cours, méthodes, 9 exercices corrigés, QCM de 8 questions
Durée
55 min
Prérequis
Évolution spontanée et piles (2e Bac), quotient de réaction, oxydoréduction, tableau d'avancement
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contenu original 9raya, gratuit, CC BY-NC-SA 4.0.
L'essentiel
1. Transformation spontanée et transformation forcée
Dans une pile, le système évolue spontanément : Qr se rapproche de K et le système fournit de l'énergie électrique. L'électrolyse fait l'inverse : on impose au système un courant avec un générateur, et il évolue dans le sens opposé à son sens spontané.
Définition
Une transformation chimique est forcée lorsqu'elle se produit dans le sens inverse du sens d'évolution spontanée, grâce à l'énergie électrique fournie par un générateur. Le générateur éloigne Qr de K, alors que spontanément Qr se rapproche de K.
Exemple
La réaction Zn(s)+Cu(aq)2+⇌Zn(aq)2++Cu(s) a une constante K≈1037 : elle se fait spontanément dans le sens direct. La réaction inverse Cu+Zn2+⇌Cu2++Zn a pour constante K′=K1≈10−37 : elle ne se produit pas spontanément. Pour la réaliser, il faut un générateur : c'est une transformation forcée.
Remarque
Une transformation forcée n'est pas une transformation « rapide » ou « violente » : elle est simplement imposée par l'extérieur. La quantité de matière transformée est fixée par la charge qui traverse le circuit.
2. L'électrolyseur
Un montage d'électrolyse comprend un électrolyseur (une cuve contenant l'électrolyte, c'est-à-dire une solution ionique, et deux électrodes), un générateur de courant continu, un ampèremètre et un interrupteur. Les électrodes peuvent être inertes (graphite, platine : elles ne réagissent pas) ou réactives (cuivre, argent, zinc : le métal lui-même peut réagir).
Définition
L'anode est l'électrode où se produit une oxydation ; elle est reliée au pôle positif du générateur. La cathode est l'électrode où se produit une réduction ; elle est reliée au pôle négatif du générateur.
Pour ne pas se tromper : « Anode et Oxydation » (les voyelles ensemble), « Cathode et Réduction » (les consonnes ensemble).
Attention
La définition de l'anode (siège de l'oxydation) est la même dans une pile et dans un électrolyseur. Mais le signe change : dans une pile, l'anode est le pôle négatif ; dans un électrolyseur, elle est reliée au pôle positif du générateur.
Qui circule où ?
Électrons (dans les fils et les électrodes uniquement) : de l'anode vers le pôle + du générateur, et du pôle − du générateur vers la cathode.
Courant conventionnel : il sort du générateur par le pôle +, arrive à l'anode, traverse la solution de l'anode vers la cathode, puis revient par le pôle −.
Ions dans l'électrolyte : les anions (ions négatifs) se dirigent vers l'anode, les cations (ions positifs) vers la cathode. Aucun électron ne traverse la solution.
3. Exemples d'électrolyses
Électrolyse d'une solution de chlorure de cuivre II (électrodes de graphite). Observations : un dépôt rouge de cuivre apparaît sur l'électrode reliée au pôle − ; un gaz jaune-vert à l'odeur piquante, le dichlore, se dégage à l'électrode reliée au pôle + ; la solution bleue se décolore.
Cathode (reˊduction) : Cu(aq)2++2e−→Cu(s)
Anode (oxydation) : 2Cl(aq)−→Cl2(g)+2e−
Bilan : Cu(aq)2++2Cl(aq)−→Cu(s)+Cl2(g)
Cette réaction est l'inverse de Cu+Cl2→Cu2++2Cl−, qui est spontanée et de constante très grande : l'électrolyse est donc une transformation forcée.
Électrolyse de l'eau acidulée (acide sulfurique, électrodes de platine ; les ions sulfate ne réagissent pas). On écrit H+ pour l'ion oxonium H3O+.
Cathode : 2H(aq)++2e−→H2(g)
Anode : 2H2O(l)→O2(g)+4H(aq)++4e−
Pour égaliser les électrons, on multiplie l'équation de la cathode par 2, puis on additionne :
2H2O(l)→2H2(g)+O2(g)
Le volume de dihydrogène recueilli est le double de celui de dioxygène.
