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Plan du chapitre

L'essentiel
Toute cellule vivante dépense en permanence de l'énergie : synthèse de molécules, transport actif, contraction, division... Cette énergie est fournie par une molécule universelle, l'. Or la cellule n'en garde qu'un petit stock : elle doit donc régénérer l' en continu, en libérant progressivement l'énergie chimique contenue dans la matière organique, en particulier le glucose. Ce chapitre explique comment, avec ou sans dioxygène.
1. L'ATP, monnaie énergétique de la cellule
Définition ()
L'adénosine triphosphate () est un nucléotide qui porte trois groupements phosphate. Son hydrolyse libère de l'énergie utilisable par la cellule ; sa synthèse (phosphorylation de l') en stocke.
Dans la suite du chapitre, on retiendra qu'une mole d' hydrolysée libère environ 30,5 kJ. Il existe deux types de synthèse d' :
- la phosphorylation au niveau du substrat : un groupement phosphate est transféré directement d'une molécule riche en énergie sur l' (glycolyse, cycle de Krebs) ;
- la phosphorylation oxydative : l' est synthétisé grâce à l'énergie libérée par la réoxydation des coenzymes réduits dans la chaîne respiratoire (membrane interne de la mitochondrie).
2. Vue d'ensemble : le devenir du glucose
Toutes les voies commencent par la glycolyse, qui a lieu dans le hyaloplasme (le cytoplasme fondamental). La suite dépend de la présence de dioxygène et de l'équipement de la cellule.
| Voie | Condition | Lieu | Produits finaux | par glucose |
|---|---|---|---|---|
| Respiration | aérobie ( nécessaire) | hyaloplasme, puis mitochondrie | et | 36 à 38 |
| Fermentation lactique | anaérobie | hyaloplasme | lactate | 2 |
| Fermentation alcoolique | anaérobie | hyaloplasme | éthanol et | 2 |
3. La glycolyse
Définition (Glycolyse)
La glycolyse est la suite de réactions, localisée dans le hyaloplasme, qui dégrade une molécule de glucose (6 carbones) en deux molécules d'acide pyruvique (3 carbones). Elle n'exige pas de dioxygène.
Elle se déroule en trois temps :
- Activation : le glucose est phosphorylé deux fois, ce qui consomme 2 ;
- Clivage : la molécule à 6 carbones est coupée en deux molécules à 3 carbones (trioses phosphates) ;
- Oxydation : chaque triose phosphate est déshydrogéné (le est réduit en ) puis transformé en pyruvate, avec formation de 4 par phosphorylation au niveau du substrat.
Le bilan s'écrit :
| Par molécule de glucose | Quantité |
|---|---|
| consommés | 2 |
| formés (brut) | 4 |
| gagnés (net) | 2 |
| Coenzymes réduits | 2 |
| Acide pyruvique | 2 |
Remarque
Certains manuels notent les coenzymes réduits au lieu de . Tu n'as pas besoin de mémoriser le nom de chaque intermédiaire ni de chaque enzyme de la glycolyse : retiens les trois temps, le lieu et le bilan.
4. La mitochondrie, siège de la respiration
Quand le dioxygène est disponible, le pyruvate entre dans la mitochondrie.
| Structure | Rôle |
|---|---|
| Membrane externe | lisse, perméable aux petites molécules (le pyruvate la traverse) |
| Espace intermembranaire | compartiment où s'accumulent les protons pompés par la chaîne respiratoire |
| Membrane interne | repliée en crêtes (grande surface) ; porte la chaîne respiratoire et les ATP synthases (leur partie correspond aux « sphères pédonculées » des manuels) |
| Matrice | contient les enzymes de la décarboxylation oxydative et du cycle de Krebs, de l'ADN et des ribosomes mitochondriaux |
5. Dans la matrice : décarboxylation oxydative et cycle de Krebs
Décarboxylation oxydative. Chaque pyruvate perd un carbone sous forme de et un couple d'hydrogènes (capté par le ). Le fragment à 2 carbones restant est fixé sur le coenzyme A : c'est l'acétyl-coenzyme A.
