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    2e Bac Sciences physiques (PC)

    Noyaux, masse et énergie

    Cours Noyaux, masse et énergie 2e Bac PC : défaut de masse, énergie de liaison, courbe d'Aston, fission, fusion, 10 exercices corrigés et QCM.

    Prérequis : Décroissance radioactive (lois de Soddy), énergie cinétique, conversions d'unités

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    En bref

    Niveau
    2e Bac Sciences physiques (PC)
    Matière
    Physique-Chimie
    Contenu
    cours, méthodes, 10 exercices corrigés, QCM de 8 questions
    Durée
    55 min
    Prérequis
    Décroissance radioactive (lois de Soddy), énergie cinétique, conversions d'unités
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    Licence
    contenu original 9raya, gratuit, CC BY-NC-SA 4.0.

    L'essentiel

    1. L'équivalence masse-énergie

    Au début du XXe siècle, Einstein a montré que la masse est une forme d'énergie. Au programme, on utilise uniquement la relation suivante.

    Théorème(Relation d'Einstein)

    Un système de masse mm, au repos, possède une énergie de masse E=m c2E = m\,c^2, où c=3,00×108 m.s−1c = 3{,}00 \times 10^{8}\,\text{m.s}^{-1} est la célérité de la lumière dans le vide. Quand la masse du système varie de Δm\Delta m, son énergie varie de ΔE=Δm c2\Delta E = \Delta m\,c^2.

    Exemple

    Un gramme de matière a une énergie de masse E=1×10−3×(3,00×108)2=9×1013 JE = 1 \times 10^{-3} \times (3{,}00 \times 10^{8})^{2} = 9 \times 10^{13}\,\text{J}. Une toute petite variation de masse correspond donc à une énergie très grande à l'échelle humaine.

    À l'échelle du noyau, les unités du SI sont peu pratiques. On utilise :

    GrandeurUnité usuelleRelation avec le SI
    masseunité de masse atomique u\text{u} (le douzième de la masse d'un atome de carbone 12)1 u=1,66×10−27 kg1\,\text{u} = 1{,}66 \times 10^{-27}\,\text{kg}
    énergieélectronvolt (eV) et mégaélectronvolt (MeV)1 eV=1,60×10−19 J1\,\text{eV} = 1{,}60 \times 10^{-19}\,\text{J} ; 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J}
    équivalence1 u=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2}

    Grâce à la dernière ligne, une masse de xx unités u correspond à une énergie de 931,5 x931{,}5\,x MeV, sans passer par les kilogrammes ni les joules. Pour passer du MeV au joule, on multiplie par 1,60×10−131{,}60 \times 10^{-13}.

    Exemple

    Une variation de masse de 0,0305 u0{,}0305\,\text{u} correspond à une énergie 0,0305×931,5≈28,4 MeV0{,}0305 \times 931{,}5 \approx 28{,}4\,\text{MeV}, soit 28,4×1,60×10−13≈4,5×10−12 J28{,}4 \times 1{,}60 \times 10^{-13} \approx 4{,}5 \times 10^{-12}\,\text{J}.

    Remarque

    Si tu fais le calcul en passant par les kilogrammes et c=3,00×108 m.s−1c = 3{,}00 \times 10^{8}\,\text{m.s}^{-1}, tu trouves une énergie un peu différente (moins de 0,3 %0{,}3\,\% d'écart) à cause de l'arrondi des constantes. Respecte toujours les données de l'énoncé. La théorie de la relativité restreinte dans son ensemble est hors programme.

    Les masses des particules, données dans les énoncés, valent environ : proton mp=1,00728 um_p = 1{,}00728\,\text{u}, neutron mn=1,00866 um_n = 1{,}00866\,\text{u}, électron (ou positon) me=0,00055 um_e = 0{,}00055\,\text{u}.

    2. Défaut de masse et énergie de liaison

    La masse d'un noyau stable est inférieure à la somme des masses de ses nucléons pris séparément et au repos.

    Définition

    Le défaut de masse d'un noyau ZAX{}^{A}_{Z}\text{X} est la différence entre la somme des masses de ses nucléons isolés et la masse du noyau :

    Δm=Z mp+(A−Z) mn−m(ZAX)\Delta m = Z\,m_p + (A - Z)\,m_n - m\left({}^{A}_{Z}\text{X}\right)

    Il est toujours positif pour un noyau stable.

    Définition

    L'énergie de liaison EℓE_\ell d'un noyau est l'énergie qu'il faut fournir au noyau, au repos, pour le dissocier en ses nucléons isolés et au repos :

    Eℓ=Δm c2E_\ell = \Delta m\,c^2

    L'énergie de liaison par nucléon est le quotient EℓA\dfrac{E_\ell}{A}, exprimé en MeV par nucléon.

    On peut le comprendre avec deux niveaux d'énergie. Les nucléons séparés et au repos ont l'énergie de masse E1=[Z mp+(A−Z) mn]c2E_1 = \left[Z\,m_p + (A - Z)\,m_n\right]c^2. Le noyau au repos a l'énergie E2=m(X) c2=E1−EℓE_2 = m(\text{X})\,c^2 = E_1 - E_\ell, plus basse. Quand les nucléons s'assemblent, le système libère l'énergie EℓE_\ell (sous forme de rayonnement) ; pour casser le noyau, il faut la lui rendre.

    Exemple

    Noyau d'hélium 24He{}^{4}_{2}\text{He} avec m=4,00151 um = 4{,}00151\,\text{u} : Δm=2×1,00728+2×1,00866−4,00151=0,03037 u\Delta m = 2 \times 1{,}00728 + 2 \times 1{,}00866 - 4{,}00151 = 0{,}03037\,\text{u}. Alors Eℓ=0,03037×931,5≈28,3 MeVE_\ell = 0{,}03037 \times 931{,}5 \approx 28{,}3\,\text{MeV} et EℓA=28,34≈7,07 MeV/nucleˊon\dfrac{E_\ell}{A} = \dfrac{28{,}3}{4} \approx 7{,}07\,\text{MeV/nucléon}.

    Attention

    Dans tous les calculs, m(X)m(\text{X}) est la masse du noyau et non celle de l'atome (qui comprend aussi les ZZ électrons). Vérifie ce que l'énoncé te donne.

    3. Stabilité d'un noyau et courbe d'Aston

    Plus l'énergie de liaison par nucléon est grande, plus il est difficile d'arracher un nucléon au noyau : le noyau est plus stable. On compare donc des noyaux avec EℓA\dfrac{E_\ell}{A}, jamais avec EℓE_\ell seule (un noyau lourd a une grande énergie de liaison simplement parce qu'il a beaucoup de nucléons).

    NoyauAAEℓA\dfrac{E_\ell}{A} (MeV/nucléon)
    12H{}^{2}_{1}\text{H}221,111{,}11
    24He{}^{4}_{2}\text{He}447,077{,}07
    612C{}^{12}_{6}\text{C}12127,687{,}68
    816O{}^{16}_{8}\text{O}16167,987{,}98
    2656Fe{}^{56}_{26}\text{Fe}56568,798{,}79
    92235U{}^{235}_{92}\text{U}2352357,597{,}59
    92238U{}^{238}_{92}\text{U}2382387,577{,}57

    Définition

    La courbe d'Aston représente l'opposé de l'énergie de liaison par nucléon, −EℓA-\dfrac{E_\ell}{A}, en fonction du nombre de nucléons AA. On trace −EℓA-\dfrac{E_\ell}{A} pour que la courbe forme une « vallée » : plus un noyau est bas sur la courbe, plus il est stable.

    Voici comment lire cette courbe (tu peux la tracer à partir du tableau) :

    • Pour AA petit (environ A<20A < 20), −EℓA-\dfrac{E_\ell}{A} décroît rapidement : l'énergie de liaison par nucléon augmente vite avec AA. Ces noyaux légers sont peu liés.
    • Pour 20≲A≲19020 \lesssim A \lesssim 190, la courbe est plate, proche de −8-8 à −8,8 MeV/nucleˊon-8{,}8\,\text{MeV/nucléon}, avec un minimum vers A≈56A \approx 56 (fer) : ce sont les noyaux les plus stables.
    • Pour AA grand (environ A>190A > 190), la courbe remonte lentement : les noyaux lourds sont un peu moins liés que ceux du milieu.

    Propriété

    Une transformation qui fait passer d'un ou plusieurs noyaux à des noyaux situés plus bas sur la courbe d'Aston libère de l'énergie. C'est possible pour la fusion de noyaux légers (A<20A < 20) et pour la fission de noyaux lourds (A>190A > 190).

    Remarque

    Les valeurs 2020 et 190190 sont des ordres de grandeur couramment utilisés, pas des limites exactes.

