Évolution spontanée d'un système chimique : les piles
Cours complet sur les piles 2e Bac PC : critère Qr et K, pile Daniell, schéma conventionnel, f.é.m., quantité d'électricité, 9 exercices corrigés et QCM.
60 min
9 exercices corrigés
QCM de 8 questions
Prérequis : Quotient de réaction et constante d'équilibre K, oxydoréduction, tableau d'avancement, intensité du courant
cours, méthodes, 9 exercices corrigés, QCM de 8 questions
Durée
60 min
Prérequis
Quotient de réaction et constante d'équilibre K, oxydoréduction, tableau d'avancement, intensité du courant
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L'essentiel
1. Rappels : quotient de réaction et constante d'équilibre
Définition
Pour une transformation modélisée par l'équation aA+bB⇌cC+dD en solution aqueuse, le quotient de réaction du système à un instant donné est :
Qr=[A]a[B]b[C]c[D]d
Les concentrations sont exprimées en mol.L−1. Le solvant (l'eau) et les espèces solides n'apparaissent pas dans Qr. Le quotient Qr n'a pas d'unité.
On note Qr,i sa valeur dans l'état initial et Qr,eˊq sa valeur dans l'état d'équilibre. À l'équilibre, Qr,eˊq=K : la constante d'équilibreK ne dépend que de l'équation écrite et de la température.
Exemple
Pour Zn(s)+Cu(aq)2+⇌Zn(aq)2++Cu(s), on a Qr=[Cu2+][Zn2+]. Pour Cu(s)+2Ag(aq)+⇌Cu(aq)2++2Ag(s), on a Qr=[Ag+]2[Cu2+].
Attention
La valeur de K dépend de la façon d'écrire l'équation. Si on écrit l'équation en sens inverse, la constante devient K1. Si on multiplie tous les nombres stœchiométriques par 2, elle devient K2.
2. Critère d'évolution spontanée
Propriété
Un système chimique qui n'est pas à l'équilibre évolue spontanément dans le sens qui rapproche Qr de K.
Si Qr,i<K : le système évolue dans le sens direct (sens 1, réactifs vers produits). Qr augmente jusqu'à K.
Si Qr,i>K : le système évolue dans le sens inverse (sens 2). Qr diminue jusqu'à K.
Si Qr,i=K : le système est déjà à l'équilibre, il n'évolue pas.
Remarque
À quantités initiales comparables, plus K est grande, plus la transformation dans le sens direct est avancée à l'état final. Pour K très grande (par exemple K≈1037), la transformation est quasi totale : l'état final est pratiquement celui où le réactif limitant a disparu. Quand K est de l'ordre de 1, l'état final contient des réactifs et des produits en quantités comparables.
Exemple
Dans un mélange où [Zn2+]=[Cu2+]=1,0mol.L−1, on a Qr,i=1,0. Comme K≈1037 pour Zn+Cu2+⇌Zn2++Cu, on a Qr,i<K : le système évolue dans le sens direct, le zinc est oxydé et le cuivre se dépose.
3. Transfert spontané d'électrons entre espèces chimiques
Plongeons une lame de zinc dans une solution bleue de sulfate de cuivre II. Au bout de quelques minutes, on observe un dépôt rouge de cuivre sur la lame, la solution se décolore peu à peu et la lame de zinc s'use. La solution s'échauffe légèrement.
Les deux couples en jeu sont Zn2+/Zn et Cu2+/Cu. Rappelons qu'un oxydant est une espèce capable de capter des électrons, un réducteur une espèce capable d'en céder, une oxydation une perte d'électrons et une réduction un gain d'électrons.
Zn(s)→Zn(aq)2++2e−(oxydation)
Cu(aq)2++2e−→Cu(s)(reˊduction)
Les électrons passent directement du zinc aux ions cuivre II, au contact de la lame : toute l'énergie libérée est cédée sous forme de chaleur. Pour récupérer une énergie électrique, il faut obliger les électrons à passer par un circuit extérieur : il suffit de séparer les deux réactifs. C'est le principe d'une pile.
4. Constitution et fonctionnement d'une pile
Définition
Une pile est un dispositif qui transforme une partie de l'énergie chimique d'un système en énergie électrique. Elle est formée de deux demi-piles, chacune contenant les deux espèces d'un couple oxydant/réducteur, reliées par un pont salin (ou une paroi poreuse).
Chaque demi-pile contient une électrode, conducteur électronique (métal, graphite) plongé dans une solution ionique. Le pont salin est un tube contenant un gel (ou du papier filtre) imbibé d'une solution ionique, par exemple de nitrate de potassium (K++NO3−). Il a deux rôles : fermer le circuit grâce au déplacement des ions et maintenir les solutions électriquement neutres.
