cours, méthodes, 9 exercices corrigés, QCM de 8 questions
Durée
60 min
Prérequis
Lois de Newton, mouvement circulaire, base de Frenet (2e Bac PC)
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contenu original 9raya, gratuit, CC BY-NC-SA 4.0.
L'essentiel
1. Les lois de Kepler
Les référentiels d'étude. Le mouvement d'un astre ou d'un satellite s'étudie dans un référentiel centré sur l'astre attracteur, avec trois axes dirigés vers des étoiles lointaines supposées fixes.
Pour les planètes, on utilise le référentiel héliocentrique (centre du Soleil).
Pour la Lune et les satellites artificiels de la Terre, on utilise le référentiel géocentrique (centre de la Terre).
Pour les satellites d'une autre planète, on utilise le référentiel centré sur cette planète (par exemple le référentiel jovicentrique pour Jupiter).
Pendant la durée d'une étude, ces référentiels sont supposés galiléens.
Johannes Kepler a formulé trois lois à partir des observations des planètes.
Propriété
1re loi (loi des orbites). Dans le référentiel héliocentrique, la trajectoire du centre d'une planète est une ellipse dont le centre du Soleil occupe l'un des foyers.
Propriété
2e loi (loi des aires). Le segment de droite qui joint le centre du Soleil au centre d'une planète balaie des aires égales pendant des durées égales.
Propriété
3e loi (loi des périodes). Le carré de la période de révolution T d'une planète est proportionnel au cube du demi-grand axe a de son ellipse : a3T2=k. La constante k est la même pour toutes les planètes qui tournent autour du Soleil.
Voici ce qu'il faut en retenir.
La loi des aires implique que la planète va plus vite quand elle est près du Soleil (au périhélie) que quand elle en est loin (à l'aphélie).
Une trajectoire circulaire est une ellipse particulière : le demi-grand axe a est égal au rayon r et la 3e loi s'écrit r3T2=k. Dans ce cas, l'aire balayée par unité de temps vaut 21rv : si elle est constante, la vitesse v est constante.
Les trois lois s'appliquent aussi à la Lune et aux satellites d'un même astre. La constante k dépend de l'astre attracteur (Soleil, Terre, Jupiter...), pas du satellite.
Remarque
En 2e Bac PC, l'étude quantitative porte sur les trajectoires circulaires. L'ellipse sert à énoncer les lois. Si ton professeur n'a traité que le cas circulaire, remplace simplement a par r partout. Seul l'exercice 7 (approfondissement) sort un peu de ce cadre en utilisant le demi-grand axe d'une ellipse.
2. La loi de gravitation universelle
Théorème
Deux corps A et B ponctuels, ou à répartition sphérique de masse, de masses mA et mB et dont les centres sont distants de d, exercent l'un sur l'autre des forces attractives, de même direction (la droite AB), de sens opposés et de même valeur : FA/B=FB/A=Gd2mAmB
Avec uAB le vecteur unitaire dirigé de A vers B, la force exercée par A sur B s'écrit FA/B=−Gd2mAmBuAB : elle est dirigée de B vers A.
La constante de gravitation est G=6,67×10−11N.m2.kg−2. Les masses sont en kilogrammes et la distance, mesurée entre les centres, est en mètres.
Remarque
Les deux forces ont la même valeur même si les masses sont très différentes : la Terre attire la Lune exactement comme la Lune attire la Terre (3e loi de Newton). Mais la Lune a une accélération bien plus grande que la Terre, car sa masse est plus petite. Pour des objets courants (deux personnes à 1m), la force est de l'ordre de 10−7N : négligeable. Elle ne devient importante que pour des masses d'astres.
3. Champ de gravitation et poids
Un astre de masse M, à répartition sphérique, crée en un point P extérieur à l'astre, situé à la distance r de son centre, un champ de gravitation dirigé vers le centre de l'astre, de valeur :
g(r)=r2GM
Un corps de masse m placé en P subit la force F=mg(r). À la surface de la Terre (r=RT), g0=RT2GMT≈9,81N.kg−1. À l'altitude h :
g(h)=(RT+h)2GMT=g0(RT+h)2RT2
Le poids d'un corps est (à très peu près) la force gravitationnelle exercée par la Terre, si on néglige l'effet de la rotation de la Terre sur elle-même.