    4. Bilan de masse et d'énergie d'une réaction nucléaire

    Une réaction nucléaire est soit une désintégration spontanée (chapitre précédent), soit une réaction provoquée (fission, fusion, bombardement d'un noyau). Elle respecte les lois de Soddy (conservation de AA et de ZZ) et la conservation de l'énergie, énergie de masse comprise.

    Définition

    Pour une réaction nucléaire, on appelle variation de masse Δm=∑mproduits−∑mreˊactifs\Delta m = \sum m_{\text{produits}} - \sum m_{\text{réactifs}}. La variation d'énergie correspondante est :

    ΔE=Δm c2=[∑mproduits−∑mreˊactifs]c2\Delta E = \Delta m\,c^2 = \left[\sum m_{\text{produits}} - \sum m_{\text{réactifs}}\right]c^2
    Signe de ΔE\Delta EInterprétation
    ΔE<0\Delta E < 0 (masse des produits plus petite)la réaction libère l'énergie Elib=∣ΔE∣E_{\text{lib}} = \lvert\Delta E\rvert
    ΔE>0\Delta E > 0 (masse des produits plus grande)il faut fournir l'énergie ΔE\Delta E pour que la réaction ait lieu

    Attention

    Ici, Δm\Delta m est une différence « produits moins réactifs » : elle est négative quand la réaction libère de l'énergie. Ne la confonds pas avec le défaut de masse d'un noyau, qui est positif.

    L'énergie libérée apparaît sous forme d'énergie cinétique des produits, éventuellement d'énergie d'un photon γ\gamma, et finalement d'énergie thermique dans la matière environnante.

    Propriété

    Quand tous les produits et réactifs sont des noyaux ou des nucléons (sans électrons ni positons), on peut aussi calculer l'énergie à partir des énergies de liaison :

    ΔE=∑Eℓ(reˊactifs)−∑Eℓ(produits)doncElib=∑Eℓ(produits)−∑Eℓ(reˊactifs)\Delta E = \sum E_\ell(\text{réactifs}) - \sum E_\ell(\text{produits}) \qquad \text{donc} \qquad E_{\text{lib}} = \sum E_\ell(\text{produits}) - \sum E_\ell(\text{réactifs})

    Un neutron ou un proton isolé a une énergie de liaison nulle.

    En effet, chaque masse de noyau s'écrit m(X) c2=[masse des nucleˊons] c2−Eℓm(\text{X})\,c^2 = [\text{masse des nucléons}]\,c^2 - E_\ell ; comme AA et ZZ sont conservés, les nucléons de chaque côté sont les mêmes et seuls les EℓE_\ell restent.

    Pour une désintégration radioactive ZAX→Z′A′Y+24He{}^{A}_{Z}\text{X} \to {}^{A'}_{Z'}\text{Y} + {}^{4}_{2}\text{He}, avec le noyau père au repos, l'énergie libérée est Elib=[m(X)−m(Y)−m(24He)]c2E_{\text{lib}} = \left[m(\text{X}) - m(\text{Y}) - m({}^{4}_{2}\text{He})\right]c^2. Elle est partagée entre l'énergie cinétique de la particule α\alpha, celle du noyau fils et, éventuellement, celle d'un photon γ\gamma.

    5. La fission nucléaire

    Définition

    La fission est une réaction nucléaire provoquée au cours de laquelle un noyau lourd, frappé par un neutron lent, se scinde en deux noyaux plus légers (appelés fragments) et libère quelques neutrons et de l'énergie.

    Le noyau d'uranium 235 est fissile : il se casse sous l'impact d'un neutron lent. Un exemple de réaction parmi beaucoup d'autres possibles :

    01n+92235U⟶3894Sr+54140Xe+2 01n{}^{1}_{0}\text{n} + {}^{235}_{92}\text{U} \longrightarrow {}^{94}_{38}\text{Sr} + {}^{140}_{54}\text{Xe} + 2\,{}^{1}_{0}\text{n}

    On vérifie les lois de Soddy : 1+235=94+140+2=2361 + 235 = 94 + 140 + 2 = 236 et 92=38+5492 = 38 + 54. L'énergie libérée est de l'ordre de 200 MeV200\,\text{MeV} par noyau d'uranium fissionné, contre quelques eV par atome pour une réaction chimique de combustion.

    Les neutrons produits peuvent à leur tour provoquer d'autres fissions : c'est la réaction en chaîne. Elle est :

    • non contrôlée dans une arme nucléaire ;
    • contrôlée dans un réacteur : des barres de contrôle absorbent des neutrons et un modérateur (par exemple l'eau) ralentit les neutrons pour qu'ils soient efficaces.

    Dans une centrale nucléaire, l'énergie libérée chauffe de l'eau ; la vapeur fait tourner une turbine qui entraîne un alternateur. Avantage : pas d'émission de dioxyde de carbone pendant le fonctionnement. Inconvénients : déchets radioactifs à longue durée de vie et risque d'accident.

    6. La fusion nucléaire

    Définition

    La fusion est une réaction nucléaire provoquée au cours de laquelle deux noyaux légers s'unissent pour former un noyau plus lourd, avec libération d'énergie.

    Exemple : la fusion du deutérium et du tritium, deux isotopes de l'hydrogène.

    12H+13H⟶24He+01nElib≈17,6 MeV{}^{2}_{1}\text{H} + {}^{3}_{1}\text{H} \longrightarrow {}^{4}_{2}\text{He} + {}^{1}_{0}\text{n} \qquad E_{\text{lib}} \approx 17{,}6\,\text{MeV}

    Les deux noyaux sont chargés positivement : ils se repoussent. Pour qu'ils s'approchent assez près pour que l'interaction forte agisse, il faut une température très élevée (de l'ordre de 108 K10^{8}\,\text{K} pour le mélange deutérium-tritium) : la matière est alors un plasma, qu'on doit confiner. Cette condition est réalisée naturellement au cœur des étoiles. Au cœur du Soleil (environ 1,5×107 K1{,}5 \times 10^{7}\,\text{K}), des noyaux d'hydrogène fusionnent en hélium ; le bilan s'écrit :

    4 11H⟶24He+2 +10e+2 ν4\,{}^{1}_{1}\text{H} \longrightarrow {}^{4}_{2}\text{He} + 2\,{}^{0}_{+1}\text{e} + 2\,\nu

    La fusion contrôlée sur Terre est encore à l'étude (par exemple dans le projet international ITER). Avantages attendus : combustible abondant (le deutérium est présent dans l'eau de mer), pas de réaction en chaîne, peu de déchets à longue durée de vie. Difficultés : maintenir un plasma à plusieurs dizaines ou centaines de millions de degrés.

    Remarque

    Le détail des enchaînements de réactions qui se produisent dans le Soleil est hors programme. Retiens seulement le bilan et l'ordre de grandeur des énergies.

    7. Fission et fusion : comparaison

    FissionFusion
    Noyaux concernéslourds (A>190A > 190)légers (A<20A < 20)
    Principeun noyau lourd, touché par un neutron lent, donne deux noyaux plus légersdeux noyaux légers donnent un noyau plus lourd
    Conditionneutrons lents (réaction en chaîne possible)température de l'ordre de 10710^{7} à 108 K10^{8}\,\text{K}
    Énergie par réactionenviron 200 MeV200\,\text{MeV}quelques MeV (17,6 MeV17{,}6\,\text{MeV} pour deutérium-tritium)
    Énergie par nucléonenviron 0,8 MeV0{,}8\,\text{MeV}environ 3,5 MeV3{,}5\,\text{MeV} (deutérium-tritium)
    Exemplescentrales nucléairesSoleil et étoiles

    8. Du noyau à l'échelle macroscopique

    Pour passer d'une réaction à une installation, on multiplie. Si une réaction libère l'énergie ElibE_{\text{lib}} et si nn réactions ont lieu, l'énergie totale est E=n ElibE = n\,E_{\text{lib}}. Le nombre de noyaux dans une masse mm de combustible est N=mMNAN = \dfrac{m}{M}N_A. Pendant une durée Δt\Delta t, la puissance vaut P=EΔtP = \dfrac{E}{\Delta t}. Pour une centrale, le rendement η=PeˊlectriquePthermique\eta = \dfrac{P_{\text{électrique}}}{P_{\text{thermique}}} est inférieur à 11. Enfin, un système qui rayonne la puissance PP perd de la masse à raison de ΔmΔt=Pc2\dfrac{\Delta m}{\Delta t} = \dfrac{P}{c^2} : c'est le cas du Soleil.