Cycle de Krebs. L'acétyl-CoA (2 C) se condense avec l'oxaloacétate (4 C) pour former le citrate (6 C). Une suite de réactions régénère ensuite l'oxaloacétate : c'est un cycle.
| Transformation | Événements |
|---|---|
| citrate (6 C) vers α-cétoglutarate (5 C) | 1 décarboxylation, 1 déshydrogénation () |
| α-cétoglutarate (5 C) vers succinate (4 C) | 1 décarboxylation, 1 déshydrogénation (), 1 phosphorylation au niveau du substrat (équivalent d'un ) |
| succinate vers fumarate | 1 déshydrogénation () |
| fumarate vers malate vers oxaloacétate (4 C) | hydratation, puis 1 déshydrogénation () |
Par tour de cycle, on obtient donc : 2 , 3 , 1 et 1 (chez certains organismes, c'est un , énergétiquement équivalent). Retiens surtout le nombre de carbones et les événements de chaque étape (décarboxylation, déshydrogénation, phosphorylation) plutôt que le nom de chaque intermédiaire.
Une molécule de glucose donne deux pyruvates : la décarboxylation oxydative et le cycle de Krebs tournent donc deux fois par glucose. Tout le carbone du glucose est alors éliminé sous forme de (6 au total, voir le bilan plus bas).
6. Sur la membrane interne : chaîne respiratoire et phosphorylation oxydative
Les coenzymes réduits produits dans le hyaloplasme et la matrice (, ) sont réoxydés sur la membrane interne. Ils cèdent leurs électrons à une suite de transporteurs (complexes protéiques, coenzyme Q, cytochrome c) : c'est la chaîne respiratoire. Le dernier maillon cède les électrons au dioxygène, accepteur final, qui est réduit en eau :
À l'échelle d'un coenzyme réduit : .
Le mécanisme de production d' est le suivant (théorie chimiosmotique) :
- le transfert des électrons libère de l'énergie, utilisée par certains complexes pour pomper des protons de la matrice vers l'espace intermembranaire ;
- il se crée un gradient de protons de part et d'autre de la membrane interne ;
- les protons retournent dans la matrice en traversant l'ATP synthase (canal et partie catalytique ) ;
- l'énergie de ce flux est utilisée pour synthétiser l' à partir d' et de .
On admet, dans le cadre du cours, que la réoxydation d'un permet de former 3 et celle d'un 2 (ce dernier entre plus loin dans la chaîne).
Attention
Sans dioxygène, la chaîne respiratoire est bloquée : les coenzymes restent réduits, le n'est plus régénéré et le cycle de Krebs s'arrête. Le dioxygène ne sert pas à fabriquer le : celui-ci vient des décarboxylations.
7. Bilan de la respiration
| Étape | Coenzymes réduits et directs | formés |
|---|---|---|
| Glycolyse | 2 nets, 2 | 2 + 6 = 8 |
| Décarboxylation oxydative (2 fois) | 2 | 6 |
| Cycle de Krebs (2 tours) | 6 , 2 , 2 | 18 + 4 + 2 = 24 |
| Total | 10 , 2 , 4 directs | 38 |
Remarque
Le total « 38 » suppose que les 2 de la glycolyse donnent 3 chacun. Si leurs électrons entrent dans la mitochondrie par une autre navette, ils ne donnent que 2 chacun et le total est de 36 . Les mesures modernes donnent des valeurs plus faibles encore. Dans un exercice, l'énoncé précise la valeur à utiliser : suis-la.
Rendement. L'oxydation complète d'une mole de glucose libère environ 2 840 kJ. Le rendement énergétique est la fraction de cette énergie stockée dans l' :
Le reste (environ 61 %) est dissipé sous forme de chaleur.
8. Les fermentations
En l'absence de dioxygène (ou dans une cellule sans mitochondrie), la glycolyse est suivie d'une fermentation. Le pyruvate (ou un dérivé) est réduit par le : cela régénère le , indispensable pour que la glycolyse continue. La matière organique n'est que partiellement oxydée : il reste de l'énergie dans les produits (lactate, éthanol).
Fermentation lactique (bactéries lactiques, cellules musculaires manquant de dioxygène, hématies) :
Fermentation alcoolique (levures) : le pyruvate est décarboxylé en éthanal (acétaldéhyde) avec libération de , puis l'éthanal est réduit en éthanol par le .
Pour alléger, ces deux équations n'indiquent pas l' et le consommés (2 de chaque par glucose), qui servent à former les 2 .
Applications : yaourt et fromages (lactique), pain, vin, bière (alcoolique).