Remarque
La valeur de g diminue avec l'altitude, mais lentement : à 400km, elle vaut encore près de 89% de g0. Les astronautes d'une station spatiale flottent non pas parce que la gravité a disparu, mais parce qu'ils sont, avec la station, en chute libre autour de la Terre.
4. Le mouvement circulaire d'un satellite ou d'une planète
On étudie un satellite S de masse m en orbite autour d'un astre de masse M (la Terre pour un satellite artificiel, le Soleil pour une planète). Le rayon de l'orbite est r=R+h, où R est le rayon de l'astre et h l'altitude du satellite.
Hypothèses. Le référentiel (géocentrique pour la Terre) est supposé galiléen. La seule force est l'attraction gravitationnelle de l'astre : on néglige les autres astres et les frottements. L'astre et le satellite ont une répartition sphérique de masse.
Application de la deuxième loi. On utilise la base de Frenet (S,u,n), avec u tangent à la trajectoire (noté τ dans le chapitre sur les lois de Newton) et n dirigé vers le centre O de l'astre. Pour une trajectoire circulaire de rayon r, l'accélération s'écrit :
a=dtdvu+rv2n
La force gravitationnelle est F=Gr2mMn. La loi F=ma donne, en projection :
sur u : dtdv=0, donc la vitesse v est constante : le mouvement est uniforme ;
sur n : rv2=r2GM.
Le mouvement est donc circulaire uniforme, et on en déduit les grandeurs caractéristiques.
Propriété
Pour un satellite en orbite circulaire de rayon r autour d'un astre de masse M : v=rGM ; T=v2πr=2πGMr3 ; ω=rv=T2π ; r3T2=GM4π2
On retrouve la 3e loi de Kepler, avec la constante k=GM4π2 qui ne dépend que de la masse M de l'astre attracteur.
Ce qu'il faut remarquer :
La vitesse et la période ne dépendent pas de la masse du satellite.
Plus l'orbite est grande (r grand), plus la vitesse est petite et plus la période est grande.
La 3e loi permet de peser un astre : M=GT24π2r3, à partir du rayon et de la période d'un de ses satellites.
L'accélération du satellite est a=rv2=r2GM=g(h) : c'est la valeur du champ de gravitation à son altitude.
5. Le satellite géostationnaire
Définition
Un satellite géostationnaire est un satellite de la Terre qui reste immobile par rapport à un point de la surface terrestre (donc dans le référentiel terrestre).
Cette immobilité impose trois conditions.
Le satellite est en orbite circulaire dans le plan équatorial de la Terre. En effet, la force gravitationnelle est dirigée vers le centre O de la Terre, donc le plan de l'orbite contient O et le satellite décrit un cercle de centre O. Un point de latitude non nulle décrit un cercle dont le centre est sur l'axe des pôles mais pas en O : seuls les points de l'équateur décrivent un cercle de centre O.
Le satellite tourne dans le même sens que la Terre (d'ouest en est).
Sa période est égale à la période de rotation de la Terre sur elle-même dans le référentiel géocentrique, soit le jour sidéral : T=23h56min4s=86164s.
Comme T=2πGMTr3, la période impose le rayon de l'orbite : il n'existe qu'une seule altitude géostationnaire.
r=(4π2GMTT2)1/3≈4,215×107mh=r−RT≈3,58×107m
soit environ 35800km d'altitude. La vitesse du satellite est v=T2πr≈3,07×103m.s−1.
Remarque
Certains énoncés donnent simplement T=24h=86400s. On trouve alors r≈4,22×107m et h≈3,59×107m : des valeurs qui diffèrent de moins de 0,3% de celles obtenues avec le jour sidéral.
Attention
Un satellite d'observation en orbite basse, qui survole des régions différentes au cours du temps, n'est pas géostationnaire. Un satellite en orbite polaire ou inclinée non plus : un satellite géostationnaire est forcément dans le plan équatorial.
Méthodes
Méthode 1 : Calculer une force de gravitation et la valeur de g à l'altitude h
Convertis les données en unités SI : masses en kg, distances entre centres en m (pense à ajouter RT à l'altitude).
Applique F=Gd2mAmB ou g(h)=(RT+h)2GMT.