    Méthodes

    Méthode 1 : Calculer un défaut de masse et une énergie de liaison

    1. Compte les protons ZZ et les neutrons A−ZA - Z du noyau.
    2. Calcule Δm=Z mp+(A−Z) mn−m(noyau)\Delta m = Z\,m_p + (A - Z)\,m_n - m(\text{noyau}) avec toutes les décimales fournies, en u.
    3. Convertis : Eℓ=Δm×931,5E_\ell = \Delta m \times 931{,}5 en MeV, puis éventuellement en joules (× 1,60×10−13\times\, 1{,}60 \times 10^{-13}).
    4. Divise par AA pour obtenir EℓA\dfrac{E_\ell}{A}.

    Exemple

    Tritium 13H{}^{3}_{1}\text{H} : m=3,01550 um = 3{,}01550\,\text{u}, Z=1Z = 1 et N=2N = 2. Δm=1,00728+2×1,00866−3,01550=0,00910 u\Delta m = 1{,}00728 + 2 \times 1{,}00866 - 3{,}01550 = 0{,}00910\,\text{u}. Eℓ=0,00910×931,5≈8,48 MeVE_\ell = 0{,}00910 \times 931{,}5 \approx 8{,}48\,\text{MeV} et EℓA≈2,83 MeV/nucleˊon\dfrac{E_\ell}{A} \approx 2{,}83\,\text{MeV/nucléon}.

    Méthode 2 : Comparer la stabilité de deux noyaux

    1. Calcule (ou lis dans l'énoncé) EℓA\dfrac{E_\ell}{A} pour chaque noyau.
    2. Le noyau de plus grande valeur de EℓA\dfrac{E_\ell}{A} est le plus stable.
    3. Ne compare jamais directement les EℓE_\ell de noyaux qui n'ont pas le même nombre de nucléons.

    Exemple

    Fer 56 : Eℓ=56×8,79≈492 MeVE_\ell = 56 \times 8{,}79 \approx 492\,\text{MeV}. Uranium 235 : Eℓ=235×7,59≈1784 MeVE_\ell = 235 \times 7{,}59 \approx 1784\,\text{MeV}. L'uranium a la plus grande énergie de liaison, mais 8,79>7,598{,}79 > 7{,}59 : c'est le fer qui est le plus stable.

    Méthode 3 : Équilibrer une réaction nucléaire provoquée

    1. Écris la réaction avec l'inconnue ZAX{}^{A}_{Z}\text{X} (ou un coefficient inconnu devant les neutrons).
    2. Écris la conservation de AA, puis de ZZ, avec les coefficients stœchiométriques.
    3. Identifie l'inconnue grâce à ZZ et reconnais le type de réaction : un noyau lourd qui se casse (fission), deux noyaux légers qui s'unissent (fusion).

    Exemple

    01n+92235U⟶54139Xe+ZASr+3 01n{}^{1}_{0}\text{n} + {}^{235}_{92}\text{U} \longrightarrow {}^{139}_{54}\text{Xe} + {}^{A}_{Z}\text{Sr} + 3\,{}^{1}_{0}\text{n}. Conservation de AA : 1+235=139+A+31 + 235 = 139 + A + 3, donc A=94A = 94. Conservation de ZZ : 92=54+Z92 = 54 + Z, donc Z=38Z = 38 : c'est bien le strontium 3894Sr{}^{94}_{38}\text{Sr}. Un noyau lourd est cassé par un neutron : c'est une fission.

    Méthode 4 : Faire le bilan énergétique d'une réaction

    1. Écris l'équation de la réaction en vérifiant AA et ZZ.
    2. Calcule Δm=∑mproduits−∑mreˊactifs\Delta m = \sum m_{\text{produits}} - \sum m_{\text{réactifs}} (compte les coefficients, et simplifie les neutrons présents des deux côtés).
    3. Calcule ΔE=Δm×931,5\Delta E = \Delta m \times 931{,}5 en MeV. Si ΔE<0\Delta E < 0, l'énergie libérée est Elib=∣ΔE∣E_{\text{lib}} = \lvert\Delta E\rvert.
    4. Convertis en joules si on te le demande.

    Exemple

    Désintégration α\alpha du polonium 210 : 84210Po→82206Pb+24He{}^{210}_{84}\text{Po} \to {}^{206}_{82}\text{Pb} + {}^{4}_{2}\text{He} avec les masses des noyaux m(Po)=209,93679 um(\text{Po}) = 209{,}93679\,\text{u}, m(Pb)=205,92948 um(\text{Pb}) = 205{,}92948\,\text{u}, m(He)=4,00151 um(\text{He}) = 4{,}00151\,\text{u}. Δm=205,92948+4,00151−209,93679=−0,00580 u\Delta m = 205{,}92948 + 4{,}00151 - 209{,}93679 = -0{,}00580\,\text{u}. Donc Elib=0,00580×931,5≈5,40 MeV≈8,64×10−13 JE_{\text{lib}} = 0{,}00580 \times 931{,}5 \approx 5{,}40\,\text{MeV} \approx 8{,}64 \times 10^{-13}\,\text{J}.

    Méthode 5 : Passer à l'échelle macroscopique

    1. Convertis l'énergie d'une réaction en joules.
    2. Nombre de réactions par seconde : n=PElibn = \dfrac{P}{E_{\text{lib}}} ; pour une masse donnée : N=mMNAN = \dfrac{m}{M}N_A.
    3. Énergie totale : E=N×ElibE = N \times E_{\text{lib}} ; masse consommée : m=NNAMm = \dfrac{N}{N_A}M.
    4. Si l'énoncé parle de rendement, convertis entre puissance thermique et puissance électrique avec η\eta.

    Exemple

    Un réacteur de puissance thermique 1,0 GW1{,}0\,\text{GW} fonctionne avec des fissions de 185 MeV=2,96×10−11 J185\,\text{MeV} = 2{,}96 \times 10^{-11}\,\text{J}. Nombre de fissions par seconde : n=1,0×1092,96×10−11≈3,4×1019 s−1n = \dfrac{1{,}0 \times 10^{9}}{2{,}96 \times 10^{-11}} \approx 3{,}4 \times 10^{19}\,\text{s}^{-1}. En un jour : 3,4×1019×86 400≈2,9×10243{,}4 \times 10^{19} \times 86\,400 \approx 2{,}9 \times 10^{24} fissions, soit une masse d'uranium 235 de 2,9×10246,02×1023×235≈1,1×103 g\dfrac{2{,}9 \times 10^{24}}{6{,}02 \times 10^{23}} \times 235 \approx 1{,}1 \times 10^{3}\,\text{g} : environ 1,11{,}1 kg par jour.

    Exercices corrigés

    Exercice 1 : Conversions d'unités

    Facile

    Données : c=3,00×108 m.s−1c = 3{,}00 \times 10^{8}\,\text{m.s}^{-1} ; 1 u=1,66×10−27 kg=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 1{,}66 \times 10^{-27}\,\text{kg} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2} ; 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J} ; masse de l'électron me=9,11×10−31 kgm_e = 9{,}11 \times 10^{-31}\,\text{kg}.

    1. Calcule en joules l'énergie de masse de 3,0 g3{,}0\,\text{g} de matière.
    2. Calcule l'énergie de masse d'un électron, en joules puis en MeV.
    3. Quelle masse, en kg puis en u, correspond à une énergie de 1,0 MeV1{,}0\,\text{MeV} ?
    4. Le noyau d'hélium 4 a pour masse 4,00151 u4{,}00151\,\text{u}. Exprime cette masse en kg et en MeV.c−2\text{MeV.c}^{-2}.
    Voir le corrigé

    1) m=3,0×10−3 kgm = 3{,}0 \times 10^{-3}\,\text{kg} donc E=mc2=3,0×10−3×(3,00×108)2=2,7×1014 JE = mc^2 = 3{,}0 \times 10^{-3} \times (3{,}00 \times 10^{8})^{2} = 2{,}7 \times 10^{14}\,\text{J}.

    2) E=mec2=9,11×10−31×9,00×1016≈8,20×10−14 JE = m_e c^2 = 9{,}11 \times 10^{-31} \times 9{,}00 \times 10^{16} \approx 8{,}20 \times 10^{-14}\,\text{J}. En MeV : 8,20×10−141,60×10−13≈0,51 MeV\dfrac{8{,}20 \times 10^{-14}}{1{,}60 \times 10^{-13}} \approx 0{,}51\,\text{MeV}.

    3) m=Ec2=1,0×1,60×10−139,00×1016≈1,78×10−30 kgm = \dfrac{E}{c^2} = \dfrac{1{,}0 \times 1{,}60 \times 10^{-13}}{9{,}00 \times 10^{16}} \approx 1{,}78 \times 10^{-30}\,\text{kg}. En u : 1,0931,5≈1,07×10−3 u\dfrac{1{,}0}{931{,}5} \approx 1{,}07 \times 10^{-3}\,\text{u}.