Remarque
Quand plusieurs espèces peuvent réagir à une électrode, la réaction réellement observée dépend de l'expérience (nature de l'électrolyte, des électrodes). Au programme de 2e Bac, l'énoncé précise les couples en jeu ou donne les observations ; tu n'as pas à comparer des potentiels d'électrode.
4. Électrolyse à anode soluble et applications
Quand l'anode est faite d'un métal qui s'oxyde plus facilement que les autres espèces présentes (l'eau, les anions de la solution), elle se dissout : c'est une électrolyse à anode soluble. Avec deux électrodes de cuivre dans une solution de sulfate de cuivre II :
Le cuivre est transféré de l'anode vers la cathode : l'anode perd la masse que la cathode gagne, et la concentration en ions Cu2+ reste constante.
Applications :
Raffinage du cuivre : l'anode est du cuivre impur, la cathode du cuivre pur sur lequel se dépose le métal.
Galvanoplastie (cuivrage, nickelage, argenture, chromage) : l'objet à recouvrir est la cathode, relié au pôle − ; l'anode est souvent faite du métal à déposer (anode soluble). Elle sert à décorer ou à protéger un métal de la corrosion.
Production industrielle : aluminium (électrolyse de l'alumine dissoute dans un bain de cryolithe fondue), zinc, dichlore, soude, dihydrogène.
Recharge d'un accumulateur : un accumulateur se décharge en fonctionnant comme une pile ; on le recharge en le branchant sur un générateur, ce qui impose la transformation inverse. La borne + de l'accumulateur est reliée à la borne + du chargeur.
Pile
Électrolyseur
Énergie
chimique vers électrique
électrique vers chimique
Transformation
spontanée
forcée
Anode (oxydation)
pôle négatif
reliée au pôle positif du générateur
Cathode (réduction)
pôle positif
reliée au pôle négatif du générateur
Rôle du dispositif
générateur d'électricité
récepteur d'électricité
5. Bilan de matière et quantité d'électricité
Comme dans une pile, la charge qui traverse l'électrolyseur est Q=IΔt et n(e−)=FQ, avec F≈9,65×104C.mol−1.
Propriété
Si la demi-équation d'une espèce fait intervenir z électrons par entité formée ou consommée, la quantité de matière correspondante est n=zn(e−)=zFIΔt.
Demi-équation
z
Quantité
Cu2++2e−→Cu
2
n(Cu)=2FIΔt
Ag++e−→Ag
1
n(Ag)=FIΔt
2Cl−→Cl2+2e−
2
n(Cl2)=2FIΔt
2H++2e−→H2
2
n(H2)=2FIΔt
2H2O→O2+4H++4e−
4 pour O2 ; 1 pour H+
n(O2)=4FIΔt et n(H+)=FIΔt
On en déduit une masse m=nM, le volume d'un gaz V=nVm (le volume molaire Vm est donné dans l'énoncé ; à 20∘C sous 1atm, Vm≈24L.mol−1), ou l'épaisseur e d'un dépôt de surface S et de masse volumique ρ : m=ρSe.
Un tableau d'avancement permet de suivre les quantités de matière. Pour l'électrolyse de CuCl2 (équation Cu2++2Cl−→Cu+Cl2), après un avancement x=2FIΔt :
État
Cu2+
Cl−
Cu(s)
Cl2(g)
Initial
n0(Cu2+)
n0(Cl−)
0
0
En cours (x)
n0(Cu2+)−x
n0(Cl−)−2x
x
x
Pour cette réaction, l'électrolyse s'arrête quand un réactif est épuisé : xmax est le plus petit des deux nombres n0(Cu2+) et 2n0(Cl−).
Remarque
Dans les exercices, on suppose que toute la charge qui traverse le circuit sert aux réactions étudiées (rendement de 100%). En pratique, d'autres réactions parasites et des pertes existent, et la masse réellement obtenue est un peu plus faible.
