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Plan du chapitre

L'essentiel
Un muscle strié squelettique est un convertisseur d'énergie : il transforme l'énergie chimique des nutriments, stockée temporairement dans l', en énergie mécanique (le travail, c'est-à-dire le mouvement) et en chaleur. Pour comprendre ce rôle, il faut connaître sa structure, le mécanisme de la contraction et les voies qui régénèrent l' consommé.
1. Du muscle à la myofibrille
Le muscle strié squelettique, rattaché aux os par les tendons, est un organe à contraction volontaire. Il est formé de niveaux d'organisation emboîtés.
| Niveau | Description |
|---|---|
| Muscle | ensemble de faisceaux de fibres musculaires, enveloppés de tissu conjonctif |
| Fibre musculaire | cellule géante et multinucléée, limitée par le sarcolemme, de quelques dizaines de µm de diamètre |
| Myofibrille | cylindre d'environ 1 µm de diamètre, occupant presque tout le sarcoplasme ; elle forme une suite de sarcomères |
| Sarcomère | unité contractile, comprise entre deux stries Z successives (environ 2,5 µm au repos) |
| Myofilaments | filaments fins d'actine et filaments épais de myosine |
Le sarcoplasme (cytoplasme de la fibre) contient aussi de nombreuses mitochondries, des réserves de glycogène, de la myoglobine (réserve de dioxygène), le réticulum sarcoplasmique (réserve de ) et les tubules transverses (invaginations du sarcolemme qui conduisent le potentiel d'action au contact du réticulum).
2. Ultrastructure du sarcomère
Au microscope, la myofibrille présente une alternance de bandes sombres (bande A) et de bandes claires (bande I), d'où l'aspect strié.
| Zone | Description |
|---|---|
| Strie Z | limite du sarcomère ; point d'ancrage des filaments fins |
| Bande I | claire ; ne contient que des filaments fins ; coupée en deux par la strie Z |
| Bande A | sombre ; occupée par les filaments épais sur toute sa longueur, avec une partie des filaments fins |
| Zone H | centre de la bande A, où ne se trouvent que des filaments épais |
| Strie M | milieu de la bande A, où les filaments épais sont maintenus alignés |
- Filaments fins : constitués d'actine, associée à la tropomyosine (filament qui recouvre les sites de fixation de la myosine au repos) et à la troponine (qui possède des sites de fixation du ). Ils sont fixés aux stries Z.
- Filaments épais : constitués de molécules de myosine, chacune avec une queue et une tête articulée. La tête porte deux sites : un site de fixation sur l'actine et un site d'hydrolyse de l' (activité ATPasique).
Dans les exercices, on utilise les dimensions simplifiées suivantes (proches des valeurs réelles) : filament épais 1,5 µm ; filament fin 1,0 µm de chaque côté d'une strie Z ; sarcomère de 2,5 µm au repos.
3. La contraction : le glissement des filaments
Quand le muscle se contracte, le sarcomère raccourcit. L'observation montre que la longueur de la bande A reste constante, tandis que la bande I et la zone H diminuent (la zone H peut disparaître). Les filaments ne raccourcissent donc pas : les filaments fins glissent entre les filaments épais, vers le centre du sarcomère.
| État | Sarcomère | Bande A | Bande I | Zone H |
|---|---|---|---|---|
| Repos | 2,5 µm | 1,5 µm | 1,0 µm | 0,5 µm |
| Contracté | 2,0 µm | 1,5 µm | 0,5 µm | 0 |
4. Le mécanisme moléculaire
La contraction repose sur un cycle répété de formation et de rupture de ponts d'union actomyosine.
- Excitation : un potentiel d'action parcourt le sarcolemme et les tubules transverses ; le réticulum sarcoplasmique libère du dans le sarcoplasme.
- Le se fixe sur la troponine ; la tropomyosine se déplace et découvre les sites de fixation de la myosine sur l'actine.
- La tête de myosine, chargée d' et de , se fixe sur l'actine : c'est le pont d'union.
- La libération du et de l' provoque le pivotement de la tête : le filament fin glisse de quelques nanomètres vers le centre du sarcomère (coup de force).
- Une nouvelle molécule d' se fixe sur la tête de myosine : la liaison à l'actine se rompt, la tête se détache.
