Cours complet sur le dipôle RL en 2e Bac PC : bobine, inductance, établissement et rupture du courant, constante de temps, énergie, 10 exercices corrigés.
60 min
10 exercices corrigés
QCM de 8 questions
Prérequis : Dipôle RC (chapitre précédent), loi d'additivité des tensions, équation différentielle y' = ay + b (cours de maths 2e Bac)
Une bobine est un dipôle formé d'un enroulement de fil conducteur (les spires) autour d'un support, parfois autour d'un noyau de fer. Elle est caractérisée par son inductanceL et par la résistance r de son fil.
Quand la résistance est négligeable (r≈0), la bobine est dite idéale et uL=Ldtdi.
La bobine s'oppose aux variations de l'intensité qui la traverse : plus L est grande, plus le courant s'établit ou disparaît lentement.
2. Énergie magnétique
La puissance reçue par la bobine est :
p=uLi=ri2+Lidtdi=ri2+dtd(21Li2)
Le premier terme, ri2, est dissipé par effet Joule dans le fil. Le second est stocké sous forme magnétique.
3. Établissement du courant dans un dipôle RL
On associe en série un générateur idéal de tension E, un conducteur ohmique de résistance R, une bobine (L;r) et un interrupteur. Avant la fermeture, aucun courant ne circule : i(0)=0. À t=0, on ferme l'interrupteur (échelon de tension montant).
Équation différentielle. La loi d'additivité des tensions donne E=uR+uL. Avec uR=Ri et uL=ri+Ldtdi :
Ldtdi+(R+r)i=E
On note Rt=R+r la résistance totale du circuit. L'équation s'écrit dtdi=−LRti+LE, du type y′=ay+b. Les solutions sont i(t)=αe−Rtt/L+RtE, et la condition i(0)=0 donne α=−RtE.
On en déduit les tensions :
uR(t)=RIp(1−e−t/τ)uL(t)=E−uR=rIp+RIpe−t/τ
À t=0+, on a i=0 et uL=E : la tension aux bornes de la bobine est discontinue, alors que i est continue. En régime permanent, i=Ip et uL=rIp.
Le rapport i/Ip suit les mêmes valeurs que uC/E pour la charge d'un condensateur : 63,2% à t=τ, 95,0% à 3τ, 99,3% à 5τ. Le régime permanent est atteint au bout d'une durée de l'ordre de 5τ.
4. La constante de temps
Dimension. D'après uL=Ldtdi, on a [L]=[U][T][I]−1. D'après uR=Ri, on a [R]=[U][I]−1. Donc [RL]=[T] : τ a la dimension d'un temps et s'exprime en secondes (1H/1Ω=1s).
Détermination graphique de τ, sur la courbe i(t) de l'établissement :
la tangente à l'origine coupe l'asymptote horizontale i=Ip au point d'abscisse t=τ ;
τ est l'abscisse du point de la courbe d'ordonnée 0,63Ip.
5. Rupture du courant dans un dipôle RL
Le régime permanent est atteint : i=I0=R+rE. À une nouvelle origine des dates t=0, on bascule l'interrupteur : le générateur est retiré du circuit et le dipôle RL est fermé sur lui-même (on dit qu'il est court-circuité). C'est un échelon descendant (E=0). La loi d'additivité des tensions donne uR+uL=0, soit :
Ldtdi+(R+r)i=0
On en déduit uR(t)=RI0e−t/τ et, comme uR+uL=0 :
uL(t)=−RI0e−t/τ
L'intensité décroît de I0 vers 0 et le courant garde le même sens ; i(τ)=I0e−1≈0,37I0. La tangente à l'origine à la courbe i(t) coupe l'axe des temps au point d'abscisse t=τ. Le courant a pratiquement disparu au bout de 5τ.
À la bascule, i est continue, mais uL passe brusquement de rI0 à −RI0.
6. Bilan énergétique
Pendant l'établissement du courant, on multiplie l'équation Ldtdi+Rti=E par i :
Ei=Rti2+dtd(21Li2)
La puissance fournie par le générateur sert en partie à l'effet Joule (dans R et dans r) et en partie à emmagasiner l'énergie magnétique. En régime permanent, tout est dissipé par effet Joule. Pendant la rupture, l'énergie magnétique 21LI02 est entièrement dissipée par effet Joule dans R et dans r.