    4) 4,00151×1,66×10−27≈6,64×10−27 kg4{,}00151 \times 1{,}66 \times 10^{-27} \approx 6{,}64 \times 10^{-27}\,\text{kg} et 4,00151×931,5≈3,727×103 MeV.c−24{,}00151 \times 931{,}5 \approx 3{,}727 \times 10^{3}\,\text{MeV.c}^{-2}.

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    Exercice 2 : Énergie de liaison du carbone 12

    Facile

    Données : masse du noyau de carbone 12, m=11,99671 um = 11{,}99671\,\text{u} ; mp=1,00728 um_p = 1{,}00728\,\text{u} ; mn=1,00866 um_n = 1{,}00866\,\text{u} ; 1 u=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2} ; 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J}.

    1. Calcule le défaut de masse du noyau 612C{}^{12}_{6}\text{C}.
    2. Calcule son énergie de liaison en MeV puis en joules.
    3. Calcule son énergie de liaison par nucléon.
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    1) Le noyau contient 66 protons et 12−6=612 - 6 = 6 neutrons. Δm=6×1,00728+6×1,00866−11,99671=6,04368+6,05196−11,99671=0,09893 u\Delta m = 6 \times 1{,}00728 + 6 \times 1{,}00866 - 11{,}99671 = 6{,}04368 + 6{,}05196 - 11{,}99671 = 0{,}09893\,\text{u}.

    2) Eℓ=Δm×931,5=0,09893×931,5≈92,15 MeVE_\ell = \Delta m \times 931{,}5 = 0{,}09893 \times 931{,}5 \approx 92{,}15\,\text{MeV}. En joules : 92,15×1,60×10−13≈1,47×10−11 J92{,}15 \times 1{,}60 \times 10^{-13} \approx 1{,}47 \times 10^{-11}\,\text{J}.

    3) EℓA=92,1512≈7,68 MeV/nucleˊon\dfrac{E_\ell}{A} = \dfrac{92{,}15}{12} \approx 7{,}68\,\text{MeV/nucléon}.

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    Exercice 3 : Quel noyau est le plus stable ?

    Facile

    On donne les masses des noyaux : 816O{}^{16}_{8}\text{O} : 15,99052 u15{,}99052\,\text{u} ; 2656Fe{}^{56}_{26}\text{Fe} : 55,92067 u55{,}92067\,\text{u} ; 92238U{}^{238}_{92}\text{U} : 238,00032 u238{,}00032\,\text{u}. Autres données : mp=1,00728 um_p = 1{,}00728\,\text{u} ; mn=1,00866 um_n = 1{,}00866\,\text{u} ; 1 u=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2}.

    1. Calcule l'énergie de liaison et l'énergie de liaison par nucléon de chaque noyau.
    2. Classe ces noyaux du plus stable au moins stable.
    3. Quel noyau a la plus grande énergie de liaison ? Peut-on en conclure qu'il est le plus stable ?
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    1) On calcule Δm=Z mp+(A−Z) mn−m\Delta m = Z\,m_p + (A - Z)\,m_n - m puis Eℓ=931,5 ΔmE_\ell = 931{,}5\,\Delta m.

    • Oxygène 16 (Z=8Z = 8, N=8N = 8) : Δm=8×1,00728+8×1,00866−15,99052=0,13700 u\Delta m = 8 \times 1{,}00728 + 8 \times 1{,}00866 - 15{,}99052 = 0{,}13700\,\text{u}, donc Eℓ≈127,6 MeVE_\ell \approx 127{,}6\,\text{MeV} et EℓA=127,616≈7,98 MeV/nucleˊon\dfrac{E_\ell}{A} = \dfrac{127{,}6}{16} \approx 7{,}98\,\text{MeV/nucléon}.
    • Fer 56 (Z=26Z = 26, N=30N = 30) : Δm=26×1,00728+30×1,00866−55,92067=0,52841 u\Delta m = 26 \times 1{,}00728 + 30 \times 1{,}00866 - 55{,}92067 = 0{,}52841\,\text{u}, donc Eℓ≈492,2 MeVE_\ell \approx 492{,}2\,\text{MeV} et EℓA≈8,79 MeV/nucleˊon\dfrac{E_\ell}{A} \approx 8{,}79\,\text{MeV/nucléon}.
    • Uranium 238 (Z=92Z = 92, N=146N = 146) : Δm=92×1,00728+146×1,00866−238,00032=1,93380 u\Delta m = 92 \times 1{,}00728 + 146 \times 1{,}00866 - 238{,}00032 = 1{,}93380\,\text{u}, donc Eℓ≈1801,3 MeVE_\ell \approx 1801{,}3\,\text{MeV} et EℓA≈7,57 MeV/nucleˊon\dfrac{E_\ell}{A} \approx 7{,}57\,\text{MeV/nucléon}.

    2) Plus EℓA\dfrac{E_\ell}{A} est grande, plus le noyau est stable. Classement : fer 56 (8,798{,}79), oxygène 16 (7,987{,}98), uranium 238 (7,577{,}57).

    3) C'est l'uranium 238 qui a la plus grande énergie de liaison (1801,3 MeV1801{,}3\,\text{MeV}), mais seulement parce qu'il a 238238 nucléons. Il ne faut pas conclure : le critère de stabilité est EℓA\dfrac{E_\ell}{A}, et l'uranium est le moins stable des trois. Le fer 56 se situe au minimum de la courbe d'Aston.

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    Exercice 4 : Utiliser les énergies de liaison par nucléon

    Moyen

    On donne les énergies de liaison par nucléon de quelques noyaux :

    Noyau12H{}^{2}_{1}\text{H}13H{}^{3}_{1}\text{H}24He{}^{4}_{2}\text{He}92235U{}^{235}_{92}\text{U}3894Sr{}^{94}_{38}\text{Sr}54140Xe{}^{140}_{54}\text{Xe}
    EℓA\dfrac{E_\ell}{A} (MeV/nucléon)1,111{,}112,832{,}837,077{,}077,597{,}598,598{,}598,298{,}29
    1. Calcule l'énergie de liaison de chacun de ces noyaux.
    2. Écris l'équation de la fusion d'un noyau de deutérium 12H{}^{2}_{1}\text{H} et d'un noyau de tritium 13H{}^{3}_{1}\text{H} en hélium 4 et un neutron. Calcule l'énergie libérée à l'aide des énergies de liaison.
    3. Écris l'équation de la fission d'un noyau d'uranium 235 par un neutron en strontium 94, xénon 140 et neutrons. Calcule l'énergie libérée à l'aide des énergies de liaison.
    4. À l'aide de la courbe d'Aston, explique pourquoi ces deux réactions libèrent de l'énergie.
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    1) On multiplie par AA : 12H{}^{2}_{1}\text{H} : 2×1,11=2,22 MeV2 \times 1{,}11 = 2{,}22\,\text{MeV} ; 13H{}^{3}_{1}\text{H} : 3×2,83=8,49 MeV3 \times 2{,}83 = 8{,}49\,\text{MeV} ; 24He{}^{4}_{2}\text{He} : 4×7,07=28,28 MeV4 \times 7{,}07 = 28{,}28\,\text{MeV} ; 92235U{}^{235}_{92}\text{U} : 235×7,59≈1783,7 MeV235 \times 7{,}59 \approx 1783{,}7\,\text{MeV} ; 3894Sr{}^{94}_{38}\text{Sr} : 94×8,59≈807,5 MeV94 \times 8{,}59 \approx 807{,}5\,\text{MeV} ; 54140Xe{}^{140}_{54}\text{Xe} : 140×8,29≈1160,6 MeV140 \times 8{,}29 \approx 1160{,}6\,\text{MeV}.

