cours, méthodes, 10 exercices corrigés, QCM de 8 questions
Durée
55 min
Prérequis
Équations différentielles y' = ay, fonctions exponentielle et logarithme, structure de l'atome
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contenu original 9raya, gratuit, CC BY-NC-SA 4.0.
L'essentiel
1. Le noyau et ses isotopes
Un atome est formé d'un noyau et d'un cortège d'électrons. Le noyau contient des nucléons : les protons (charge +e) et les neutrons (charge nulle). On note le noyau d'un élément X :
ZAX
Définition
Z est le numéro atomique : c'est le nombre de protons, appelé aussi nombre de charge du noyau.
A est le nombre de nucléons (ou nombre de masse) : A=Z+N.
N=A−Z est le nombre de neutrons.
Exemple
Le noyau 614C contient 6 protons, 14−6=8 neutrons, soit 14 nucléons.
Définition
Des isotopes sont des noyaux qui ont le même nombre de protonsZ mais des nombres de neutrons différents, donc des nombres de nucléons A différents.
Les isotopes d'un même élément ont les mêmes propriétés chimiques (même cortège d'électrons) mais des propriétés nucléaires différentes. Par exemple, 612C et 613C sont stables, alors que 614C est radioactif.
Les protons se repoussent (interaction électrique) et pourtant le noyau tient : une interaction forte, attractive et de très courte portée (de l'ordre de 10−15m), lie tous les nucléons entre eux. Quand l'équilibre entre ces deux interactions est mal réalisé, le noyau est instable.
2. Stabilité et diagramme (N,Z)
Dans le diagramme (N,Z) (nombre de neutrons N en abscisse, nombre de protons Z en ordonnée), les noyaux stables occupent une zone étroite : la vallée de stabilité.
Pour les petites valeurs de Z (jusqu'à environ 20), elle suit à peu près la droite Z=N.
Pour Z plus grand, elle passe au-dessous de cette droite : il faut plus de neutrons que de protons (N>Z) pour compenser la répulsion électrique.
Au-delà du plomb (Z=82), il n'existe pratiquement plus de noyau stable.
Un noyau instable se trouve hors de cette vallée. Il se désintègre pour s'en rapprocher :
Position du noyau
Cause de l'instabilité
Désintégration
au-dessous de la vallée
excès de neutrons
β−
au-dessus de la vallée
excès de protons
β+
noyaux très lourds
trop de nucléons
α
3. La radioactivité et les lois de Soddy
Définition
La radioactivité est la transformation spontanée d'un noyau instable, appelé noyau père, en un autre noyau, appelé noyau fils, avec émission d'une particule (α, β− ou β+) et souvent d'un rayonnement γ.
Ce phénomène a trois caractéristiques :
il est spontané : il ne demande aucun apport d'énergie ;
il est aléatoire : on ne peut pas prévoir à quel instant un noyau donné va se désintégrer ;
il est inévitable : la température, la pression ou l'état chimique (corps pur ou combiné) ne le modifient pas.
La radioactivité est naturelle quand le noyau existe dans la nature (uranium 238, potassium 40, carbone 14). Elle est artificielle quand le noyau est fabriqué par une réaction nucléaire provoquée. Exemple historique (1934, Irène et Frédéric Joliot-Curie) : en bombardant de l'aluminium avec des particules α, on obtient du phosphore 30 radioactif.
1327Al+24He⟶1530P+01n
Théorème(Lois de Soddy)
Dans toute transformation nucléaire, il y a conservation du nombre de chargeZ et du nombre de nucléonsA :
L'énergie totale (énergie de masse comprise) se conserve aussi. Elle fait l'objet du chapitre « Noyaux, masse et énergie ».
4. Les types d'émission
Radioactivité α. La particule α est un noyau d'hélium 24He (2 protons et 2 neutrons). Elle est émise par des noyaux lourds.
ZAX⟶Z−2A−4Y+24He
Exemple
88226Ra⟶86222Rn+24He : les nombres 226=222+4 et 88=86+2 sont bien conservés.
Radioactivité β−. La particule émise est un électron −10e, accompagné d'un antineutrino νˉ. Elle concerne les noyaux qui ont trop de neutrons : dans le noyau, un neutron se transforme en proton.