Conclus avec une phrase (comparaison, ordre de grandeur).
Exemple : Terre (MT=5,97×1024kg) et Lune (ML=7,35×1022kg), distantes de d=3,84×108m. Alors F=(3,84×108)26,67×10−11×5,97×1024×7,35×1022≈1,98×1020N. À h=400km (RT=6,37×106m), g(h)=(6,77×106)26,67×10−11×5,97×1024≈8,69N.kg−1.
Méthode 2 : Établir la vitesse et la période d'un satellite en orbite circulaire
Précise le système (le satellite), le référentiel (géocentrique, supposé galiléen) et la force (la gravitation de l'astre, seule).
Écris la force F=Gr2mMn dans la base de Frenet.
Applique F=ma avec a=dtdvu+rv2n : la projection sur u donne v constante, celle sur n donne v=rGM.
Déduis T=v2πr.
Exemple : un satellite à h=800km. On a r=6,37×106+8,0×105=7,17×106m, donc v=7,17×1066,67×10−11×5,97×1024≈7,45×103m.s−1 et T=7,45×1032π×7,17×106≈6,05×103s, soit environ 100,8min.
Méthode 3 : Utiliser la 3e loi de Kepler avec un rapport
Pour deux astres tournant autour du même astre attracteur, a13T12=a23T22. On en tire T2=T1(a1a2)3/2 ou a2=a1(T1T2)2/3. Les unités se simplifient : on peut garder des années ou des unités astronomiques, à condition de le faire pour les deux astres.
Exemple : la Terre (a1=1,50×1011m, T1=1an) et Jupiter (a2=7,78×1011m). Alors T2=1×(1,507,78)3/2≈11,8ans.
Méthode 4 : Déterminer la masse de l'astre attracteur
Établis (ou rappelle) r3T2=GM4π2, donc M=GT24π2r3.
Convertis T en secondes et r en mètres.
Calcule, puis donne l'ordre de grandeur.
Exemple : la Terre tourne autour du Soleil avec r=1,50×1011m et T=365,25j=3,156×107s. Alors MS=6,67×10−11×(3,156×107)24π2×(1,50×1011)3≈2,0×1030kg.
Méthode 5 : Étudier un satellite géostationnaire
Rappelle les trois conditions : plan équatorial, même sens que la Terre, période T=86164s.
Isole le rayon dans la 3e loi : r=(4π2GMTT2)1/3.
Déduis l'altitude h=r−RT et la vitesse v=T2πr.
Exemple : r3=4π26,67×10−11×5,97×1024×861642≈7,49×1022m3, donc r≈4,215×107m, puis h≈4,215×107−6,37×106≈3,58×107m et v=861642π×4,215×107≈3,07×103m.s−1.
Exercices corrigés
Sauf mention contraire, on utilise : G=6,67×10−11N.m2.kg−2, masse de la Terre MT=5,97×1024kg, rayon de la Terre RT=6,37×106m, masse du Soleil MS=1,99×1030kg, 1jour=86400s et g=9,8N.kg−1 pour le poids au sol. Garde les valeurs non arrondies dans ta calculatrice et n'arrondis qu'à la fin.
Exercice 1 : Des forces d'attraction, petites et grandes
Facile
Deux élèves de masses m1=60kg et m2=70kg sont assis côte à côte, leurs centres d'inertie étant distants de 1,0m. Calcule la valeur de la force d'attraction gravitationnelle entre eux et compare-la au poids du second élève.
La distance Terre-Lune est d=3,84×108m et la masse de la Lune est ML=7,35×1022kg. Calcule FT/L. Que vaut FL/T ? Justifie.
Voir le corrigé
1)F=Gd2m1m2=1,026,67×10−11×60×70≈2,8×10−7N. Le poids du second élève est P=m2g=70×9,8=686N. Le rapport PF≈4×10−10 : l'attraction entre les deux élèves est totalement négligeable.
2)FT/L=Gd2MTML=(3,84×108)26,67×10−11×5,97×1024×7,35×1022≈1,98×1020N. D'après la loi de gravitation (et la 3e loi de Newton), les deux forces ont la même valeur : FL/T=FT/L≈1,98×1020N. Elles ont la même direction (la droite des centres) et des sens opposés, chacune dirigée vers l'astre qui l'exerce.