- L' est hydrolysé par l'ATPase de la myosine : la tête reprend sa position initiale (« armée »). Si le est encore présent, un nouveau cycle commence à l'étape 3.
L' intervient donc à deux moments : il permet le détachement de la tête, puis fournit l'énergie qui la réarme.
Relâchement. À l'arrêt de la stimulation, des pompes à (qui consomment de l') ramènent le dans le réticulum sarcoplasmique ; la tropomyosine recouvre à nouveau les sites et les ponts se défont. Le relâchement consomme donc aussi de l'énergie.
Remarque
Après la mort, plus d' n'est formé : les têtes de myosine ne peuvent plus se détacher de l'actine et les muscles se raidissent. C'est la rigidité cadavérique.
Preuve expérimentale. Une fibre musculaire « glycérinée » (perméabilisée, non vivante, mais qui garde ses protéines contractiles) se raccourcit lorsqu'on lui ajoute de l', du et du . Sans ou sans , elle ne se raccourcit pas : l' est l'énergie directe de la contraction et le la déclenche.
5. Conversion d'énergie, rendement et chaleur
Définition (Rendement musculaire)
C'est le rapport entre le travail mécanique fourni par le muscle et l'énergie chimique consommée : . Il est de l'ordre de 25 % : environ les trois quarts de l'énergie consommée sont libérés sous forme de chaleur.
La chaleur est utile (elle maintient la température du corps, d'où les frissons par grand froid) mais elle représente une perte pour le travail. Un muscle isolé, placé dans un dispositif sensible, dégage de la chaleur en deux temps :
| Chaleur | Quand | Origine | Dioxygène nécessaire |
|---|---|---|---|
| Chaleur initiale | pendant la contraction et le relâchement | hydrolyse de l' et réactions qui le régénèrent sans | non |
| Chaleur retardée | après la contraction, pendant la récupération | oxydations (respiration) qui reconstituent les réserves | oui |
6. La régénération de l'ATP
Le stock d' du muscle est très faible : il ne suffit que pour quelques contractions. Pourtant, la concentration en reste presque constante pendant l'effort : il est donc régénéré à la vitesse où il est consommé, par trois voies complémentaires.
Voie 1 : la phosphocréatine (anaérobie, sans lactate). La phosphocréatine () est une réserve de phosphate riche en énergie. L'enzyme créatine kinase transfère le phosphate sur l' (réaction de Lohmann) :
C'est la voie la plus rapide, mobilisée dès le début de l'effort. Son stock est limité (quelques fois celui de l') : elle ne tient que quelques secondes à intensité maximale. Elle est reconstituée au repos, avec de l' fourni par la respiration.
Voie 2 : la fermentation lactique (anaérobie). La glycolyse du glucose (issu du glycogène musculaire) suivie de la réduction du pyruvate en lactate forme 2 par glucose, sans dioxygène :
Elle est rapide mais peu rentable. Le lactate et les ions qui s'accumulent acidifient le muscle : c'est l'une des causes de la fatigue musculaire.
Voie 3 : la respiration (aérobie). Les nutriments (glucose, glycogène, acides gras) sont oxydés dans les mitochondries, avec du dioxygène apporté par le sang et stocké par la myoglobine :
Elle démarre plus lentement mais est très rentable et peut durer longtemps.
| Voie | Dioxygène | Rapidité | Durée utilisable | par glucose | Produits |
|---|---|---|---|---|---|
| Phosphocréatine | non | très rapide | quelques secondes | sans objet (1 par ) | créatine |
| Fermentation lactique | non | rapide | limitée (fatigue) | 2 | lactate, |
| Respiration | oui | plus lente à démarrer | longue | 36 à 38 | , |
Les trois voies fonctionnent ensemble ; leur part dépend de l'intensité et de la durée de l'effort. Un sprint repose d'abord sur la phosphocréatine puis sur la fermentation lactique ; un effort long et modéré repose surtout sur la respiration.
Après l'effort, la consommation de dioxygène reste élevée un certain temps : elle sert à reconstituer le stock de et d' et à éliminer le lactate. C'est ce qu'on appelle la dette en dioxygène. Au début de l'effort, c'est l'inverse : la respiration n'est pas encore à son plein régime et un déficit en dioxygène se forme.