ZAX⟶Z+1AY+−10e+νˉavec01n⟶11p+−10e+νˉ
Exemple
614C⟶714N+−10e+νˉ : le nombre de nucléons ne change pas, le nombre de charge augmente de 1.
Radioactivité β+. La particule émise est un positon+10e (antiparticule de l'électron : même masse, charge +e), accompagné d'un neutrino ν. Elle concerne les noyaux qui ont trop de protons : un proton se transforme en neutron.
ZAX⟶Z−1AY++10e+νavec11p⟶01n++10e+ν
Exemple
1530P⟶1430Si++10e+ν.
Émission γ. Le noyau fils est souvent produit dans un état excité, noté ZAY∗. Il revient à son état fondamental en émettant un photon γ, de nombre de charge 0 et de nombre de nucléons 0 :
ZAY∗⟶ZAY+γ
L'énergie du photon est égale à la différence d'énergie entre les deux niveaux du noyau : Eγ=hν=Einitial−Efinal, avec h=6,63×10−34J.s. L'émission γ ne change ni A ni Z : ce n'est pas une désintégration au sens strict, mais une désexcitation.
Rayonnement
Nature
Arrêté par (ordre de grandeur)
α
noyaux 24He
une feuille de papier, quelques centimètres d'air
β− et β+
électrons ou positons
quelques millimètres d'aluminium
γ
photons très énergétiques
plusieurs centimètres de plomb, un mur de béton épais
Attention
Ne confonds pas positon (+10e, émis lors d'une désintégration β+) et proton (11p, constituant du noyau). L'électron s'écrit −10e : son nombre de charge est −1.
Remarque
L'antineutrino et le neutrino ont A=0 et Z=0 : ils ne modifient pas les lois de Soddy. Leur rôle précis est hors programme. Dans certains énoncés, ils ne sont pas écrits ; suis la consigne de ton professeur et de l'énoncé.
5. La loi de décroissance radioactive
Un échantillon contient, à la date t, un nombre N(t) de noyaux radioactifs identiques. Pour un noyau donné, l'instant de sa désintégration est imprévisible. Mais pour un grand nombre de noyaux, la proportion de ceux qui se désintègrent pendant une courte durée dt est toujours la même, quel que soit l'âge des noyaux : elle vaut λdt. La constante λ, propre à chaque nucléide, s'appelle la constante radioactive (en s−1).
Entre t et t+dt, le nombre de noyaux qui disparaissent est donc −dN=λNdt. On obtient l'équation différentielle :
dtdN=−λN
Elle est de la forme y′=ay avec a=−λ : ses solutions sont N(t)=Ke−λt, et la condition initiale N(0)=N0 donne K=N0.
Théorème(Loi de décroissance radioactive)
Le nombre de noyaux radioactifs non encore désintégrés décroît de façon exponentielle :
N(t)=N0e−λt
Définition
La constante de temps est τ=λ1 (en secondes). À la date t=τ, il reste N0e−1≈0,37N0 noyaux. Sur la courbe N(t), la tangente à l'origine coupe l'axe des temps au point d'abscisse τ.
Définition
La demi-viet1/2 est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs initialement présents s'est désintégrée : N(t1/2)=2N0.
On en déduit e−λt1/2=21, donc :
t1/2=λln2=τln2
La demi-vie dépend uniquement du nucléide. Elle ne dépend ni du nombre de noyaux, ni de la température, ni de l'état chimique. Elle varie de fractions de seconde à des milliards d'années : environ 6 h pour le technétium 99m, 8 jours pour l'iode 131, 5730 ans pour le carbone 14, 4,5×109 ans pour l'uranium 238.
Après n demi-vies, c'est-à-dire à la date t=nt1/2, il reste N=2nN0 noyaux :
Durée écoulée
0
t1/2
2t1/2
3t1/2
4t1/2
5t1/2
10t1/2
Noyaux restants
N0
2N0
4N0
8N0
16N0
32N0
1024N0
Pourcentage
100%
50%
25%
12,5%
6,25%
3,1%
0,1%
Le nombre de noyaux désintégrés entre 0 et t vaut N0−N(t)=N0(1−e−λt).
Pour passer de la masse m de l'échantillon au nombre de noyaux, on utilise la masse molaire M et la constante d'Avogadro NA=6,02×1023mol−1 :
N=MmNA
Attention
La loi de décroissance est statistique : elle est valable pour un très grand nombre de noyaux. Elle ne dit pas qu'un noyau donné se désintègre au bout de t1/2. Un noyau n'a pas de « mémoire » : il ne vieillit pas.