Donne l'expression de g0, valeur du champ de gravitation à la surface de la Terre, et calcule-la.
Calcule la valeur g(h) du champ à l'altitude h=400km. De quel pourcentage a-t-elle diminué par rapport à g0 ?
Un astronaute de masse 70kg est en orbite à cette altitude. Compare la force gravitationnelle qu'il subit à son poids au sol. Pourquoi flotte-t-il malgré tout ?
À quelle altitude h1 la valeur du champ est-elle égale à 2g0 ?
2)g(h)=(RT+h)2GMT=(6,77×106)23,982×1014≈8,69N.kg−1. Le rapport g0g(h)≈0,885 : la diminution est d'environ 11,5%.
3) À l'altitude de 400km, la force gravitationnelle est 70×8,69≈608N, contre 70×9,81≈687N au sol (avec la valeur de g0 de la question 1). Elle est donc toujours très grande. L'astronaute flotte parce que, comme la station, il est en chute libre : la gravité fournit exactement l'accélération centripète de son mouvement circulaire. Il n'appuie sur rien, d'où la sensation d'apesanteur.
4) On veut (RT+h1)2GMT=21RT2GMT, soit (RT+h1)2=2RT2 et RT+h1=RT2. Donc h1=RT(2−1)≈6,37×106×0,414≈2,64×106m, soit environ 2640km.
Une station spatiale décrit une orbite circulaire autour de la Terre, à l'altitude h=420km. On l'étudie dans le référentiel géocentrique, supposé galiléen.
Calcule le rayon r de son orbite.
Montre que son mouvement est uniforme et établis l'expression de sa vitesse v. Calcule-la en m.s−1 puis en km.h−1.
Calcule la période de révolution T en secondes puis en minutes.
Combien de tours la station effectue-t-elle en 24h ?
Calcule l'accélération de la station. Vérifie qu'elle est égale à g(h).
Voir le corrigé
1)r=RT+h=6,37×106+4,2×105=6,79×106m.
2) La seule force est la gravitation F=Gr2mMTn. Dans la base de Frenet, la deuxième loi F=ma avec a=dtdvu+rv2n donne, sur u, dtdv=0 : la vitesse est constante, le mouvement est uniforme. Sur n, rv2=r2GMT, donc v=rGMT=6,79×1063,982×1014≈7,66×103m.s−1, soit 7,66×3,6≈2,76×104km.h−1.
3)T=v2πr=7,66×1032π×6,79×106≈5,57×103s, soit environ 92,9min.
4) Le nombre de tours en 24h est 557186400≈15,5 tours : la station fait plus de quinze fois le tour de la Terre par jour.
5)a=rv2=6,79×106(7,66×103)2≈8,64m.s−2. D'autre part, g(h)=r2GMT=(6,79×106)23,982×1014≈8,64N.kg−1. On retrouve bien a=g(h), ce qui confirme que seule la gravitation intervient.
Exercice 4 : Les lois de Kepler appliquées au Soleil
Moyen
On donne, dans le référentiel héliocentrique :
Demi-grand axe a
Période T
Terre
1,50×1011m
365,25jours
Mars
2,28×1011m
687jours
Calcule, en unités SI, a3T2 pour la Terre et pour Mars. Que constates-tu ?
Vénus a une période TV=225jours. Calcule le rayon de son orbite, supposée circulaire.
Une planète X fictive a une période de 8,0ans. Calcule le rayon de son orbite en m, puis en unités astronomiques (1UA=1,50×1011m).
Pour la Lune (a=3,84×108m, T=27,3jours autour de la Terre), a3T2≈9,83×10−14s2.m−3. Pourquoi cette constante est-elle très différente de celle du Soleil ? Déduis-en le rapport MTMS.
Voir le corrigé
1) Pour la Terre, T=365,25×86400=3,156×107s et a3T2=(1,50×1011)3(3,156×107)2≈2,95×10−19s2.m−3. Pour Mars, T=687×86400=5,936×107s et a3T2=(2,28×1011)3(5,936×107)2≈2,97×10−19s2.m−3. Les deux valeurs sont égales à moins de 1% près : c'est la 3e loi de Kepler, avec une même constante k pour les planètes du Soleil.