7. Comparaison entre les dipôles RC et RL
Grandeur
Dipôle RC
Dipôle RL
Grandeur continue
la tension uC
l'intensité i
Constante de temps
τ=RC
τ=R+rL
Établissement
uC=E(1−e−t/τ)
i=Ip(1−e−t/τ)
Disparition
uC=Ee−t/τ
i=I0e−t/τ
Énergie emmagasinée
21CuC2
21Li2
En régime permanent
interrupteur ouvert (i=0)
conducteur ohmique r (uL=ri)
Méthodes
Méthode 1 : Établir l'équation différentielle de i
Flèche l'intensité i et les tensions uR et uL en convention récepteur.
Écris la loi d'additivité des tensions : E=uR+uL pour l'établissement, 0=uR+uL pour la rupture.
Remplace uR=Ri et uL=ri+Ldtdi.
Ordonne : Ldtdi+(R+r)i=E (ou 0).
Méthode 2 : Vérifier qu'une fonction est solution et identifier Ip et τ
Écris la fonction proposée i=Ip(1−e−t/τ) et sa dérivée dtdi=τIpe−t/τ.
Remplace dans Ldtdi+(R+r)i=E et regroupe : Ipe−t/τ(τL−(R+r))+(R+r)Ip=E.
L'égalité est vraie pour tout t : le coefficient de l'exponentielle est nul, donc τ=R+rL. Le terme constant donne Ip=R+rE.
Méthode 3 : Déterminer τ graphiquement, puis L ou r
Lis Ip sur l'asymptote horizontale de la courbe i(t).
Trace la tangente à l'origine : l'abscisse de son intersection avec l'asymptote est τ. Ou bien cherche l'abscisse du point d'ordonnée 0,63Ip.
Déduis L=τ(R+r) ; et la résistance totale avec R+r=IpE.
Méthode 4 : Calculer une durée
Pour l'établissement, isole l'exponentielle dans i=Ip(1−e−t/τ) : t=−τln(1−Ipi).
Pour la rupture, dans i=I0e−t/τ : t=τln(iI0).
Vérifie que le résultat est de l'ordre de quelques τ.
Méthode 5 : Utiliser la continuité de i et le régime permanent
Juste après la fermeture (t=0+) : i garde sa valeur d'avant (elle est continue), donc i=0 et uR=0. La loi des mailles donne uL=E.
En régime permanent : i=Ip=R+rE, uR=RIp et uL=rIp.
N'écris jamais uL=0 en régime permanent si la bobine a une résistance r.
Exercices corrigés
Exercice 1 : Tension aux bornes d'une bobine
Facile
Une bobine d'inductance L=0,20H et de résistance r=5,0Ω est parcourue par un courant dont l'intensité croît linéairement de 0 à 0,50A en 25ms, puis reste constante.
Calcule dtdi pendant la montée.
Calcule la tension uL à l'instant où i=0,25A pendant la montée.
Calcule la tension uL quand l'intensité est constante et vaut 0,50A.
Calcule l'énergie magnétique emmagasinée dans la bobine à ce moment.
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1)dtdi=25×10−30,50−0=20A.s−1.
2)uL=ri+Ldtdi=5,0×0,25+0,20×20=1,25+4,0=5,25V, soit environ 5,3V.
3) L'intensité est constante : dtdi=0, donc uL=ri=5,0×0,50=2,5V. La bobine se comporte comme un conducteur ohmique de résistance r.
4)Em=21Li2=21×0,20×0,502=2,5×10−2J.
Exercice 2 : Constante de temps et régime permanent
Facile
Un générateur idéal de tension E=10V alimente, en série, un conducteur ohmique de résistance R=40Ω et une bobine d'inductance L=0,40H et de résistance r=10Ω.
Calcule la constante de temps τ et vérifie par une analyse dimensionnelle que R+rL est un temps.
Calcule l'intensité Ip en régime permanent.
Estime la durée d'établissement du courant.