6. L'activité d'un échantillon
Définition
L'activité d'un échantillon radioactif est le nombre moyen de désintégrations par seconde : a(t)=−dtdN. Son unité est le becquerel (Bq) : 1Bq=1 désintégration par seconde (1s−1).
En dérivant la loi de décroissance, on obtient :
a(t)=λN(t)=λN0e−λt=a0e−λtaveca0=λN0
L'activité est proportionnelle au nombre de noyaux présents. Elle décroît donc exponentiellement avec la même constante λ et la même demi-vie : a(t1/2)=2a0. On peut ainsi remplacer N par a dans toutes les relations de la décroissance : N0N(t)=a0a(t).
Les multiples usuels sont le kilobecquerel (kBq), le mégabecquerel (MBq) et le gigabecquerel (GBq). On mesure l'activité avec un compteur Geiger-Müller, qui compte les particules émises par unité de temps : le comptage est proportionnel à l'activité.
7. La datation par radioactivité
Pour dater un échantillon, on compare le nombre de noyaux radioactifs (ou l'activité) mesuré aujourd'hui à celui de la date « zéro » (formation de la roche, mort de l'être vivant). La loi N=N0e−λt donne la durée écoulée :
Le carbone 14. Le carbone 14 est formé en permanence dans la haute atmosphère, quand les neutrons du rayonnement cosmique heurtent l'azote 14 :
714N+01n⟶614C+11p
Il est radioactif β− avec t1/2=5730 ans. Tant qu'un être vivant est en vie, il échange du carbone avec son environnement : la proportion de carbone 14 dans son organisme reste constante, donc son activité par gramme de carbone aussi. À sa mort, les échanges s'arrêtent et le carbone 14 qu'il contient décroît seul. En mesurant l'activité par gramme de carbone et en la comparant à celle d'un organisme vivant, on date le bois, l'os ou le charbon de bois. Après 10 demi-vies (soit 57300 ans), il reste moins de 0,1% du carbone 14 initial. En pratique, la mesure devient trop imprécise au-delà d'environ 50000 ans.
Les roches. Pour des durées de l'ordre du million ou du milliard d'années, on utilise des couples « père-fils » de très longue demi-vie, comme l'uranium 238 (père, de demi-vie t1/2≈4,5×109 ans) et le plomb 206 (fils, stable). Si la roche ne contenait aucun noyau fils à sa formation et n'en a pas perdu, chaque noyau père désintégré est devenu un noyau fils, donc N0=Npeˋre+Nfils et :
t=ln2t1/2ln(1+NpeˋreNfils)
Remarque
Le principe de la datation (comparer N ou a à sa valeur initiale) est exigible. La valeur de t1/2 est en général donnée dans l'énoncé. La datation des roches suit le même raisonnement que celle au carbone 14 ; les couples utilisés dans la pratique sont plus variés.
8. Applications et dangers
Médecine (diagnostic). En scintigraphie, on injecte un noyau émetteur γ à demi-vie courte (technétium 99m, environ 6 h) : une caméra repère les photons émis par l'organe étudié. En tomographie par émission de positons (TEP), on utilise un émetteur β+ (fluor 18) : le positon rencontre un électron, les deux s'annihilent et émettent deux photons γ de 0,511MeV chacun, détectés par la caméra.
Médecine (traitement). La radiothérapie cible les tumeurs avec des rayonnements γ (cobalt 60) ou avec de l'iode 131 pour la thyroïde.
Industrie. La gammagraphie contrôle l'intérieur des soudures. Les rayonnements stérilisent du matériel médical.
Datation. Voir le paragraphe précédent.
Les rayonnements radioactifs sont ionisants : ils arrachent des électrons aux atomes, ce qui peut endommager les cellules vivantes et leur ADN. Pour se protéger, on réduit le temps d'exposition, on s'éloigne de la source et on s'abrite derrière un écran adapté (plomb, béton). Une source α est arrêtée par la peau mais devient très dangereuse si elle est inhalée ou avalée. Les déchets à longue demi-vie doivent être stockés pendant des durées très longues.
Remarque
Les unités de dose reçue (gray, sievert) sont hors programme.