Attention
Avec des ions argent Ag+, on n'utilise pas un pont au chlorure de potassium : il se formerait un précipité de chlorure d'argent. On prend du nitrate de potassium.
Définition
L'anode est l'électrode où se produit une oxydation. La cathode est l'électrode où se produit une réduction. Dans une pile qui débite, l'anode est le pôle négatif et la cathode le pôle positif.
La pile Daniell est formée d'une lame de zinc plongeant dans une solution de sulfate de zinc et d'une lame de cuivre plongeant dans une solution de sulfate de cuivre II. Avec des concentrations de l'ordre de 1mol.L−1, Qr,i≈1 est très inférieur à K≈1037 : le système évolue dans le sens direct.
Demi-pile de zinc
Demi-pile de cuivre
Électrode
anode, pôle négatif
cathode, pôle positif
Transformation
oxydation
réduction
Demi-équation
Zn(s)→Zn(aq)2++2e−
Cu(aq)2++2e−→Cu(s)
La lame
s'use (sa masse diminue)
grossit (dépôt de cuivre)
Solution
[Zn2+] augmente
[Cu2+] diminue
En additionnant les deux demi-équations (les électrons se compensent), on retrouve l'équation de la réaction spontanée :
Zn(s)+Cu(aq)2+→Zn(aq)2++Cu(s)
Qui circule où ?
Dans les conducteurs métalliques (fils, électrodes) : les électrons circulent, dans le circuit extérieur, du pôle négatif (zinc) vers le pôle positif (cuivre).
Le courant électrique conventionnel circule en sens inverse des électrons : dans le circuit extérieur, du pôle positif vers le pôle négatif.
Dans les solutions et dans le pont salin : seuls les ions se déplacent. Les anions vont vers l'anode (compartiment du zinc, où des charges positives apparaissent), les cations vers la cathode (compartiment du cuivre, où des charges positives disparaissent). Aucun électron ne traverse la solution.
5. Schéma conventionnel d'une pile
Définition
Le schéma conventionnel d'une pile se lit de gauche à droite : on écrit d'abord l'électrode négative (anode), puis les espèces de sa solution, le pont salin, les espèces de la seconde solution et enfin l'électrode positive (cathode). Une barre simple sépare deux phases différentes ; une double barre représente le pont salin.
⊖Zn(s)∣Zn(aq)2+∥Cu(aq)2+∣Cu(s)⊕
Pour la pile cuivre-argent, avec Qr,i<K dans le sens Cu+2Ag+→Cu2++2Ag :
⊖Cu(s)∣Cu(aq)2+∥Ag(aq)+∣Ag(s)⊕
Remarque
Beaucoup de livres notent la barre simple par une barre oblique : Zn/Zn2+//Cu2+/Cu. C'est la même écriture.
Comment trouver la polarité ? Deux méthodes : (1) calculer Qr,i, comparer à K et en déduire quel réducteur s'oxyde ; (2) brancher un voltmètre : si la borne V est reliée à l'électrode A et la borne COM à l'électrode B, l'appareil indique U=VA−VB. Une valeur positive signifie que A est le pôle positif.
6. Force électromotrice (f.é.m.)
Définition
La force électromotriceE d'une pile est la tension entre ses bornes lorsqu'elle ne débite aucun courant (circuit ouvert, I=0) :
E=V(+)−V(−)=UPN(I=0)
Elle s'exprime en volts. On la mesure avec un voltmètre de grande résistance interne, qui ne laisse passer pratiquement aucun courant.
Quelques repères :
E dépend de la nature des deux couples et de l'état du système (concentrations, température). Une pile Daniell à 1mol.L−1 a E≈1,1V ; une pile cuivre-argent a une f.é.m. de l'ordre de 0,4 à 0,5V.
Quand la pile débite, Qr se rapproche de K et Ediminue. Lorsque Qr,eˊq=K, le système n'évolue plus, E=0 : la pile est usée.
Quand la pile débite un courant I, la tension à ses bornes est UPN=E−rI, où r est la résistance interne de la pile. Elle est donc inférieure à E.
Remarque
Dans ce chapitre, E est toujours donnée ou mesurée. Son calcul à partir des concentrations (relation de Nernst) n'est pas exigé au programme de 2e Bac PC.
7. Quantité d'électricité débitée
La charge électrique qui traverse une section du circuit pendant la durée Δt avec un courant constant I est :
Q=IΔt(Q en coulombs, I en ampeˋres, Δt en secondes)
Une mole d'électrons porte la charge NA⋅e, appelée constante de Faraday :
F=NAe≈9,65×104C.mol−1
Propriété
La quantité de matière d'électrons échangés vérifie n(e−)=FQ=FIΔt. Si l'équation de la réaction, telle qu'elle est écrite, correspond à l'échange de z électrons (par exemple z=2 pour Zn+Cu2+→Zn2++Cu, et aussi z=2 pour Cu+2Ag+→Cu2++2Ag), alors n(e−)=zx, soit x=zFIΔt.
