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    2e Bac Sciences mathématiques (A et B)

    Bac blanc n° 1 — Mathématiques (SM A et B)

    Bac blanc original de mathématiques 2e Bac SM A et B, format national (4 h) : arithmétique, structures, complexes, probabilités, analyse, avec corrigé.

    Conseil : fais le sujet sur papier, sans regarder les corrigés, puis note-toi avec le barème.

    Temps restant : 4 h 00 min 00 s

    Consignes

    Ce Bac blanc est un sujet original écrit par 9raya dans le format et le niveau de l'examen national de mathématiques (2e Bac Sciences mathématiques, options A et B). Ce n'est pas un sujet officiel du ministère.

    • Durée : 4 heures, dans les conditions de l'examen : sans cours, sans téléphone, sans regarder le corrigé avant d'avoir terminé.
    • Calculatrice non programmable autorisée, comme au national.
    • Le sujet comporte quatre exercices et un problème, indépendants les uns des autres : tu peux les traiter dans l'ordre de ton choix.
    • Thèmes : arithmétique dans Z\mathbb{Z}, structures algébriques, nombres complexes, probabilités, puis un problème d'analyse (fonction logarithme, suite récurrente, calcul intégral). Les équations différentielles ne figurent pas dans ce sujet.
    • Barème total : 20 points, réparti comme dans le tableau ci-dessous. Le nombre de points de chaque question est indiqué entre parenthèses.
    ExerciceThèmePoints
    Exercice 1Arithmétique3
    Exercice 2Structures algébriques3
    Exercice 3Nombres complexes3
    Exercice 4Probabilités2
    ProblèmeFonction, suite et intégrale9
    Total20

    Conseils de gestion du temps :

    • Consacre les 10 premières minutes à lire tout le sujet et à repérer les questions que tu maîtrises le mieux.
    • Prévois environ 25 minutes pour l'exercice 1, 25 minutes pour l'exercice 2, 30 minutes pour l'exercice 3, 20 minutes pour l'exercice 4 et 1 h 50 pour le problème, puis garde 20 minutes pour la relecture (10 + 25 + 25 + 30 + 20 + 110 + 20 = 240 minutes).
    • Dans un même exercice, les questions sont souvent liées : si tu bloques sur une question, admets son résultat (il est souvent donné dans l'énoncé de la question suivante) et passe à la suivante.
    • Rédige chaque réponse en justifiant le raisonnement : un résultat juste sans justification ne rapporte pas tous les points.
    • Encadre tes résultats finaux et vérifie leur vraisemblance (une probabilité est entre 0 et 1, une aire est positive, un reste de division est strictement inférieur au diviseur, etc.).
    • Une fois le temps écoulé, corrige-toi avec le corrigé détaillé : repère le barème de chaque question et note ton score sur 20.

    Sujet

    Exercice 1 : Arithmétique

    3 points
    1. a) Par l'algorithme d'Euclide, montrer que 2929 et 1717 sont premiers entre eux, puis déterminer un couple (u,v)(u, v) d'entiers relatifs tel que 29u+17v=129u + 17v = 1. (0,5 pt) b) En déduire les solutions dans Z2\mathbb{Z}^2 de l'équation (E)(E) : 29x−17y=329x - 17y = 3. (0,5 pt)
    2. Soit NN un entier relatif. On considère le système (S)(S) : N≡5 [29]N \equiv 5\ [29] et N≡8 [17]N \equiv 8\ [17]. Montrer que NN est solution de (S)(S) si et seulement s'il existe une solution (x,y)∈Z2(x, y) \in \mathbb{Z}^2 de (E)(E) telle que N=5+29xN = 5 + 29x, puis en déduire l'ensemble des solutions de (S)(S). (0,5 pt)
    3. Soit NN une solution de (S)(S). a) Rappeler le petit théorème de Fermat, puis déterminer les restes de la division euclidienne de N2026N^{2026} par 1717 et par 2929. (0,75 pt) b) En déduire le reste de la division euclidienne de N2026N^{2026} par 493493. (0,75 pt)
    Voir le corrigé

    1. a) Appliquons l'algorithme d'Euclide à 2929 et 1717 :

    29=1×17+12,17=1×12+5,12=2×5+2,5=2×2+1,2=2×1+0.29 = 1 \times 17 + 12, \qquad 17 = 1 \times 12 + 5, \qquad 12 = 2 \times 5 + 2, \qquad 5 = 2 \times 2 + 1, \qquad 2 = 2 \times 1 + 0.

    Le dernier reste non nul est 11 : pgcd⁡(29,17)=1\operatorname{pgcd}(29, 17) = 1, donc 2929 et 1717 sont premiers entre eux.

    Remontons les égalités pour exprimer 11 :

    1=5−2×2=5−2(12−2×5)=5×5−2×12=5(17−12)−2×12=5×17−7×12,1 = 5 - 2 \times 2 = 5 - 2(12 - 2 \times 5) = 5 \times 5 - 2 \times 12 = 5(17 - 12) - 2 \times 12 = 5 \times 17 - 7 \times 12,
    1=5×17−7(29−17)=12×17−7×29.1 = 5 \times 17 - 7(29 - 17) = 12 \times 17 - 7 \times 29.

    Un couple convenable est donc (u,v)=(−7,12)(u, v) = (-7, 12). Vérification : 29×(−7)+17×12=−203+204=129 \times (-7) + 17 \times 12 = -203 + 204 = 1. [0,5 pt]

    1. b) En multipliant l'égalité précédente par 33 : 29×(−21)+17×36=329 \times (-21) + 17 \times 36 = 3, c'est-à-dire 29×(−21)−17×(−36)=329 \times (-21) - 17 \times (-36) = 3. Le couple (x0,y0)=(−21,−36)(x_0, y_0) = (-21, -36) est donc une solution particulière de (E)(E).

    Soit (x,y)∈Z2(x, y) \in \mathbb{Z}^2. En soustrayant, (E)(E) équivaut à 29(x−x0)=17(y−y0)29(x - x_0) = 17(y - y_0), c'est-à-dire à 29(x+21)=17(y+36)29(x + 21) = 17(y + 36).