Méthodes
Méthode 1 : Exploiter des mesures de sarcomère
- Repère la longueur de la bande A : si elle est constante, les filaments ne raccourcissent pas.
- Calcule la bande I : (longueur cumulée des deux demi-bandes I d'un sarcomère). Calcule la zone H : (si le résultat est positif, sinon 0).
- Conclus : le sarcomère raccourcit par glissement des filaments fins.
Exemple. Pour µm avec µm : bande I µm ; zone H µm. Le raccourcissement par rapport au repos (2,5 µm) est .
Méthode 2 : Expliquer le cycle de la contraction dans l'ordre
- Commence par le signal : potentiel d'action, libération de .
- Enchaîne : fixation du sur la troponine, découverte des sites, fixation de la tête de myosine.
- Décris le glissement, le détachement (qui exige de l') puis le réarmement (hydrolyse de l').
- Termine par le relâchement (retour du dans le réticulum, avec consommation d').
Méthode 3 : Identifier une voie de régénération de l'ATP avec un inhibiteur
- Repère ce que bloque l'inhibiteur (une enzyme, donc une voie).
- Compare le muscle traité au témoin : si le muscle se contracte moins longtemps, la voie bloquée contribuait à la régénération de l'.
- Appuie-toi sur les concentrations : une substance qui diminue (par exemple la ) est consommée ; une substance qui augmente (le lactate) est produite.
Exemple. Avec un inhibiteur de la glycolyse, la diminue fortement et le lactate n'augmente pas : l' a été fourni par la .
Méthode 4 : Calculer un rendement et un bilan énergétique
- Écris et isole l'inconnue.
- La chaleur est .
- Pour passer à l' ou au glucose : (en mol, avec en kJ ; 2840 kJ/mol est l'énergie libérée par l'oxydation complète d'une mole de glucose, donnée dans l'énoncé), puis (respiration).
Exemple. kJ et : kJ ; chaleur kJ.
Méthode 5 : Reconnaître la voie dominante selon l'effort
- Durée très courte, intensité maximale, pas de lactate : phosphocréatine.
- Effort intense de quelques dizaines de secondes à quelques minutes, lactate en forte hausse : fermentation lactique.
- Effort long à intensité modérée, consommation de dioxygène stable, lactate stable : respiration.
- Dans la réalité, plusieurs voies coopèrent : indique la voie principale et celles qui complètent.
Exercices corrigés
Exercice 1 : Dimensions d'un sarcomère
FacileUn sarcomère contient des filaments épais de 1,5 µm et des filaments fins de 1,0 µm fixés de chaque côté sur les stries Z. La bande A a la longueur d'un filament épais. Au repos, le sarcomère mesure 2,5 µm ; contracté, 2,0 µm.
- Calcule, dans chaque état, la longueur cumulée des deux demi-bandes I et celle de la zone H.
- Que déduis-tu sur le mécanisme du raccourcissement ?
- Un muscle de 20 cm au repos est formé de sarcomères en série. Calcule le nombre de sarcomères sur une ligne, puis la longueur du muscle quand tous sont contractés. De quel pourcentage le muscle raccourcit-il ?
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1. Bande A µm dans les deux états. Bande I ; zone H .
| État | Sarcomère | Bande A | Bande I | Zone H |
|---|---|---|---|---|
| Repos | 2,5 µm | 1,5 µm | 1,0 µm | 0,5 µm |
| Contracté | 2,0 µm | 1,5 µm | 0,5 µm | 0 |
2. La bande A, donc les filaments épais, ne change pas de longueur. La bande I et la zone H diminuent : les filaments fins s'enfoncent entre les filaments épais. Le raccourcissement se fait par glissement des filaments fins sur les filaments épais, sans raccourcissement des filaments.
3. Nombre de sarcomères : . Longueur contractée : µm cm. Raccourcissement : , soit 20 % (identique à puisque tous les sarcomères raccourcissent de la même façon).
Exercice 2 : Le cycle de la contraction
FacileLes phrases suivantes décrivent des étapes de la contraction, dans le désordre.
- a. L' se fixe sur la tête de myosine : la tête se détache de l'actine.
- b. Un potentiel d'action provoque la libération de par le réticulum sarcoplasmique ; le se fixe sur la troponine.