Calcule l'énergie magnétique emmagasinée en régime permanent.
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1)τ=R+rL=500,40=8,0×10−3s=8,0ms. Dimension : uL=Ldtdi donne [L]=[U][T][I]−1 ; uR=Ri donne [R]=[U][I]−1. Donc [RL]=[T].
2)Ip=R+rE=5010=0,20A.
3) Le régime permanent est atteint au bout d'environ 5τ=40ms.
4)Em=21LIp2=21×0,40×0,202=8,0×10−3J.
Exercice 3 : Déterminer la résistance d'une bobine
Facile
Un générateur idéal de tension E=12V alimente, en série, un conducteur ohmique de résistance R=40Ω et une bobine d'inductance L=0,50H dont la résistance r est inconnue. En régime permanent, un ampèremètre indique 0,20A.
Rappelle comment se comporte une bobine en régime permanent.
Calcule la résistance totale du circuit, puis r.
Calcule les tensions uR et uL en régime permanent. Vérifie la loi des mailles.
Calcule l'énergie magnétique emmagasinée.
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1) En régime permanent, dtdi=0 : la bobine se comporte comme un conducteur ohmique de résistance r, avec uL=ri.
2)R+r=IpE=0,2012=60Ω, donc r=60−40=20Ω.
3)uR=RIp=40×0,20=8,0V et uL=rIp=20×0,20=4,0V. On a bien uR+uL=12V=E.
4)Em=21LIp2=21×0,50×0,202=1,0×10−2J.
Exercice 4 : Établissement du courant
Moyen
Un générateur idéal de tension E=6,0V alimente, en série, un conducteur ohmique de résistance R=22Ω et une bobine d'inductance L=0,15H et de résistance r=8,0Ω. À t=0, on ferme l'interrupteur ; i(0)=0.
Établis l'équation différentielle vérifiée par i. Calcule Ip et τ.
Écris i(t).
À quelle date i atteint-elle 0,15A ?
Calcule uR et uL à la date t=τ. Vérifie la loi des mailles.
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1)E=uR+uL=Ri+ri+Ldtdi, soit 0,15dtdi+30i=6,0. Donc R+r=30Ω, Ip=306,0=0,20A et τ=300,15=5,0×10−3s=5,0ms.
2) L'équation s'écrit dtdi=−200i+40. Ses solutions sont αe−200t+0,20. Avec i(0)=0 : α=−0,20. Donc i(t)=0,20(1−e−200t) en ampères.
4) À t=τ : i=0,20(1−e−1)=0,126A. uR=Ri=22×0,126=2,8V. Pour la bobine : uL=E−uR=3,2V. On vérifie avec uL=rIp+RIpe−1=1,6+4,4×0,368=3,2V ; et uR+uL=6,0V=E.
Exercice 5 : Lecture d'un enregistrement
Moyen
Un générateur idéal de tension E=12V alimente, en série, un conducteur ohmique de résistance R=50Ω et une bobine d'inductance L et de résistance r inconnues. À t=0, on ferme l'interrupteur. Un dispositif d'acquisition donne l'intensité i :
t (ms)
0
2
4
6
10
15
25
50
i (mA)
0
66
110
140
173
190
199
200
Quelle est la valeur de Ip ? Justifie.
Calcule la résistance totale R+r et déduis r.
Détermine τ par interpolation linéaire à partir de la valeur 0,63Ip, puis déduis L.
Donne les valeurs de uL à t=0+ et en régime permanent.
Calcule l'énergie magnétique en régime permanent.
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1) Les dernières valeurs n'évoluent presque plus (199mA à 25ms, 200mA à 50ms) : la courbe a atteint son asymptote, c'est le régime permanent. Donc Ip=200mA=0,200A.
2)R+r=IpE=0,20012=60Ω, donc r=60−50=10Ω.
3)0,63Ip=0,63×200=126mA. Cette valeur est comprise entre 110mA (à 4ms) et 140mA (à 6ms). Par interpolation : t=4+2×140−110126−110=5,1ms. Donc τ≈5,1ms (l'interpolation linéaire entre deux points d'une courbe donne une valeur approchée). Alors L=τ(R+r)=5,1×10−3×60≈0,31H.