Méthodes
Méthode 1 : Écrire l'équation d'une désintégration
Identifie le type de radioactivité : il est donné dans l'énoncé, ou on le déduit de la position du noyau (noyau lourd : α ; excès de neutrons : β− ; excès de protons : β+).
Écris le noyau père, une flèche, le noyau fils inconnu et la particule émise (24He, −10e ou +10e).
Applique les lois de Soddy : égalité des sommes des A et des sommes des Z de chaque côté.
Identifie le noyau fils grâce à son Z (le tableau périodique est fourni dans l'énoncé si nécessaire).
Exemple
Le polonium 210 (Z=84) est radioactif α. On écrit 84210Po⟶ZAY+24He. Conservation de A : 210=A+4, donc A=206. Conservation de Z : 84=Z+2, donc Z=82 : c'est le plomb. D'où 84210Po⟶82206Pb+24He.
Méthode 2 : Calculer λ, τ et t1/2
Convertis la demi-vie dans l'unité demandée (en secondes si λ doit être en s−1) : 1h=3600s, 1jour=86400s.
Calcule λ=t1/2ln2.
Calcule τ=λ1=ln2t1/2 : c'est toujours un peu plus grand que t1/2 (environ 1,44 fois).
Exemple
Iode 131 : t1/2=8,0 jours =8,0×86400=6,91×105s. Alors λ=6,91×1050,693≈1,003×10−6s−1 et τ=λ1≈9,97×105s, soit environ 11,5 jours.
Méthode 3 : Calculer ce qui reste au bout d'une durée donnée
Calcule n=t1/2t.
Si n est entier, utilise N=2nN0 (ou a=2na0). Sinon, utilise N=N0e−λt, ou N=N0×2−n avec la calculatrice.
Pour trouver la durée qui amène à une fraction N0N donnée, résous t=ln2t1/2lnNN0.
Exemple
Technétium 99m : t1/2=6,0 h, a0=740MBq. Au bout de 24 h, n=4 et a=24740=46MBq. L'activité tombe à 1% de a0 quand t=ln26,0ln100≈39,9 h.
Méthode 4 : Passer de la masse au nombre de noyaux, puis à l'activité
Calcule N0=MmNA (masse en grammes, masse molaire en g.mol−1).
Calcule λ en s−1 (méthode 2).
Calcule l'activité a0=λN0 en becquerels.
Exemple
Une source contient 1,0mg de cobalt 60 (M=60g.mol−1, t1/2=5,27 ans). Alors N0=601,0×10−3×6,02×1023≈1,003×1019 noyaux. Avec t1/2=5,27×3,156×107=1,663×108s, on obtient λ=1,663×1080,693=4,17×10−9s−1 puis a0=λN0≈4,18×1010Bq.
Méthode 5 : Dater un échantillon
Repère la grandeur de référence N0 ou a0 (valeur pour un organisme vivant, quantité de père + fils, etc.) et la grandeur mesurée N ou a.
Calcule le rapport aa0 (ou NN0) : il doit être supérieur à 1.
Applique t=ln2t1/2lnaa0 en gardant la même unité de temps que t1/2.
Vérifie la cohérence : si a0a=0,50, l'âge doit être exactement t1/2 ; si a0a=0,25, il doit valoir 2t1/2.
Exemple
Un morceau de bois a une activité par gramme égale à 70% de celle du bois vivant. Alors t=ln25730ln0,701≈2,95×103 ans. On vérifie : 70% est compris entre 100% (t=0) et 50% (t=5730 ans).
Méthode 6 : Exploiter une série de mesures
Calcule lna (ou lnN) pour chaque mesure : comme lna=lna0−λt, tu dois obtenir des points alignés sur une droite.
Le coefficient directeur de cette droite vaut −λ. Calcule-le avec deux points éloignés : −λ=t2−t1lna2−lna1.
Déduis t1/2=λln2 et τ=λ1.
Sur une courbe a(t), tu peux aussi lire t1/2 : c'est la date où a=2a0.
Exemple
On mesure a=800Bq à t=0 puis a=200Bq à t=5,0 min. Alors −λ=5,0ln200−ln800=5,0−1,386=−0,277min−1, donc t1/2=0,2770,693=2,5 min. On retrouve que 800→200 correspond à deux demi-vies de 2,5 min.