2) On utilise aV=aT(TTTV)2/3=1,50×1011×(365,25225)2/3≈1,09×1011m.
3)aX=aT(18,0)2/3=aT×4,0=6,0×1011m, soit 4,0UA (car 82/3=(23)2/3=22=4).
4) La constante k=GM4π2 dépend de la masse M de l'astre attracteur : celui de la Lune est la Terre, celui des planètes est le Soleil. Comme k∝M1, on a kSoleilkTerre=MTMS, avec kTerre≈9,83×10−14 et kSoleil≈2,95×10−19, soit MTMS≈3,3×105. Le Soleil est environ 330000 fois plus massif que la Terre.
Io est un satellite de Jupiter. On admet que son orbite est circulaire, de rayon r=4,22×108m, et que sa période de révolution est T=1,77jours dans le référentiel jovicentrique, supposé galiléen.
Montre que r3T2=GMJ4π2, où MJ est la masse de Jupiter.
Calcule MJ.
Compare MJ à la masse de la Terre.
Calcule la vitesse d'Io sur son orbite.
Voir le corrigé
1) Pour un satellite en orbite circulaire autour de Jupiter, la deuxième loi de Newton donne un mouvement uniforme de vitesse v=rGMJ. La période est T=v2πr, donc T2=v24π2r2=GMJ4π2r3, soit r3T2=GMJ4π2.
Exercice 6 : Un satellite de navigation de période 12 h
Moyen
Un satellite artificiel de la Terre décrit une orbite circulaire avec la période T=12,0h. On l'étudie dans le référentiel géocentrique, supposé galiléen.
Établis l'expression du rayon r de l'orbite en fonction de T, G et MT.
Calcule r et l'altitude h du satellite.
Calcule sa vitesse.
Utilise la 3e loi de Kepler pour calculer le rayon d'un satellite géostationnaire (période 86164s) à partir de ce satellite. Le satellite de 12,0h est-il géostationnaire ?
Voir le corrigé
1) On a T2=GMT4π2r3, donc r=(4π2GMTT2)1/3.
2) Avec T=12,0×3600=4,32×104s : r3=4π23,982×1014×(4,32×104)2≈1,88×1022m3, d'où r≈2,66×107m. L'altitude est h=r−RT=2,66×107−6,37×106≈2,02×107m, soit environ 20200km.
3)v=T2πr=4,32×1042π×2,66×107≈3,87×103m.s−1.
4) Les deux satellites tournent autour de la Terre : Tg2rg3=T2r3, donc rg=r(TTg)2/3=2,66×107×(4320086164)2/3≈4,21×107m (soit 4,215×107m avec la valeur non arrondie de r), ce qui est bien le rayon de l'orbite géostationnaire. Le satellite de 12,0h n'est pas géostationnaire : sa période est différente du jour sidéral (86164s) et son rayon est plus petit. Il fait deux tours en 24h et survole donc des régions différentes.
Exercice 7 : Une comète sur une orbite très allongée
Difficile
Exercice d'approfondissement : il utilise la 3e loi de Kepler avec le demi-grand axe d'une ellipse, au-delà du cas circulaire étudié dans le reste du chapitre.
Une comète décrit autour du Soleil une orbite elliptique. Sa distance au Soleil vaut rp=0,80UA au périhélie et ra=31,2UA à l'aphélie. On donne 1UA=1,50×1011m, la période de la Terre TT=1an et le demi-grand axe de sa trajectoire aT=1,0UA.
Calcule le demi-grand axe a de l'orbite de la comète, sachant que le grand axe de l'ellipse est égal à rp+ra.
Déduis sa période T en années grâce à la 3e loi de Kepler.
Vérifie ce résultat en utilisant T=2πGMSa3, avec MS=1,99×1030kg (valable aussi pour une ellipse).
Sur une durée Δt très courte, la comète parcourt un petit arc perpendiculaire au rayon, de longueur vΔt. Montre, avec la loi des aires, que vavp=rpra et calcule ce rapport.
Voir le corrigé
1) Le grand axe vaut rp+ra=0,80+31,2=32,0UA, donc a=232,0=16,0UA.