- c. La tête de myosine pivote : le filament fin glisse vers le centre du sarcomère ; l' et le sont libérés.
- d. L' est hydrolysé en et par l'ATPase de la myosine : la tête reprend sa position de départ.
- e. La tête de myosine (portant et ) se fixe sur le site découvert de l'actine : un pont d'union se forme.
- f. La tropomyosine se déplace et découvre les sites de fixation de la myosine sur l'actine.
- Remets les étapes dans l'ordre.
- Pourquoi un muscle devient-il rigide après la mort ?
- Que se passerait-il si le n'était pas ramené dans le réticulum sarcoplasmique après la stimulation ?
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1. Ordre : b, f, e, c, a, d. La libération de et sa fixation sur la troponine (b) déplacent la tropomyosine (f), ce qui découvre les sites d'actine ; la tête de myosine s'y fixe (e), pivote (c) ; l' provoque le détachement (a) puis son hydrolyse réarme la tête (d), prête pour un nouveau cycle (retour à e).
2. Après la mort, la respiration s'arrête et plus aucun n'est formé. Sans , les têtes de myosine restent attachées à l'actine (l'étape a ne peut plus avoir lieu) : le muscle reste figé, c'est la rigidité cadavérique.
3. Le resterait fixé sur la troponine, les sites d'actine resteraient découverts et, tant qu'il y aurait de l', les cycles se poursuivraient : le muscle resterait contracté et ne se relâcherait pas.
Exercice 3 : Fibres glycérinées
MoyenOn prépare des fibres musculaires glycérinées (perméabilisées, non vivantes) et on les plonge dans différents milieux contenant du et du . On mesure leur raccourcissement (en pourcentage de la longueur initiale) et la quantité de phosphate inorganique () libérée en 10 minutes.
| Milieu | Raccourcissement (%) | libéré (mmol/L) |
|---|---|---|
| a. sans , avec | 0 | 0 |
| b. , sans (une substance qui fixe le est ajoutée) | 0 | 0,05 |
| c. et | 30 | 0,80 |
- Compare les milieux a, b et c.
- Déduis le rôle de l' et celui du .
- Quelle relation observes-tu entre le raccourcissement et la libération de ? Explique-la.
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1. Sans (a), même en présence de , la fibre ne se raccourcit pas et aucun n'est libéré. Avec mais sans (b), la fibre ne se raccourcit pas et très peu de est libéré (0,05 mmol/L). Avec et (c), la fibre se raccourcit de 30 % et 0,80 mmol/L de sont libérés.
2. Le raccourcissement exige à la fois l' et le : l' est la source d'énergie directe de la contraction (milieu a : pas d', pas de contraction), et le est le signal qui déclenche la contraction (milieu b : l' seul ne suffit pas, le permet aux têtes de myosine de se fixer sur l'actine en découvrant les sites).
3. Le n'est libéré en quantité importante que quand la fibre se raccourcit (milieu c). Il provient de l'hydrolyse de l' par l'ATPase des têtes de myosine, qui a lieu à chaque cycle de la contraction. La contraction s'accompagne donc de l'hydrolyse de l' : le raccourcissement et la consommation d' vont de pair.
Exercice 4 : Rendement d'un muscle de cycliste
MoyenPendant 10 minutes de pédalage, les muscles d'un cycliste fournissent un travail mécanique de 120 kJ, avec un rendement global de 24 %. On suppose que l'énergie est fournie par la respiration du glucose (2 840 kJ/mol ; 36 par glucose). L'hydrolyse d'une mole d' libère 30,5 kJ. Masse molaire du glucose : 180 g/mol.
- Calcule l'énergie chimique consommée et la chaleur dégagée.
- Calcule la quantité et la masse de glucose oxydé.
- Calcule la quantité d' formé, l'énergie stockée dans cet et le rendement de la formation de l'.
- Quelle fraction de l'énergie de l' est transformée en travail ? Où se situent les pertes ?
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1. kJ. Chaleur kJ (soit 76 % de l'énergie consommée).
2. mol ; g.
3. mol. Énergie stockée : kJ (calcul fait avec non arrondi). Rendement de la formation de l' : , soit 38,7 %.
4. Fraction de l'énergie de l' transformée en travail : , soit environ 62 %. Les pertes ont donc deux origines : kJ perdus lors de la formation de l' (oxydation du glucose) et kJ perdus lors de l'utilisation de l' par les muscles. Au total, kJ de chaleur, valeur trouvée à la question 1.