4) À t=0+, i=0 donc uR=0 et uL=E=12V. En régime permanent, uL=rIp=10×0,200=2,0V.
5)Em=21LIp2=21×0,31×0,2002≈6,2×10−3J.
Exercice 6 : Rupture du courant
Moyen
Un dipôle RL est formé d'un conducteur ohmique de résistance R=20Ω et d'une bobine d'inductance L=0,25H et de résistance r=5,0Ω. Il est alimenté par un générateur idéal de tension E=10V et le régime permanent est atteint. À t=0, on bascule un interrupteur à deux positions : le générateur est retiré du circuit et le dipôle RL est fermé sur lui-même.
Calcule I0 et τ.
Établis l'équation différentielle vérifiée par i et donne sa solution.
Calcule i(τ) et i(5τ).
Calcule uR et uL à t=0+. Compare uL(0+) à la valeur de uL juste avant la bascule.
Calcule l'énergie magnétique initiale.
À quelle date l'énergie magnétique est-elle divisée par 2 ?
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1)R+r=25Ω, donc I0=R+rE=2510=0,40A et τ=R+rL=250,25=1,0×10−2s=10ms.
2)uR+uL=0 donne (R+r)i+Ldtdi=0, soit dtdi=−100i. Les solutions sont αe−100t. Comme i est continue, i(0+)=I0=0,40A : i(t)=0,40e−100t en ampères.
3)i(τ)=0,40e−1=0,15A et i(5τ)=0,40e−5=2,7×10−3A=2,7mA : le courant a pratiquement disparu.
4)uR(0+)=RI0=20×0,40=8,0V et uL(0+)=−uR(0+)=−8,0V. Juste avant la bascule, en régime permanent, uL=rI0=5,0×0,40=2,0V : la tension uL est discontinue, alors que i est continue.
5)Em(0)=21LI02=21×0,25×0,402=2,0×10−2J.
6)Em=21LI02e−2t/τ. On veut e−2t/τ=21, donc t=2τln2=3,5ms.
Exercice 7 : Relais électromagnétique
Difficile
La bobine d'un relais, d'inductance L=1,2H et de résistance r=60Ω, est montée en série avec un conducteur ohmique de résistance R=140Ω et un générateur idéal de tension E=12V. Le contact du relais se ferme quand l'intensité atteint 50mA et se rouvre quand elle retombe à 20mA (valeurs données pour cet exercice). À t=0, on ferme l'interrupteur ; i(0)=0.
Calcule Ip et τ. Le relais peut-il se fermer ?
Calcule la durée t1 entre la fermeture de l'interrupteur et la fermeture du contact.
Le régime permanent étant atteint, on retire le générateur du circuit et on ferme le dipôle (bobine et conducteur ohmique) sur lui-même. Calcule la durée t2 au bout de laquelle le contact se rouvre.
On remplace R par 340Ω. Le relais fonctionne-t-il encore ?
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1)R+r=200Ω, donc Ip=20012=0,060A=60mA et τ=2001,2=6,0×10−3s=6,0ms. Comme Ip=60mA est supérieure à 50mA, le courant atteint le seuil de fermeture : le relais peut se fermer.
2)i=Ip(1−e−t/τ)=0,050 donne e−t1/τ=1−6050=61, donc t1=τln6=6,0×1,79=11ms.
3) Pendant la rupture, i=Ipe−t/τ. Le contact se rouvre quand i=20mA : e−t2/τ=6020=31, donc t2=τln3=6,0×1,10=6,6ms.
4) Avec R=340Ω : R+r=400Ω et Ip=40012=0,030A=30mA. Cette valeur est inférieure à 50mA : l'intensité n'atteint jamais le seuil de fermeture, le relais ne fonctionne plus.
Exercice 8 : Bilan de puissance pendant l'établissement
Difficile
Un générateur idéal de tension E=12V alimente, en série, un conducteur ohmique de résistance R=56Ω et une bobine d'inductance L=0,60H et de résistance r=4,0Ω. À t=0, on ferme l'interrupteur ; i(0)=0.
Établis la relation Ei=(R+r)i2+dtd(21Li2) et interprète chaque terme.