Méthodes
Méthode 1 : Annoter un schéma d'électrolyse
Repère les deux bornes du générateur : l'électrode reliée à la borne + est l'anode, celle reliée à la borne − est la cathode.
Indique la transformation : oxydation à l'anode, réduction à la cathode.
Électrons dans les fils : de l'anode vers la borne +, et de la borne − vers la cathode. Courant conventionnel : borne +, anode, solution, cathode, borne −.
Ions dans la solution : anions vers l'anode, cations vers la cathode.
Exemple
Un générateur est relié à deux électrodes A (borne +) et B (borne −) plongeant dans une solution de CuCl2. A est l'anode (oxydation des ions chlorure, dégagement de Cl2), B est la cathode (réduction des ions cuivre II, dépôt de Cu). Les ions Cl− migrent vers A, les ions Cu2+ vers B.
Méthode 2 : Écrire les équations aux électrodes et le bilan
À la cathode, repère l'oxydant qui se réduit ; à l'anode, le réducteur qui s'oxyde (d'après les observations ou les couples donnés).
Écris chaque demi-équation avec ses électrons, en équilibrant les atomes puis les charges.
Multiplie les demi-équations pour obtenir le même nombre d'électrons.
Additionne : les électrons disparaissent du bilan.
Exemple
Électrolyse d'une solution de nitrate d'argent avec des électrodes de graphite. On observe un dépôt gris d'argent à la cathode et un gaz incolore, le dioxygène, à l'anode ; la solution devient acide. Cathode : Ag++e−→Ag (à multiplier par 4). Anode : 2H2O→O2+4H++4e−. Bilan : 4Ag++2H2O→4Ag+O2+4H+. On vérifie les charges : à gauche 4+, à droite 4+.
Méthode 3 : Calculer les quantités formées à partir de I et Δt
Convertis I en ampères et Δt en secondes.
Calcule Q=IΔt, puis n(e−)=FQ.
Avec la demi-équation, divise par le nombre z d'électrons : n=zn(e−).
Dans l'électrolyse du nitrate d'argent de la méthode 2, I=0,50A pendant 20min (on donne M(Ag)=107,9g.mol−1 et Vm=24L.mol−1). Q=0,50×1200=600C ; n(e−)=9,65×104600=6,22×10−3mol. Il se dépose n(Ag)=6,22×10−3mol, soit m=107,9×6,22×10−3=0,671g. Il se forme n(O2)=46,22×10−3=1,55×10−3mol, soit, avec Vm=24L.mol−1, V=24×1,55×10−3=3,7×10−2L, c'est-à-dire environ 37mL.
Méthode 4 : Trouver la durée ou l'intensité nécessaire
Calcule la quantité de matière à obtenir : n=Mm ou n=VmV.
Déduis n(e−)=zn, puis Q=n(e−)F.
Calcule Δt=IQ si I est connue, ou I=ΔtQ si la durée est connue.
Exemple
On veut déposer 1,00g de cuivre. n(Cu)=63,51,00=1,57×10−2mol, n(e−)=2n(Cu)=3,15×10−2mol et Q=3,15×10−2×9,65×104=3,04×103C. En 30min, il faut I=18003040=1,69A. Avec I=2,00A, la durée est Δt=2,003040=1,52×103s, soit environ 25min.
Méthode 5 : Pile ou électrolyseur ?
Le dispositif est-il branché sur un générateur extérieur qui lui impose le courant ? Si oui, c'est un électrolyseur (transformation forcée). S'il alimente lui-même un appareil (lampe, moteur, résistance), c'est une pile (transformation spontanée).
Pour un accumulateur : pendant l'utilisation c'est une pile ; pendant la recharge c'est un électrolyseur.
Dans les deux cas, l'oxydation a lieu à l'anode et la réduction à la cathode. Seule la polarité change : dans une pile, l'anode est le pôle − ; dans un électrolyseur, l'anode est reliée à la borne + du générateur.
Vérifie avec Qr,i et K : spontané si l'évolution rapproche Qr de K, forcé sinon.