2) La 3e loi pour la comète et la Terre donne a3T2=aT3TT2, soit T=TT(aTa)3/2=1×16,03/2=16,0×4,0=64ans.
3)a=16,0×1,50×1011=2,40×1012m et T=2π6,67×10−11×1,99×1030(2,40×1012)3≈2,03×109s. En années (1an=3,156×107s), T≈64,2ans : le résultat est cohérent avec le précédent, à moins de 1% près.
4) Au périhélie, l'aire balayée pendant Δt est celle d'un triangle de base vpΔt et de hauteur rp : Ap≈21rpvpΔt. De même, à l'aphélie, Aa≈21ravaΔt. La loi des aires impose Ap=Aa, donc rpvp=rava, soit vavp=rpra=0,8031,2=39. La comète va 39 fois plus vite au périhélie qu'à l'aphélie.
Exercice 8 : Un satellite d'observation de la Terre
Type Bac
Un satellite d'observation, de masse m=500kg, décrit une orbite circulaire autour de la Terre à l'altitude h=700km. On l'étudie dans le référentiel géocentrique, supposé galiléen. On néglige les frottements et l'action des autres astres.
Exprime la valeur F de la force exercée par la Terre sur le satellite en fonction de G, MT, m, RT et h. Calcule-la. Représente-la sur un schéma.
Applique la deuxième loi de Newton dans la base de Frenet (S,u,n) et montre que le mouvement est uniforme.
Établis l'expression de la vitesse v du satellite et calcule-la.
Établis l'expression de la période T puis calcule-la en minutes.
Calcule le nombre de révolutions effectuées en 24h.
Montre que r3T2 est une constante et calcule sa valeur.
Un second satellite décrit une orbite circulaire à l'altitude h′=1400km. Calcule sa période avec la 3e loi de Kepler. Compare vitesse et période des deux satellites.
Voir le corrigé
1) Avec r=RT+h=7,07×106m : F=G(RT+h)2mMT=(7,07×106)26,67×10−11×500×5,97×1024≈3,98×103N. Sur le schéma, F est représentée par une flèche partant du satellite S et dirigée vers le centre O de la Terre (c'est le vecteur n de la base de Frenet).
2) La deuxième loi F=ma s'écrit Gr2mMTn=m(dtdvu+rv2n). La projection sur u donne dtdv=0 : la vitesse est constante, donc le mouvement circulaire est uniforme.
3) La projection sur n donne rv2=r2GMT, donc v=RT+hGMT=7,07×1063,982×1014≈7,50×103m.s−1.
4)T=v2πr=2πGMTr3=7,50×1032π×7,07×106≈5,92×103s, soit environ 98,7min.
5) Le nombre de révolutions est 591986400≈14,6 : le satellite fait environ 14,6 tours par jour.
6) En élevant la période au carré : T2=GMT4π2r3, donc r3T2=GMT4π2 ne dépend que de MT : c'est une constante. Sa valeur est 6,67×10−11×5,97×10244π2≈9,91×10−14s2.m−3. Contrôle numérique : (7,07×106)3(5919)2≈9,91×10−14.
7) Pour le second satellite, r′=6,37×106+1,4×106=7,77×106m. Comme la constante r3T2 est la même, T′=T(rr′)3/2=5919×(7,077,77)3/2≈6,82×103s, soit environ 113,7min. Sa vitesse est v′=r′GMT≈7,16×103m.s−1. Le satellite le plus haut a une vitesse plus petite et une période plus grande.
On étudie, dans le référentiel géocentrique supposé galiléen, des satellites de la Terre en orbite circulaire. On donne : Tg=86164s (jour sidéral) ; pour la Lune, d=3,84×108m et TL=27,3jours.
Un satellite S est géostationnaire. Énonce les trois conditions que doit remplir son orbite. Explique pourquoi son plan est nécessairement le plan équatorial.
Montre que, pour un satellite en orbite circulaire de rayon r, r3T2=GMT4π2.
Calcule le rayon rg de l'orbite géostationnaire, puis son altitude hg.
Retrouve rg avec la seule 3e loi de Kepler appliquée à la Lune et au satellite S. Compare à la question 3.
Calcule la vitesse de S et la vitesse de la Lune. Commente.
