitesse limite. (Ce modèle simple surestime l'accélération initiale, car il ignore l'eau entraînée avec la bille ; il suffit pour cet exercice.)
Exercice 9 : Une bille de verre qui entre dans un liquide
Type Bac
Une bille de verre de rayon r=6,0mm et de masse volumique ρs=2500kg.m−3 pénètre à t=0 dans de la glycérine (ρf=1260kg.m−3) avec une vitesse verticale v0=0,30m.s−1 dirigée vers le bas. Le frottement est f=kv avec k=0,10kg.s−1. On prend g=9,8m.s−2 et l'axe Oz vertical vers le bas.
Calcule le volume V, la masse m de la bille, son poids P et la poussée d'Archimède FA.
Établis l'équation différentielle vérifiée par v. Montre qu'elle s'écrit dtdv+τv=τvlim et exprime τ et vlim en fonction de m, k, ρf, V et g. Calcule-les.
Vérifie que v(t)=vlim+(v0−vlim)e−t/τ est solution et vérifie la condition initiale. Calcule l'accélération à t=0 : que signifie son signe ? Calcule v(τ).
Avec un pas Δt=5,0ms, calcule par la méthode d'Euler v1, v2 et v3. Compare v1 et v2 aux valeurs exactes à t=5,0ms et 10ms.
2) Deuxième loi projetée sur Oz : mdtdv=mg−ρfVg−kv, donc dtdv+mkv=m(m−ρfV)g. On pose τ=km et vlim=k(m−ρfV)g : alors τvlim=m(m−ρfV)g et on retrouve dtdv+τv=τvlim. Application numérique : τ=0,102,26×10−3≈2,26×10−2s (soit 22,6ms) et vlim=0,10(2,26×10−3−1,14×10−3)×9,8≈0,110m.s−1.
3)dtdv=−τv0−vlime−t/τ et τv=τvlim+τv0−vlime−t/τ. La somme vaut τvlim : la fonction est solution. De plus v(0)=vlim+(v0−vlim)=v0 : la condition initiale est respectée. À t=0, a(0)=τvlim−v0=0,02260,110−0,30≈−8,4m.s−2. Le signe négatif signifie que la bille ralentit : sa vitesse d'entrée est supérieure à vlim et les frottements dominent. Enfin v(τ)=0,110+(0,30−0,110)e−1≈0,180m.s−1.
4) Ici A=τvlim≈4,86m.s−2 et B=τ1≈44,2s−1. Alors a0=4,86−44,2×0,30≈−8,40 et v1=0,30−8,40×0,0050≈0,258m.s−1. Puis a1=4,86−44,2×0,258≈−6,54 et v2=0,258−6,54×0,0050≈0,225m.s−1. Puis a2≈−5,10 et v3≈0,200m.s−1. Valeurs exactes : v(5ms)=0,110+0,190e−0,005/0,0226≈0,262m.s−1 et v(10ms)≈0,232m.s−1. L'écart d'Euler est d'environ 2% à 5ms et de 3% à 10ms : l'erreur s'accumule, mais le pas est assez petit pour une bonne approximation.
5) On résout 0,110+0,190e−t/τ=0,20 : e−t/τ=0,1900,090, donc t=τln(0,0900,190)=0,0226×ln(2,11)≈0,0169s, soit environ 17ms.
Exercice 10 : Un parachutiste en chute stabilisée
Type Bac
Un parachutiste, avec son équipement, a une masse m=85kg et un volume V=0,085m3. Il saute d'un avion (vitesse verticale initiale nulle) et tombe bras et jambes écartés, avant d'ouvrir son parachute. Les frottements de l'air sont modélisés par f=kv2 avec k=0,25kg.m−1, supposé constant. On prend g=9,8m.s−2, ρair=1,2kg.m−3 et l'axe Oz vertical vers le bas.
Calcule la poussée d'Archimède et compare-la au poids. Que peux-tu en conclure ?
Établis l'équation différentielle vérifiée par la vitesse v et donne les valeurs de A et B.
Calcule la vitesse limite vlim (en m.s−1 et km.h−1). Que valent alors les forces ?
Avec un pas Δt=1,0s, calcule par la méthode d'Euler les vitesses v1 à v4. Quelle est la vitesse à t=4s ?
Pour quelle vitesse l'accélération vaut-elle 2g ? Cette valeur est-elle cohérente avec ton tableau d'Euler ?