    2) 12H+13H⟶24He+01n{}^{2}_{1}\text{H} + {}^{3}_{1}\text{H} \longrightarrow {}^{4}_{2}\text{He} + {}^{1}_{0}\text{n} (vérification : 2+3=4+12 + 3 = 4 + 1 et 1+1=2+01 + 1 = 2 + 0). Le neutron isolé a une énergie de liaison nulle. Donc :

    Elib=Eℓ(He)−[Eℓ(H-2)+Eℓ(H-3)]=28,28−(2,22+8,49)=17,57 MeVE_{\text{lib}} = E_\ell(\text{He}) - \left[E_\ell(\text{H-2}) + E_\ell(\text{H-3})\right] = 28{,}28 - (2{,}22 + 8{,}49) = 17{,}57\,\text{MeV}

    3) 01n+92235U⟶3894Sr+54140Xe+2 01n{}^{1}_{0}\text{n} + {}^{235}_{92}\text{U} \longrightarrow {}^{94}_{38}\text{Sr} + {}^{140}_{54}\text{Xe} + 2\,{}^{1}_{0}\text{n} (vérification : 1+235=94+140+21 + 235 = 94 + 140 + 2 et 92=38+5492 = 38 + 54). Les neutrons ont une énergie de liaison nulle :

    Elib=Eℓ(Sr)+Eℓ(Xe)−Eℓ(U)=807,46+1160,6−1783,65≈184 MeVE_{\text{lib}} = E_\ell(\text{Sr}) + E_\ell(\text{Xe}) - E_\ell(\text{U}) = 807{,}46 + 1160{,}6 - 1783{,}65 \approx 184\,\text{MeV}

    4) Fusion : les noyaux de départ ont de petites valeurs de EℓA\dfrac{E_\ell}{A} (1,111{,}11 et 2,832{,}83) et le noyau formé a une valeur beaucoup plus grande (7,077{,}07) : les nucléons sont plus liés après qu'avant, donc le système libère de l'énergie. Fission : le noyau lourd a EℓA=7,59\dfrac{E_\ell}{A} = 7{,}59 et les fragments, situés plus près du minimum de la courbe d'Aston, ont 8,598{,}59 et 8,298{,}29 : l'énergie de liaison totale augmente, d'où l'énergie libérée.

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    Exercice 5 : Désintégration alpha du radium 226

    Moyen

    Le radium 226 (88226Ra{}^{226}_{88}\text{Ra}) est radioactif α\alpha et donne le radon (86ARn{}^{A}_{86}\text{Rn}). Données (masses des noyaux) : m(Ra)=225,97714 um(\text{Ra}) = 225{,}97714\,\text{u} ; m(Rn)=221,97040 um(\text{Rn}) = 221{,}97040\,\text{u} ; m(He)=4,00151 um(\text{He}) = 4{,}00151\,\text{u} ; 1 u=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2} ; 1 u=1,66×10−27 kg1\,\text{u} = 1{,}66 \times 10^{-27}\,\text{kg} ; 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J}.

    1. Écris l'équation de la désintégration.
    2. Calcule l'énergie libérée en MeV puis en joules.
    3. On mesure l'énergie cinétique de la particule α\alpha : Ec(α)=4,78 MeVE_c(\alpha) = 4{,}78\,\text{MeV}. On suppose que le noyau père est au repos et qu'il n'y a pas d'émission γ\gamma. Déduis l'énergie cinétique du noyau de radon, puis la vitesse de la particule α\alpha (on la traitera en mécanique classique).
    4. Compare Ec(α)E_c(\alpha) et Ec(Rn)E_c(\text{Rn}) et explique ce résultat. Le calcul classique de la vitesse est-il justifié ?
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    1) 88226Ra⟶86222Rn+24He{}^{226}_{88}\text{Ra} \longrightarrow {}^{222}_{86}\text{Rn} + {}^{4}_{2}\text{He} (A=226−4=222A = 226 - 4 = 222, Z=88−2=86Z = 88 - 2 = 86).

    2) Δm=m(Rn)+m(He)−m(Ra)=221,97040+4,00151−225,97714=−0,00523 u\Delta m = m(\text{Rn}) + m(\text{He}) - m(\text{Ra}) = 221{,}97040 + 4{,}00151 - 225{,}97714 = -0{,}00523\,\text{u}. Donc ΔE=−0,00523×931,5≈−4,87 MeV\Delta E = -0{,}00523 \times 931{,}5 \approx -4{,}87\,\text{MeV} et l'énergie libérée est Elib=4,87 MeV=4,87×1,60×10−13≈7,79×10−13 JE_{\text{lib}} = 4{,}87\,\text{MeV} = 4{,}87 \times 1{,}60 \times 10^{-13} \approx 7{,}79 \times 10^{-13}\,\text{J}.

    3) L'énergie libérée est entièrement convertie en énergie cinétique : Elib=Ec(α)+Ec(Rn)E_{\text{lib}} = E_c(\alpha) + E_c(\text{Rn}), donc Ec(Rn)=4,87−4,78=0,09 MeVE_c(\text{Rn}) = 4{,}87 - 4{,}78 = 0{,}09\,\text{MeV}. Pour la particule α\alpha : Ec(α)=4,78×1,60×10−13=7,65×10−13 JE_c(\alpha) = 4{,}78 \times 1{,}60 \times 10^{-13} = 7{,}65 \times 10^{-13}\,\text{J} et m(α)=4,00151×1,66×10−27=6,64×10−27 kgm(\alpha) = 4{,}00151 \times 1{,}66 \times 10^{-27} = 6{,}64 \times 10^{-27}\,\text{kg}. Comme Ec=12mv2E_c = \frac{1}{2}mv^2 :

    v=2Ecm=2×7,65×10−136,64×10−27≈1,52×107 m.s−1v = \sqrt{\frac{2E_c}{m}} = \sqrt{\frac{2 \times 7{,}65 \times 10^{-13}}{6{,}64 \times 10^{-27}}} \approx 1{,}52 \times 10^{7}\,\text{m.s}^{-1}

    4) Ec(α)≈4,78 MeVE_c(\alpha) \approx 4{,}78\,\text{MeV} est plus de 5050 fois plus grande que Ec(Rn)≈0,09 MeVE_c(\text{Rn}) \approx 0{,}09\,\text{MeV} : presque toute l'énergie libérée revient à la particule α\alpha. Le noyau de radon, environ 5555 fois plus lourd, recule beaucoup plus lentement. (Pour aller plus loin : la conservation de la quantité de mouvement, étudiée en mécanique, donne même Ec(α)Ec(Rn)=m(Rn)m(α)≈55\dfrac{E_c(\alpha)}{E_c(\text{Rn})} = \dfrac{m(\text{Rn})}{m(\alpha)} \approx 55.) Enfin, vc=1,52×1073,00×108≈0,05\dfrac{v}{c} = \dfrac{1{,}52 \times 10^{7}}{3{,}00 \times 10^{8}} \approx 0{,}05 : la vitesse est environ 5 %5\,\% de celle de la lumière, très inférieure à cc : le calcul classique est acceptable.

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    Exercice 6 : Radioactivité du carbone 14

    Moyen

    Le carbone 14 (614C{}^{14}_{6}\text{C}) est radioactif β−\beta^- et donne l'azote (7AN{}^{A}_{7}\text{N}). Données (masses des noyaux) : m(614C)=13,999950 um({}^{14}_{6}\text{C}) = 13{,}999950\,\text{u} ; m(714N)=13,999234 um({}^{14}_{7}\text{N}) = 13{,}999234\,\text{u} ; masse de l'électron me=0,000549 um_e = 0{,}000549\,\text{u} ; 1 u=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2} ; 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J}. On néglige la masse de l'antineutrino.

    1. Écris l'équation de la désintégration.
    2. Calcule l'énergie libérée en MeV puis en joules.
    3. Cette énergie est partagée entre l'électron et l'antineutrino (le recul du noyau d'azote est négligeable). Quelle est l'énergie cinétique maximale de l'électron émis ?
    4. Dans le diagramme (N,Z)(N, Z), le carbone 14 est-il au-dessus ou au-dessous de la vallée de stabilité ? Est-ce cohérent avec le type de désintégration ?
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    1) 614C⟶714N+−10e+νˉ{}^{14}_{6}\text{C} \longrightarrow {}^{14}_{7}\text{N} + {}^{0}_{-1}\text{e} + \bar{\nu} (14=14+014 = 14 + 0 et 6=7−16 = 7 - 1).

    2) Δm=m(N)+me−m(C)=13,999234+0,000549−13,999950=−0,000167 u\Delta m = m(\text{N}) + m_e - m(\text{C}) = 13{,}999234 + 0{,}000549 - 13{,}999950 = -0{,}000167\,\text{u}. Donc Elib=0,000167×931,5≈0,156 MeVE_{\text{lib}} = 0{,}000167 \times 931{,}5 \approx 0{,}156\,\text{MeV}, soit 0,156×1,60×10−13≈2,5×10−14 J0{,}156 \times 1{,}60 \times 10^{-13} \approx 2{,}5 \times 10^{-14}\,\text{J}.

    3) L'énergie 0,156 MeV0{,}156\,\text{MeV} est répartie entre l'électron et l'antineutrino. Si l'antineutrino emportait une énergie négligeable, l'électron aurait toute l'énergie : son énergie cinétique maximale est donc 0,156 MeV0{,}156\,\text{MeV}. Dans les autres cas, elle est comprise entre 00 et 0,156 MeV0{,}156\,\text{MeV}.