9. Comparaison des voies
| Respiration | Fermentation lactique | Fermentation alcoolique | |
|---|---|---|---|
| nécessaire | oui | non | non |
| Accepteur final d'hydrogène | pyruvate | éthanal | |
| Oxydation du glucose | complète | partielle | partielle |
| par glucose | 36 à 38 | 2 | 2 |
| Énergie libérée (kJ/mol de glucose) | environ 2 840 | environ 196 | environ 235 |
| Rendement | environ 39 % (36 ) | environ 31 % | environ 26 % |
Les rendements sont du même ordre de grandeur, mais la respiration extrait 18 fois plus d' par glucose que les fermentations (36 contre 2), car la molécule est entièrement oxydée. Pour obtenir la même quantité d', une cellule en fermentation doit donc consommer beaucoup plus de glucose : c'est ce que l'on observe chez les levures, qui consomment bien moins de glucose en présence de dioxygène.
Remarque
Le programme étudie surtout le glucose comme substrat. Les lipides et les protéines peuvent aussi alimenter le cycle de Krebs après transformation, mais ce n'est pas à détailler.
Méthodes
Méthode 1 : Écrire et vérifier un bilan de réaction
- Écris les réactifs et les produits connus (substrat, coenzymes, et , produits).
- Équilibre les atomes de carbone, puis d'hydrogène et d'oxygène.
- Vérifie que le nombre de coenzymes oxydés consommés est égal au nombre de coenzymes réduits formés (ou l'inverse).
Exemple. Pour la fermentation lactique du pyruvate : . Carbone : 3 = 3. Hydrogène : 4 + 2 = 6 (le apporte 2 H) et 6 à droite. Oxygène : 3 = 3. Le bilan est équilibré.
Méthode 2 : Calculer un bilan en ATP et un rendement
- Compte les formés étape par étape (substrat, puis coenzymes réduits : 3 par , 2 par ).
- Multiplie le nombre d' par 30,5 kJ pour obtenir l'énergie stockée.
- Divise par l'énergie totale libérée par la réaction pour obtenir le rendement. Le reste est de la chaleur.
Exemple. Respiration de 0,5 mol de glucose avec 36 par glucose : mol ; énergie stockée kJ ; énergie libérée kJ ; rendement soit 38,7 %.
Méthode 3 : Localiser une réaction à partir d'expériences sur des fractions cellulaires
- Repère, dans le tableau, deux conditions qui ne diffèrent que par un seul facteur (la fraction cellulaire ou le substrat).
- Compare les résultats chiffrés : une réaction a lieu là où l'on observe la consommation du substrat ou la production du produit.
- Conclus en nommant le compartiment et la réaction, en citant les valeurs.
Exemple. Des mitochondries isolées ne consomment pas de dioxygène avec du glucose, mais en consomment avec du pyruvate : le glucose n'est pas oxydé dans la mitochondrie, le pyruvate l'est.
Méthode 4 : Distinguer respiration et fermentation à partir de mesures
- Regarde si du dioxygène est consommé : sans , il s'agit d'une fermentation.
- Calcule le rapport libéré sur consommé : il vaut 1 pour la respiration du glucose, et il est supérieur à 1 si une fermentation alcoolique s'ajoute.
- Cherche des produits caractéristiques : éthanol (alcoolique), lactate (lactique). Si du est consommé et qu'un de ces produits apparaît aussi, les deux voies fonctionnent ensemble (voir l'exercice 5).
- Compare le glucose consommé : il est beaucoup plus élevé en fermentation pour la même quantité d'.
Exemple. 2 mmol de glucose consommées, 0 mmol d', 4 mmol de et 4 mmol d'éthanol : pas de dioxygène, un éthanol pour un : c'est une fermentation alcoolique ().
Méthode 5 : Rédiger une réponse sur documents
- Décris avec des valeurs chiffrées (une phrase par résultat clé).
- Compare les conditions, en nommant le facteur qui change.
- Déduis ce que cela prouve, sans aller plus loin que les données.
- Explique avec tes connaissances (réaction, lieu, enzyme, ).
Exercices corrigés
Exercice 1 : Bilan de la glycolyse
FacileOn étudie la glycolyse seule : 0,90 g de glucose est entièrement transformé en pyruvate dans un extrait de hyaloplasme additionné de , d' et de en excès. Masses molaires : glucose 180 g/mol ; acide pyruvique 88 g/mol.
- Écris l'équation-bilan de la glycolyse.
- Donne, par molécule de glucose, le nombre d' consommés, formés et gagnés.