Exercices corrigés
Exercice 1 : Lire un symbole nucléaire
Facile
On considère les noyaux 614C, 714N, 92235U, 92238U et 2760Co.
Donne, pour chaque noyau, le nombre de protons, de neutrons et de nucléons.
Parmi ces noyaux, lesquels sont des isotopes ? Justifie.
Un noyau de plomb contient 82 protons et 124 neutrons. Écris son symbole.
Voir le corrigé
1) Le nombre de protons est Z, le nombre de nucléons est A et le nombre de neutrons est N=A−Z.
Noyau
protons
neutrons
nucléons
614C
6
8
14
714N
7
7
14
92235U
92
143
235
92238U
92
146
238
2760Co
27
33
60
2) Les isotopes ont le même Z et des A différents. Seuls 92235U et 92238U ont le même nombre de protons (92) et des nombres de neutrons différents (143 et 146) : ce sont des isotopes de l'uranium. Le carbone 14 et l'azote 14 ont le même nombre de nucléons mais des Z différents : ce ne sont pas des isotopes.
Écris les équations des désintégrations suivantes en précisant à chaque fois le noyau fils (numéros atomiques : Th 90, Pa 91, Ni 28, Ne 10).
L'uranium 238 (92238U) est radioactif α.
Le cobalt 60 (2760Co) est radioactif β−.
Le sodium 22 (1122Na) est radioactif β+.
Identifie la particule X dans 90234Th⟶91234Pa+X et donne le type de radioactivité.
Voir le corrigé
1)92238U⟶ZAY+24He. Conservation de A : A=238−4=234. Conservation de Z : Z=92−2=90 : c'est le thorium.
92238U⟶90234Th+24He
2)2760Co⟶ZAY+−10e+νˉ. Conservation de A : A=60. Conservation de Z : 27=Z−1, donc Z=28 : c'est le nickel.
2760Co⟶2860Ni+−10e+νˉ
3)1122Na⟶ZAY++10e+ν. Conservation de A : A=22. Conservation de Z : 11=Z+1, donc Z=10 : c'est le néon.
1122Na⟶1022Ne++10e+ν
4) On note X =ZAX. Conservation de A : 234=234+A, donc A=0. Conservation de Z : 90=91+Z, donc Z=−1. La particule est un électron −10e (accompagné d'un antineutrino) : la radioactivité est de type β−.
Le technétium 99m est un émetteur γ de demi-vie t1/2=6,0h. À 8 h 00, une préparation destinée à un examen a une activité a0=740MBq.
Calcule la constante radioactive λ en s−1, puis la constante de temps τ en heures.
Calcule l'activité de la préparation à 14 h 00, à 20 h 00, puis à 8 h 00 le lendemain.
À quelle heure l'activité devient-elle égale au dixième de a0 ?
Pourquoi choisit-on, pour un examen médical, un noyau de demi-vie courte ?
Voir le corrigé
1)t1/2=6,0×3600=2,16×104s, donc λ=t1/2ln2=2,16×1040,693≈3,21×10−5s−1. La constante de temps vaut τ=ln2t1/2=0,6936,0≈8,66h.
2) De 8 h à 14 h, il s'écoule 6,0 h =1t1/2 : a=2740=370MBq. À 20 h, 12 h =2t1/2 : a=4740=185MBq. Le lendemain à 8 h, 24 h =4t1/2 : a=16740≈46MBq.
3) On veut a=10a0, soit e−λt=101 et t=λln10=ln2t1/2ln10=6,0×3,32≈19,9h. Cela correspond à environ 19 h 56 min après 8 h 00, soit vers 3 h 56 le lendemain.
4) Avec une demi-vie courte, l'activité diminue vite : le patient n'est irradié que pendant quelques heures et la source ne reste pas dangereuse longtemps. Il faut cependant une demi-vie assez longue pour avoir le temps de préparer le produit et de réaliser l'examen.
Une source de radiothérapie contient une masse m=1,0mg de cobalt 60 (2760Co), de masse molaire M=60g.mol−1 et de demi-vie t1/2=5,27 ans. Données : NA=6,02×1023mol−1 ; 1an=3,156×107s.
Calcule le nombre N0 de noyaux de cobalt 60 de la source.
Calcule la constante radioactive λ en s−1, puis l'activité initiale a0.
Calcule l'activité de la source 10 ans plus tard.
Au bout de combien de temps l'activité est-elle divisée par 10 ?