    Alors 1717 divise 29(x+21)29(x + 21). Comme 1717 et 2929 sont premiers entre eux, le théorème de Gauss donne : 1717 divise x+21x + 21. Il existe donc k∈Zk \in \mathbb{Z} tel que x=−21+17kx = -21 + 17k. En reportant : 29×17k=17(y+36)29 \times 17k = 17(y + 36), donc y=−36+29ky = -36 + 29k.

    Réciproquement, pour tout k∈Zk \in \mathbb{Z}, 29(−21+17k)−17(−36+29k)=−609+612=329(-21 + 17k) - 17(-36 + 29k) = -609 + 612 = 3 : ces couples sont bien solutions. L'ensemble des solutions de (E)(E) est :

    {(−21+17k, −36+29k) ; k∈Z}.\{(-21 + 17k,\ -36 + 29k)\ ;\ k \in \mathbb{Z}\}.

    (Par exemple, pour k=2k = 2 : (13,22)(13, 22) et 29×13−17×22=377−374=329 \times 13 - 17 \times 22 = 377 - 374 = 3.) [0,5 pt]

    2. Supposons que NN soit solution de (S)(S). Comme N≡5 [29]N \equiv 5\ [29], il existe x∈Zx \in \mathbb{Z} tel que N=5+29xN = 5 + 29x. Comme N≡8 [17]N \equiv 8\ [17], il existe y∈Zy \in \mathbb{Z} tel que N=8+17yN = 8 + 17y. En égalant : 5+29x=8+17y5 + 29x = 8 + 17y, soit 29x−17y=329x - 17y = 3 : (x,y)(x, y) est solution de (E)(E).

    Réciproquement, si (x,y)(x, y) est solution de (E)(E) et N=5+29xN = 5 + 29x, alors N≡5 [29]N \equiv 5\ [29] et N=5+29x=5+(3+17y)=8+17yN = 5 + 29x = 5 + (3 + 17y) = 8 + 17y, donc N≡8 [17]N \equiv 8\ [17] : NN est solution de (S)(S).

    D'après la question 1. b), x=−21+17kx = -21 + 17k avec k∈Zk \in \mathbb{Z}, d'où

    N=5+29(−21+17k)=−604+493k=382+493(k−2).N = 5 + 29(-21 + 17k) = -604 + 493k = 382 + 493(k - 2).

    Quand kk décrit Z\mathbb{Z}, l'entier k−2k - 2 décrit Z\mathbb{Z} : les solutions de (S)(S) sont exactement les entiers N=382+493mN = 382 + 493m avec m∈Zm \in \mathbb{Z}, c'est-à-dire N≡382 [493]N \equiv 382\ [493].

    (Vérification : 382=13×29+5382 = 13 \times 29 + 5 et 382=22×17+8382 = 22 \times 17 + 8. On remarque aussi que 493=29×17493 = 29 \times 17.) [0,5 pt]

    3. a) Petit théorème de Fermat : si pp est un nombre premier et si aa est un entier non divisible par pp, alors ap−1≡1 [p]a^{p-1} \equiv 1\ [p].

    Modulo 1717 : N≡8 [17]N \equiv 8\ [17], donc N2026≡82026 [17]N^{2026} \equiv 8^{2026}\ [17]. Le nombre 1717 est premier et ne divise pas 88, donc 816≡1 [17]8^{16} \equiv 1\ [17]. Comme 2026=16×126+102026 = 16 \times 126 + 10 :

    82026=(816)126×810≡810 [17].8^{2026} = (8^{16})^{126} \times 8^{10} \equiv 8^{10}\ [17].

    On calcule : 82=64=3×17+138^2 = 64 = 3 \times 17 + 13, donc 82≡138^2 \equiv 13 ; 84≡132=169=9×17+168^4 \equiv 13^2 = 169 = 9 \times 17 + 16, donc 84≡16≡−18^4 \equiv 16 \equiv -1 ; 88≡(−1)2=18^8 \equiv (-1)^2 = 1 ; donc 810=88×82≡13 [17]8^{10} = 8^8 \times 8^2 \equiv 13\ [17]. Ainsi N2026≡13 [17]N^{2026} \equiv 13\ [17].

    Modulo 2929 : N≡5 [29]N \equiv 5\ [29], donc N2026≡52026 [29]N^{2026} \equiv 5^{2026}\ [29]. Le nombre 2929 est premier et ne divise pas 55, donc 528≡1 [29]5^{28} \equiv 1\ [29]. Comme 2026=28×72+102026 = 28 \times 72 + 10 :

    52026=(528)72×510≡510 [29].5^{2026} = (5^{28})^{72} \times 5^{10} \equiv 5^{10}\ [29].

    On calcule : 52=25≡−45^2 = 25 \equiv -4 ; 54≡165^4 \equiv 16 ; 58≡256=8×29+245^8 \equiv 256 = 8 \times 29 + 24, donc 58≡24≡−55^8 \equiv 24 \equiv -5 ; donc 510=58×52≡(−5)×(−4)=20 [29]5^{10} = 5^8 \times 5^2 \equiv (-5) \times (-4) = 20\ [29]. Ainsi N2026≡20 [29]N^{2026} \equiv 20\ [29]. [0,75 pt]

    3. b) Posons M=N2026M = N^{2026}. On a M≡20 [29]M \equiv 20\ [29] et M≡13 [17]M \equiv 13\ [17]. Comme dans la question 2, écrivons M=20+29xM = 20 + 29x avec x∈Zx \in \mathbb{Z} ; la condition M≡13 [17]M \equiv 13\ [17] s'écrit 20+29x=13+17y20 + 29x = 13 + 17y pour un entier yy, c'est-à-dire :

    29x−17y=−7.29x - 17y = -7.