- Calcule les quantités de matière de glucose, de pyruvate, d' net et de formés, puis la masse de pyruvate.
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1. .
2. Il y a 2 consommés (activation du glucose), 4 formés (phosphorylations au niveau du substrat), donc un gain net de par glucose.
3. Quantité de glucose : mol, soit 5,0 mmol. D'après l'équation, 1 glucose donne 2 pyruvates, 2 nets et 2 :
- pyruvate : mmol ;
- net : mmol (20 mmol formés au total, 10 mmol consommés) ;
- : 10 mmol.
Masse de pyruvate : g.
Exercice 2 : Bilan du glucose dans la respiration
FacileDonnées : la décarboxylation oxydative d'un pyruvate libère 1 et forme 1 . Un tour de cycle de Krebs libère 2 et forme 3 , 1 et 1 . La glycolyse fournit 2 nets et 2 par glucose.
- Combien de décarboxylations oxydatives et de tours de cycle de Krebs une molécule de glucose entraîne-t-elle ? Pourquoi ?
- Complète le bilan (en , , , directs) pour une molécule de glucose.
- On admet 3 par et 2 par . Calcule le total d' par glucose, puis le total si les 2 de la glycolyse ne rapportent que 2 chacun.
- Montre que ce bilan est cohérent avec la consommation de 6 par glucose.
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1. Une molécule de glucose donne 2 pyruvates (glycolyse). Chaque pyruvate subit une décarboxylation oxydative et alimente un tour de cycle : on a donc 2 décarboxylations oxydatives et 2 tours de cycle.
2. On additionne les étapes :
| Étape | directs | |||
|---|---|---|---|---|
| Glycolyse | 0 | 2 | 0 | 2 |
| 2 décarboxylations oxydatives | 2 | 2 | 0 | 0 |
| 2 tours de Krebs | 4 | 6 | 2 | 2 |
| Total | 6 | 10 | 2 | 4 |
3. total . Si les 2 de la glycolyse ne rapportent que 2 chacun : . On trouve bien 36 à 38 par glucose.
4. Les 6 correspondent aux 6 carbones du glucose. Chaque coenzyme réduit libère un couple d'hydrogènes ; il y a coenzymes réduits donc 12 couples d'hydrogènes. Chaque couple réduit un demi-dioxygène en eau : . Cela correspond à l'équation .
Exercice 3 : Rendements énergétiques comparés
MoyenDonnées (par mole de glucose) : l'oxydation complète libère 2 840 kJ ; la fermentation lactique libère 196 kJ ; la fermentation alcoolique libère 235 kJ. L'hydrolyse d'une mole d' libère 30,5 kJ. On compte 36 par glucose pour la respiration et 2 pour chaque fermentation.
- Calcule l'énergie stockée dans l' par mole de glucose pour chaque voie.
- Calcule le rendement de chaque voie.
- Quelle fraction de l'énergie est dissipée en chaleur dans la respiration ?
- Quelle masse de glucose (M = 180 g/mol) faut-il dégrader pour former 1 mol d' par respiration, puis par fermentation lactique ? Commente.
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1. Énergie stockée :
- respiration : kJ ;
- fermentation lactique : kJ ;
- fermentation alcoolique : kJ.
2. Rendement :
- respiration : soit 38,7 % ;
- fermentation lactique : soit 31,1 % ;
- fermentation alcoolique : soit 26,0 %.
3. Énergie dissipée en chaleur dans la respiration : kJ, soit .
4. Respiration : g de glucose pour 1 mol d'. Fermentation lactique : g. Il faut donc 18 fois plus de glucose en fermentation pour la même quantité d'. Les rendements sont du même ordre (26 à 39 %), mais la respiration oxyde entièrement le glucose et en extrait beaucoup plus d'énergie utilisable. Les produits des fermentations (lactate, éthanol) contiennent encore l'essentiel de l'énergie chimique du glucose.
Exercice 4 : Pâte à pain et fermentation alcoolique
MoyenDans un flacon fermé, relié à une éprouvette retournée sur l'eau, on place de la pâte contenant des levures et du glucose. Après 30 minutes, on a recueilli 1,2 L de . Dans les conditions de l'expérience, le volume molaire des gaz est de 24 L/mol. Masses molaires : glucose 180 g/mol ; éthanol 46 g/mol ; 44 g/mol.
- Écris l'équation de la fermentation alcoolique du glucose.
- Calcule la quantité de formé, puis celles de glucose consommé et d'éthanol formé.