Exercices corrigés
Exercice 1 : Sens de circulation dans l'électrolyseur
Facile
On électrolyse une solution aqueuse de chlorure de cuivre II avec deux électrodes de graphite A et B. A est reliée à la borne + du générateur, B à la borne −. On observe un dépôt rouge sur l'une des électrodes et, sur l'autre, le dégagement d'un gaz jaune-vert à l'odeur piquante (le dichlore). La solution bleue se décolore peu à peu.
Quelle électrode est l'anode ? la cathode ? Justifie.
Écris les demi-équations et l'équation bilan.
Indique le sens de circulation des électrons dans les fils, du courant conventionnel et des ions Cu2+ et Cl−.
Pourquoi la solution se décolore-t-elle ?
Voir le corrigé
1. A est reliée à la borne + : c'est l'anode (siège de l'oxydation, formation du dichlore). B est reliée à la borne − : c'est la cathode (siège de la réduction, dépôt de cuivre).
3. Dans les fils, les électrons vont de l'électrode A vers la borne + du générateur, et de la borne − du générateur vers l'électrode B. Le courant conventionnel sort par la borne +, va à A, traverse la solution de A vers B, puis rejoint la borne −. Dans la solution, les ions Cu2+ se déplacent vers la cathode B et les ions Cl− vers l'anode A.
4. La couleur bleue est due aux ions Cu2+. Ils sont réduits en cuivre métallique à la cathode : leur concentration diminue, la solution se décolore.
Pour chacune des trois électrolyses ci-dessous, indique l'anode et la cathode, écris les demi-équations et le bilan.
(a) Solution de bromure de cuivre II, électrodes de graphite. Observations : dépôt rouge-orangé sur l'électrode reliée au pôle − ; coloration orangée (dibrome Br2) autour de l'électrode reliée au pôle +.
(b) Solution d'iodure de potassium avec quelques gouttes de phénolphtaléine, électrodes de graphite. Observations : coloration brune (diiode I2) autour de l'électrode reliée au pôle + ; dégagement d'un gaz incolore (dihydrogène) et coloration rose (ions hydroxyde HO−) autour de l'électrode reliée au pôle −.
(c) Solution de sulfate de cuivre II, deux électrodes de cuivre. Observations : l'électrode reliée au pôle − grossit (dépôt rouge), l'électrode reliée au pôle + s'use ; la couleur bleue de la solution ne change pas.
(c) Cathode (pôle −, réduction) : Cu2++2e−→Cu. Anode (pôle +, oxydation) : Cu→Cu2++2e−. Chaque ion Cu2+ consommé à la cathode est remplacé par un ion formé à l'anode : la concentration en Cu2+ ne change pas, ce qui explique que la couleur reste identique. Il n'y a pas de bilan en solution : l'effet net est un transfert de cuivre de l'anode vers la cathode.
Exercice 3 : Électrolyse du sulfate de cuivre II à électrodes de graphite
Moyen
On électrolyse 200mL d'une solution de sulfate de cuivre II à 0,10mol.L−1 entre deux électrodes de graphite. Le courant est constant, I=0,50A, pendant 10,0min. On observe un dépôt de cuivre sur l'électrode reliée au pôle − et le dégagement d'un gaz incolore, le dioxygène, à l'autre. Les ions sulfate ne réagissent pas.
Écris les demi-équations et l'équation bilan (le dioxygène provient de l'oxydation de l'eau).
Calcule la charge Q et la quantité de matière d'électrons échangés.
Calcule la masse de cuivre déposée et le volume de dioxygène dégagé.
Des ions H+ se forment à l'anode. Calcule le pH de la solution à la fin de l'électrolyse, en négligeant l'acidité initiale et en supposant que le volume de la solution ne change pas.
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1. Cathode : Cu2++2e−→Cu (multipliée par 2). Anode : 2H2O→O2+4H++4e−. Bilan : 2Cu2++2H2O→2Cu+O2+4H+.
2.Q=IΔt=0,50×600=300C et n(e−)=9,65×104300=3,11×10−3mol.