    D'après la question 1. a), 29×(−7)+17×12=129 \times (-7) + 17 \times 12 = 1. En multipliant par −7-7 : 29×49−17×84=−729 \times 49 - 17 \times 84 = -7, donc (49,84)(49, 84) est une solution particulière. Le raisonnement de la question 1. b) (théorème de Gauss) donne x=49+17kx = 49 + 17k avec k∈Zk \in \mathbb{Z}.

    Alors M=20+29(49+17k)=1441+493kM = 20 + 29(49 + 17k) = 1441 + 493k. Or 1441=2×493+4551441 = 2 \times 493 + 455, donc M≡455 [493]M \equiv 455\ [493].

    Comme 0≤455<4930 \leq 455 < 493 et que M=N2026≥0M = N^{2026} \geq 0, le reste de la division euclidienne de N2026N^{2026} par 493493 est 455455. (Ce reste est le même pour toutes les solutions NN de (S)(S) : par exemple 3822026≡455 [493]382^{2026} \equiv 455\ [493].) [0,75 pt]

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    Exercice 2 : Structures algébriques

    3 points

    Pour tout réel tt, on note t3\sqrt[3]{t} l'unique réel dont le cube est tt : la fonction t↦t3t \mapsto \sqrt[3]{t} est définie sur R\mathbb{R} tout entier.

    Partie A. On définit sur R\mathbb{R} la loi de composition interne ⋆\star par : pour tous réels xx et yy, x⋆y=x3+y3−13x \star y = \sqrt[3]{x^3 + y^3 - 1}. On considère l'application φ:R→R\varphi : \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par φ(x)=x3−1\varphi(x) = x^3 - 1.

    1. Montrer que φ\varphi est une bijection de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R} et que, pour tous réels xx et yy : φ(x⋆y)=φ(x)+φ(y)\varphi(x \star y) = \varphi(x) + \varphi(y). (0,5 pt)
    2. En déduire que (R,⋆)(\mathbb{R}, \star) est un groupe commutatif. On précisera l'élément neutre et le symétrique d'un réel xx. (1 pt)
    3. Résoudre dans R\mathbb{R} l'équation x⋆x=2x \star x = 2. (0,25 pt)

    Partie B. Pour tous rationnels aa et bb, on pose M(a,b)=(a5bba)M(a, b) = \begin{pmatrix} a & 5b \\ b & a \end{pmatrix}, et on note K={M(a,b) ; (a,b)∈Q2}K = \{ M(a, b)\ ;\ (a, b) \in \mathbb{Q}^2 \}. On rappelle que (M2(Q),+,×)(\mathcal{M}_2(\mathbb{Q}), +, \times) est un anneau unitaire, non commutatif, d'élément unité I=(1001)I = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, et on admet que 5\sqrt{5} n'est pas un nombre rationnel.

    1. Montrer que KK est un sous-anneau de (M2(Q),+,×)(\mathcal{M}_2(\mathbb{Q}), +, \times). (0,5 pt)
    2. Montrer que (K,+,×)(K, +, \times) est un corps commutatif. (0,75 pt)
    Voir le corrigé

    Partie A

    A. 1. Soit y∈Ry \in \mathbb{R}. L'équation φ(x)=y\varphi(x) = y équivaut à x3=y+1x^3 = y + 1, qui admet une solution unique dans R\mathbb{R}, à savoir x=y+13x = \sqrt[3]{y + 1}. Tout réel yy a donc exactement un antécédent par φ\varphi : φ\varphi est bijective de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R}.

    Pour tous réels xx et yy, comme (t3)3=t\left(\sqrt[3]{t}\right)^3 = t :

    φ(x⋆y)=(x⋆y)3−1=(x3+y3−1)−1=(x3−1)+(y3−1)=φ(x)+φ(y).[0,5 pt]\varphi(x \star y) = (x \star y)^3 - 1 = (x^3 + y^3 - 1) - 1 = (x^3 - 1) + (y^3 - 1) = \varphi(x) + \varphi(y). \quad [0,5\ \text{pt}]

    A. 2. La loi ⋆\star est interne : x⋆yx \star y est un réel pour tous réels xx et yy. Vérifions les axiomes du groupe commutatif.

    Commutativité : pour tous xx, yy : x⋆y=x3+y3−13=y3+x3−13=y⋆xx \star y = \sqrt[3]{x^3 + y^3 - 1} = \sqrt[3]{y^3 + x^3 - 1} = y \star x. [0,25 pt]

    Associativité : soient xx, yy, zz des réels. D'après la question 1 :

    φ((x⋆y)⋆z)=φ(x⋆y)+φ(z)=φ(x)+φ(y)+φ(z),\varphi\big((x \star y) \star z\big) = \varphi(x \star y) + \varphi(z) = \varphi(x) + \varphi(y) + \varphi(z),
    φ(x⋆(y⋆z))=φ(x)+φ(y⋆z)=φ(x)+φ(y)+φ(z).\varphi\big(x \star (y \star z)\big) = \varphi(x) + \varphi(y \star z) = \varphi(x) + \varphi(y) + \varphi(z).

    Les deux réels (x⋆y)⋆z(x \star y) \star z et x⋆(y⋆z)x \star (y \star z) ont la même image par φ\varphi ; comme φ\varphi est injective, ils sont égaux. La loi ⋆\star est associative. [0,25 pt]

    Élément neutre : cherchons ee tel que x⋆e=xx \star e = x pour tout xx. On a φ(x⋆e)=φ(x)+φ(e)\varphi(x \star e) = \varphi(x) + \varphi(e), donc x⋆e=x  ⟺  φ(x)+φ(e)=φ(x)  ⟺  φ(e)=0  ⟺  e3=1  ⟺  e=1x \star e = x \iff \varphi(x) + \varphi(e) = \varphi(x) \iff \varphi(e) = 0 \iff e^3 = 1 \iff e = 1. Vérification : x⋆1=x3+1−13=x33=xx \star 1 = \sqrt[3]{x^3 + 1 - 1} = \sqrt[3]{x^3} = x, et 1⋆x=x1 \star x = x par commutativité. L'élément neutre est 11. [0,25 pt]