Le tableau d'avancement de la pile Daniell, où x est l'avancement, s'écrit :
État
Zn(s)
Cu2+
Zn2+
Cu(s)
Initial (x=0)
n0(Zn)
n0(Cu2+)
n0(Zn2+)
n0(Cu)
En cours (x)
n0(Zn)−x
n0(Cu2+)−x
n0(Zn2+)+x
n0(Cu)+x
On en déduit, après la durée Δt :
Δm(Zn)=−M(Zn)x=−2FM(Zn)IΔtΔm(Cu)=+M(Cu)x
La capacité d'une pile est la charge maximale qu'elle peut débiter : Qmax=zxmaxF, où xmax est l'avancement maximal (réactif limitant). Avec un courant constant, la durée maximale de fonctionnement est Δtmax=IQmax. En électricité pratique, on exprime souvent la capacité en ampères-heures : 1A.h=3600C.
Remarque
Pour la pile Daniell, K est énorme : la pile s'arrête quand un réactif est épuisé (xf≈xmax). Pour une pile dont la constante K est modérée, elle s'arrête plus tôt, quand Qr,eˊq=K, avec encore des réactifs présents : on détermine alors xf avec la condition Qr(xf)=K (voir la méthode 5).
8. Piles usuelles (pour information)
Les piles salines et alcalines du commerce utilisent le zinc comme réducteur et le dioxyde de manganèse comme oxydant ; certaines piles boutons associent le zinc (réducteur) à l'oxyde d'argent (oxydant). Les accumulateurs (batterie de voiture au plomb, batterie lithium-ion d'un téléphone) fonctionnent comme des piles quand ils se déchargent, et se rechargent par électrolyse (chapitre suivant). Les piles à combustible consomment du dihydrogène et du dioxygène et ne rejettent que de l'eau. Toutes obéissent aux mêmes règles : oxydation à l'anode (pôle négatif), réduction à la cathode (pôle positif), Q=n(e−)F.
Méthodes
Méthode 1 : Prévoir le sens d'évolution spontanée
Écris l'équation de la réaction dans le sens pour lequel la constante K est donnée.
Écris Qr (sans les solides ni le solvant).
Calcule Qr,i avec les concentrations initiales en mol.L−1.
Compare à K : Qr,i<K sens direct ; Qr,i>K sens inverse ; Qr,i=K équilibre.
Exemple
Une lame de cuivre plonge dans une solution contenant [Cu2+]=0,050mol.L−1 et [Ag+]=0,10mol.L−1, avec Cu+2Ag+⇌Cu2++2Ag et K=3,5×1015. On calcule Qr,i=(0,10)20,050=5,0. Comme 5,0<K, le système évolue dans le sens direct : le cuivre est oxydé, l'argent se dépose.
Méthode 2 : Étudier une pile (polarité, demi-équations, schéma)
Calcule Qr,i et compare à K pour trouver le sens spontané.
Dans ce sens, le réducteur qui s'oxyde donne l'anode (pôle négatif) ; l'oxydant qui se réduit donne la cathode (pôle positif).
Écris les deux demi-équations, multiplie-les pour égaliser les électrons, puis additionne-les.
Écris le schéma conventionnel : anode à gauche, cathode à droite.
Indique les sens : électrons du pôle − vers le pôle + dans les fils, courant conventionnel de + vers − à l'extérieur, anions vers l'anode et cations vers la cathode dans la solution.
Exemple
Pile zinc-argent avec [Zn2+]=[Ag+]=0,10mol.L−1 et K≈6×1052 pour Zn+2Ag+⇌Zn2++2Ag. Qr,i=(0,10)20,10=10<K : sens direct. Le zinc s'oxyde (anode, pôle −) ; l'argent se dépose (cathode, pôle +). Schéma : ⊖Zn∣Zn2+∥Ag+∣Ag⊕. On multiplie la demi-équation de l'argent par 2 avant d'additionner : Zn+2Ag+→Zn2++2Ag.
Méthode 3 : Relier intensité, durée et quantités de matière
Convertis I en ampères et Δt en secondes.
Calcule Q=IΔt, puis n(e−)=FQ.
Avec le nombre z d'électrons échangés dans l'équation de la réaction, calcule x=zn(e−).
Utilise le tableau d'avancement : n=n0±νx, puis m=nM ou c=Vn.
Exemple
Une pile Daniell débite I=0,10A pendant 45min. On a Δt=2700s, donc Q=0,10×2700=270C, puis n(e−)=9,65×104270=2,80×10−3mol et x=1,40×10−3mol. La masse de zinc consommée est M(Zn)x=65,4×1,40×10−3≈9,15×10−2g, soit environ 91mg.