3.n(Cu)=2n(e−)=1,554×10−3mol (très inférieur aux 2,0×10−2mol d'ions Cu2+ présents au départ), donc m(Cu)=63,5×1,554×10−3=9,87×10−2g, soit environ 99mg. n(O2)=4n(e−)=7,77×10−4mol, donc V(O2)=24×7,77×10−4=1,9×10−2L, soit environ 19mL.
4. D'après la demi-équation de l'anode, il se forme 4 ions H+ pour 4 électrons : n(H+)=n(e−)=3,11×10−3mol. Alors [H3O+]=[H+]=0,2003,11×10−3=1,55×10−2mol.L−1 (l'écriture H+ désigne l'ion oxonium H3O+) et pH=−log(1,55×10−2)=1,8.
On veut recouvrir une cuillère en acier d'une couche d'argent d'épaisseur e=10μm, sur une surface totale S=40cm2. La cuillère sert d'électrode dans une solution de nitrate d'argent, l'autre électrode est un fil d'argent. Le courant est constant : I=0,25A.
À quelle borne du générateur faut-il relier la cuillère ? Écris les demi-équations aux électrodes.
Calcule le volume puis la masse d'argent à déposer.
Calcule la quantité de matière d'argent, puis la charge nécessaire.
Calcule la durée de l'électrolyse.
Que devient la masse de l'anode ? la concentration en ions argent ?
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1. La cuillère reçoit le dépôt d'argent : les ions Ag+ s'y réduisent, c'est donc la cathode, reliée à la borne −. Cathode : Ag(aq)++e−→Ag(s). Anode (fil d'argent, borne +) : Ag(s)→Ag(aq)++e−.
3.n(Ag)=Mm=107,90,42=3,89×10−3mol. Un électron par ion Ag+ : n(e−)=n(Ag) et Q=n(e−)F=3,89×10−3×9,65×104=3,75×102C.
4.Δt=IQ=0,25375=1,50×103s, soit environ 25min.
5. L'anode s'use : elle perd la même quantité d'argent que la cathode en reçoit, soit 0,42g. Chaque ion Ag+ consommé à la cathode est remplacé à l'anode : la concentration en ions argent reste constante.
On électrolyse de l'eau acidulée par l'acide sulfurique entre deux électrodes de platine (les ions sulfate ne réagissent pas). Le courant est constant, I=1,0A, pendant 30min.
Écris les demi-équations et l'équation bilan. Quel gaz se forme à la cathode ? à l'anode ?
Calcule la charge Q et la quantité de matière d'électrons échangés.
Calcule les volumes de dihydrogène et de dioxygène formés. Vérifie leur rapport.
Calcule la masse d'eau décomposée.
Quelle durée faut-il, avec I=1,0A, pour recueillir 100mL de dihydrogène ?
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1. Cathode : 2H++2e−→H2 : du dihydrogène se forme. Anode : 2H2O→O2+4H++4e− : du dioxygène se forme. Bilan : 2H2O→2H2+O2.
2.Q=1,0×1800=1,8×103C et n(e−)=9,65×1041800=1,87×10−2mol.
3.n(H2)=2n(e−)=9,33×10−3mol, donc V(H2)=24×9,33×10−3=0,224L, soit 224mL. n(O2)=4n(e−)=4,66×10−3mol, donc V(O2)=24×4,66×10−3=0,112L, soit 112mL. Rapport : V(O2)V(H2)=2, comme l'indique le bilan.
4. D'après le bilan, n(H2O)=n(H2)=9,33×10−3mol, donc m=18,0×9,33×10−3=0,168g.
5.n(H2)=240,100=4,17×10−3mol, donc n(e−)=2×4,17×10−3=8,33×10−3mol et Q=8,33×10−3×9,65×104=804C. Avec I=1,0A : Δt=804s, soit environ 13,4min.
Exercice 6 : Bilan de matière pour l'électrolyse de CuCl2
Moyen
On électrolyse V=200mL de solution de chlorure de cuivre II à 0,10mol.L−1, entre deux électrodes de graphite. La solution contient les ions Cu2+ à 0,10mol.L−1 et Cl− à 0,20mol.L−1. Le courant est constant, I=2,0A. On suppose que seule la réaction Cu2++2Cl−→Cu+Cl2 se produit, que le dichlore se dégage entièrement et que le volume de solution reste constant.