    Symétrique : soit x∈Rx \in \mathbb{R} ; cherchons x′x' tel que x⋆x′=1x \star x' = 1. On a φ(x⋆x′)=φ(x)+φ(x′)\varphi(x \star x') = \varphi(x) + \varphi(x') et φ(1)=0\varphi(1) = 0, donc x⋆x′=1  ⟺  φ(x′)=−φ(x)=1−x3  ⟺  x′3=2−x3  ⟺  x′=2−x33x \star x' = 1 \iff \varphi(x') = -\varphi(x) = 1 - x^3 \iff x'^3 = 2 - x^3 \iff x' = \sqrt[3]{2 - x^3}. Vérification : x⋆2−x33=x3+(2−x3)−13=13=1x \star \sqrt[3]{2 - x^3} = \sqrt[3]{x^3 + (2 - x^3) - 1} = \sqrt[3]{1} = 1. Tout réel xx admet donc pour symétrique 2−x33\sqrt[3]{2 - x^3} (et x′⋆x=1x' \star x = 1 par commutativité). [0,25 pt]

    Conclusion : (R,⋆)(\mathbb{R}, \star) est un groupe commutatif, d'élément neutre 11.

    A. 3. Comme φ\varphi est injective : x⋆x=2  ⟺  φ(x⋆x)=φ(2)x \star x = 2 \iff \varphi(x \star x) = \varphi(2). Or φ(x⋆x)=2φ(x)=2(x3−1)\varphi(x \star x) = 2\varphi(x) = 2(x^3 - 1) et φ(2)=7\varphi(2) = 7. Donc

    x⋆x=2  ⟺  2(x3−1)=7  ⟺  x3=92  ⟺  x=923.x \star x = 2 \iff 2(x^3 - 1) = 7 \iff x^3 = \frac{9}{2} \iff x = \sqrt[3]{\frac{9}{2}}.

    L'équation admet une solution unique, x=9/23≈1,65x = \sqrt[3]{9/2} \approx 1{,}65. (Vérification : x⋆x=92+92−13=83=2x \star x = \sqrt[3]{\tfrac{9}{2} + \tfrac{9}{2} - 1} = \sqrt[3]{8} = 2.) [0,25 pt]

    Partie B

    B. 1. L'ensemble KK est contenu dans M2(Q)\mathcal{M}_2(\mathbb{Q}), et il contient l'élément unité : I=M(1,0)∈KI = M(1, 0) \in K.

    Soient M(a,b)M(a, b) et M(c,d)M(c, d) deux éléments de KK. Alors M(a,b)−M(c,d)=M(a−c,b−d)M(a, b) - M(c, d) = M(a - c, b - d), qui appartient à KK car a−ca - c et b−db - d sont rationnels. [0,25 pt]

    Pour le produit :

    M(a,b)×M(c,d)=(a5bba)(c5ddc)=(ac+5bd5(ad+bc)ad+bcac+5bd)=M(ac+5bd, ad+bc),M(a, b) \times M(c, d) = \begin{pmatrix} a & 5b \\ b & a \end{pmatrix} \begin{pmatrix} c & 5d \\ d & c \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} ac + 5bd & 5(ad + bc) \\ ad + bc & ac + 5bd \end{pmatrix} = M(ac + 5bd,\ ad + bc),

    et ac+5bdac + 5bd, ad+bcad + bc sont rationnels : le produit appartient à KK.

    Ainsi KK contient II, est stable par différence et par produit : c'est un sous-anneau de (M2(Q),+,×)(\mathcal{M}_2(\mathbb{Q}), +, \times), donc (K,+,×)(K, +, \times) est un anneau unitaire d'élément unité II. [0,25 pt]

    B. 2. Commutativité : d'après la formule du produit, M(c,d)×M(a,b)=M(ca+5db, cb+da)=M(ac+5bd, ad+bc)=M(a,b)×M(c,d)M(c, d) \times M(a, b) = M(ca + 5db,\ cb + da) = M(ac + 5bd,\ ad + bc) = M(a, b) \times M(c, d). L'anneau (K,+,×)(K, +, \times) est donc commutatif. [0,25 pt]

    Il reste à montrer que tout élément non nul de KK est inversible dans KK (et que I≠0I \neq 0, ce qui est clair). L'élément nul de KK est M(0,0)M(0, 0). Soit M(a,b)∈KM(a, b) \in K non nul, c'est-à-dire (a,b)≠(0,0)(a, b) \neq (0, 0), et posons Δ=a2−5b2\Delta = a^2 - 5b^2.

    Montrons que Δ≠0\Delta \neq 0. Si b=0b = 0, alors a≠0a \neq 0 et Δ=a2≠0\Delta = a^2 \neq 0. Si b≠0b \neq 0 et Δ=0\Delta = 0, alors (ab)2=5\left(\dfrac{a}{b}\right)^2 = 5 avec ab\dfrac{a}{b} rationnel, ce qui est impossible puisque 5\sqrt{5} n'est pas rationnel (résultat admis par l'énoncé). (Rappel de la preuve : si ab=pq\dfrac{a}{b} = \dfrac{p}{q} est irréductible avec p2=5q2p^2 = 5q^2, alors 55 divise p2p^2, donc 55 divise pp car 55 est premier ; on écrit p=5p′p = 5p', d'où q2=5p′2q^2 = 5p'^2 et 55 divise qq : contradiction avec le caractère irréductible.)

    Comme Δ≠0\Delta \neq 0, la matrice M ⁣(aΔ,−bΔ)M\!\left(\dfrac{a}{\Delta}, -\dfrac{b}{\Delta}\right) est bien définie et appartient à KK (ses coefficients sont rationnels). D'après la formule du produit :

    M(a,b)×M ⁣(aΔ,−bΔ)=M ⁣(a2−5b2Δ, −ab+abΔ)=M(1,0)=I.M(a, b) \times M\!\left(\frac{a}{\Delta}, -\frac{b}{\Delta}\right) = M\!\left(\frac{a^2 - 5b^2}{\Delta},\ \frac{-ab + ab}{\Delta}\right) = M(1, 0) = I.