    4) Le carbone 14 compte N=8N = 8 neutrons pour Z=6Z = 6 protons, alors que le carbone 12, stable, a N=Z=6N = Z = 6 (le carbone 13, stable aussi, a N=7N = 7). Le carbone 14 a donc un excès de neutrons : dans le diagramme (N,Z)(N, Z), il se trouve au-dessous de la vallée de stabilité. C'est cohérent avec une désintégration β−\beta^- : un neutron se transforme en proton, ce qui rapproche le noyau de la vallée.

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    Exercice 7 : Fission de l'uranium 235

    Moyen

    Un noyau d'uranium 235, frappé par un neutron lent, peut subir la fission : 01n+92235U⟶3894Sr+54140Xe+x 01n{}^{1}_{0}\text{n} + {}^{235}_{92}\text{U} \longrightarrow {}^{94}_{38}\text{Sr} + {}^{140}_{54}\text{Xe} + x\,{}^{1}_{0}\text{n}. Données (masses des noyaux) : m(U)=234,9935 um(\text{U}) = 234{,}9935\,\text{u} ; m(Sr)=93,8945 um(\text{Sr}) = 93{,}8945\,\text{u} ; m(Xe)=139,8920 um(\text{Xe}) = 139{,}8920\,\text{u} ; m(n)=1,0087 um(\text{n}) = 1{,}0087\,\text{u} ; 1 u=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2} ; 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J} ; M(U)=235 g.mol−1M(\text{U}) = 235\,\text{g.mol}^{-1} ; NA=6,02×1023 mol−1N_A = 6{,}02 \times 10^{23}\,\text{mol}^{-1} ; pouvoir calorifique du charbon : 2,9×107 J.kg−12{,}9 \times 10^{7}\,\text{J.kg}^{-1}.

    1. Détermine xx.
    2. Calcule la variation de masse et l'énergie libérée par une fission, en MeV puis en joules.
    3. Calcule l'énergie libérée par nucléon du noyau d'uranium 235 qui fissionne.
    4. Calcule l'énergie libérée par la fission complète de 1,0 g1{,}0\,\text{g} d'uranium 235.
    5. Quelle masse de charbon fournit la même énergie en brûlant ?
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    1) Conservation de AA : 1+235=94+140+x1 + 235 = 94 + 140 + x, donc x=2x = 2. Conservation de ZZ : 92=38+5492 = 38 + 54 (vérifiée).

    2) On simplifie un neutron de chaque côté : Δm=m(Sr)+m(Xe)+m(n)−m(U)=93,8945+139,8920+1,0087−234,9935=−0,1983 u\Delta m = m(\text{Sr}) + m(\text{Xe}) + m(\text{n}) - m(\text{U}) = 93{,}8945 + 139{,}8920 + 1{,}0087 - 234{,}9935 = -0{,}1983\,\text{u}. Donc Elib=0,1983×931,5≈184,7 MeVE_{\text{lib}} = 0{,}1983 \times 931{,}5 \approx 184{,}7\,\text{MeV}, soit 184,7×1,60×10−13≈2,96×10−11 J184{,}7 \times 1{,}60 \times 10^{-13} \approx 2{,}96 \times 10^{-11}\,\text{J}.

    3) ElibA=184,7235≈0,79 MeV par nucleˊon\dfrac{E_{\text{lib}}}{A} = \dfrac{184{,}7}{235} \approx 0{,}79\,\text{MeV par nucléon}.

    4) Nombre de noyaux dans 1,0 g1{,}0\,\text{g} : N=1,0235×6,02×1023≈2,56×1021N = \dfrac{1{,}0}{235} \times 6{,}02 \times 10^{23} \approx 2{,}56 \times 10^{21}. Énergie : E=N×Elib=2,56×1021×2,96×10−11≈7,6×1010 JE = N \times E_{\text{lib}} = 2{,}56 \times 10^{21} \times 2{,}96 \times 10^{-11} \approx 7{,}6 \times 10^{10}\,\text{J}.

    5) mcharbon=E2,9×107=7,6×10102,9×107≈2,6×103 kgm_{\text{charbon}} = \dfrac{E}{2{,}9 \times 10^{7}} = \dfrac{7{,}6 \times 10^{10}}{2{,}9 \times 10^{7}} \approx 2{,}6 \times 10^{3}\,\text{kg} : un gramme d'uranium 235 fournit autant d'énergie que 2,62{,}6 tonnes de charbon.

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    Exercice 8 : Fusion du deutérium et du tritium

    Difficile

    On étudie la réaction 12H+13H⟶24He+X{}^{2}_{1}\text{H} + {}^{3}_{1}\text{H} \longrightarrow {}^{4}_{2}\text{He} + \text{X}. Données (masses des noyaux) : m(12H)=2,01355 um({}^{2}_{1}\text{H}) = 2{,}01355\,\text{u} ; m(13H)=3,01550 um({}^{3}_{1}\text{H}) = 3{,}01550\,\text{u} ; m(24He)=4,00151 um({}^{4}_{2}\text{He}) = 4{,}00151\,\text{u} ; m(n)=1,00866 um(\text{n}) = 1{,}00866\,\text{u} ; 1 u=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2} ; 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J} ; NA=6,02×1023 mol−1N_A = 6{,}02 \times 10^{23}\,\text{mol}^{-1}.

    1. Identifie la particule X.
    2. Calcule l'énergie libérée par une réaction, en MeV puis en joules.
    3. Calcule l'énergie libérée par nucléon engagé dans la réaction et compare-la à celle de la fission de l'uranium 235 (0,79 MeV0{,}79\,\text{MeV} par nucléon).
    4. On fait fusionner un mélange contenant autant de noyaux de deutérium que de tritium, de masse totale 1,0 g1{,}0\,\text{g} (masses molaires : 2,0 g.mol−12{,}0\,\text{g.mol}^{-1} et 3,0 g.mol−13{,}0\,\text{g.mol}^{-1}). Calcule l'énergie libérée et compare-la à celle de 1,0 g1{,}0\,\text{g} d'uranium 235 (7,6×1010 J7{,}6 \times 10^{10}\,\text{J}).
    5. Pourquoi la fusion exige-t-elle des températures très élevées ?
    Voir le corrigé

    1) Conservation de AA : 2+3=4+A2 + 3 = 4 + A, donc A=1A = 1. Conservation de ZZ : 1+1=2+Z1 + 1 = 2 + Z, donc Z=0Z = 0. La particule X est un neutron 01n{}^{1}_{0}\text{n}.

    2) Δm=m(He)+m(n)−m(H-2)−m(H-3)=4,00151+1,00866−2,01355−3,01550=−0,01888 u\Delta m = m(\text{He}) + m(\text{n}) - m(\text{H-2}) - m(\text{H-3}) = 4{,}00151 + 1{,}00866 - 2{,}01355 - 3{,}01550 = -0{,}01888\,\text{u}. Donc Elib=0,01888×931,5≈17,59 MeVE_{\text{lib}} = 0{,}01888 \times 931{,}5 \approx 17{,}59\,\text{MeV}, soit 17,59×1,60×10−13≈2,81×10−12 J17{,}59 \times 1{,}60 \times 10^{-13} \approx 2{,}81 \times 10^{-12}\,\text{J}.

    3) Cinq nucléons sont engagés (2+32 + 3) : 17,595≈3,52 MeV par nucleˊon\dfrac{17{,}59}{5} \approx 3{,}52\,\text{MeV par nucléon}. Le rapport avec la fission vaut 3,520,79≈4,5\dfrac{3{,}52}{0{,}79} \approx 4{,}5 : à masse égale, la fusion libère environ 44 à 55 fois plus d'énergie que la fission.

    4) Une réaction consomme un noyau de deutérium et un noyau de tritium, soit 2,0+3,0=5,0 g.mol−12{,}0 + 3{,}0 = 5{,}0\,\text{g.mol}^{-1} de « paires ». Dans 1,0 g1{,}0\,\text{g} : 1,05,0=0,20 mol\dfrac{1{,}0}{5{,}0} = 0{,}20\,\text{mol} de paires, soit 0,20×6,02×1023=1,2×10230{,}20 \times 6{,}02 \times 10^{23} = 1{,}2 \times 10^{23} réactions. Énergie : E=1,2×1023×2,81×10−12≈3,4×1011 JE = 1{,}2 \times 10^{23} \times 2{,}81 \times 10^{-12} \approx 3{,}4 \times 10^{11}\,\text{J}, soit environ 4,54{,}5 fois l'énergie fournie par 1,0 g1{,}0\,\text{g} d'uranium 235.

    5) Les deux noyaux ont une charge positive et se repoussent. Pour s'approcher à une distance de l'ordre de 10−15 m10^{-15}\,\text{m}, où l'interaction forte l'emporte, ils doivent avoir une très grande énergie cinétique, donc une température extrêmement élevée.

