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Plan du chapitre

L'essentiel
1. Population et pool génétique
Jusqu'ici, tu as étudié la transmission des caractères dans une famille. La génétique des populations change d'échelle : elle étudie la composition génétique d'un groupe d'individus et la façon dont cette composition évolue au fil des générations.
Définition (Population)
Une population est l'ensemble des individus d'une même espèce qui vivent dans une même région au même moment et peuvent se reproduire entre eux.
Définition (Pool génétique)
Le pool génétique (ou pool génique) est l'ensemble des allèles de tous les gènes des individus d'une population.
Pour un gène donné, le pool génétique est décrit par la fréquence de chacun de ses allèles et par la fréquence de chacun des génotypes dans la population.
2. Fréquences génotypiques et fréquences alléliques
On considère un gène autosomique à deux allèles et dans une population de individus. On compte individus , individus et individus , avec .
Définition (Fréquence génotypique)
La fréquence d'un génotype est la proportion des individus de la population qui ont ce génotype :
La somme des trois fréquences vaut 1.
Définition (Fréquence allélique)
La fréquence d'un allèle est la proportion de cet allèle parmi tous les exemplaires du gène de la population. Chaque individu diploïde porte deux exemplaires du gène : il y en a au total. On note et :
Avec deux allèles : .
Exemple
Une population de 300 individus compte 150 , 90 et 60 . Fréquences génotypiques : ; ; . Fréquences alléliques : et . On vérifie .
Deux situations se présentent :
- Codominance (par exemple le système de groupes sanguins MN) : chaque génotype a un phénotype distinct. On compte directement les génotypes, donc les allèles.
- Dominance : les individus et ont le même phénotype . On ne peut pas compter directement les hétérozygotes : on utilise la loi de Hardy-Weinberg (paragraphe suivant).
3. La loi de Hardy-Weinberg
Théorème (Loi de Hardy-Weinberg)
Dans une population idéale, c'est-à-dire :
- d'effectif très grand (on peut négliger les fluctuations dues au hasard) ;
- où les unions se font au hasard (panmixie) : aucun choix du partenaire selon le génotype, pas de consanguinité ;
- sans mutation, sans sélection (tous les génotypes ont la même chance de survivre et de se reproduire) et sans migration, avec des générations qui ne se chevauchent pas,
les fréquences alléliques et restent constantes de génération en génération, et, dès la première génération issue de panmixie, les fréquences génotypiques valent :
On dit que la population est en équilibre de Hardy-Weinberg.
Démonstration. Les gamètes portent avec la probabilité et avec la probabilité . Avec des unions au hasard, les gamètes se rencontrent au hasard :
| Gamètes ♂ \ gamètes ♀ | () | () |
|---|---|---|
| () | : | : |
| () | : | : |
On trouve bien , (deux cases) et , avec . Les fréquences alléliques de la génération suivante sont :
Elles n'ont donc pas changé.
Conséquences utiles :
- Test d'équilibre. Pour savoir si une population est à l'équilibre, on calcule et à partir des effectifs, puis on compare les fréquences génotypiques observées aux fréquences attendues , , . Si elles sont proches, la population est compatible avec l'équilibre ; un écart net signale qu'une condition n'est pas respectée.
- Retour à l'équilibre. Si une population est hors équilibre pour un gène autosomique, une seule génération de panmixie suffit à rétablir les fréquences , , , sans changer et .
- Cas de la dominance. Les individus sont les : . Donc , puis et la fréquence des hétérozygotes est .
- Fréquence maximale des hétérozygotes. est maximale quand ; elle vaut alors .
- Un allèle rare est surtout caché chez les hétérozygotes. Pour : et , soit environ 198 hétérozygotes pour 1 homozygote .