- Vérifie la conservation de la masse.
- Calcule la quantité d' formé.
- Explique pourquoi la pâte lève et pourquoi un flacon fermé suffit.
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1. .
2. mol. D'après l'équation, 1 glucose donne 2 , 2 éthanols et 2 :
- glucose consommé : mol, soit g ;
- éthanol formé : mol, soit g.
3. Masse de : g. Masse des produits : g, égale à la masse de glucose consommé. La masse est conservée.
4. Il se forme 2 par glucose : mol.
5. Le est un gaz libéré par la fermentation : il forme des bulles qui font gonfler la pâte. Un flacon fermé suffit : la fermentation n'a pas besoin de dioxygène, et le est un produit de la réaction, pas un réactif. L'éthanol formé s'évapore à la cuisson.
Exercice 5 : Levures en présence et en absence de dioxygène
MoyenOn cultive des levures dans trois conditions et on mesure, par heure et pour la même masse de cellules, les échanges (en mmol).
| Culture | Glucose consommé | consommé | libéré | Éthanol formé |
|---|---|---|---|---|
| A, bien aérée | 1,0 | 6,0 | 6,0 | 0 |
| B, sans dioxygène | 18,0 | 0 | 36,0 | 36,0 |
| C, peu aérée | 9,5 | 3,0 | 21,0 | 18,0 |
- Compare les cultures A et B.
- Écris l'équation de la réaction dans chaque culture et vérifie que les valeurs du tableau sont cohérentes.
- Calcule la quantité d' formée par heure dans les cultures A et B, avec 36 par glucose pour la respiration. Conclus.
- Pour la culture C, détermine la part du glucose dégradée par respiration, celle dégradée par fermentation, et la part de l' fournie par la respiration.
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1. En A (aérobie), 1,0 mmol de glucose est consommée, avec 6,0 mmol de consommées et 6,0 mmol de libérées, sans éthanol. En B (sans ), 18,0 mmol de glucose sont consommées, pas de , 36,0 mmol de et 36,0 mmol d'éthanol sont formées. La consommation de glucose est donc 18 fois plus élevée en B qu'en A.
2. Culture A : respiration, . Pour 1,0 mmol de glucose : 6,0 mmol de et 6,0 mmol de , conforme (rapport / = 1). Culture B : fermentation alcoolique, . Pour 18,0 mmol de glucose : mmol d'éthanol et 36 mmol de , conforme.
3. Culture A : mmol d' par heure. Culture B : mmol d' par heure. Les deux cultures forment donc la même quantité d' : pour l'obtenir, les levures consomment 18 fois plus de glucose en fermentation qu'en respiration. La respiration est beaucoup plus économe en glucose (c'est l'effet Pasteur).
4. Soit la quantité de glucose respirée et celle fermentée. La respiration consomme 6 par glucose : mmol. Donc mmol. Vérification : mmol ; éthanol mmol : conforme. Part respirée : du glucose ; part fermentée : . fourni par la respiration : mmol ; par la fermentation : mmol. La respiration, qui n'utilise que 5 % du glucose, fournit donc la moitié (50 %) de l'.
Exercice 6 : Bactéries lactiques et régénération du NAD+
DifficileUne culture de bactéries lactiques est placée à l'abri de l'air dans un milieu contenant du glucose. On suit la concentration en glucose, en lactate et le pH.
| Temps (h) | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 |
|---|---|---|---|---|---|
| Glucose (mmol/L) | 50 | 44 | 38 | 32 | 26 |
| Lactate (mmol/L) | 0 | 12 | 24 | 36 | 48 |
| pH | 6,6 | 6,2 | 5,9 | 5,6 | 5,3 |
- Calcule, pour chaque heure, la quantité de glucose consommée et de lactate formée. Déduis le rapport lactate formé sur glucose consommé et écris l'équation.
- Calcule la quantité d' formée par litre entre 0 et 4 h. Quelle quantité de glucose aurait suffi si ces bactéries avaient pu respirer (36 par glucose) ?
- Explique la diminution du pH.
- On suppose que le litre de culture contient en tout 0,5 mmol de (formes oxydée et réduite). En l'absence de toute réduction du pyruvate, jusqu'à quelle quantité de glucose la glycolyse pourrait-elle fonctionner ? Combien de fois, en moyenne, chaque molécule de coenzyme intervient-elle en réalité ? Conclus sur le rôle de la réduction du pyruvate en lactate.