Dans un foyer préhistorique, on trouve un morceau de charbon de bois assimilé à 2,5g de carbone. Un compteur y mesure 21,2 désintégrations par minute. Dans du bois vivant, l'activité du carbone 14 est de 13,6 désintégrations par minute et par gramme de carbone. La demi-vie du carbone 14 est t1/2=5730 ans.
Écris l'équation de désintégration du carbone 14 (radioactivité β−, numéro atomique de l'azote : 7).
Calcule l'activité par gramme de l'échantillon, puis le rapport a0a.
Déduis l'âge de l'échantillon.
Quelle activité par gramme aurait un échantillon âgé de deux demi-vies ?
Voir le corrigé
1)614C⟶714N+−10e+νˉ.
2) Activité par gramme : a=2,521,2=8,48 désintégrations par minute et par gramme. Le rapport vaut a0a=13,68,48≈0,624.
3)t=ln2t1/2lnaa0=0,6935730ln8,4813,6=8267×0,472≈3,90×103 ans. Cohérence : 0,624 est compris entre 1 et 0,5, donc l'âge est inférieur à 5730 ans.
4) Après deux demi-vies, l'activité est divisée par 4 : 413,6=3,4 désintégrations par minute et par gramme (échantillon âgé de 2×5730=11460 ans).
Un compteur mesure l'activité a d'un échantillon de baryum 137m (noyau excité émetteur γ) à des dates t régulières :
t (min)
0
2
4
6
8
10
a (Bq)
4000
2323
1349
783
455
264
Calcule les rapports a(0)a(2), a(2)a(4) et a(4)a(6). Que constates-tu ?
Montre que lna est une fonction affine de t. Quel est son coefficient directeur ?
Calcule lna pour t=0 et t=10 min, puis déduis λ (en min−1), t1/2 et τ.
À quelle date l'activité vaut-elle 1000Bq ?
Voir le corrigé
1)40002323≈0,581 ; 23231349≈0,581 ; 1349783≈0,580. Les rapports sont égaux : pendant des durées égales (2 min), l'activité est multipliée par le même facteur. C'est la signature d'une décroissance exponentielle.
2) Comme a(t)=a0e−λt, on a lna=lna0−λt. C'est une fonction affine de t, de coefficient directeur −λ et d'ordonnée à l'origine lna0.
3)ln4000=8,294 et ln264=5,576. Le coefficient directeur vaut 10−05,576−8,294=−0,2718min−1, donc λ≈0,272min−1. Alors t1/2=λln2=0,27180,693≈2,55 min et τ=λ1≈3,68 min.
4)a=1000Bq donne e−λt=40001000=41, donc t=λln4=0,27181,386≈5,10 min. Cette valeur est bien comprise entre 4 min (1349Bq) et 6 min (783Bq).
Le cobalt 60 (2760Co) se désintègre par radioactivité β− en nickel 60 (2860Ni), formé dans un état excité. Les niveaux d'énergie du noyau de nickel 60 sont : E0=0 (état fondamental), E1=1,33MeV et E2=2,50MeV. Le nickel est formé au niveau E2, puis revient à l'état fondamental en deux étapes en émettant deux photons γ.
Écris l'équation de désintégration du cobalt 60 qui donne le nickel dans l'état excité 2860Ni∗.
Explique l'origine du rayonnement γ.
Calcule l'énergie de chacun des deux photons émis.
Calcule leurs longueurs d'onde λγ (à ne pas confondre avec la constante radioactive) et compare-les à celle d'un photon de lumière visible, de longueur d'onde 600nm.
Voir le corrigé
1)2760Co⟶2860Ni∗+−10e+νˉ : le nombre de nucléons est conservé (60=60) et 27=28−1.
2) Après la désintégration β−, le noyau fils possède un excès d'énergie. Il revient à un niveau d'énergie plus bas en émettant un photon γ, qui emporte la différence d'énergie entre les deux niveaux.
L'uranium 238 (92238U) est le premier noyau d'une famille radioactive : une suite de désintégrations α et β− aboutit au plomb 206 stable (82206Pb). Numéros atomiques : Th 90, Pa 91, Ra 88, Rn 86.
On note x le nombre de désintégrations α et y le nombre de désintégrations β− de la suite. Écris le bilan global 92238U⟶82206Pb+x24He+y−10e et détermine x et y.