Remarque
Pour comparer l'observé et l'attendu, on s'autorise de petits écarts dus au hasard de l'échantillonnage. Pour décider de façon rigoureuse, on peut utiliser le test du khi-deux : on calcule sur les trois génotypes, où est l'effectif observé et l'effectif attendu (théorique). Pour un gène à deux allèles, le nombre de degrés de liberté est (nombre de génotypes moins nombre d'allèles) et la valeur seuil au risque de est . Si est inférieur au seuil, l'écart est attribué au hasard et la population est considérée comme en équilibre ; sinon, on rejette l'équilibre. Applique ce test quand ton professeur ou l'énoncé le demande (l'énoncé donne alors la valeur seuil) ; sinon, une comparaison argumentée suffit. Les gènes à plus de deux allèles (comme le système ABO) ne sont pas traités dans ce chapitre.
Cas d'un gène lié à l'X (partie non homologue). Les hommes n'ont qu'un seul exemplaire du gène (hémizygotes). On note et les fréquences des allèles et , supposées identiques chez les hommes et chez les femmes :
| Sexe | Génotype | Fréquence parmi les individus de ce sexe |
|---|---|---|
| Hommes | ||
| Hommes | ||
| Femmes | ||
| Femmes | ||
| Femmes |
La fréquence des hommes atteints (allèle récessif) est donc , celle des femmes atteintes : une maladie récessive liée à l'X est beaucoup plus fréquente chez les hommes que chez les femmes. Ce cas est donné comme application ; selon la façon dont ton cours traite ce point, il peut te servir de complément.
4. Les facteurs qui modifient les fréquences alléliques
La loi de Hardy-Weinberg est un modèle de référence. Dans une population réelle, au moins une des conditions n'est pas respectée : les fréquences alléliques changent alors au fil des générations. Ce changement est une évolution de la population.
| Facteur | Principe | Effet sur les fréquences alléliques |
|---|---|---|
| Mutation | Modification de l'ADN qui crée un nouvel allèle ou transforme un allèle en un autre | Très lent, car les mutations sont rares ; mais c'est la source de la nouveauté génétique |
| Sélection naturelle | Les génotypes n'ont pas la même chance de survivre et de se reproduire | Un allèle favorable devient plus fréquent, un allèle défavorable le devient moins |
| Migration (flux de gènes) | Des individus passent d'une population à une autre et se reproduisent | Les fréquences de la population d'accueil se rapprochent de celles de la population d'origine des migrants |
| Dérive génétique | Fluctuations dues au hasard de l'échantillonnage des gamètes, importantes dans les petites populations | Variations aléatoires ; un allèle peut disparaître ou devenir le seul présent (fixation) |
- Mutation. Si un allèle mute en avec une probabilité par gamète et par génération, la fréquence de augmente d'environ par génération : un changement très faible.
- Sélection. Elle agit sur le phénotype : l'avantage ou le désavantage d'un génotype se mesure à sa survie et à sa reproduction. Un allèle récessif défavorable diminue lentement, car il est protégé chez les hétérozygotes. Quand l'hétérozygote est avantagé, les deux allèles sont maintenus : c'est le cas de l'allèle de la drépanocytose dans les régions à paludisme.
- Migration. Si une proportion de la population est formée de migrants, la nouvelle fréquence est .
- Dérive. Elle est l'équivalent d'un tirage au sort : plus la population est petite, plus les fluctuations sont fortes. L'effet fondateur (quelques individus fondent une nouvelle population, avec des fréquences alléliques qui ne représentent pas celles de la population d'origine) et le goulot d'étranglement (réduction brutale de l'effectif) en sont deux exemples.
Attention
La consanguinité ou le choix du partenaire (homogamie) ne modifient pas les fréquences alléliques, mais elles modifient les fréquences génotypiques : il y a un excès d'homozygotes. La population s'écarte alors de l'équilibre de Hardy-Weinberg sans que et changent.
Méthodes
Méthode 1 : Calculer des fréquences alléliques à partir des effectifs
- Calcule l'effectif total et le nombre d'exemplaires du gène : .