2.Cu2+ est épuisé pour x=2,00×10−2mol ; Cl− pour x=2,00×10−2mol aussi (les deux sont en proportions stœchiométriques). Donc xmax=2,00×10−2mol. La charge correspondante est Q=2xmaxF=2×2,00×10−2×9,65×104=3,86×103C, d'où Δt=2,03860=1,93×103s, soit environ 32min.
3.Δt=20,0×60=1200s et Q=2,0×1200=2400C. n(e−)=9,65×1042400=2,49×10−2mol, donc x=2n(e−)=1,24×10−2mol (inférieur à xmax). m(Cu)=63,5×1,24×10−2≈0,79g. V(Cl2)=24×1,24×10−2≈0,30L, soit environ 300mL.
4.[Cu2+]=0,2002,00×10−2−1,24×10−2=3,8×10−2mol.L−1 et [Cl−]=0,2004,00×10−2−2×1,24×10−2=7,6×10−2mol.L−1.
Une pile Daniell, qui contient 100mL de solution dans chaque compartiment, a débité jusqu'à la disparition de 0,40g de zinc. Initialement, [Zn2+]=[Cu2+]=1,0mol.L−1 ; les lames sont en excès. La réaction de fonctionnement en pile (sens 1) est Zn(s)+Cu(aq)2+⇌Zn(aq)2++Cu(s) avec K=2,0×1037. On la recharge avec un générateur délivrant I=0,20A, en reliant la borne + du générateur à la borne + de la pile.
Calcule l'avancement x de la décharge, puis [Zn2+], [Cu2+] et Qr de la pile déchargée.
La recharge impose la réaction inverse Cu+Zn2+→Cu2++Zn (sens 2). Donne sa constante K′ et compare à son quotient de réaction Qr′ avant la recharge. Pourquoi est-elle forcée ?
Écris les demi-équations pendant la recharge, indique l'anode et la cathode, et précise à quelle borne du générateur est reliée chacune. Compare avec le fonctionnement en pile.
Quelle durée de recharge faut-il pour retrouver la masse de zinc initiale ?
Quelle masse de cuivre se dissout pendant la recharge ?
Voir le corrigé
1. La quantité de zinc consommée est x=65,40,40=6,12×10−3mol. Quantités initiales : n0=1,0×0,100=0,100mol pour chaque ion. Alors [Zn2+]=0,1000,100+6,12×10−3=1,06mol.L−1, [Cu2+]=0,1000,100−6,12×10−3=0,939mol.L−1 et Qr=0,9391,06=1,13.
2. Pour l'équation inverse, K′=K1=2,0×10371=5,0×10−38. Son quotient de réaction est Qr′=[Zn2+][Cu2+]=Qr1=0,885. On a Qr′≫K′ : le critère prévoit une évolution spontanée dans le sens inverse du sens 2, c'est-à-dire dans le sens 1 (la décharge de la pile). Le sens 2 n'a lieu que parce que le générateur l'impose : la transformation est forcée.
3. À l'électrode de cuivre : Cu→Cu2++2e− (oxydation) : c'est l'anode, reliée à la borne + du générateur. À l'électrode de zinc : Zn2++2e−→Zn (réduction) : c'est la cathode, reliée à la borne − du générateur. En pile, le zinc était l'anode (pôle −) et le cuivre la cathode (pôle +) : les rôles anode/cathode sont échangés, mais les pôles + et − de la pile ne changent pas : la borne + de la pile se relie à la borne + du générateur.
4. Pour redéposer 0,40g de zinc, il faut le même avancement x=6,12×10−3mol dans le sens 2. La charge est Q=2xF=2×6,12×10−3×9,65×104=1,18×103C et Δt=0,201180=5,90×103s, soit environ 98min (1h38min), en supposant un rendement de 100%.