Méthode 4 : Capacité maximale et durée de fonctionnement
Calcule la quantité de matière initiale de chaque réactif (solide : n=Mm ; ion : n=cV).
Détermine xmax : le plus petit des n0/ν des réactifs. Le réactif correspondant est le réactif limitant.
Calcule Qmax=zxmaxF.
Calcule Δtmax=IQmax.
Exemple
Pile Daniell avec 2,00g de zinc et 50,0mL de solution de Cu2+ à 0,30mol.L−1. On a n(Zn)=65,42,00=3,06×10−2mol et n(Cu2+)=0,30×0,0500=1,50×10−2mol. Les ions Cu2+ sont limitants : xmax=1,50×10−2mol. Alors Qmax=2×1,50×10−2×9,65×104=2,90×103C, soit 0,804A.h. Pour I=20mA, Δtmax=0,0202895=1,45×105s, soit environ 40,2h.
Méthode 5 : Pile à constante d'équilibre modérée, état final
Écris les concentrations en fonction de x (volumes V connus).
Écris Qr(x).
Résous Qr(xf)=K pour trouver xf.
Vérifie que xf≤xmax et calcule le taux d'avancement final τf=xmaxxf.
Déduis la charge totale débitée : Q=zxfF.
Exemple
Pile ⊖Sn∣Sn2+∥Pb2+∣Pb⊕ avec K=2,2 pour Sn+Pb2+⇌Sn2++Pb, [Sn2+]i=0,050mol.L−1, [Pb2+]i=0,30mol.L−1 et V=50,0mL dans chaque compartiment ; les lames d'étain et de plomb sont en excès. Avec y=Vx, on a [Sn2+]=0,050+y et [Pb2+]=0,30−y. La condition 0,30−yf0,050+yf=2,2 donne yf=3,22,2×0,30−0,050=0,191mol.L−1, d'où xf=yfV=9,53×10−3mol. Comme xmax=0,30×0,0500=1,5×10−2mol, on a τf≈0,64 : la transformation n'est pas totale.
Exercices corrigés
Exercice 1 : Prévoir le sens d'évolution
Facile
On étudie la réaction d'équation Fe(aq)3++Ag(s)⇌Fe(aq)2++Ag(aq)+, dont la constante d'équilibre à 25∘C est K=0,30. On prépare trois mélanges, chacun contenant un morceau d'argent solide :
Mélange
[Fe3+]i en mol/L
[Fe2+]i en mol/L
[Ag+]i en mol/L
(a)
0,10
0,010
0,010
(b)
0,010
0,10
0,10
(c)
0,10
0,30
0,10
Écris l'expression du quotient de réaction Qr.
Pour chaque mélange, calcule Qr,i et indique le sens d'évolution spontanée.
Dans le mélange (a), la concentration en ions argent va-t-elle augmenter ou diminuer ?
Voir le corrigé
1. L'argent est un solide : il n'apparaît pas dans Qr. On a donc Qr=[Fe3+][Fe2+][Ag+].
2. Mélange (a) : Qr,i=0,100,010×0,010=1,0×10−3. Comme Qr,i<K, le système évolue dans le sens direct.
Mélange (b) : Qr,i=0,0100,10×0,10=1,0. Comme Qr,i>K, le système évolue dans le sens inverse.
Mélange (c) : Qr,i=0,100,30×0,10=0,30=K. Le système est à l'équilibre : il n'évolue pas.
3. Dans le mélange (a), le sens direct forme Ag+ : la concentration [Ag+] augmente.
Exercice 2 : Pile cuivre-argent, polarité et schéma
Facile
On réalise une pile avec deux demi-piles reliées par un pont salin au nitrate de potassium : un fil de cuivre plonge dans 100mL de solution de nitrate de cuivre II à 0,10mol.L−1 et un fil d'argent plonge dans 100mL de solution de nitrate d'argent à 0,10mol.L−1. L'équation de la réaction est Cu(s)+2Ag(aq)+⇌Cu(aq)2++2Ag(s) et K=3,5×1015 à 25∘C.
Calcule Qr,i. Quel est le sens d'évolution spontanée ?
Écris les demi-équations aux électrodes et indique l'anode, la cathode et la polarité de chacune.
Écris le schéma conventionnel de la pile.
Indique le sens de déplacement des électrons et du courant dans le circuit extérieur, puis le sens de déplacement des ions K+ et NO3− dans le pont salin.
Un voltmètre dont la borne V est reliée à l'argent et la borne COM au cuivre indique +0,43V. Cette indication est-elle cohérente avec la question 2 ? Que représente cette valeur ?