La suite commence par une désintégration α, puis deux désintégrations β−. Écris ces trois équations.
Plus loin dans la famille, le radium 226 donne par radioactivité α le radon 222, un gaz de demi-vie 3,8 jours. Écris l'équation correspondante. Dans une cave fermée où plus aucun radon n'est produit, l'activité par mètre cube d'air vaut 400Bq.m−3. Au bout de combien de jours vaut-elle 100Bq.m−3 ?
Le rayonnement α est très peu pénétrant. Pourquoi le radon inhalé est-il pourtant dangereux ?
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1) Conservation de A : 238=206+4x, donc x=432=8. Conservation de Z : 92=82+2x−y, donc y=82+16−92=6. La suite comporte donc 8 désintégrations α et 6 désintégrations β−.
2) Première étape (α) : 92238U⟶90234Th+24He. Deuxième étape (β−) : 90234Th⟶91234Pa+−10e+νˉ. Troisième étape (β−) : 91234Pa⟶92234U+−10e+νˉ. On retrouve un isotope de l'uranium, de nombre de nucléons 234.
3)88226Ra⟶86222Rn+24He. L'activité passe de 400 à 100Bq.m−3 : elle est divisée par 4=22, ce qui correspond à 2 demi-vies, soit 2×3,8=7,6 jours.
4) Lorsque le radon est inhalé, il se désintègre à l'intérieur des poumons : les particules α sont alors émises au contact direct des cellules, sans aucun écran. Très ionisantes, elles peuvent les endommager.
L'iode 131 (53131I) est utilisé pour traiter certaines maladies de la thyroïde. Il est radioactif β−. Données : demi-vie t1/2=8,0 jours ; M(I)=131g.mol−1 ; NA=6,02×1023mol−1 ; numéros atomiques : Te 52, I 53, Xe 54, Cs 55.
Donne la composition du noyau d'iode 131.
Écris l'équation de désintégration de l'iode 131 et identifie le noyau fils.
Le noyau fils est formé dans un état excité. Écris l'équation de sa désexcitation.
Définis la demi-vie, puis calcule la constante radioactive λ de l'iode 131 en s−1.
Un patient avale une gélule d'activité a0=3,7×108Bq. Calcule le nombre N0 de noyaux d'iode 131 qu'elle contient, puis la masse correspondante.
On suppose que l'iode n'est pas éliminé par l'organisme. Calcule l'activité 24 jours après l'ingestion, puis la durée au bout de laquelle elle atteint 5,0% de a0.
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1) Le noyau contient Z=53 protons et N=A−Z=131−53=78 neutrons, soit 131 nucléons.
2)53131I⟶ZAY+−10e+νˉ. Conservation de A : A=131. Conservation de Z : 53=Z−1, donc Z=54 : c'est le xénon.
53131I⟶54131Xe∗+−10e+νˉ
3)54131Xe∗⟶54131Xe+γ.
4) La demi-vie est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initialement présents s'est désintégrée. On convertit : t1/2=8,0×86400=6,912×105s. Alors λ=t1/2ln2=6,912×1050,6931≈1,003×10−6s−1.
5)a0=λN0 donne N0=λa0=1,003×10−63,7×108≈3,69×1014 noyaux. La masse est m=NAN0M=6,02×10233,69×1014×131≈8,03×10−8g, soit environ 0,080μg : une quantité minuscule suffit.
6)24 jours =3t1/2, donc a=23a0=83,7×108≈4,6×107Bq. Pour a0a=0,050=201, on a t=λln20=1,003×10−62,996≈2,99×106s, soit 864002,99×106≈34,6 jours.
Une roche s'est formée sans contenir de plomb 206. Avec le temps, l'uranium 238 qu'elle contient se transforme en plomb 206 par une suite de désintégrations dont on néglige les noyaux intermédiaires (leurs durées de vie sont très courtes devant celle de l'uranium 238). On admet que la roche n'échange rien avec l'extérieur. Données : demi-vie de l'uranium 238, t1/2=4,47×109 ans ; M(U)=238g.mol−1 ; M(Pb)=206g.mol−1 ; NA=6,02×1023mol−1 ; demi-vie du carbone 14 : 5730 ans.
Écris la loi de décroissance du nombre NU(t) de noyaux d'uranium 238 et retrouve la relation entre t1/2 et la constante radioactive λ.