Calcule τ et Ip.
À la date t=τ, calcule i et dtdi, puis les trois puissances de la relation précédente. Vérifie le bilan.
Calcule l'énergie magnétique finale.
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1) L'équation du circuit est Ldtdi+(R+r)i=E. On la multiplie par i : Ei=(R+r)i2+Lidtdi, et Lidtdi=dtd(21Li2). Le premier terme est la puissance fournie par le générateur, le deuxième la puissance dissipée par effet Joule dans R et r, le troisième la puissance qui sert à emmagasiner l'énergie magnétique.
2)R+r=60Ω, donc τ=600,60=1,0×10−2s=10ms et Ip=6012=0,20A.
3)i(τ)=0,20(1−e−1)=0,126A et dtdi=τIpe−1=20×0,368=7,36A.s−1. Les puissances sont :
fournie par le générateur : Ei=12×0,126=1,52W ;
dissipée par effet Joule : (R+r)i2=60×0,1262=0,959W ;
stockée : Lidtdi=0,60×0,126×7,36=0,558W.
Vérification : 0,959+0,558=1,52W, c'est bien la puissance fournie.
4)Em=21LIp2=21×0,60×0,202=1,2×10−2J.
Exercice 9 : Établissement du courant dans un dipôle RL
Type Bac
Pour étudier un dipôle RL, on associe en série un générateur idéal de tension E=12V, un conducteur ohmique de résistance R=40Ω, une bobine d'inductance L inconnue et de résistance r=10Ω, et un interrupteur K. À t=0, on ferme K ; i(0)=0. On enregistre i(t) : la tangente à la courbe à l'origine coupe l'asymptote horizontale à la date t=6,0ms.
Établis l'équation différentielle vérifiée par i(t).
La solution est de la forme i(t)=Ip(1−e−t/τ). Détermine Ip et τ en fonction de E, R, r et L.
Montre que R+rL a la dimension d'un temps.
Calcule Ip, puis détermine l'inductance L de la bobine.
Donne l'expression de uL(t) et calcule uL à t=0+ puis en régime permanent.
Calcule l'énergie magnétique emmagasinée en régime permanent.
À quelle date i atteint-elle 95% de Ip ?
Voir le corrigé
1)E=uR+uL=Ri+ri+Ldtdi, donc :
Ldtdi+(R+r)i=E
2) On a dtdi=τIpe−t/τ. En remplaçant : τLIpe−t/τ+(R+r)Ip−(R+r)Ipe−t/τ=E, soit Ipe−t/τ(τL−(R+r))+(R+r)Ip=E. Cette égalité est vraie pour tout t : le coefficient de l'exponentielle est nul, donc τ=R+rL, et Ip=R+rE.
3)uL=Ldtdi donne [L]=[U][T][I]−1 et uR=Ri donne [R]=[U][I]−1. Donc [R+rL]=[T] : c'est un temps.
4)Ip=40+1012=0,24A. L'abscisse du point d'intersection de la tangente à l'origine et de l'asymptote est τ=6,0ms. Donc L=τ(R+r)=6,0×10−3×50=0,30H.
5)uL=E−uR=E−RIp(1−e−t/τ)=rIp+RIpe−t/τ, soit uL(t)=2,4+9,6e−t/τ en volts. À t=0+ : uL=12V=E. En régime permanent : uL=rIp=2,4V.
6)Em=21LIp2=21×0,30×0,242=8,6×10−3J.
7)1−e−t/τ=0,95⟺e−t/τ=0,05⟺t=τln20=6,0×3,0=18ms, soit 3τ.
Exercice 10 : Établissement puis rupture du courant
Type Bac
Un générateur idéal de tension E=6,0V, un conducteur ohmique de résistance R=20Ω et une bobine d'inductance L=0,10H et de résistance r=10Ω sont reliés par un interrupteur K à deux positions. Position 1 : générateur, R et bobine sont en série (établissement). Position 2 : R et bobine sont reliés seuls (rupture). À t=0, on place K en position 1 ; i(0)=0.
Établis l'équation différentielle vérifiée par i en position 1, puis donne Ip et τ.