    Par commutativité, le produit dans l'autre ordre vaut aussi II : M(a,b)M(a, b) est inversible dans KK, d'inverse M ⁣(aΔ,−bΔ)M\!\left(\dfrac{a}{\Delta}, -\dfrac{b}{\Delta}\right).

    Conclusion : (K,+,×)(K, +, \times) est un anneau commutatif unitaire dont tout élément non nul est inversible : c'est un corps commutatif. [0,5 pt]

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    Exercice 3 : Nombres complexes

    3 points

    Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé direct (O;u⃗,v⃗)(O ; \vec{u}, \vec{v}).

    1. a) Déterminer les racines carrées complexes de −15−8i-15 - 8i. (0,5 pt) b) Résoudre dans C\mathbb{C} l'équation (E)(E) : z2−(3+2i)z+5+5i=0z^2 - (3 + 2i)z + 5 + 5i = 0. (0,5 pt)
    2. On note AA, BB et CC les points d'affixes respectives a=2−ia = 2 - i, b=1+3ib = 1 + 3i et c=−2−2ic = -2 - 2i. a) Calculer c−ab−a\dfrac{c - a}{b - a}, puis en déduire la nature du triangle ABCABC. (0,5 pt) b) Soit DD le point d'affixe d=−3+2id = -3 + 2i. Montrer que AD→=AB→+AC→\overrightarrow{AD} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AC}, puis que ABDCABDC est un carré. (0,25 pt)
    3. Soit rr la rotation de centre AA et d'angle π2\dfrac{\pi}{2}. Donner l'écriture complexe de rr, puis déterminer l'image de BB par rr. (0,25 pt)
    4. Déterminer l'ensemble (Γ)(\Gamma) des points M(z)M(z), distincts de BB et de CC, tels que z−bz−c\dfrac{z - b}{z - c} soit un imaginaire pur. Vérifier que AA et DD appartiennent à (Γ)(\Gamma). (1 pt)
    Voir le corrigé

    1. a) Cherchons les racines carrées sous la forme x+iyx + iy avec xx et yy réels : (x+iy)2=−15−8i(x + iy)^2 = -15 - 8i équivaut à x2−y2=−15x^2 - y^2 = -15 et 2xy=−82xy = -8. Comme le module de −15−8i-15 - 8i est 152+82=289=17\sqrt{15^2 + 8^2} = \sqrt{289} = 17, on a aussi x2+y2=∣x+iy∣2=17x^2 + y^2 = |x + iy|^2 = 17.

    En additionnant x2−y2=−15x^2 - y^2 = -15 et x2+y2=17x^2 + y^2 = 17 : 2x2=22x^2 = 2, donc x2=1x^2 = 1 et y2=16y^2 = 16. Comme 2xy=−8<02xy = -8 < 0, xx et yy sont de signes contraires : (x,y)=(1,−4)(x, y) = (1, -4) ou (x,y)=(−1,4)(x, y) = (-1, 4).

    Les racines carrées de −15−8i-15 - 8i sont donc 1−4i1 - 4i et −1+4i-1 + 4i. (Vérification : (1−4i)2=1−8i−16=−15−8i(1 - 4i)^2 = 1 - 8i - 16 = -15 - 8i.) [0,5 pt]

    1. b) Le discriminant de (E)(E) est

    Δ=(3+2i)2−4(5+5i)=(9+12i−4)−20−20i=−15−8i=(1−4i)2.\Delta = (3 + 2i)^2 - 4(5 + 5i) = (9 + 12i - 4) - 20 - 20i = -15 - 8i = (1 - 4i)^2.

    Les solutions de (E)(E) sont :

    z1=(3+2i)+(1−4i)2=4−2i2=2−ietz2=(3+2i)−(1−4i)2=2+6i2=1+3i.z_1 = \frac{(3 + 2i) + (1 - 4i)}{2} = \frac{4 - 2i}{2} = 2 - i \qquad \text{et} \qquad z_2 = \frac{(3 + 2i) - (1 - 4i)}{2} = \frac{2 + 6i}{2} = 1 + 3i.

    (Vérification : z1+z2=3+2iz_1 + z_2 = 3 + 2i et z1z2=(2−i)(1+3i)=2+6i−i+3=5+5iz_1 z_2 = (2 - i)(1 + 3i) = 2 + 6i - i + 3 = 5 + 5i.) Ainsi aa et bb sont les deux solutions de (E)(E). [0,5 pt]

    2. a) On a b−a=−1+4ib - a = -1 + 4i et c−a=−4−ic - a = -4 - i, donc :

    c−ab−a=−4−i−1+4i=(−4−i)(−1−4i)(−1)2+42=4+16i+i+4i217=17i17=i.\frac{c - a}{b - a} = \frac{-4 - i}{-1 + 4i} = \frac{(-4 - i)(-1 - 4i)}{(-1)^2 + 4^2} = \frac{4 + 16i + i + 4i^2}{17} = \frac{17i}{17} = i.

    Donc ∣c−ab−a∣=1\left|\dfrac{c - a}{b - a}\right| = 1, c'est-à-dire AC=ABAC = AB, et arg⁡c−ab−a≡π2 [2π]\arg \dfrac{c - a}{b - a} \equiv \dfrac{\pi}{2}\ [2\pi], c'est-à-dire (AB→,AC→)≡π2 [2π](\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AC}) \equiv \dfrac{\pi}{2}\ [2\pi]. Le triangle ABCABC est isocèle et rectangle en AA (avec AB=AC=∣−1+4i∣=17AB = AC = |-1 + 4i| = \sqrt{17}). [0,5 pt]

    2. b) On a d−a=(−3+2i)−(2−i)=−5+3id - a = (-3 + 2i) - (2 - i) = -5 + 3i et (b−a)+(c−a)=(−1+4i)+(−4−i)=−5+3i(b - a) + (c - a) = (-1 + 4i) + (-4 - i) = -5 + 3i. Donc AD→=AB→+AC→\overrightarrow{AD} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AC} : le quadrilatère ABDCABDC est un parallélogramme.