- Compte les exemplaires de chaque allèle : un homozygote en apporte 2, un hétérozygote en apporte 1.
- Divise par ; vérifie .
Exemple. 100 individus : 50 , 40 , 10 . Allèle : . Donc .
Méthode 2 : Gène avec dominance, estimer à partir des malades
- Vérifie ou suppose que la population est en équilibre de Hardy-Weinberg.
- Les malades (phénotype récessif) sont : , donc .
- Calcule , puis les hétérozygotes .
Exemple. : , , : 32 % de la population est porteuse.
Méthode 3 : Tester l'équilibre de Hardy-Weinberg
- Calcule et à partir des effectifs observés.
- Calcule les effectifs attendus : , , .
- Compare, génotype par génotype, observé et attendu ; conclus (écarts faibles : compatible avec l'équilibre ; écarts nets : population hors équilibre) et propose une cause (consanguinité, sélection, migration...).
Méthode 4 : Calculer un risque à partir d'une fréquence dans la population
- Déduis puis , la probabilité qu'une personne choisie au hasard soit hétérozygote.
- Pour un couple sans antécédent : risque .
- Si l'un des deux a un antécédent familial (par exemple un frère malade avec des parents sains), remplace sa probabilité par .
Méthode 5 : Gène lié à l'X dans une population
- La fréquence des hommes atteints est : c'est directement la fréquence de l'allèle récessif.
- Chez les femmes : atteintes , conductrices , saines non porteuses .
- Vérifie que chez les femmes.
Méthode 6 : Identifier le facteur d'évolution à partir d'un document
- Décris l'évolution des fréquences (qui change ? de combien ? dans quel sens ?).
- Regarde ce qui diffère entre les situations (effectif, présence d'un agent de sélection, échanges d'individus).
- Associe : hasard et petit effectif, dérive ; avantage de survie, sélection ; échanges d'individus, migration ; apparition d'un nouvel allèle, mutation.
- Conclus par une phrase qui relie la donnée à la cause.
Exercices corrigés
Exercice 1 : Fréquences dans une population
FacileDans un échantillon de 1 000 personnes, on détermine le groupe sanguin du système MN, contrôlé par deux allèles codominants et : 320 personnes , 480 personnes et 200 personnes .
- Calcule les fréquences des trois génotypes.
- Calcule les fréquences et .
- Calcule les effectifs attendus à l'équilibre de Hardy-Weinberg et compare-les aux effectifs observés.
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1. ; ; (somme : ).
2. Les allèles sont codominants : on compte directement.
Vérification : .
3. Effectifs attendus :
- : ;
- : ;
- : .
| Génotype | Observé | Attendu |
|---|---|---|
| 320 | 313,6 | |
| 480 | 492,8 | |
| 200 | 193,6 |
Les écarts sont de 6,4 ; 12,8 et 6,4 individus sur 1 000, soit au plus 1,3 point de pourcentage. Les effectifs observés sont proches des effectifs attendus : la population est compatible avec l'équilibre de Hardy-Weinberg. Si l'on applique le test du khi-deux : , inférieur au seuil : même conclusion.
Exercice 2 : Combien de porteurs sains ?
FacileUne maladie autosomique récessive touche 1 naissance sur 10 000 dans une population qu'on suppose à l'équilibre de Hardy-Weinberg.
- Calcule la fréquence de l'allèle de la maladie, puis .
- Calcule la fréquence des porteurs sains (hétérozygotes).
- Dans une ville de 2 000 000 d'habitants, combien y a-t-il de malades et de porteurs sains ?
- Quelle proportion des exemplaires de l'allèle de la maladie est portée par des hétérozygotes ? Que peux-tu en conclure ?
Voir le corrigé
1. Les malades sont : , donc et .
2. , soit environ 2 % de la population, c'est-à-dire environ 1 personne sur 50.