Exercice 5 : Chaleur initiale et chaleur retardée
MoyenOn stimule un muscle isolé de grenouille par une courte série de secousses et on mesure la chaleur dégagée grâce à un thermocouple. Dans chaque expérience, la teneur en avant la stimulation est de 20 mmol/kg et elle tombe à 8 mmol/kg juste après la contraction. Les chaleurs sont données en unités arbitraires (u.a.).
| Condition | Chaleur initiale (u.a.) | Chaleur retardée (u.a.) | en fin de récupération (mmol/kg) |
|---|---|---|---|
| 1. Muscle dans l'air | 100 | 96 | 20 |
| 2. Muscle dans l'azote (sans ) | 100 | 0 | 8 |
| 3. Muscle de la condition 2, remis ensuite dans l'air | non mesurée | 94 | 19 |
- Compare les chaleurs dégagées dans les conditions 1 et 2.
- Définis la chaleur initiale et la chaleur retardée et indique leur origine.
- Établis la relation entre dioxygène, chaleur retardée et teneur en .
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1. La chaleur initiale est la même dans l'air et dans l'azote (100 u.a.). La chaleur retardée vaut 96 u.a. dans l'air, soit environ 96 % de la chaleur initiale, mais elle est nulle dans l'azote.
2. La chaleur initiale est dégagée pendant la contraction et le relâchement : elle provient de l'hydrolyse de l' et des réactions anaérobies qui le régénèrent (dont la dégradation de la ) ; elle ne nécessite pas de dioxygène. La chaleur retardée apparaît dans les minutes qui suivent la contraction : elle provient des oxydations (respiration) qui reconstituent les réserves du muscle ; elle nécessite du dioxygène.
3. Dans l'air, la est reconstituée (de 8 à 20 mmol/kg) et de la chaleur retardée est dégagée. Dans l'azote, la reste basse (8 mmol/kg) et il n'y a pas de chaleur retardée. Quand le dioxygène est rendu au muscle (condition 3), la chaleur retardée apparaît (94 u.a.) et la remonte à 19 mmol/kg. La reconstitution de la se fait donc grâce à de l' produit par la respiration, qui exige du dioxygène et dégage de la chaleur.
Exercice 6 : Quelles voies régénèrent l'ATP ?
DifficileOn stimule des muscles isolés de grenouille, placés sans dioxygène, jusqu'à ce qu'ils ne se contractent plus (épuisement). On compte les secousses effectuées et on dose les substances dans le muscle avant et après (en mmol/kg de muscle). Les muscles sont traités par l'iodoacétate (qui bloque la glycolyse) et/ou par une substance qui bloque l'enzyme créatine kinase (transfert du phosphate de la à l').
| Condition | Secousses avant épuisement | (avant puis après) | (avant puis après) | Lactate (avant puis après) |
|---|---|---|---|---|
| A. Muscle témoin | 139 | 5,0 puis 0,25 | 20 puis 1 | 1 puis 12 |
| B. Iodoacétate | 95 | 5,0 puis 0,25 | 20 puis 1 | 1 puis 1 |
| C. Iodoacétate et blocage de la créatine kinase | 19 | 5,0 puis 0,25 | 20 puis 20 | 1 puis 1 |
Les dosages sont faits avant la stimulation et au moment de l'épuisement. On admet que chaque secousse consomme la même quantité d', et que la formation d'une mole de lactate correspond à la formation d'une mole d'.
- Calcule la quantité d' consommée par secousse dans la condition C. Que montre cette condition sur le stock d' ?
- Dans la condition B, d'où vient l' utilisé ? Vérifie par le calcul.
- Dans la condition A, détermine, parmi l' régénéré, la part fournie par la et celle fournie par la fermentation lactique.
- Pourquoi ces expériences sont-elles réalisées sans dioxygène ? Quelle voie manque pour une activité prolongée ?
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1. Dans C, aucune voie de régénération n'est disponible (glycolyse et créatine kinase bloquées, pas de dioxygène) : le muscle n'utilise que son stock d', qui passe de 5,0 à 0,25, soit mmol/kg consommés en 19 secousses. Chaque secousse consomme mmol/kg d'. Le stock d' ne permet que 19 secousses : il est très faible et doit être régénéré.