    Ce parallélogramme a un angle droit en AA (question 2. a) et deux côtés consécutifs de même longueur (AB=ACAB = AC) : c'est un carré, de côté 17\sqrt{17}. [0,25 pt]

    3. La rotation rr de centre AA et d'angle π2\dfrac{\pi}{2} est définie par z′−a=eiπ2(z−a)=i(z−a)z' - a = e^{i\frac{\pi}{2}}(z - a) = i(z - a), soit :

    z′=iz+a(1−i)=iz+(2−i)(1−i)=iz+1−3i.z' = i z + a(1 - i) = i z + (2 - i)(1 - i) = i z + 1 - 3i.

    L'affixe de r(B)r(B) est i(1+3i)+1−3i=i−3+1−3i=−2−2i=ci(1 + 3i) + 1 - 3i = i - 3 + 1 - 3i = -2 - 2i = c : donc r(B)=Cr(B) = C. [0,25 pt]

    4. Soit M(z)M(z) avec z=x+iyz = x + iy (xx, yy réels), distinct de BB et de CC. En multipliant par la quantité conjuguée du dénominateur :

    z−bz−c=(z−b) (z−c)‾∣z−c∣2.\frac{z - b}{z - c} = \frac{(z - b)\,\overline{(z - c)}}{|z - c|^2}.

    Comme ∣z−c∣2>0|z - c|^2 > 0, ce quotient est un imaginaire pur si et seulement si la partie réelle de (z−b)(z−c)‾(z - b)\overline{(z - c)} est nulle. Or z−b=(x−1)+i(y−3)z - b = (x - 1) + i(y - 3) et z−c‾=(x+2)−i(y+2)\overline{z - c} = (x + 2) - i(y + 2), donc

    Re⁡((z−b)(z−c)‾)=(x−1)(x+2)+(y−3)(y+2)=x2+y2+x−y−8.\operatorname{Re}\big((z - b)\overline{(z - c)}\big) = (x - 1)(x + 2) + (y - 3)(y + 2) = x^2 + y^2 + x - y - 8.

    Ainsi z−bz−c∈iR  ⟺  x2+y2+x−y−8=0  ⟺  (x+12)2+(y−12)2=172\dfrac{z - b}{z - c} \in i\mathbb{R} \iff x^2 + y^2 + x - y - 8 = 0 \iff \left(x + \dfrac{1}{2}\right)^2 + \left(y - \dfrac{1}{2}\right)^2 = \dfrac{17}{2}. [0,5 pt]

    L'ensemble (Γ)(\Gamma) est donc le cercle de centre Ω(−12,12)\Omega\left(-\dfrac{1}{2}, \dfrac{1}{2}\right) (milieu de [BC][BC]) et de rayon 172=342=BC2\sqrt{\dfrac{17}{2}} = \dfrac{\sqrt{34}}{2} = \dfrac{BC}{2}, privé des points BB et CC : c'est le cercle de diamètre [BC][BC] privé de BB et de CC. (Les points B(1,3)B(1, 3) et C(−2,−2)C(-2, -2) vérifient l'équation du cercle, ce qui justifie qu'on les exclut.) [0,25 pt]

    Vérifions que AA et DD sont sur (Γ)(\Gamma) : pour A(2,−1)A(2, -1) : 22+(−1)2+2+1−8=4+1+2+1−8=02^2 + (-1)^2 + 2 + 1 - 8 = 4 + 1 + 2 + 1 - 8 = 0 ; pour D(−3,2)D(-3, 2) : 9+4−3−2−8=09 + 4 - 3 - 2 - 8 = 0. Les deux points vérifient l'équation et sont distincts de BB et de CC : ils appartiennent à (Γ)(\Gamma). (On le voit aussi directement : a−ba−c=1−4i4+i=−i\dfrac{a - b}{a - c} = \dfrac{1 - 4i}{4 + i} = -i est un imaginaire pur.) [0,25 pt]

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    Exercice 4 : Probabilités

    2 points

    Une urne contient six jetons indiscernables au toucher : un jeton portant le numéro 00, deux jetons portant le numéro 11 et trois jetons portant le numéro 22. Un joueur tire simultanément deux jetons de l'urne. On note SS la variable aléatoire égale à la somme des deux numéros obtenus. Le joueur gagne la partie si S≥3S \geq 3.

    1. a) Déterminer la loi de probabilité de SS. (0,5 pt) b) Calculer l'espérance E(S)E(S) et la variance V(S)V(S). (0,25 pt)
    2. a) Calculer la probabilité pp que le joueur gagne la partie. (0,25 pt) b) Sachant que SS est pair, quelle est la probabilité que le joueur gagne ? (0,25 pt)
    3. a) Le joueur joue 55 parties indépendantes, en remettant les jetons dans l'urne après chaque partie. On note YY le nombre de parties gagnées. Justifier que YY suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres, puis calculer P(Y=3)P(Y = 3). (0,25 pt) b) Le joueur joue maintenant nn parties indépendantes (n≥2n \geq 2) et on note YnY_n le nombre de parties gagnées. Déterminer le plus petit entier nn tel que P(Yn≥2)>0,95P(Y_n \geq 2) > 0{,}95. (0,5 pt)
    Voir le corrigé

    1. a) Le tirage simultané de deux jetons parmi six a C62=15C_6^2 = 15 issues équiprobables. La somme SS prend ses valeurs dans {1,2,3,4}\{1, 2, 3, 4\} (on ne peut pas obtenir deux fois le numéro 00, car il n'y a qu'un jeton 00). Dénombrons :

    • S=1S = 1 : un jeton 00 et un jeton 11 : 1×2=21 \times 2 = 2 tirages ;
    • S=2S = 2 : un jeton 00 et un jeton 22 (1×3=31 \times 3 = 3 tirages), ou deux jetons 11 (C22=1C_2^2 = 1 tirage) : 3+1=43 + 1 = 4 tirages ;
    • S=3S = 3 : un jeton 11 et un jeton 22 : 2×3=62 \times 3 = 6 tirages ;
    • S=4S = 4 : deux jetons 22 : C32=3C_3^2 = 3 tirages.