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1)FA=ρairVg=1,2×0,085×9,8≈1,0N et P=mg=85×9,8=833N. Le rapport PFA≈0,12% : la poussée d'Archimède est négligeable.
2) Deuxième loi de Newton projetée sur Oz : mdtdv=mg−kv2, donc dtdv=g−mkv2. Ici A=g=9,8m.s−2 et B=mk=850,25≈2,94×10−3m−1.
3) En régime permanent, dtdv=0, donc vlim=BA=kmg=0,25833=3332≈57,7m.s−1, soit 57,7×3,6≈208km.h−1. Une fois cette vitesse atteinte, elle reste constante : d'après la première loi, les forces se compensent : kvlim2=mg=833N (en négligeant FA).
4)ai=9,8−2,94×10−3vi2 et vi+1=vi+ai×1,0.
i
ti (s)
vi (m.s−1)
ai (m.s−2)
0
0
0
9,80
1
1,0
9,80
9,52
2
2,0
19,3
8,70
3
3,0
28,0
7,49
4
4,0
35,5
6,09
À t=4,0s : v4≈35,5m.s−1, soit environ 128km.h−1, encore loin de vlim (environ 62% de vlim). Le temps caractéristique est τ=Avlim≈5,9s : le régime permanent n'est atteint qu'au bout de 20 à 30 s environ.
5)dtdv=2g s'écrit Bv2=2g, soit v=2Bg=2vlim≈40,8m.s−1. Le tableau d'Euler montre que a=4,9m.s−2 est atteinte entre t=4s (a4=6,09) et t=5s (a5≈4,71), pour une vitesse comprise entre 35,5 et 41,6m.s−1 : c'est cohérent avec 40,8m.s−1.
QCM
Erreurs fréquentes
Oublier la poussée d'Archimède dans un liquide. Elle est négligeable dans l'air pour un solide dense, mais pas dans l'eau, l'huile ou la glycérine : calcule toujours le rapport ρsρf.
Se tromper de signe en projetant. Pour un solide qui descend, avec l'axe Oz vers le bas, P est positif, alors que FA et f sont comptés négativement ; avec l'axe vers le haut, c'est l'inverse. Le frottement est toujours opposé à la vitesse : son signe dépend du sens du mouvement (exercice 8 : la bille monte, f est compté négativement sur l'axe vers le haut).
Dire qu'à la vitesse limite « il n'y a plus de force ». Les forces existent toujours : elles se compensent (∑Fext=0), d'où une accélération nulle et une vitesse constante, pas une vitesse nulle.
Croire que τ est la durée pour atteindre vlim. À t=τ, la vitesse n'atteint que 63% de vlim ; il faut environ 5τ pour atteindre 99%.
Utiliser v(t)=vlim(1−e−t/τ) pour n=2. Cette solution n'est valable que pour f=kv (n=1). Pour n=2, on utilise la méthode d'Euler.
Choisir un pas d'Euler trop grand (comparable à τ), ou calculer ai avec vi+1 au lieu de vi.
Se tromper sur l'unité de k : kg.s−1 pour n=1, kg.m−1 pour n=2. L'analyse dimensionnelle de f=kvn permet de la retrouver.
Penser qu'un solide plus lourd tombe toujours plus vite. En chute libre, tous les solides tombent avec la même accélération ; avec frottements, la vitesse limite vlim dépend de la masse, de la forme (via k) et du fluide.
À retenir
Chute libre : seul le poids agit ; a=g, indépendante de la masse ; v=gt+v0 et z=21gt2+v0t+z0 (axe vers le bas).
Dans un fluide, un solide subit son poids mg, la poussée d'Archimède ρfVg (vers le haut) et le frottement kvn (opposé à v, n=1 ou 2).
Équation différentielle (axe vers le bas) : dtdv=A−Bvn avec A=g(1−mρfV) et B=mk.
Pour n=1 : v(t)=vlim(1−e−t/τ) avec vlim=BA=k(m−ρfV)g et τ=km ; à t=τ, v=0,63vlim ; régime permanent après environ 5τ.
Pour n=2 : vlim=BA ; on résout numériquement.
En régime permanent, a=0 : les forces se compensent (première loi).
Sur le graphe v(t) : vlim = plateau ; τ = abscisse de l'intersection entre la tangente à l'origine et le plateau ; pente à l'origine = A.
Méthode d'Euler : ai=A−Bvin, vi+1=vi+aiΔt ; le pas doit être petit devant τ.
La poussée d'Archimède est négligeable dans l'air pour un solide dense (ρsρf≪1), pas dans un liquide.