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    Exercice 9 : Une centrale nucléaire

    Type Bac

    Dans le réacteur d'une centrale, une des fissions possibles de l'uranium 235 s'écrit : 01n+92235U⟶36AKr+56142Ba+3 01n{}^{1}_{0}\text{n} + {}^{235}_{92}\text{U} \longrightarrow {}^{A}_{36}\text{Kr} + {}^{142}_{56}\text{Ba} + 3\,{}^{1}_{0}\text{n}. Données (masses des noyaux) : m(U)=234,9935 um(\text{U}) = 234{,}9935\,\text{u} ; m(Kr)=90,9037 um(\text{Kr}) = 90{,}9037\,\text{u} ; m(Ba)=141,8857 um(\text{Ba}) = 141{,}8857\,\text{u} ; m(n)=1,0087 um(\text{n}) = 1{,}0087\,\text{u} ; 1 u=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2} ; 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J} ; M(U)=235 g.mol−1M(\text{U}) = 235\,\text{g.mol}^{-1} ; NA=6,02×1023 mol−1N_A = 6{,}02 \times 10^{23}\,\text{mol}^{-1} ; pouvoir calorifique du charbon : 2,9×107 J.kg−12{,}9 \times 10^{7}\,\text{J.kg}^{-1}.

    Partie A : la réaction

    1. Détermine AA et vérifie la conservation du nombre de charge.
    2. Quel nom donne-t-on à cette réaction ? Pourquoi les neutrons émis jouent-ils un rôle essentiel dans le fonctionnement du réacteur ?
    3. Calcule l'énergie libérée par une réaction, en MeV puis en joules.

    Partie B : la centrale

    La centrale fournit une puissance électrique Pel=900 MWP_{\text{el}} = 900\,\text{MW} avec un rendement η=33 %\eta = 33\,\%. On admet que toute l'énergie thermique provient de fissions du type étudié, chacune libérant l'énergie calculée en A.3.

    1. Calcule la puissance thermique PthP_{\text{th}} du réacteur.
    2. Calcule le nombre de fissions par seconde.
    3. Calcule la masse d'uranium 235 consommée en un jour.
    4. Quelle masse de charbon faudrait-il brûler en un jour pour obtenir la même énergie thermique ?
    Voir le corrigé

    Partie A.

    1) Conservation de AA : 1+235=A+142+31 + 235 = A + 142 + 3, donc A=91A = 91. Conservation de ZZ : 92=36+56=9292 = 36 + 56 = 92, elle est bien vérifiée.

    2) C'est une fission nucléaire. Les neutrons émis peuvent provoquer à leur tour la fission d'autres noyaux d'uranium 235 : c'est la réaction en chaîne, qui entretient la production d'énergie. Dans un réacteur, on la contrôle en absorbant une partie des neutrons (barres de contrôle) pour que le nombre de fissions reste constant.

    3) On simplifie un neutron de chaque côté : Δm=m(Kr)+m(Ba)+2 m(n)−m(U)=90,9037+141,8857+2×1,0087−234,9935=−0,1867 u\Delta m = m(\text{Kr}) + m(\text{Ba}) + 2\,m(\text{n}) - m(\text{U}) = 90{,}9037 + 141{,}8857 + 2 \times 1{,}0087 - 234{,}9935 = -0{,}1867\,\text{u}. Donc Elib=0,1867×931,5≈173,9 MeVE_{\text{lib}} = 0{,}1867 \times 931{,}5 \approx 173{,}9\,\text{MeV}, soit 173,9×1,60×10−13≈2,78×10−11 J173{,}9 \times 1{,}60 \times 10^{-13} \approx 2{,}78 \times 10^{-11}\,\text{J}.

    Partie B.

    4) η=PelPth\eta = \dfrac{P_{\text{el}}}{P_{\text{th}}} donc Pth=9000,33≈2727 MW=2,727×109 WP_{\text{th}} = \dfrac{900}{0{,}33} \approx 2727\,\text{MW} = 2{,}727 \times 10^{9}\,\text{W}.

    5) Chaque seconde, l'énergie thermique produite est Pth×1 sP_{\text{th}} \times 1\,\text{s}, donc n=PthElib=2,727×1092,78×10−11≈9,81×1019 fissions par seconden = \dfrac{P_{\text{th}}}{E_{\text{lib}}} = \dfrac{2{,}727 \times 10^{9}}{2{,}78 \times 10^{-11}} \approx 9{,}81 \times 10^{19}\,\text{fissions par seconde}.

    6) En un jour (86 400 s86\,400\,\text{s}) : N=9,81×1019×86 400≈8,48×1024N = 9{,}81 \times 10^{19} \times 86\,400 \approx 8{,}48 \times 10^{24} noyaux fissionnés. Masse : m=NNAM=8,48×10246,02×1023×235≈3,31×103 gm = \dfrac{N}{N_A}M = \dfrac{8{,}48 \times 10^{24}}{6{,}02 \times 10^{23}} \times 235 \approx 3{,}31 \times 10^{3}\,\text{g}, soit environ 3,3 kg3{,}3\,\text{kg} d'uranium 235 par jour.

    7) Énergie thermique d'un jour : E=Pth×86 400=2,727×109×86 400≈2,36×1014 JE = P_{\text{th}} \times 86\,400 = 2{,}727 \times 10^{9} \times 86\,400 \approx 2{,}36 \times 10^{14}\,\text{J}. Masse de charbon : 2,36×10142,9×107≈8,1×106 kg\dfrac{2{,}36 \times 10^{14}}{2{,}9 \times 10^{7}} \approx 8{,}1 \times 10^{6}\,\text{kg}, soit environ 81008100 tonnes de charbon contre 3,3 kg3{,}3\,\text{kg} d'uranium 235.

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    Exercice 10 : L'énergie du Soleil

    Type Bac

    Le Soleil tire son énergie de la fusion de l'hydrogène en hélium. Le bilan de cette transformation s'écrit : 4 11H⟶24He+2 +10e+2 ν4\,{}^{1}_{1}\text{H} \longrightarrow {}^{4}_{2}\text{He} + 2\,{}^{0}_{+1}\text{e} + 2\,\nu. Données (masses des noyaux) : mp=1,00728 um_p = 1{,}00728\,\text{u} ; m(24He)=4,00151 um({}^{4}_{2}\text{He}) = 4{,}00151\,\text{u} ; masse du positon me=0,00055 um_e = 0{,}00055\,\text{u} ; 1 u=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2} ; 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J} ; c=3,00×108 m.s−1c = 3{,}00 \times 10^{8}\,\text{m.s}^{-1} ; masse d'un proton 1,67×10−27 kg1{,}67 \times 10^{-27}\,\text{kg} ; puissance rayonnée par le Soleil P=3,8×1026 WP = 3{,}8 \times 10^{26}\,\text{W} ; masse du Soleil 2,0×1030 kg2{,}0 \times 10^{30}\,\text{kg} ; 1 an=3,156×107 s1\,\text{an} = 3{,}156 \times 10^{7}\,\text{s}. Les neutrinos ont une masse négligeable.

    1. Vérifie que ce bilan respecte les lois de Soddy. S'agit-il d'une fusion ou d'une fission ? Justifie.
    2. Calcule l'énergie libérée par ce bilan, en MeV puis en joules.
    3. Calcule la perte de masse du Soleil par seconde.
    4. Calcule le nombre de bilans qui se produisent par seconde, puis la masse d'hydrogène consommée par seconde.
    5. Vérifie que la perte de masse par seconde représente environ 0,66 %0{,}66\,\% de la masse d'hydrogène consommée par seconde, et retrouve ce pourcentage à partir des masses de l'énoncé.
    6. Montre que la masse perdue en un an est négligeable devant la masse du Soleil.
    Voir le corrigé

    1) Conservation de AA : à gauche 4×1=44 \times 1 = 4 ; à droite 4+2×0+2×0=44 + 2 \times 0 + 2 \times 0 = 4. Conservation de ZZ : à gauche 4×1=44 \times 1 = 4 ; à droite 2+2×(+1)+0=42 + 2 \times (+1) + 0 = 4. Les deux lois sont respectées. Des noyaux légers (hydrogène) s'unissent pour former un noyau plus lourd (hélium) : c'est une fusion.

    2) Δm=m(He)+2 me−4 mp=4,00151+2×0,00055−4×1,00728=−0,02651 u\Delta m = m(\text{He}) + 2\,m_e - 4\,m_p = 4{,}00151 + 2 \times 0{,}00055 - 4 \times 1{,}00728 = -0{,}02651\,\text{u}. Donc Elib=0,02651×931,5≈24,7 MeVE_{\text{lib}} = 0{,}02651 \times 931{,}5 \approx 24{,}7\,\text{MeV}, soit 24,7×1,60×10−13≈3,95×10−12 J24{,}7 \times 1{,}60 \times 10^{-13} \approx 3{,}95 \times 10^{-12}\,\text{J}.