5. Il se dissout x mole de cuivre : m=63,5×6,12×10−3≈0,39g.
Exercice 8 : Électrolyse d'une solution de chlorure de sodium
Type Bac
On électrolyse V=250mL d'une solution aqueuse concentrée de chlorure de sodium (saumure, les ions chlorure sont en large excès), initialement neutre, avec deux électrodes de graphite A et B. A est reliée à la borne + du générateur, B à la borne −. On ajoute quelques gouttes de phénolphtaléine. On observe : à l'électrode A, un dégagement gazeux jaune-vert à l'odeur piquante ; à l'électrode B, un dégagement gazeux incolore et une coloration rose de la solution. Le courant est constant, I=0,50A, pendant 30,0min.
Données : couples Cl2(g)/Cl(aq)− et H2O(l)/H2(g) ; F=9,65×104C.mol−1 ; Vm=24L.mol−1 ; produit ionique de l'eau Ke=1,0×10−14 à 25∘C.
Identifie l'anode et la cathode et précise la transformation (oxydation ou réduction) qui s'y produit.
Écris les demi-équations (à la cathode, l'eau est réduite en dihydrogène et ions hydroxyde) et l'équation bilan.
Explique la coloration rose de la phénolphtaléine.
Calcule la charge Q, la quantité de matière d'électrons échangés, puis les volumes de dichlore et de dihydrogène dégagés.
Calcule la concentration en ions hydroxyde et le pH de la solution à la fin de l'électrolyse (on suppose que tous les ions HO− formés restent en solution, que le dichlore se dégage entièrement et que le volume est constant).
Cette électrolyse est une transformation forcée. Justifie-le en une ou deux phrases.
Voir le corrigé
1. A est reliée à la borne + : c'est l'anode, où se produit une oxydation (formation de Cl2). B est reliée à la borne − : c'est la cathode, où se produit une réduction (formation de H2).
2. Anode : 2Cl−→Cl2+2e−. Cathode : 2H2O+2e−→H2+2HO−. Bilan : 2Cl−+2H2O→Cl2+H2+2HO−.
3. À la cathode, il se forme des ions hydroxyde HO−. Le milieu devient basique, ce qui fait virer la phénolphtaléine au rose.
4.Q=IΔt=0,50×1800=900C. n(e−)=9,65×104900=9,33×10−3mol. n(Cl2)=2n(e−)=4,66×10−3mol, donc V(Cl2)=24×4,66×10−3=0,112L, soit 112mL. De même n(H2)=4,66×10−3mol et V(H2)=112mL.
5. La demi-équation de la cathode donne n(HO−)=n(e−)=9,33×10−3mol. Alors [HO−]=0,2509,33×10−3=3,73×10−2mol.L−1. On a [H3O+]=[HO−]Ke=3,73×10−21,0×10−14=2,68×10−13mol.L−1, donc pH=−log(2,68×10−13)=12,6. (La concentration initiale en HO−, de 10−7mol.L−1, est négligeable.)
6. La réaction inverse du bilan, Cl2+H2+2HO−→2Cl−+2H2O, est spontanée. L'électrolyse réalise la réaction dans le sens opposé, uniquement grâce à l'énergie du générateur : elle est forcée.
Exercice 9 : Détermination expérimentale de la constante de Faraday
Type Bac
Dans un voltamètre à sulfate de cuivre, deux électrodes de cuivre plongent dans une solution de sulfate de cuivre II. On fait passer un courant constant I=0,300A pendant 40,0min. La cathode, rincée et séchée, a pour masse 12,347g avant l'électrolyse et 12,582g après.
Écris les demi-équations aux électrodes. Quelle est la variation de masse prévue pour l'anode ?
Calcule la charge Q qui a traversé le circuit.
Calcule la masse de cuivre déposée, puis la quantité de matière de cuivre et d'électrons échangés.
Déduis la valeur expérimentale Fexp de la constante de Faraday, puis l'écart relatif avec la valeur de référence.
Déduis la valeur expérimentale de la constante d'Avogadro NA=eFexp.
La concentration en ions Cu2+ varie-t-elle au cours de l'électrolyse ? Propose deux causes de l'écart observé.
Voir le corrigé
1. Cathode : Cu2++2e−→Cu (réduction, dépôt de cuivre). Anode : Cu→Cu2++2e− (oxydation, dissolution). L'anode perd la masse que la cathode gagne : on prévoit une diminution de masse égale à celle de la cathode, soit environ 0,235g.