Montre que NPb(t)=NU(0)−NU(t), puis que l'âge de la roche est t=ln2t1/2ln(1+NUNPb).
Un échantillon de cette roche contient aujourd'hui 1,50g d'uranium 238 et 0,20g de plomb 206. Calcule les nombres NU et NPb, puis l'âge de la roche.
Pourquoi le carbone 14 ne convient-il pas pour dater cette roche ?
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1) La loi de décroissance est NU(t)=NU(0)e−λt. À t=t1/2, NU=2NU(0), donc e−λt1/2=21, soit −λt1/2=−ln2 et t1/2=λln2.
2) À la formation, il n'y a pas de plomb. Chaque noyau d'uranium 238 désintégré a donné un noyau de plomb 206 et aucun noyau ne sort de la roche : NPb(t)=NU(0)−NU(t). Donc NU(0)=NU(t)+NPb(t). La loi de décroissance s'écrit NU(0)NU(t)=e−λt, soit NUNU+NPb=eλt. On en tire λt=ln(1+NUNPb) et, avec λ=t1/2ln2 :
t=ln2t1/2ln(1+NUNPb)
3)NU=2381,50×6,02×1023≈3,79×1021 et NPb=2060,20×6,02×1023≈5,84×1020. Le rapport vaut NUNPb≈0,154. Alors :
La roche a donc environ 9,2×108 ans, soit un peu moins d'un milliard d'années.
4) Cet âge représente 57309,24×108≈1,6×105 demi-vies du carbone 14 : il n'en resterait plus rien de mesurable. De plus, une roche ne contient pas de carbone 14 issu des échanges avec le vivant. Il faut un noyau de demi-vie comparable à la durée à mesurer, comme l'uranium 238.
Inverser le sens des variations de Z. Pour une désintégration β−, Zaugmente de 1 ; pour β+, il diminue de 1 ; pour α, A diminue de 4 et Z de 2. Vérifie toujours avec les lois de Soddy.
Écrire le positon comme un électron. L'électron est −10e, le positon +10e. Et le positon n'est pas le proton 11p.
Croire qu'après deux demi-vies, il ne reste plus rien. Après deux demi-vies il reste 41 des noyaux, pas zéro ; il en reste encore 81 après trois demi-vies.
Confondre τ et t1/2. On a τ=λ1 et t1/2=τln2≈0,69τ. À t=τ, il reste 37% des noyaux et non 50%.
Oublier les conversions d'unités.λ en s−1 exige t1/2 en secondes (jours ×86400 ; années ×3,156×107). Dans e−λt, λ et t doivent être dans des unités compatibles.
Écrire N(t)=N0e+λt. Le signe est négatif : N décroît. De même, lnNN0 est positif ; si tu trouves une durée négative, tu as inversé le rapport.
Confondre activité et nombre de noyaux.a=λN : l'activité se mesure en Bq, le nombre de noyaux est un nombre sans unité. Les deux décroissent proportionnellement.
Penser que la demi-vie dépend des conditions. Elle ne dépend ni de la température, ni de la pression, ni de la quantité de matière : elle est propre au nucléide.
À retenir
Le noyau ZAX contient Z protons et N=A−Z neutrons ; des isotopes ont le même Z et des A différents.
La radioactivité est spontanée, aléatoire et indépendante des conditions extérieures ; les lois de Soddy imposent la conservation de A et de Z.
α : 24He émis, A diminue de 4 et Z de 2 ; β− : électron émis, Z augmente de 1 ; β+ : positon émis, Z diminue de 1 ; γ : désexcitation du noyau fils, A et Z inchangés.
Loi de décroissance : N(t)=N0e−λt ; constante de temps τ=λ1 ; demi-vie t1/2=λln2.
Après n demi-vies, il reste 2nN0 noyaux ; l'activité suit la même loi.
Activité : a(t)=−dtdN=λN(t)=a0e−λt, en becquerels (1Bq=1s−1).
Nombre de noyaux d'un échantillon : N=MmNA.
Datation : t=ln2t1/2lnNN0=ln2t1/2lnaa0 ; le carbone 14 (t1/2=5730 ans) date les restes d'êtres vivants jusqu'à environ 50000 ans.
Les rayonnements sont ionisants : on se protège par la distance, le temps d'exposition et des écrans adaptés.