    Le total est bien 2+4+6+3=152 + 4 + 6 + 3 = 15. La loi de SS est :

    kk11223344
    P(S=k)P(S = k)215\dfrac{2}{15}415\dfrac{4}{15}615=25\dfrac{6}{15} = \dfrac{2}{5}315=15\dfrac{3}{15} = \dfrac{1}{5}

    [0,5 pt]

    1. b) L'espérance est :

    E(S)=1×215+2×415+3×615+4×315=2+8+18+1215=4015=83.E(S) = 1 \times \frac{2}{15} + 2 \times \frac{4}{15} + 3 \times \frac{6}{15} + 4 \times \frac{3}{15} = \frac{2 + 8 + 18 + 12}{15} = \frac{40}{15} = \frac{8}{3}.

    Pour la variance, on utilise V(S)=E(S2)−E(S)2V(S) = E(S^2) - E(S)^2 avec

    E(S2)=1×215+4×415+9×615+16×315=2+16+54+4815=12015=8,E(S^2) = 1 \times \frac{2}{15} + 4 \times \frac{4}{15} + 9 \times \frac{6}{15} + 16 \times \frac{3}{15} = \frac{2 + 16 + 54 + 48}{15} = \frac{120}{15} = 8,

    d'où V(S)=8−(83)2=8−649=89V(S) = 8 - \left(\dfrac{8}{3}\right)^2 = 8 - \dfrac{64}{9} = \dfrac{8}{9}. [0,25 pt]

    2. a) Le joueur gagne si S≥3S \geq 3, donc

    p=P(S=3)+P(S=4)=615+315=915=35.[0,25 pt]p = P(S = 3) + P(S = 4) = \frac{6}{15} + \frac{3}{15} = \frac{9}{15} = \frac{3}{5}. \quad [0,25\ \text{pt}]

    2. b) Notons GG l'événement « le joueur gagne » et QQ l'événement « SS est pair ». On a Q=(S=2)∪(S=4)Q = (S = 2) \cup (S = 4), donc P(Q)=415+315=715P(Q) = \dfrac{4}{15} + \dfrac{3}{15} = \dfrac{7}{15}. L'événement G∩QG \cap Q est (S=4)(S = 4), de probabilité 315\dfrac{3}{15}. Donc

    PQ(G)=P(G∩Q)P(Q)=3/157/15=37.[0,25 pt]P_Q(G) = \frac{P(G \cap Q)}{P(Q)} = \frac{3/15}{7/15} = \frac{3}{7}. \quad [0,25\ \text{pt}]

    3. a) Chaque partie est une épreuve de Bernoulli de probabilité de succès p=35p = \dfrac{3}{5} (gagner). Comme les jetons sont remis dans l'urne, les 55 parties sont identiques et indépendantes : YY suit la loi binomiale de paramètres n=5n = 5 et p=35p = \dfrac{3}{5}. Donc

    P(Y=3)=C53(35)3(25)2=10×27125×425=10803125=216625≈0,35.[0,25 pt]P(Y = 3) = C_5^3\left(\frac{3}{5}\right)^3\left(\frac{2}{5}\right)^2 = 10 \times \frac{27}{125} \times \frac{4}{25} = \frac{1080}{3125} = \frac{216}{625} \approx 0{,}35. \quad [0,25\ \text{pt}]

    3. b) YnY_n suit la loi binomiale de paramètres nn et 35\dfrac{3}{5}. Posons pn=P(Yn≥2)p_n = P(Y_n \geq 2). Par passage à l'événement contraire :

    pn=1−P(Yn=0)−P(Yn=1)=1−(25)n−n×35×(25)n−1=1−(25)n−1×3n+25.p_n = 1 - P(Y_n = 0) - P(Y_n = 1) = 1 - \left(\frac{2}{5}\right)^n - n \times \frac{3}{5} \times \left(\frac{2}{5}\right)^{n-1} = 1 - \left(\frac{2}{5}\right)^{n-1} \times \frac{3n + 2}{5}.

    La suite (pn)(p_n) est strictement croissante : pour n≥2n \geq 2,

    pn+1−pn=(25)n−13n+25−(25)n3n+55=9n25(25)n−1>0.p_{n+1} - p_n = \left(\frac{2}{5}\right)^{n-1}\frac{3n + 2}{5} - \left(\frac{2}{5}\right)^{n}\frac{3n + 5}{5} = \frac{9n}{25}\left(\frac{2}{5}\right)^{n-1} > 0.

    (C'est naturel : jouer une partie de plus ne peut que faciliter l'obtention d'au moins deux victoires.) On calcule :

    • pour n=5n = 5 : p5=1−16625×175=1−2723125=28533125≈0,913p_5 = 1 - \dfrac{16}{625} \times \dfrac{17}{5} = 1 - \dfrac{272}{3125} = \dfrac{2853}{3125} \approx 0{,}913, donc p5<0,95p_5 < 0{,}95 ;
    • pour n=6n = 6 : p6=1−323125×205=1−1283125=29973125≈0,959p_6 = 1 - \dfrac{32}{3125} \times \dfrac{20}{5} = 1 - \dfrac{128}{3125} = \dfrac{2997}{3125} \approx 0{,}959, donc p6>0,95p_6 > 0{,}95.

    La suite (pn)(p_n) étant croissante, pn≤p5<0,95p_n \leq p_5 < 0{,}95 pour 2≤n≤52 \leq n \leq 5, et pn≥p6>0,95p_n \geq p_6 > 0{,}95 pour n≥6n \geq 6. Le plus petit entier cherché est n=6n = 6. [0,5 pt]

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    Exercice 5 : Problème : Étude d'une fonction logarithme, d'une suite et d'une intégrale

    9 points

    On considère la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x−ln⁡(1+x2)f(x) = x - \ln(1 + x^2). On note (C)(C) sa courbe représentative dans un repère orthonormé (O;i⃗,j⃗)(O ; \vec{i}, \vec{j}) d'unité 11 cm, et (D)(D) la droite d'équation y=xy = x.