3. Malades : . Porteurs sains : . Il y a environ 198 porteurs pour 1 malade.
4. Les exemplaires de se répartissent entre les malades (2 exemplaires chacun) et les porteurs (1 exemplaire chacun). Rapportés à un individu, ils représentent (malades) et (porteurs), pour un total . La part portée par les hétérozygotes est . Conclusion : l'allèle rare est presque entièrement « caché » chez des personnes en bonne santé ; c'est pourquoi une maladie récessive rare ne disparaît pas, même si les malades se reproduisent peu.
Exercice 3 : Cette population est-elle en équilibre ?
MoyenDans une population de 400 individus, on dénombre pour un gène à deux allèles et : 220 individus , 120 individus et 60 individus .
- Calcule les fréquences génotypiques et les fréquences alléliques.
- Calcule les effectifs attendus à l'équilibre de Hardy-Weinberg. La population est-elle à l'équilibre ?
- Cette population devient subitement panmictique, sans mutation, sélection ni migration. Calcule les fréquences alléliques et génotypiques à la génération suivante.
- Propose une explication de l'écart observé à la question 2.
Voir le corrigé
1. Fréquences génotypiques : ; ; . Fréquences alléliques : et (vérification : ).
2. Effectifs attendus :
- : ;
- : ;
- : .
| Génotype | Observé | Attendu |
|---|---|---|
| 220 | 196 | |
| 120 | 168 | |
| 60 | 36 |
Il y a un fort déficit en hétérozygotes (120 au lieu de 168) et un excès d'homozygotes (220 et 60 au lieu de 196 et 36). Les écarts sont nets (jusqu'à 48 individus sur 400) : la population n'est pas à l'équilibre. Le test du khi-deux le confirme : , très supérieur au seuil .
3. Une génération de panmixie rétablit l'équilibre sans changer et : et ; , , . Sur 400 individus : 196, 168 et 36.
4. Un déficit en hétérozygotes avec un excès d'homozygotes est typique d'unions qui ne se font pas au hasard : consanguinité ou unions préférentielles entre individus de même génotype (homogamie). Une subdivision de la population en groupes qui se reproduisent séparément produirait aussi cet effet.
Exercice 4 : Le risque pour un couple
MoyenUne maladie autosomique récessive touche 1 naissance sur 10 000 dans une population à l'équilibre de Hardy-Weinberg.
- Calcule la probabilité qu'une personne choisie au hasard soit hétérozygote.
- Calcule le risque, pour un couple de personnes saines non apparentées sans antécédent familial, d'avoir un enfant malade.
- Une femme saine a un frère malade (leurs parents sont sains). Elle a un enfant avec un homme sain choisi au hasard, sans antécédent. Calcule le risque que l'enfant soit malade.
- Compare les résultats des questions 2 et 3.
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1. donc , et (environ ).
2. Il faut que les deux soient hétérozygotes et transmettent chacun l'allèle de la maladie :
Le résultat est cohérent avec la fréquence de la maladie dans la population ().
3. La femme a des parents sains et un frère malade : ses parents sont hétérozygotes, elle est donc hétérozygote avec la probabilité . L'homme choisi au hasard est hétérozygote avec la probabilité :
4. : un antécédent familial multiplie le risque par environ 34. Ce n'est pas surprenant : la probabilité d'être porteur passe de à , soit un facteur . Cela justifie le conseil génétique dans les familles touchées.
Exercice 5 : Une maladie récessive liée à l'X dans une population
MoyenUn caractère récessif lié à l'X (partie non homologue) est présent chez 6 % des hommes d'une population. On suppose que les fréquences des allèles et sont les mêmes chez les hommes et chez les femmes.
- Donne la fréquence de l'allèle .
- Calcule, chez les femmes, les fréquences des génotypes , et .
- Combien de fois plus d'hommes que de femmes sont atteints ?
- La population compte autant d'hommes que de femmes. Quelle est la proportion de personnes atteintes dans la population ?