Voir le corrigé
1.Qr,i=[Ag+]2[Cu2+]=(0,10)20,10=10. Comme Qr,i<K, le système évolue dans le sens direct : le cuivre est oxydé et les ions argent sont réduits.
2. À l'électrode de cuivre : Cu(s)→Cu(aq)2++2e− (oxydation) : c'est l'anode, le pôle négatif. À l'électrode d'argent : Ag(aq)++e−→Ag(s) (réduction) : c'est la cathode, le pôle positif. Le bilan s'obtient en multipliant la seconde demi-équation par 2 : Cu+2Ag+→Cu2++2Ag.
3.⊖Cu(s)∣Cu(aq)2+∥Ag(aq)+∣Ag(s)⊕
4. Dans le circuit extérieur, les électrons vont de l'électrode de cuivre (pôle −) vers l'électrode d'argent (pôle +). Le courant conventionnel circule en sens inverse : de l'argent vers le cuivre. Dans le pont salin, les anions NO3− vont vers l'anode (compartiment du cuivre, où des ions Cu2+ apparaissent) et les cations K+ vers la cathode (compartiment de l'argent, où des ions Ag+ disparaissent).
5. Le voltmètre indique U=VAg−VCu=+0,43V>0 : le potentiel de l'argent est supérieur à celui du cuivre, l'argent est bien le pôle positif. C'est cohérent avec la question 2. Le voltmètre a une très grande résistance : il ne passe pratiquement aucun courant, donc la valeur mesurée est la force électromotrice de la pile, E=0,43V.
Déduis la quantité de matière d'électrons échangés, puis le nombre d'électrons.
Exprime l'avancement x en fonction de n(e−) et calcule-le.
Calcule la masse de zinc consommée et la masse de cuivre déposée.
Calcule la variation de concentration Δ[Zn2+] dans le compartiment du zinc.
Voir le corrigé
1.Δt=2,5×3600=9000s et I=20×10−3A. Donc Q=IΔt=20×10−3×9000=180C.
2.n(e−)=FQ=9,65×104180=1,87×10−3mol. Le nombre d'électrons est N=n(e−)NA=1,865×10−3×6,02×1023=1,12×1021.
3. La demi-équation Zn→Zn2++2e− donne n(e−)=2x, donc x=2n(e−)=21,865×10−3=9,33×10−4mol.
4. D'après le tableau d'avancement, il disparaît x mole de zinc et il se forme x mole de cuivre. Δm(Zn)=M(Zn)x=65,4×9,33×10−4=6,10×10−2g, soit 61mg de zinc consommé. m(Cu)=63,5×9,33×10−4=5,92×10−2g, soit 59mg de cuivre déposé.
5. Il se forme x mole de Zn2+ dans V=0,100L : Δ[Zn2+]=Vx=0,1009,33×10−4=9,33×10−3mol.L−1.
Une pile Daniell est construite avec une lame de zinc de masse 3,27g plongeant dans 100mL de solution de sulfate de zinc, et une lame de cuivre en excès plongeant dans 100mL de solution de sulfate de cuivre II à 1,0mol.L−1. La pile débite un courant constant I=50mA jusqu'à épuisement d'un réactif (K est très grande). On donne M(Zn)=65,4g.mol−1 et F=9,65×104C.mol−1.
Quel est le réactif limitant ? Calcule xmax.
Calcule la capacité Qmax de la pile en coulombs, puis en ampères-heures.
Calcule la durée de fonctionnement, en heures.
On remplace la lame de zinc par une lame de 13,08g. Que deviennent le réactif limitant, la capacité et la durée ?
Voir le corrigé
1.n(Zn)=65,43,27=5,00×10−2mol et n(Cu2+)=1,0×0,100=1,00×10−1mol. Les deux réactifs sont consommés à raison de x chacun : le plus petit est le zinc. Le réactif limitant est le zinc et xmax=5,00×10−2mol.
2.Qmax=2xmaxF=2×5,00×10−2×9,65×104=9,65×103C. En ampères-heures : 36009650=2,68A.h.
3.Δtmax=IQmax=50×10−39650=1,93×105s, soit 3600193000≈53,6h.
4.n(Zn)=65,413,08=0,200mol. Maintenant n(Cu2+)=0,100mol est le plus petit : le réactif limitant devient Cu2+ et xmax=0,100mol. Alors Qmax=2×0,100×9,65×104=1,93×104C, soit 5,36A.h, et Δtmax=0,05019300=3,86×105s≈107h. La capacité est doublée, puisque la quantité de réactif limitant a doublé.
Exercice 5 : Évolution de Qr au cours du fonctionnement
Moyen
Une pile Daniell contient V=50,0mL de solution dans chaque compartiment : [Zn2+]i=0,10mol.L−1 et [Cu2+]i=0,10mol.L−1. Les lames de zinc et de cuivre sont en excès. On donne K=2,0×1037, F=9,65×104C.mol−1, M(Zn)=65,4g.mol−1 et M(Cu)=63,5g.mol−1. La pile débite I=0,10A pendant 10min.