    3) La puissance rayonnée correspond à une énergie E=P ΔtE = P\,\Delta t cédée à l'espace, donc à une perte de masse Δm=Ec2\Delta m = \dfrac{E}{c^2}. Par seconde : ΔmΔt=Pc2=3,8×1026(3,00×108)2≈4,2×109 kg.s−1\dfrac{\Delta m}{\Delta t} = \dfrac{P}{c^2} = \dfrac{3{,}8 \times 10^{26}}{(3{,}00 \times 10^{8})^{2}} \approx 4{,}2 \times 10^{9}\,\text{kg.s}^{-1}, soit environ 4,24{,}2 millions de tonnes par seconde.

    4) Nombre de bilans par seconde : n=PElib=3,8×10263,95×10−12≈9,6×1037 s−1n = \dfrac{P}{E_{\text{lib}}} = \dfrac{3{,}8 \times 10^{26}}{3{,}95 \times 10^{-12}} \approx 9{,}6 \times 10^{37}\,\text{s}^{-1}. Chaque bilan consomme 44 protons, d'où une masse d'hydrogène consommée par seconde de 4×1,67×10−27×9,62×1037≈6,4×1011 kg.s−14 \times 1{,}67 \times 10^{-27} \times 9{,}62 \times 10^{37} \approx 6{,}4 \times 10^{11}\,\text{kg.s}^{-1}.

    5) 4,22×1096,43×1011≈6,6×10−3\dfrac{4{,}22 \times 10^{9}}{6{,}43 \times 10^{11}} \approx 6{,}6 \times 10^{-3}, soit 0,66 %0{,}66\,\%. Avec les masses de l'énoncé : ∣Δm∣4 mp=0,026514×1,00728≈0,0066\dfrac{\lvert\Delta m\rvert}{4\,m_p} = \dfrac{0{,}02651}{4 \times 1{,}00728} \approx 0{,}0066, soit le même pourcentage. Ainsi, environ 0,66 %0{,}66\,\% de la masse d'hydrogène qui fusionne se transforme en énergie.

    6) Perte de masse en un an : 4,2×109×3,156×107≈1,3×1017 kg4{,}2 \times 10^{9} \times 3{,}156 \times 10^{7} \approx 1{,}3 \times 10^{17}\,\text{kg}. Rapportée à la masse du Soleil : 1,3×10172,0×1030≈7×10−14\dfrac{1{,}3 \times 10^{17}}{2{,}0 \times 10^{30}} \approx 7 \times 10^{-14}, ce qui est négligeable.

    En réalité, chaque positon rencontre un électron du plasma et s'annihile en libérant environ 1,02 MeV1{,}02\,\text{MeV} de plus : l'énergie totale par bilan est alors voisine de 26,7 MeV26{,}7\,\text{MeV}. L'ordre de grandeur des résultats est inchangé.

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    QCM

    Question 1.Quelle est l'expression du défaut de masse d'un noyau ZAX{}^{A}_{Z}\text{X} ?
    Question 2.Un défaut de masse de 0,0305 u0{,}0305\,\text{u} correspond à une énergie de liaison d'environ (avec 1 u=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2}) :
    Question 3.Parmi des noyaux de nombres de nucléons différents, le plus stable est celui dont :
    Question 4.La courbe d'Aston représente −EℓA-\dfrac{E_\ell}{A} en fonction de AA. Elle passe par un minimum pour des noyaux de nombre de nucléons voisin de :
    Question 5.La fission nucléaire est :
    Question 6.Pourquoi la fusion nucléaire nécessite-t-elle une température extrêmement élevée ?
    Question 7.Une réaction nucléaire libère de l'énergie lorsque :
    Question 8.Une réaction nucléaire s'accompagne d'une perte de masse de 2,0×10−28 kg2{,}0 \times 10^{-28}\,\text{kg}. Quelle énergie libère-t-elle (avec c=3,00×108 m.s−1c = 3{,}00 \times 10^{8}\,\text{m.s}^{-1}) ?

    Erreurs fréquentes

    • Confondre la masse du noyau et celle de l'atome. La masse de l'atome comprend aussi les ZZ électrons. Vérifie quelle masse l'énoncé fournit et n'utilise que des masses de noyaux dans le défaut de masse.
    • Se tromper de signe. Le défaut de masse d'un noyau est positif ; pour une réaction qui libère de l'énergie, Δm\Delta m et ΔE\Delta E sont négatifs, et l'énergie libérée est Elib=∣ΔE∣>0E_{\text{lib}} = \lvert\Delta E\rvert > 0. Ne donne jamais une énergie libérée négative.
    • Comparer les EℓE_\ell au lieu des EℓA\dfrac{E_\ell}{A}. C'est EℓA\dfrac{E_\ell}{A} qui mesure la stabilité : l'uranium 238 a une énergie de liaison bien plus grande que le fer 56, mais le fer est plus stable.
    • Mélanger les unités. Les 931,5931{,}5 ne s'appliquent qu'à une masse en u. Si la masse est en kg, utilise E=mc2E = mc^2 en joules. Et 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J} (et non 10−1910^{-19}, qui est la valeur pour l'eV).
    • Oublier les coefficients et les neutrons dans le bilan de masse. Dans n+U→Sr+Xe+2 n\text{n} + \text{U} \to \text{Sr} + \text{Xe} + 2\,\text{n}, il y a deux neutrons à droite : ils comptent. Tu peux simplifier un neutron de chaque côté, mais sans en oublier.
    • Inverser fission et fusion. La fission casse un noyau lourd (A>190A > 190) ; la fusion unit des noyaux légers (A<20A < 20). Les deux libèrent de l'énergie car elles rapprochent les noyaux du minimum de la courbe d'Aston.
    • Utiliser la formule avec les énergies de liaison pour une désintégration β\beta. Cette formule n'est valable que si l'électron ou le positon n'intervient pas ; dans ce cas, utilise les masses.
    • Dire que « la masse disparaît ». La masse n'est pas détruite : l'énergie de masse se transforme en énergie cinétique et en rayonnement. L'énergie totale se conserve.

    À retenir

    • Relation d'Einstein : E=mc2E = mc^2 ; une variation de masse Δm\Delta m correspond à une variation d'énergie ΔE=Δm c2\Delta E = \Delta m\,c^2.
    • Unités : 1 u=1,66×10−27 kg=931,5 MeV.c−21\,\text{u} = 1{,}66 \times 10^{-27}\,\text{kg} = 931{,}5\,\text{MeV.c}^{-2} ; 1 MeV=1,60×10−13 J1\,\text{MeV} = 1{,}60 \times 10^{-13}\,\text{J}.
    • Défaut de masse : Δm=Z mp+(A−Z) mn−m(noyau)>0\Delta m = Z\,m_p + (A - Z)\,m_n - m(\text{noyau}) > 0 ; énergie de liaison Eℓ=Δm c2E_\ell = \Delta m\,c^2.
    • La stabilité d'un noyau se mesure par EℓA\dfrac{E_\ell}{A} (en MeV par nucléon) : plus elle est grande, plus le noyau est stable.
    • Courbe d'Aston −EℓA=f(A)-\dfrac{E_\ell}{A} = f(A) : minimum vers le fer 56 (EℓA≈8,8 MeV/nucleˊon\dfrac{E_\ell}{A} \approx 8{,}8\,\text{MeV/nucléon}) ; fusion possible pour A<20A < 20, fission possible pour A>190A > 190.
    • Bilan d'une réaction : ΔE=[∑mproduits−∑mreˊactifs]c2\Delta E = \left[\sum m_{\text{produits}} - \sum m_{\text{réactifs}}\right]c^2 ; si ΔE<0\Delta E < 0, l'énergie libérée vaut Elib=∣ΔE∣E_{\text{lib}} = \lvert\Delta E\rvert.
    • Fission : un noyau lourd, touché par un neutron lent, se casse en deux noyaux plus légers (environ 200 MeV200\,\text{MeV} par noyau d'uranium 235) ; la réaction en chaîne est contrôlée dans un réacteur.
    • Fusion : deux noyaux légers s'unissent (deutérium + tritium : 17,6 MeV17{,}6\,\text{MeV}) ; elle exige des températures de l'ordre de 10710^{7} à 108 K10^{8}\,\text{K} et alimente le Soleil.
    • À l'échelle macroscopique : E=n ElibE = n\,E_{\text{lib}}, N=mMNAN = \dfrac{m}{M}N_A, P=EΔtP = \dfrac{E}{\Delta t} et rendement η=PeˊlectriquePthermique\eta = \dfrac{P_{\text{électrique}}}{P_{\text{thermique}}}.

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