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1. Un homme n'a qu'un exemplaire du gène : il est atteint s'il porte . La fréquence des hommes atteints est donc et .
2. Chez les femmes :
- : ;
- (conductrices) : ;
- (atteintes) : .
Vérification : .
3. : il y a environ 17 fois plus d'hommes atteints que de femmes atteintes. Une femme doit recevoir l'allèle de ses deux parents, un homme d'un seul (sa mère).
4. Avec autant d'hommes que de femmes, la proportion de personnes atteintes est la moyenne des deux fréquences :
soit environ 3,2 % de la population.
Exercice 6 : La sélection contre un allèle récessif
DifficileUne population est à l'équilibre de Hardy-Weinberg pour un gène à deux allèles et , avec . Une maladie génétique rend les individus incapables de se reproduire. Les individus et se reproduisent au hasard entre eux.
- Donne les fréquences génotypiques de la génération 0.
- Calcule la fréquence de parmi les gamètes produits par les individus reproducteurs. En déduire les fréquences génotypiques de la génération 1.
- Refais le calcul pour la génération 2.
- Décris l'évolution de et explique pourquoi elle ralentit.
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1. : , , .
2. Les reproducteurs sont les (0,36) et les (0,48), soit de la population. Les gamètes portant viennent uniquement des hétérozygotes, dont la moitié des gamètes portent :
Donc . La génération 1 est issue d'unions au hasard : , , .
3. Génération 2 : reproducteurs ; , ; , , .
| Génération | ||||
|---|---|---|---|---|
| 0 | 0,400 | 0,360 | 0,480 | 0,160 |
| 1 | 0,286 | 0,510 | 0,408 | 0,082 |
| 2 | 0,222 | 0,605 | 0,346 | 0,049 |
4. La fréquence de diminue à chaque génération (0,400 puis 0,286 puis 0,222), mais de moins en moins vite (baisses de 0,114 puis de 0,064). La sélection n'élimine que les homozygotes , dont la fréquence devient de plus en plus petite : la majeure partie des allèles est cachée chez les hétérozygotes, à l'abri de la sélection. L'allèle disparaît donc très lentement : même après de nombreuses générations il en subsiste (on peut montrer que dans ce cas , soit environ 0,08 après 10 générations).
Exercice 7 : Migration et mutation
DifficilePartie A. Une population de 900 individus, installée depuis longtemps, a pour fréquence pour un gène à deux allèles. Un groupe de 100 migrants, de fréquence , rejoint cette population et se reproduit au hasard avec elle. Au moment de la reproduction, la population compte donc 1 000 individus : 900 résidents et 100 migrants.
- Calcule la fréquence de dans l'ensemble de la population.
- En déduire les fréquences génotypiques à la génération suivante (panmixie).
Partie B. Dans une autre population, . Une mutation transforme en avec une probabilité par gamète et par génération (on néglige la mutation inverse).
- Calcule la variation de en une génération, puis après 100 générations.
- Compare l'effet de la migration (partie A) et celui de la mutation (partie B) sur les fréquences alléliques.
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1. Les migrants et les résidents comptent chacun deux exemplaires du gène par individu : la fréquence est la moyenne pondérée par les effectifs.
Donc . La fréquence de est passée de à : la population d'accueil s'est rapprochée de celle des migrants.
2. À la génération suivante : ; ; (somme : 1).
3. En une génération, . Après 100 générations, la fréquence de est : a augmenté d'environ , soit .
4. La migration a modifié la fréquence allélique de en une seule génération ; la mutation de en une génération, soit un facteur d'environ . À court terme, la mutation est un facteur très lent de modification des fréquences ; son rôle essentiel est de créer de nouveaux allèles, matière première sur laquelle la sélection, la migration et la dérive agissent ensuite.