Écris i(t) et estime la durée de l'établissement.
À la date t1=30ms, on bascule K en position 2. On prend une nouvelle origine des dates, t′=t−t1. Montre que le régime permanent est atteint à t1, puis établis l'équation différentielle de la rupture et donne i(t′).
Calcule uL juste avant la bascule, puis à t′=0+. Commente.
Calcule l'énergie dissipée par effet Joule dans R, puis dans la bobine, pendant la rupture.
À quelle date t′ l'énergie magnétique vaut-elle 10% de sa valeur initiale ?
Voir le corrigé
1)E=Ri+ri+Ldtdi, soit 0,10dtdi+30i=6,0. Avec R+r=30Ω : Ip=306,0=0,20A et τ=300,10=3,3×10−3s=3,3ms.
2) On écrit dtdi=−300i+60, dont les solutions sont αe−300t+0,20. Avec i(0)=0 : i(t)=0,20(1−e−300t) en ampères. Le régime permanent est atteint au bout d'environ 5τ=17ms.
3) À t1=30ms=9τ : i=0,20(1−e−9)=0,20A=Ip. Le régime permanent est bien atteint. En position 2, uR+uL=0, soit 0,10dtdi+30i=0. Comme i est continue, i(0)=0,20A, et i(t′)=0,20e−300t′ en ampères.
4) Juste avant la bascule, uL=rIp=10×0,20=2,0V. À t′=0+ : uL=ri+Ldtdi=10×0,20+0,10×(−60)=−4,0V, ce qui est aussi −Ri(0)=−20×0,20. La tension uL change brusquement de signe (2,0V puis −4,0V), alors que i est continue.
5) L'énergie magnétique initiale, 21LIp2=21×0,10×0,202=2,0×10−3J, est entièrement dissipée. Le courant est le même dans R et dans r, donc l'énergie se partage proportionnellement aux résistances : dans R, 3020×2,0=1,3mJ ; dans la bobine, 3010×2,0=0,67mJ.
6)Em∝i2. On veut i2=0,10Ip2, soit e−2t′/τ=0,10, donc t′=2τln10=3,8ms.
QCM
Erreurs fréquentes
Oublier la résistance r de la bobine : la constante de temps est τ=R+rL et non RL, et Ip=R+rE.
Écrire uL=Ldtdi pour une bobine qui a une résistance : il faut ajouter le terme ri, soit uL=ri+Ldtdi.
Dire que uL=0 en régime permanent alors que la bobine a une résistance : uL=rIp. Seule une bobine idéale a uL=0.
Croire que l'intensité s'établit instantanément, ou que uL est continue : c'est l'intensité i qui est continue, et uL passe de 0 à E à la fermeture.
Confondre τ=RL avec τ=RL ou τ=LR. Contrôle par l'unité : henry divisé par ohm donne des secondes.
Pour la rupture, écrire i=I0(1−e−t/τ) : la rupture est une décroissance exponentielle, i=I0e−t/τ, et uL=−RI0e−t/τ est négative.
Oublier de convertir les mH en H avant de calculer τ ou l'énergie.
Écrire Em=21Li : il manque le carré. Doubler l'intensité multiplie l'énergie par 4.
À retenir
Pour une bobine (L;r) en convention récepteur : uL=ri+Ldtdi ; l'inductance s'exprime en henrys.
L'intensité i est continue dans une bobine ; la tension uL peut varier brusquement. En régime permanent, uL=ri.
Établissement du courant sous un échelon E : Ldtdi+(R+r)i=E, de solution i=Ip(1−e−t/τ) avec Ip=R+rE.
Rupture du courant : Ldtdi+(R+r)i=0, de solution i=I0e−t/τ ; alors uL=−RI0e−t/τ.
La constante de temps τ=R+rL s'exprime en secondes ; elle se lit avec la tangente à l'origine ou avec 0,63Ip ; le régime transitoire dure environ 5τ.
Si r est négligeable, τ=RL et Ip=RE.
L'énergie magnétique emmagasinée est Em=21Li2 ; elle est continue.
Bilan de puissance à l'établissement : Ei=(R+r)i2+dtd(21Li2).