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1. À chaque heure, le glucose diminue de 6 mmol/L et le lactate augmente de 12 mmol/L. Le rapport est lactates pour 1 glucose. Équation : (fermentation lactique).
2. Glucose consommé entre 0 et 4 h : mmol/L, soit mmol d' par litre. Par respiration, il aurait suffi de mmol/L de glucose, soit 18 fois moins. Les bactéries consomment beaucoup de glucose parce que la fermentation rapporte peu d' par molécule.
3. Les bactéries rejettent du lactate (acide lactique) dans le milieu : la concentration en ions augmente, donc le pH diminue (de 6,6 à 5,3). Cette acidification est à l'origine du caractère acide des laits fermentés.
4. La glycolyse consomme 2 par glucose (oxydation des trioses phosphates). Sans régénération, 0,5 mmol de ne permettrait de dégrader que mmol de glucose, ce qui est très inférieur aux 24 mmol effectivement consommées. En réalité, mmol de doivent être réduites en tout, donc chaque molécule de intervient en moyenne fois (réduite, puis réoxydée à chaque fois). La réduction du pyruvate en lactate, effectuée par le , régénère le : sans elle, la glycolyse s'arrêterait en quelques instants faute de coenzyme oxydé, et la cellule ne produirait plus d'.
Exercice 7 : Où se déroulent les étapes de l'oxydation du glucose ?
Type BacDocument 1. On mesure les échanges (en µmol/min) de différentes préparations incubées dans un milieu aéré, avec , et cofacteurs en excès.
| Préparation et substrat | consommé | libéré | Pyruvate formé |
|---|---|---|---|
| 1. Cellules entières + glucose | 7,5 | 7,5 | non détecté |
| 2. Mitochondries isolées + glucose | 0 | 0 | 0 |
| 3. Mitochondries isolées + pyruvate (3,0 µmol/min consommés) | 7,5 | 9,0 | 0 |
| 4. Hyaloplasme + glucose (1,25 µmol/min consommés) et en excès | 0 | 0 | 2,5 |
| 5. Hyaloplasme + glucose (1,25 µmol/min) + mitochondries | 7,5 | 7,5 | non détecté |
Document 2. On sépare les compartiments d'une mitochondrie et on mesure les échanges (en µmol/min).
| Fraction | Substrat ajouté | consommé | libéré | synthétisé |
|---|---|---|---|---|
| Matrice isolée | pyruvate (1,0 µmol/min consommé) ; , , , et en excès | 0 | 3,0 | 1,0 |
| Vésicules de membrane interne | en excès, , | 2,0 | 0 | 12,0 |
| Vésicules de membrane interne dépourvues de sphères pédonculées | en excès, , | 2,4 | 0 | 0 |
| Mêmes vésicules, sphères pédonculées réintroduites | en excès, , | 2,0 | 0 | 12,0 |
- Compare les préparations 1 à 3 du document 1. Que peux-tu déduire sur le rôle de la mitochondrie ?
- Compare les préparations 4 et 5. Déduis où se déroule la glycolyse et quel est le devenir du pyruvate.
- À l'aide du document 2, localise la décarboxylation oxydative et la chaîne respiratoire. Précise le rôle des sphères pédonculées.
- Construis un tableau-bilan : étape, lieu, substrat, produits.
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1. Les cellules entières consomment du dioxygène (7,5 µmol/min) et libèrent du à partir du glucose. Les mitochondries isolées ne consomment pas de dioxygène avec du glucose (0), mais en consomment 7,5 µmol/min avec du pyruvate, en libérant du (9,0 µmol/min). On en déduit que la mitochondrie n'oxyde pas le glucose lui-même, mais oxyde le pyruvate : elle est le siège de la respiration (consommation de et libération de ).
2. Le hyaloplasme seul transforme le glucose en pyruvate (1,25 µmol/min de glucose donnent 2,5 µmol/min de pyruvate, soit 2 pyruvates par glucose) sans consommer de : la glycolyse se déroule dans le hyaloplasme. Quand les mitochondries sont ajoutées (préparation 5), le pyruvate n'est plus détecté et la consommation de et la libération de sont identiques à celles des cellules entières : le pyruvate formé dans le hyaloplasme est oxydé par les mitochondries. On retrouve d'ailleurs consommés et 6 libérés par glucose, comme dans l'équation de la respiration. L'association hyaloplasme et mitochondries reproduit le fonctionnement de la cellule.