Exercice 8 : Dérive génétique et effet fondateur
Type BacDocument 1. Un logiciel simule l'évolution d'un gène à deux allèles et dans huit populations d'effectif individus et dans huit populations d'effectif individus. Au départ, dans toutes les populations. Il n'y a ni mutation, ni sélection, ni migration, et les unions se font au hasard. Le tableau donne après 30 générations.
| Population | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 | 1 | 1 | 0,15 | 0 | 0,80 | 1 | 0,35 | |
| 0,47 | 0,52 | 0,50 | 0,49 | 0,53 | 0,51 | 0,48 | 0,50 |
Document 2. Un groupe de 20 personnes fonde une colonie sur une île isolée. Un allèle rare , responsable d'une maladie récessive, a une fréquence de dans la population d'origine. Parmi les 20 fondateurs, deux sont hétérozygotes et aucun n'est .
- Décris et compare les résultats des deux séries de populations (Document 1).
- Explique pourquoi les populations de petit effectif divergent autant, alors qu'aucun facteur « dirigé » n'agit.
- Calcule la fréquence de chez les fondateurs (Document 2) et compare-la à celle de la population d'origine. Nomme le phénomène.
- Distingue la dérive génétique de la sélection naturelle.
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1. Pour , reste proche de la valeur de départ : de à , moyenne . Pour , les valeurs sont très dispersées, de à : dans cinq populations sur huit, l'un des deux allèles a disparu (trois fois , deux fois ) ; dans les trois autres, vaut , et . La moyenne des huit populations de petit effectif est proche de , donc de la valeur initiale.
2. Il n'y a ni sélection, ni mutation, ni migration : la variation de d'une génération à l'autre est due au hasard de l'échantillonnage des gamètes qui forment la génération suivante. Avec 10 individus, très peu de gamètes participent à la reproduction et la composition de la génération suivante peut s'écarter beaucoup de celle de la précédente ; ces écarts s'accumulent d'une génération à l'autre, sans direction privilégiée. Avec 10 000 individus, les écarts se compensent et varie peu. Comme les moyennes restent proches de , la dérive n'a pas de « direction » : elle disperse les populations et conduit à la fixation ou à la perte d'un allèle, donc à une perte de diversité génétique.
3. Chez les fondateurs : (deux allèles parmi exemplaires du gène). Comparée à , elle est fois plus élevée. Les fondateurs ne représentent pas fidèlement la population d'origine : c'est l'effet fondateur, une forme de dérive génétique. Si la colonie se développe, la maladie récessive y sera plus fréquente que dans la population d'origine (car passe de à , en supposant l'équilibre).
4. La sélection est dirigée : elle dépend de l'effet de l'allèle sur la survie ou la reproduction, et fait varier les fréquences dans un sens prévisible. La dérive est aléatoire : elle ne dépend pas de l'avantage des allèles, elle est d'autant plus forte que l'effectif est petit, et elle peut éliminer un allèle favorable ou fixer un allèle défavorable.
Exercice 9 : Drépanocytose et paludisme
Type BacL'allèle de l'hémoglobine est responsable de la drépanocytose à l'état homozygote : les individus souffrent d'une anémie sévère et survivent rarement jusqu'à l'âge de procréer. Les hétérozygotes sont en bonne santé et supportent mieux que les individus une infection par le parasite du paludisme.
Document. On donne la proportion d'individus qui survivent jusqu'à l'âge de procréer selon leur génotype dans deux régions. On suppose que, à la naissance, dans les deux régions et que les génotypes sont en proportions de Hardy-Weinberg.
| Génotype | Région A : paludisme fréquent | Région B : pas de paludisme |
|---|---|---|
| 0,85 | 1,00 | |
| 1,00 | 1,00 | |
| 0,20 | 0,20 |
- Calcule les fréquences des trois génotypes à la naissance.
- Dans chaque région, calcule la proportion d'individus de chaque génotype parmi les survivants jusqu'à l'âge de procréer, puis la fréquence de parmi eux.
- Compare l'évolution de dans les deux régions et propose une explication.