Calcule Qr,i et indique le sens d'évolution.
Calcule l'avancement x après 10min.
Calcule [Zn2+] et [Cu2+] à cet instant.
Calcule Qr à cet instant. La pile peut-elle continuer à débiter ?
Calcule la variation de masse de chaque électrode.
Voir le corrigé
1.Qr,i=[Cu2+]i[Zn2+]i=0,100,10=1,0<K : sens direct.
2.Q=IΔt=0,10×600=60C et x=2FQ=2×9,65×10460=3,11×10−4mol.
3. Quantités initiales : n0=0,10×0,0500=5,00×10−3mol pour chaque ion. Alors [Zn2+]=Vn0+x=0,05005,00×10−3+3,11×10−4=0,106mol.L−1 et [Cu2+]=Vn0−x=0,05005,00×10−3−3,11×10−4=0,0938mol.L−1.
4.Qr=0,09380,106=1,13. Elle a augmenté (de 1,0 à 1,13) mais reste très inférieure à K=2,0×1037 : la pile peut continuer à débiter.
5. La lame de zinc perd M(Zn)x=65,4×3,11×10−4=2,03×10−2g, soit 20,3mg ; la lame de cuivre gagne 63,5×3,11×10−4=1,97×10−2g, soit 19,7mg.
Exercice 6 : Pile cuivre-argent jusqu'à épuisement
Moyen
La pile de l'exercice 2 est modifiée : le compartiment de cuivre contient 50,0mL de solution à 0,10mol.L−1 de Cu2+, le compartiment d'argent 50,0mL de solution à 0,20mol.L−1 de Ag+. Les fils de cuivre et d'argent sont en large excès. On donne K=3,5×1015, F=9,65×104C.mol−1, M(Ag)=107,9g.mol−1 et M(Cu)=63,5g.mol−1. La pile débite un courant constant I=10mA jusqu'à ce qu'elle ne débite plus.
Calcule Qr,i. Quel est le sens d'évolution ?
Dresse le tableau d'avancement et détermine xmax.
Calcule la charge totale débitée et la durée de fonctionnement.
Calcule la concentration finale en ions Cu2+ et la masse d'argent déposée.
Calcule la concentration finale en ions Ag+ en admettant que [Cu2+]f est celle de la question 4. Conclus.
Voir le corrigé
1.Qr,i=[Ag+]i2[Cu2+]i=(0,20)20,10=2,5<K : sens direct.
2.n0(Ag+)=0,20×0,0500=1,00×10−2mol et n0(Cu2+)=0,10×0,0500=5,00×10−3mol.
État
Cu(s)
Ag+
Cu2+
Ag(s)
Initial
excès
1,00×10−2
5,00×10−3
excès
En cours (x)
excès
1,00×10−2−2x
5,00×10−3+x
excès
Les solides sont en excès : le réactif limitant est Ag+. 1,00×10−2−2xmax=0 donne xmax=5,00×10−3mol.
3. La demi-équation du cuivre fait intervenir z=2 électrons : Q=2xmaxF=2×5,00×10−3×9,65×104=965C. La durée est Δt=IQ=10×10−3965=9,65×104s, soit environ 26,8h.
4.[Cu2+]f=0,05005,00×10−3+5,00×10−3=0,200mol.L−1. Il s'est déposé n(Ag)=2xmax=1,00×10−2mol, donc m(Ag)=107,9×1,00×10−2=1,08g.
5. À l'équilibre, Qr,eˊq=[Ag+]f2[Cu2+]f=K, donc [Ag+]f=3,5×10150,200=7,6×10−9mol.L−1. Cette valeur est négligeable devant 0,20mol.L−1 : la transformation est quasi totale, ce qui justifie xf≈xmax.
Exercice 7 : Pile à constante d'équilibre modérée, étain-plomb
Difficile
On étudie la pile Sn(s)∣Sn(aq)2+∥Pb(aq)2+∣Pb(s). Chaque compartiment contient V=100mL de solution : [Sn2+]i=0,10mol.L−1 et [Pb2+]i=0,20mol.L−1. Les lames sont en grand excès. La réaction est Sn(s)+Pb(aq)2+⇌Sn(aq)2++Pb(s) avec K=2,2. On donne F=9,65×104C.mol−1.
Calcule Qr,i et justifie le schéma de la pile (polarités). Écris les demi-équations.
Exprime [Sn2+] et [Pb2+] en fonction de l'avancement x.
Explique pourquoi la pile cesse de débiter lorsque Qr=K, puis calcule l'avancement final xf.