3. La matrice, avec du pyruvate, libère du (3,0 µmol/min pour 1,0 µmol/min de pyruvate, soit 3 par pyruvate) mais ne consomme pas de : les décarboxylations (décarboxylation oxydative et cycle de Krebs) ont lieu dans la matrice. La matrice forme aussi un peu d' (1,0 pour 1,0 pyruvate : une phosphorylation au niveau du substrat par tour de cycle). Les vésicules de membrane interne, avec du , consomment du (2,0) et synthétisent beaucoup d' (12,0), sans libérer de : la chaîne respiratoire et la phosphorylation oxydative sont portées par la membrane interne. Privées de sphères pédonculées, les vésicules consomment toujours du (2,4, même un peu plus) mais ne synthétisent plus d' (0) ; leur réintroduction rétablit la synthèse (12,0). Les sphères pédonculées sont donc la partie catalytique () de l'ATP synthase : elles ne sont pas nécessaires à l'oxydation des coenzymes, mais indispensables à la synthèse d'. Dans les vésicules complètes, le rapport par (soit 3 par atome d'oxygène) correspond à 3 par réoxydé.
4.
| Étape | Lieu | Substrat | Produits |
|---|---|---|---|
| Glycolyse | hyaloplasme | glucose | 2 pyruvates, 2 , 2 nets |
| Décarboxylation oxydative et cycle de Krebs | matrice | pyruvate | , , , un peu d' |
| Chaîne respiratoire et phosphorylation oxydative | membrane interne | , , | , , beaucoup d' |
Exercice 8 : Chaîne respiratoire, ATP synthase et gradient de protons
Type BacOn place des mitochondries intactes dans un milieu aéré contenant du pyruvate et du malate (substrats de la respiration). On mesure, selon les conditions, la consommation de dioxygène (en nmol d'atomes d'oxygène par minute), la synthèse d' (en nmol/min) et la différence de concentration en protons entre l'espace intermembranaire et la matrice (en unités arbitraires, u.a.).
Substances utilisées : l'oligomycine bloque le canal de l'ATP synthase ; le DNP rend la membrane interne perméable aux protons (découplant) ; le cyanure bloque le dernier transporteur de la chaîne respiratoire, qui cède les électrons au dioxygène.
| Condition | consommé (atomes d'O) | synthétisé | Gradient de protons (u.a.) |
|---|---|---|---|
| a. Sans ni | 20 | 0 | 100 |
| b. Avec et | 120 | 360 | 70 |
| c. Condition b + oligomycine | 22 | 0 | 100 |
| d. Condition c + DNP | 150 | 0 | 5 |
| e. Condition b + cyanure | 0 | 0 | 5 |
| f. Condition b + DNP (sans oligomycine) | 150 | 0 | 5 |
- Compare les conditions a et b. Calcule le rapport formé sur oxygène consommé en b.
- Que montre la condition e ?
- Compare b et c. Propose une explication pour la forte chute de la consommation de dioxygène en c.
- Compare c et d, puis b et f. Que peux-tu conclure sur le lien entre chaîne respiratoire et synthèse d' ?
- Rédige un schéma explicatif (en texte) du mécanisme de la phosphorylation oxydative.
Voir le corrigé
1. Sans ni (a), la consommation de dioxygène est faible (20) et il n'y a pas de synthèse d'. L'ajout d' et de (b) multiplie la consommation de dioxygène par 6 (120) et déclenche la synthèse d' (360). Le rapport est par atome d'oxygène consommé, soit 3 par couple d'hydrogènes oxydé, valeur cohérente avec 3 par . La respiration est donc couplée à la synthèse d' : elle s'accélère quand de l' est disponible.
2. Avec le cyanure (e), la consommation de dioxygène est nulle, l' n'est plus synthétisé et le gradient de protons disparaît (5 u.a.). Le dioxygène est l'accepteur final de la chaîne respiratoire ; son utilisation est nécessaire pour que le transfert des électrons, donc le pompage de protons, et la synthèse d' aient lieu.
3. En c, la synthèse d' s'arrête (0) comme attendu puisque l'ATP synthase est bloquée, mais la consommation de dioxygène tombe aussi (de 120 à 22) et le gradient de protons remonte de 70 à 100. Explication : les protons pompés ne peuvent plus revenir dans la matrice par l'ATP synthase ; le gradient augmente et s'oppose au pompage de protons, ce qui ralentit le transfert des électrons et donc la consommation de dioxygène. La chaîne respiratoire ne fonctionne à plein régime que si les protons peuvent être « consommés » par l'ATP synthase.