- Explique pourquoi un allèle délétère à l'état homozygote peut se maintenir dans la population de la région A.
Voir le corrigé
1. et : ; ; .
2. On multiplie la fréquence à la naissance par la survie.
| Région | Total | |||
|---|---|---|---|---|
| A | ||||
| B |
Fréquence de parmi les survivants :
- Région A : ;
- Région B : .
3. Dans la région A, augmente (de à ) ; dans la région B, elle diminue (de à ). Dans les deux régions, la sélection élimine des individus , qui sont rarement reproducteurs, ce qui fait baisser . Dans la région A, les individus ont aussi une survie plus faible à cause du paludisme, et les hétérozygotes ont la meilleure survie ; cet avantage de l'hétérozygote compense, et au-delà, la perte due aux .
4. En présence de paludisme, l'allèle est défavorable chez les mais favorable chez les , qui sont les plus nombreux à porter l'allèle . La sélection agit donc dans deux sens opposés : contre (qui élimine ) et contre (qui élimine ). Les deux allèles sont alors maintenus ensemble dans la population (sélection équilibrante). Un calcul plus poussé (hors programme) montre que se stabilise autour de pour ces données. Sans paludisme (région B), l'avantage des hétérozygotes disparaît et continue de diminuer.
QCM
Une réponse, puis l'explication : les questions ratées sont gardées dans Mes pièges.
Lancer le quiz du chapitreErreurs fréquentes
- Confondre fréquence allélique et fréquence génotypique : est la fréquence de l'allèle ; est celle du génotype . Si , alors et non .
- Oublier le facteur 2 : on divise par (nombre d'exemplaires du gène), pas par , et un homozygote apporte deux exemplaires. Dans , le 2 vient des deux cases hétérozygotes de l'échiquier.
- Appliquer sans condition : cette relation suppose l'équilibre de Hardy-Weinberg (panmixie, pas de sélection...). Précise-le dans la copie.
- Calculer au lieu de (ou l'inverse) : repère l'allèle récessif (les malades sont de fréquence ) et calcule ensuite.
- Croire qu'un allèle défavorable récessif disparaît vite : il est caché chez les hétérozygotes, à l'abri de la sélection ; sa fréquence diminue de plus en plus lentement.
- Penser que la loi de Hardy-Weinberg dit que la population « ne change pas » : c'est un modèle de référence. Un écart entre l'observé et l'attendu révèle l'action d'un facteur (sélection, dérive, migration, mutation, consanguinité).
- Confondre dérive génétique et sélection naturelle : la dérive est aléatoire et forte dans les petites populations ; la sélection dépend de l'avantage des génotypes.
- Dire qu'un allèle dominant est forcément fréquent : la dominance dit comment l'allèle s'exprime, pas combien il est répandu (certaines maladies dominantes sont rares).
À retenir
- Une population est un groupe d'individus d'une même espèce vivant au même endroit et se reproduisant entre eux ; son pool génétique est l'ensemble de ses allèles.
- Fréquences alléliques : et ; .
- Loi de Hardy-Weinberg : dans une population idéale (grand effectif, panmixie, ni mutation, ni sélection, ni migration), et sont constants et les génotypes ont les fréquences , , .
- Pour un caractère récessif à l'équilibre : , et .
- Pour tester l'équilibre : compare les effectifs observés aux effectifs attendus , , .
- Une génération de panmixie ramène une population à l'équilibre sans changer et ; la consanguinité modifie les génotypes, pas les allèles.
- Les facteurs d'évolution sont la mutation, la sélection, la migration et la dérive génétique ; la dérive est d'autant plus forte que la population est petite (effet fondateur, goulot d'étranglement).
- Un allèle rare est surtout porté par des hétérozygotes : c'est pourquoi les maladies récessives rares persistent.
- Pour un gène lié à l'X : les hommes atteints ont la fréquence , les femmes atteintes .
Mes notes
Tes notes restent sur cet appareil.
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