Calcule les concentrations finales et le taux d'avancement final τf=xmaxxf. Commente.
Calcule la charge totale débitée. Pendant combien d'heures la pile peut-elle débiter I=5,0mA ?
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1.Qr,i=[Pb2+]i[Sn2+]i=0,200,10=0,50<K=2,2 : sens direct. L'étain s'oxyde (anode, pôle −, à gauche) et les ions plomb se réduisent (cathode, pôle +, à droite), ce qui justifie le schéma. Demi-équations : Sn→Sn2++2e− et Pb2++2e−→Pb.
2.n0(Sn2+)=0,10×0,100=1,0×10−2mol et n0(Pb2+)=0,20×0,100=2,0×10−2mol. Alors [Sn2+]=0,1001,0×10−2+x=0,10+10x et [Pb2+]=0,20−10x (avec x en mol).
3. Quand la pile débite, Qr augmente et se rapproche de K. Quand Qr=K, le système est à l'état d'équilibre : il n'évolue plus, plus aucun courant ne circule. On résout 0,20−10xf0,10+10xf=2,2, soit 0,10+10xf=0,44−22xf, donc 32xf=0,34 et xf=1,06×10−2mol.
4.[Sn2+]f=0,10+0,106=0,206mol.L−1 et [Pb2+]f=0,20−0,106=0,094mol.L−1. Vérification : 0,0940,206≈2,2=K. Le réactif limitant théorique est Pb2+ : xmax=2,0×10−2mol. Donc τf=2,0×10−21,06×10−2=0,53. La transformation est non totale : la pile est « usée » alors qu'il reste des ions Pb2+. C'est la conséquence d'une constante K modérée.
5.Q=2xfF=2×1,0625×10−2×9,65×104=2,05×103C. Pour I=5,0×10−3A : Δt=5,0×10−32051=4,10×105s, soit environ 114h.
On réalise une pile Daniell avec deux électrodes de masse initiale 5,00g chacune. Le compartiment du zinc contient 100mL de solution de sulfate de zinc à 0,050mol.L−1 ; le compartiment du cuivre contient 100mL de solution de sulfate de cuivre II à 0,50mol.L−1. Un pont salin relie les deux solutions. L'équation de la réaction est Zn(s)+Cu(aq)2+⇌Zn(aq)2++Cu(s), de constante K=2,0×1037 à 25∘C.
Calcule le quotient de réaction initial Qr,i. Dans quel sens le système évolue-t-il spontanément quand on ferme le circuit ?
Écris les demi-équations, le schéma conventionnel de la pile et précise l'anode et la cathode.
À vide, un voltmètre indique E=1,13V. Comment s'appelle cette grandeur ? Pourquoi la tension mesurée aux bornes de la pile est-elle plus petite quand la pile alimente une lampe ?
La pile alimente la lampe avec un courant constant I=50mA pendant 4,0h. Calcule la charge débitée Q, la quantité d'électrons échangés et l'avancement x.
Calcule les masses finales des deux électrodes.
Calcule les concentrations finales en ions Zn2+ et Cu2+, puis Qr. La pile est-elle usée ?
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1.Qr,i=[Cu2+]i[Zn2+]i=0,500,050=0,10. Comme Qr,i<K, le système évolue dans le sens direct : le zinc est oxydé et les ions Cu2+ sont réduits.
3.E est la force électromotrice de la pile : tension à vide, avec I=0. Quand la pile débite un courant I, une partie de l'énergie est dissipée dans la résistance interne r de la pile : UPN=E−rI<E.
4.Δt=4,0×3600=14400s. Q=IΔt=50×10−3×14400=720C. n(e−)=9,65×104720=7,46×10−3mol et x=2n(e−)=3,73×10−3mol.
5. Zinc : Δm=−65,4×3,73×10−3=−0,244g, donc mf(Zn)=5,00−0,244=4,76g. Cuivre : Δm=+63,5×3,73×10−3=+0,237g, donc mf(Cu)=5,00+0,237=5,24g.
6.n0(Zn2+)=0,050×0,100=5,0×10−3mol et n0(Cu2+)=0,50×0,100=5,0×10−2mol. Alors [Zn2+]f=0,1005,0×10−3+3,73×10−3=0,0873mol.L−1 et [Cu2+]f=0,1005,0×10−2−3,73×10−3=0,463mol.L−1. Donc Qr=0,4630,0873=0,19. Cette valeur reste très inférieure à K : la pile n'est pas usée et peut continuer à débiter.
Exercice 9 : Pile fer-cuivre et exploitation d'une pesée
Type Bac
Une pile est formée de deux demi-piles reliées par un pont salin : l'une contient une lame de fer plongeant dans 200mL de solution de sulfate de fer II à 0,10mol.L−1, l'autre une lame de cuivre plongeant dans 200mL de solution de sulfate de cuivre II à 0,50mol.L−1. La réaction possible est Fe(s)+Cu(aq)2+⇌Fe(aq)2++Cu(s) de constante K=2×1026.