4. Comparaison de c et d. Le DNP rend la membrane perméable aux protons : le gradient s'effondre (100 puis 5 u.a.) et la consommation de dioxygène remonte de 22 à 150. Le gradient freinait donc la chaîne respiratoire en c. Il n'y a toujours pas d' en d (0), puisque l'oligomycine bloque encore l'ATP synthase : cette comparaison ne permet pas de conclure sur la synthèse d'.
Comparaison de b et f. Dans les deux conditions, l', le et une ATP synthase fonctionnelle sont présents. Avec le DNP, le gradient chute (70 puis 5 u.a.), la chaîne respiratoire fonctionne même plus vite (120 puis 150) mais la synthèse d' disparaît (360 puis 0). On en conclut que la synthèse d' dépend du gradient de protons et non du seul transfert des électrons : la chaîne respiratoire et l'ATP synthase sont couplées par ce gradient. Quand il est dissipé, l'énergie libérée par l'oxydation n'est plus stockée dans l' : elle est dissipée sous forme de chaleur.
5. Mécanisme : et cèdent leurs électrons à la chaîne respiratoire de la membrane interne le transfert des électrons libère de l'énergie utilisée pour pomper des de la matrice vers l'espace intermembranaire gradient de protons retour des vers la matrice par l'ATP synthase (canal ) synthèse d' à partir d' et de (partie ) ; les électrons sont finalement acceptés par le dioxygène, qui forme de l'eau.
QCM
Une réponse, puis l'explication : les questions ratées sont gardées dans Mes pièges.
Lancer le quiz du chapitreErreurs fréquentes
- Dire que la glycolyse produit 4 . Elle en forme 4 mais en consomme 2 : le gain net est de 2 par glucose.
- Placer la glycolyse dans la mitochondrie. Elle se déroule dans le hyaloplasme ; seule la suite de la respiration a lieu dans la mitochondrie.
- Croire que le dioxyde de carbone provient du dioxygène. Le est libéré par les décarboxylations (décarboxylation oxydative et cycle de Krebs) ; le dioxygène sert uniquement d'accepteur final et forme de l'eau.
- Confondre respiration et fermentation. La fermentation n'utilise pas de dioxygène, n'oxyde que partiellement le glucose et ne forme que 2 ; la respiration oxyde entièrement le glucose et forme 36 à 38 .
- Oublier le rôle de la fermentation dans la régénération du . Sans cette régénération, la glycolyse s'arrête et plus aucun n'est formé.
- Attribuer la synthèse d' à la chaîne respiratoire seule. Il faut citer le gradient de protons et l'ATP synthase : les électrons ne fabriquent pas directement l'.
- Confondre énergie libérée et énergie stockée. L' ne stocke qu'une partie (environ 39 % pour la respiration) ; le reste est dissipé en chaleur. Le rendement se calcule toujours en divisant l'énergie stockée par l'énergie libérée.
À retenir
- L' est la monnaie énergétique de la cellule : son hydrolyse libère environ 30,5 kJ/mol ; il est régénéré en permanence.
- Glycolyse (hyaloplasme) : 1 glucose donne 2 pyruvates, 2 et un gain net de 2 , sans dioxygène.
- En présence de dioxygène, le pyruvate entre dans la mitochondrie : décarboxylation oxydative et cycle de Krebs (matrice) libèrent le et forment des coenzymes réduits ( et ).
- La chaîne respiratoire (membrane interne) réoxyde ces coenzymes ; le dioxygène est l'accepteur final et forme de l'eau.
- Les transferts d'électrons pompent des protons vers l'espace intermembranaire ; leur retour par l'ATP synthase fournit l'énergie de la synthèse d' (phosphorylation oxydative).
- Bilan de la respiration : 36 à 38 par glucose ; ; rendement d'environ 39 %, le reste en chaleur.
- Sans dioxygène, la glycolyse est suivie d'une fermentation (lactique ou alcoolique) qui régénère le ; bilan de seulement 2 par glucose.
- Fermentation lactique : glucose en 2 lactates ; fermentation alcoolique : glucose en 2 éthanols et 2 .
- La respiration extrait 18 fois plus d' par glucose que les fermentations : en fermentation, il faut consommer bien plus de glucose pour la même quantité d'.
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