2. En B, la glycolyse est bloquée (le lactate n'augmente pas) et la passe de 20 à 1, soit 19 mmol/kg consommés. La réaction donne 1 par : 19 mmol/kg d' sont régénérés. Les 95 secousses consomment mmol/kg d'. Or : l' utilisé vient de la (19 mmol/kg) et du stock d', qui passe de 5,0 à 0,25 (4,75 mmol/kg, comme en C). La permet donc secousses de plus qu'en C ().
3. En A, 139 secousses consomment mmol/kg d'. Le stock d' en fournit 4,75 (de 5,0 à 0,25) ; le reste, mmol/kg, est régénéré. La en fournit 19 (de 20 à 1). Le lactate augmente de mmol/kg, ce qui correspond à 11 mmol/kg d'. Vérification : . Part de la dans l' régénéré : ; part de la fermentation lactique : . Le muscle témoin se contracte plus longtemps (139 secousses contre 95) grâce à la fermentation lactique : secousses de plus, soit bien .
4. Les expériences sans dioxygène permettent d'isoler les voies anaérobies (phosphocréatine et fermentation lactique) en excluant la respiration. Les stocks de et de glycogène étant limités et le lactate s'accumulant, ces voies ne permettent qu'un effort de durée limitée (épuisement après 139 secousses). C'est la respiration, qui exige du dioxygène, qui permet une activité prolongée, par une oxydation complète des nutriments.
Exercice 7 : Effort et consommation de dioxygène
Type BacUn sportif pédale à puissance constante de la minute 0 à la minute 10, puis se repose. On mesure sa consommation de dioxygène et sa concentration sanguine en lactate.
| Temps (min) | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 6 | 8 | 10 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| consommé (L/min) | 0,3 | 1,5 | 2,4 | 2,8 | 3,0 | 3,0 | 3,0 | 3,0 |
| Lactate (mmol/L) | 1,0 | 2,2 | 3,5 | 4,0 | 4,2 | 3,8 | 3,4 | 3,0 |
| Temps (min) | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 18 | 20 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| consommé (L/min) | 1,8 | 1,2 | 0,9 | 0,7 | 0,55 | 0,45 | 0,35 | 0,30 |
| Lactate (mmol/L) | 2,9 | 2,6 | 2,3 | 2,0 | 1,8 | 1,6 | 1,2 | 1,0 |
- Décris l'évolution de la consommation de dioxygène pendant l'effort, puis après l'effort.
- Explique pourquoi la consommation de dioxygène n'atteint son plateau qu'à la 4e minute alors que l'effort est constant. Quelles voies assurent la régénération de l' au début ? Appuie-toi sur le lactate.
- Calcule, par la méthode des trapèzes, le volume de dioxygène manquant pendant les 4 premières minutes (par rapport au plateau de 3,0 L/min) et le volume de dioxygène consommé en excès de la minute 10 à la minute 20 (par rapport à la valeur de repos de 0,3 L/min).
- Explique l'origine de la consommation de dioxygène après l'effort et la lente diminution du lactate.
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1. Pendant l'effort, la consommation de dioxygène passe de 0,3 L/min au repos à un plateau de 3,0 L/min atteint à la 4e minute (1,5 L/min à 1 min, 2,4 à 2 min, 2,8 à 3 min) puis stable jusqu'à la 10e minute. Après l'arrêt de l'effort, elle diminue rapidement (1,8 L/min à 11 min) puis plus lentement et ne retrouve la valeur de repos (0,3 L/min) qu'à la 20e minute.
2. À puissance constante, les besoins en sont constants dès le début, mais la respiration met quelques minutes à augmenter (le cœur, la respiration et la circulation doivent s'adapter, et la fourniture de dioxygène aux mitochondries est progressive). Pendant ce délai, l' est fourni par les voies anaérobies : la (immédiate) et la fermentation lactique. Cela se voit à la montée du lactate (de 1,0 à 4,2 mmol/L entre 0 et 4 min). Ensuite, la respiration assure l'essentiel de l' et le lactate cesse d'augmenter puis diminue (de 4,2 à 3,0 mmol/L entre 4 et 10 min), car il n'est plus formé en excès.