2.Δt=40,0×60=2400s et Q=IΔt=0,300×2400=720C.
3.m(Cu)=12,582−12,347=0,235g. n(Cu)=63,50,235=3,70×10−3mol. Deux électrons par atome de cuivre : n(e−)=2×3,70×10−3=7,40×10−3mol.
4.Q=n(e−)F donne Fexp=n(e−)Q=7,40×10−3720=9,73×104C.mol−1. L'écart relatif est 9650097300−96500≈0,8%.
5.NA=eFexp=1,60×10−199,73×104=6,08×1023mol−1, très proche de la valeur connue 6,02×1023mol−1.
6. Chaque ion Cu2+ réduit à la cathode est remplacé par un ion formé à l'anode : [Cu2+] reste constante. L'écart de 0,8% s'explique par exemple par l'incertitude des pesées (avec une balance précise au milligramme, la différence de deux pesées est connue à 1 ou 2mg près, soit de 0,4 à 0,9% de 0,235g), par un dépôt qui s'effrite et dont une partie tombe au fond de la cuve, ou par une intensité qui n'est pas parfaitement constante.
Confondre le signe de l'anode. L'anode est le siège de l'oxydation dans tous les cas. Dans un électrolyseur, elle est reliée à la borne + ; dans une pile, c'est le pôle −. Retiens la définition (oxydation) plutôt que le signe.
Faire circuler les électrons dans la solution. Dans la solution, ce sont les ions qui se déplacent (anions vers l'anode, cations vers la cathode). Les électrons ne circulent que dans les fils et les électrodes.
Se tromper sur le nombre d'électrons z. Pour Cu2+ : 2 ; pour Ag+ : 1 ; pour O2 formé à partir de l'eau : 4. Un oubli double ou divise le résultat.
Brancher le générateur à l'envers. Si l'objet à recouvrir est relié à la borne +, il devient l'anode et se dissout au lieu de se couvrir de métal.
Oublier les conversions.I en ampères (mA ×10−3), Δt en secondes (min ×60, h ×3600), volumes en litres, épaisseur en centimètres quand ρ est en g.cm−3.
Confondre le volume de solution et le volume molaire.Vm sert à passer d'une quantité de gaz à un volume ; le volume de solution sert à calculer une concentration. Utilise la valeur de Vm donnée dans l'énoncé (par exemple 24L.mol−1, et non 22,4 si on ne te le dit pas).
Additionner les demi-équations sans égaliser les électrons. Il faut d'abord multiplier pour avoir le même nombre d'électrons de chaque côté ; les électrons ne doivent pas figurer dans le bilan.
Croire que l'électrolyse est spontanée. L'électrolyseur est un récepteur : il consomme l'énergie du générateur pour imposer le sens inverse du sens spontané.
À retenir
Une électrolyse est une transformation forcée : un générateur impose au système d'évoluer dans le sens inverse de son sens spontané (Qr s'éloigne de K).
Anode = oxydation = reliée au pôle + du générateur ; cathode = réduction = reliée au pôle − du générateur (c'est l'inverse de la polarité d'une pile).
Électrons dans les fils : de l'anode vers la borne +, de la borne − vers la cathode ; ions dans la solution : anions vers l'anode, cations vers la cathode.
Électrolyse du CuCl2 : dépôt de cuivre à la cathode, dichlore à l'anode. Électrolyse de l'eau acidulée : H2 à la cathode, O2 à l'anode, V(H2)=2V(O2).
Anode soluble : le métal de l'anode se dissout et se redépose à la cathode (raffinage, galvanoplastie : l'objet à recouvrir est la cathode).
Q=IΔt=n(e−)F avec F≈9,65×104C.mol−1 ; pour une demi-équation à z électrons, n=zFIΔt.
Masse m=nM, volume de gaz V=nVm, dépôt m=ρSe ; on suppose un rendement de 100% dans les exercices.
Un accumulateur est une pile à la décharge et un électrolyseur à la charge : borne + avec borne +, borne − avec borne −.