Calcule Qr,i et indique le sens d'évolution spontanée.
Écris les demi-équations, le schéma conventionnel de la pile, puis indique le sens des électrons et du courant dans le circuit extérieur.
La pile débite un courant constant I=40mA pendant une durée Δt. À la fin, la masse de la lame de fer a diminué de 140mg. Calcule la quantité de fer consommée, puis l'avancement x.
Déduis la charge débitée Q et la durée Δt (en minutes).
Calcule la masse de cuivre déposée.
Calcule les concentrations finales [Fe2+]f et [Cu2+]f.
Voir le corrigé
1.Qr,i=[Cu2+]i[Fe2+]i=0,500,10=0,20. Comme Qr,i<K, l'évolution spontanée se fait dans le sens direct : le fer est oxydé et les ions cuivre II sont réduits.
2. Anode (fer, pôle −) : Fe(s)→Fe(aq)2++2e−. Cathode (cuivre, pôle +) : Cu(aq)2++2e−→Cu(s). Schéma : ⊖Fe(s)∣Fe(aq)2+∥Cu(aq)2+∣Cu(s)⊕. Dans le circuit extérieur, les électrons vont du fer vers le cuivre ; le courant conventionnel va du cuivre vers le fer.
3.n(Fe)=Mm=55,80,140=2,51×10−3mol. Le fer disparaît à raison de x : x=2,51×10−3mol.
4.n(e−)=2x=5,02×10−3mol, donc Q=n(e−)F=5,02×10−3×9,65×104=484C. La durée est Δt=IQ=40×10−3484=1,21×104s, soit environ 202min (3h22min).
5. Il se forme x mole de cuivre : m(Cu)=M(Cu)x=63,5×2,51×10−3=0,159g.
6.n0(Fe2+)=0,10×0,200=2,0×10−2mol et n0(Cu2+)=0,50×0,200=1,0×10−1mol. Alors [Fe2+]f=0,2002,0×10−2+2,51×10−3=0,113mol.L−1 et [Cu2+]f=0,2001,0×10−1−2,51×10−3=0,487mol.L−1.
Écrire les solides dans Qr. Pour Zn+Cu2+⇌Zn2++Cu, on écrit Qr=[Cu2+][Zn2+] et non [Zn][Cu2+][Zn2+][Cu]. Les solides et le solvant n'y figurent pas.
Inverser le critère d'évolution.Qr,i<K donne le sens direct (le quotient doit grandir pour atteindre K) ; Qr,i>K donne le sens inverse. Retiens que Qr « court » vers K.
Faire passer des électrons dans la solution ou dans le pont salin. Les électrons ne circulent que dans les fils et les électrodes ; dans les solutions, ce sont les ions qui transportent le courant.
Mélanger anode et pôle positif. L'anode est toujours le siège de l'oxydation. Dans une pile, c'est le pôle négatif. (Dans un électrolyseur, ce sera l'inverse : c'est ce que tu verras au chapitre suivant.)
Oublier le nombre d'électrons z. Pour Zn/Zn2+, n(e−)=2x et non x : l'avancement est x=2FIΔt.
Confondre f.é.m. et tension en charge.E est mesurée à vide ; en fonctionnement, UPN=E−rI est plus petite.
Ne pas convertir les unités.I doit être en ampères (mA ×10−3) et Δt en secondes (min ×60, h ×3600) avant de calculer Q=IΔt.
Croire qu'une pile usée n'a plus de réactifs. Quand K n'est pas très grande, la pile s'arrête à Qr=K alors que les réactifs ne sont pas tous consommés.
À retenir
Un système évolue spontanément dans le sens qui rapproche Qr de K : Qr,i<K sens direct, Qr,i>K sens inverse, Qr,i=K équilibre.
Dans Qr, on n'écrit ni les solides ni le solvant ; K ne dépend que de l'équation et de la température.
Une pile sépare l'oxydant et le réducteur de deux couples : l'énergie chimique est convertie en énergie électrique.
Anode = oxydation = pôle négatif de la pile ; cathode = réduction = pôle positif de la pile.
Schéma conventionnel : ⊖ anode ∣ solution ∥ solution ∣ cathode ⊕. Électrons : de − vers + dans les fils ; courant conventionnel : de + vers − à l'extérieur ; ions dans la solution.
La f.é.m. E est la tension à vide ; elle diminue quand la pile débite et s'annule quand Qr=K (pile usée).
Quantité d'électricité : Q=IΔt=n(e−)F avec F≈9,65×104C.mol−1 ; avec z électrons par transformation, x=zFIΔt.