3. Déficit : le dioxygène manquant par rapport au plateau vaut : 2,7 ; 1,5 ; 0,6 ; 0,2 ; 0 L/min aux minutes 0 à 4. Par la méthode des trapèzes : L, soit environ 3,7 L. Excès après l'effort : vaut 2,7 ; 1,5 ; 0,9 ; 0,6 ; 0,4 ; 0,25 ; 0,15 ; 0,05 ; 0 L/min aux minutes 10 ; 11 ; 12 ; 13 ; 14 ; 15 ; 16 ; 18 ; 20. Trapèzes : L, soit environ 5,3 L.
4. Après l'effort, la respiration continue de produire de l' en excès pour reconstituer les réserves du muscle : (comme dans l'exercice 5) et , et pour éliminer une partie du lactate. C'est la dette en dioxygène. Elle est ici plus grande (5,3 L) que le déficit initial (3,7 L) car la récupération mobilise plus que la seule reconstitution des réserves (le cœur, la respiration et la température restent élevés un certain temps). Le lactate diminue lentement car son élimination (oxydation, transformation) est un processus lent qui dépend de la respiration.
Exercice 8 : Le glissement des filaments et ses preuves
Type BacDocument 1. Mesures au microscope électronique d'un même muscle dans trois états.
| État | Sarcomère (µm) | Bande A (µm) | Bande I (µm) | Zone H (µm) |
|---|---|---|---|---|
| Étiré | 3,0 | 1,5 | 1,5 | 1,0 |
| Repos | 2,5 | 1,5 | 1,0 | 0,5 |
| Contracté | 2,0 | 1,5 | 0,5 | 0 |
Document 2. On mesure la tension maximale développée (en % de la tension maximale) par un muscle maintenu à différentes longueurs de sarcomère. On admet que, pour des longueurs comprises entre 2,0 et 3,5 µm, la longueur de recouvrement entre filaments fins et épais est égale à (en µm), où est la longueur du sarcomère.
| Longueur du sarcomère (µm) | 3,5 | 3,0 | 2,5 | 2,0 |
|---|---|---|---|---|
| Tension développée (% du maximum) | 0 | 33 | 67 | 100 |
Document 3. On mesure l'activité ATPasique (en unités arbitraires) de mélanges de protéines musculaires purifiées, en présence d' et de .
| Mélange | Activité ATPasique (u.a.) | |
|---|---|---|
| Myosine seule | absent | 5 |
| Myosine et actine | absent | 60 |
| Myosine, actine, tropomyosine et troponine | très faible | 6 |
| Myosine, actine, tropomyosine et troponine | élevé | 58 |
- Exploite le document 1 : qu'est-ce qui varie, qu'est-ce qui reste constant ? Quel modèle en déduis-tu ?
- Exploite le document 2 : calcule le recouvrement et mets-le en relation avec la tension. Propose une explication.
- Exploite le document 3 : quelles protéines et quel ion contrôlent l'activité ATPasique de la myosine ?
- À l'aide des trois documents et de tes connaissances, explique le mécanisme de la contraction musculaire.
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1. La longueur du sarcomère varie de 3,0 µm (étiré) à 2,0 µm (contracté). La bande A reste constante (1,5 µm), tandis que la bande I (de 1,5 à 0,5 µm) et la zone H (de 1,0 à 0) diminuent au fur et à mesure que le sarcomère raccourcit. Les filaments épais (bande A) gardent donc la même longueur et les filaments fins ne raccourcissent pas : le raccourcissement résulte du glissement des filaments fins entre les filaments épais.
2. Recouvrement : 0 µm à 3,5 µm ; 0,5 µm à 3,0 µm ; 1,0 µm à 2,5 µm ; 1,5 µm à 2,0 µm. La tension augmente avec le recouvrement : 0 %, 33 %, 67 %, 100 % pour 0 ; 0,5 ; 1,0 ; 1,5 µm. Le rapport tension sur recouvrement est constant ( % par µm) : la tension est proportionnelle au recouvrement. Explication : la force est produite par les ponts d'union entre les têtes de myosine (filaments épais) et l'actine (filaments fins). Plus la zone de recouvrement est grande, plus le nombre de têtes de myosine pouvant se fixer sur l'actine est élevé, donc plus la tension est grande. Sans recouvrement (3,5 µm), aucun pont ne peut se former et la tension est nulle.