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1) Trois conditions : (i) orbite circulaire dans le plan équatorial ; (ii) satellite tournant dans le même sens que la Terre (d'ouest en est) ; (iii) période égale à celle de la Terre, Tg=86164s. Le plan est équatorial car la force gravitationnelle est toujours dirigée vers le centre O de la Terre : le plan de l'orbite contient donc O et la trajectoire est un cercle de centre O. Un point fixe de la Terre à la latitude λ=0 décrit un cercle dont le centre est sur l'axe des pôles, différent de O : un satellite ne pourrait pas rester à sa verticale. Seuls les points de l'équateur décrivent un cercle de centre O.
2) La deuxième loi de Newton appliquée à S donne, en projection sur n, rv2=r2GMT, donc v2=rGMT. Avec T=v2πr, on obtient T2=v24π2r2=GMT4π2r3, soit r3T2=GMT4π2.
3)rg=(4π2GMTTg2)1/3=(4π23,982×1014×861642)1/3≈4,215×107m. L'altitude est hg=rg−RT≈4,215×107−6,37×106≈3,58×107m, soit environ 35800km.
4) La Lune et S ont la même Terre pour astre attracteur, donc Tg2rg3=TL2d3. Avec TL=27,3×86400=2,359×106s : rg=d(TLTg)2/3=3,84×108×(2,359×10686164)2/3≈4,23×107m. L'écart avec la question 3 est d'environ 0,3% : les deux méthodes concordent, aux arrondis des données près.
5) Pour S : vg=Tg2πrg=861642π×4,215×107≈3,07×103m.s−1. Pour la Lune : vL=TL2πd=2,359×1062π×3,84×108≈1,02×103m.s−1. La Lune est sur une orbite beaucoup plus grande et va plus lentement que le satellite géostationnaire, ce qui est cohérent avec v=rGMT.
Oublier d'ajouter le rayon de la Terre à l'altitude : dans les formules, c'est la distance au centre qui compte, r=RT+h. Si on te donne h, calcule d'abord r.
Garder des kilomètres dans les formules : G est en unités SI. Convertis les distances en mètres et les durées en secondes (un jour vaut 86400s) avant tout calcul.
Croire que la vitesse dépend de la masse du satellite : dans v=rGM, m n'apparaît pas. Deux satellites de masses différentes sur la même orbite ont la même vitesse.
Penser qu'un satellite plus haut va plus vite : c'est l'inverse. Plus r est grand, plus v est petit et plus T est grand.
Dire que la Terre attire plus la Lune que la Lune n'attire la Terre : les deux forces ont la même valeur (3e loi de Newton). C'est l'accélération qui diffère, pas la force.
Parler d'« absence de gravité » dans une station spatiale : la gravité y vaut encore environ 89% de sa valeur au sol. L'apesanteur apparente vient de la chute libre.
Dire qu'un satellite géostationnaire peut être à n'importe quelle altitude ou latitude : sa période fixe son rayon (une seule altitude, environ 35800km), et il est obligatoirement dans le plan équatorial.
Mélanger T2/a3 du Soleil et celui de la Terre : la constante de la 3e loi dépend de l'astre attracteur. Pour comparer deux astres, ils doivent tourner autour du même centre.
À retenir
Kepler : orbite elliptique avec le Soleil à un foyer (1re loi) ; aires égales en durées égales (2e loi) ; a3T2=k pour tous les astres du même attracteur (3e loi).
Gravitation universelle : F=Gd2mAmB, forces attractives, de même valeur, sur la droite des centres ; G=6,67×10−11N.m2.kg−2.
Champ de gravitation : g(h)=(RT+h)2GMT, avec r=RT+h toujours pris entre les centres.
Satellite en orbite circulaire : force centripète seule, mouvement circulaire uniforme (dtdv=0).
v=rGM et T=2πGMr3 : indépendantes de la masse du satellite.
r3T2=GM4π2 : on retrouve Kepler et on peut peser l'astre attracteur avec M=GT24π2r3.
Plus l'orbite est haute, plus le satellite est lent et sa période longue.
Satellite géostationnaire : orbite circulaire équatoriale, même sens que la Terre, T=86164s ; altitude unique ≈3,58×107m.
Toujours convertir en SI (m, kg, s) avant de calculer, et vérifier l'ordre de grandeur du résultat.