3. La myosine seule a une faible activité ATPasique (5 u.a.), fortement augmentée par l'actine (60 u.a.) : l'actine active l'ATPase de la myosine (les têtes de myosine, qui hydrolysent l', interagissent avec l'actine). En présence de tropomyosine et de troponine, l'activité est faible (6 u.a.) quand le est très faible et revient à 58 u.a. quand le est élevé. La tropomyosine et la troponine bloquent donc l'interaction actine-myosine en l'absence de , et le lève ce blocage.
4. Au repos, la tropomyosine bloque les sites de fixation de la myosine sur l'actine. Un potentiel d'action libère du du réticulum sarcoplasmique ; le se fixe sur la troponine, ce qui déplace la tropomyosine et découvre les sites (document 3). Les têtes de myosine, chargées d' et de , se fixent sur l'actine (ponts d'union, plus nombreux quand le recouvrement est grand, document 2), puis pivotent : les filaments fins glissent vers le centre du sarcomère, qui raccourcit (document 1). La fixation d'une nouvelle molécule d' détache la tête, l' est hydrolysé par l'ATPase de la myosine et la tête est réarmée : un nouveau cycle commence tant que le est présent. À l'arrêt de la stimulation, le est ramené dans le réticulum, les sites sont à nouveau masqués et le muscle se relâche.
QCM
Une réponse, puis l'explication : les questions ratées sont gardées dans Mes pièges.
Lancer le quiz du chapitreErreurs fréquentes
- Dire que les filaments raccourcissent. Les filaments gardent leur longueur ; ce sont les filaments fins qui glissent entre les filaments épais, d'où la bande A constante et la bande I qui diminue.
- Attribuer au l'énergie de la contraction. Le déclenche la contraction (il découvre les sites d'actine) ; l'énergie vient de l'hydrolyse de l'.
- Oublier le second rôle de l'. L' ne sert pas qu'à fournir l'énergie : sa fixation détache la tête de myosine de l'actine.
- Expliquer la rigidité cadavérique par un excès d'. C'est l'absence d' qui laisse les têtes de myosine accrochées à l'actine.
- Confondre chaleur initiale et chaleur retardée. La chaleur initiale accompagne la contraction et ne demande pas de dioxygène ; la chaleur retardée suit la contraction et exige du dioxygène.
- Dire que la phosphocréatine fournit l'énergie directement aux myofilaments. Elle régénère l' en lui transférant un phosphate ; seul l' est utilisé par la myosine.
- Croire que la fermentation lactique produit beaucoup d'. Elle n'en forme que 2 par glucose : elle est rapide mais peu rentable, et le lactate acidifie le muscle.
- Inverser le calcul du rendement. Le rendement est le travail divisé par l'énergie consommée ; la chaleur est la différence entre l'énergie consommée et le travail.
À retenir
- Le muscle strié squelettique convertit l'énergie chimique () en travail mécanique et en chaleur ; son rendement est de l'ordre de 25 %.
- Le sarcomère, entre deux stries Z, est l'unité contractile ; il contient des filaments fins (actine, tropomyosine, troponine) et des filaments épais (myosine).
- À la contraction, la bande A reste constante, la bande I et la zone H diminuent : les filaments fins glissent entre les filaments épais.
- Le , libéré par le réticulum sarcoplasmique, se fixe sur la troponine et découvre les sites de fixation de la myosine ; les têtes de myosine forment des ponts d'union avec l'actine.
- L' est nécessaire pour détacher les têtes de myosine, puis son hydrolyse par l'ATPase de la myosine réarme la tête ; sans , c'est la rigidité cadavérique.
- Le relâchement exige de l' : les pompes à ramènent le dans le réticulum sarcoplasmique.
- Chaleur initiale : pendant la contraction, sans dioxygène. Chaleur retardée : après la contraction, avec dioxygène (oxydations de récupération).
- Le stock d' est faible ; il est régénéré par la phosphocréatine (immédiate), la fermentation lactique (rapide, 2 par glucose) et la respiration (lente, 36 à 38 par glucose).
- Après un effort, la consommation de dioxygène reste élevée (dette en dioxygène) pour reconstituer les réserves et éliminer le lactate.
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