    Partie I : étude de la fonction ff.

    1. Montrer que lim⁡x→+∞ln⁡(1+x2)x=0\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\ln(1 + x^2)}{x} = 0 et lim⁡x→−∞ln⁡(1+x2)x=0\lim_{x \to -\infty} \dfrac{\ln(1 + x^2)}{x} = 0 (on pourra écrire, pour x≠0x \neq 0, ln⁡(1+x2)=2ln⁡∣x∣+ln⁡(1+1x2)\ln(1 + x^2) = 2\ln|x| + \ln\left(1 + \dfrac{1}{x^2}\right)). En déduire lim⁡x→+∞f(x)\lim_{x \to +\infty} f(x) et lim⁡x→−∞f(x)\lim_{x \to -\infty} f(x). (0,5 pt)
    2. Calculer lim⁡x→±∞f(x)x\lim_{x \to \pm\infty} \dfrac{f(x)}{x} et lim⁡x→±∞(f(x)−x)\lim_{x \to \pm\infty} \big(f(x) - x\big), puis interpréter graphiquement ces résultats. (0,5 pt)
    3. Montrer que, pour tout réel xx : f′(x)=(x−1)21+x2f'(x) = \dfrac{(x - 1)^2}{1 + x^2}, puis dresser le tableau de variations de ff. (0,75 pt)
    4. Montrer que, pour tout réel xx : f′′(x)=2(x2−1)(1+x2)2f''(x) = \dfrac{2(x^2 - 1)}{(1 + x^2)^2}. En déduire la convexité de (C)(C), ses points d'inflexion, et une équation de la tangente à (C)(C) en chacun de ces points. (0,75 pt)
    5. Montrer que (D)(D) est la tangente à (C)(C) au point OO, puis étudier la position relative de (C)(C) et de (D)(D). (0,5 pt)
    6. a) Montrer que ff est une bijection de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R}. b) Montrer que l'équation f(x)=1f(x) = 1 admet une unique solution α\alpha, et que 3,6<α<3,73{,}6 < \alpha < 3{,}7. (0,5 pt)
    7. Construire (D)(D), les tangentes aux points d'inflexion, puis (C)(C) dans le repère (O;i⃗,j⃗)(O ; \vec{i}, \vec{j}) (on prévoira une feuille couvrant au moins [−3 ;5][-3\,;5] en abscisse et [−6 ;2][-6\,;2] en ordonnée). On donne : f(−3)≈−5,30f(-3) \approx -5{,}30 ; f(−2)≈−3,61f(-2) \approx -3{,}61 ; f(−1)≈−1,69f(-1) \approx -1{,}69 ; f(1)≈0,31f(1) \approx 0{,}31 ; f(2)≈0,39f(2) \approx 0{,}39 ; f(3)≈0,70f(3) \approx 0{,}70 ; f(4)≈1,17f(4) \approx 1{,}17 ; f(5)≈1,74f(5) \approx 1{,}74 ; α≈3,67\alpha \approx 3{,}67. (0,5 pt)

    Partie II : une suite récurrente. On considère la suite (un)n∈N(u_n)_{n \in \mathbb{N}} définie par u0=2u_0 = 2 et, pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} : un+1=f(un)=un−ln⁡(1+un2)u_{n+1} = f(u_n) = u_n - \ln(1 + u_n^2).

    1. Montrer par récurrence que, pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} : un>0u_n > 0. (0,5 pt)
    2. a) Montrer que la suite (un)(u_n) est strictement décroissante. (0,5 pt) b) En déduire que (un)(u_n) est convergente, puis déterminer sa limite. (0,5 pt)
    3. a) Calculer, pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, la somme ∑k=0nln⁡(1+uk2)\displaystyle\sum_{k=0}^{n} \ln(1 + u_k^2) en fonction de un+1u_{n+1}. (0,5 pt) b) En déduire la limite de ∏k=0n(1+uk2)\displaystyle\prod_{k=0}^{n} (1 + u_k^2) quand nn tend vers +∞+\infty. (0,5 pt)

    Partie III : calcul intégral. Pour tout réel xx, on pose F(x)=∫0xln⁡(1+t2) dtF(x) = \displaystyle\int_0^x \ln(1 + t^2)\, dt.

    1. a) À l'aide d'une intégration par parties, montrer que, pour tout réel xx : F(x)=xln⁡(1+x2)−2x+2arctan⁡xF(x) = x\ln(1 + x^2) - 2x + 2\arctan x (on rappelle que arctan⁡′(t)=11+t2\arctan'(t) = \dfrac{1}{1 + t^2}). (0,75 pt) b) Calculer F(1)F(1). (0,25 pt)
    2. Calculer, en cm², l'aire du domaine plan limité par la courbe (C)(C), la droite (D)(D) et les droites d'équations x=0x = 0 et x=1x = 1. (0,5 pt)
    3. Calculer ∫01f(x) dx\displaystyle\int_0^1 f(x)\, dx. (0,5 pt)
    4. a) Montrer que, pour tout réel t≥0t \geq 0 : ln⁡(1+t)≤t\ln(1 + t) \leq t. b) En déduire que F(1)≤13F(1) \leq \dfrac{1}{3}, puis que π≤143−2ln⁡2\pi \leq \dfrac{14}{3} - 2\ln 2. (0,5 pt)
    Voir le corrigé

    Partie I

    I. 1. Pour x≠0x \neq 0 : ln⁡(1+x2)=ln⁡(x2(1+1x2))=2ln⁡∣x∣+ln⁡(1+1x2)\ln(1 + x^2) = \ln\left(x^2\left(1 + \dfrac{1}{x^2}\right)\right) = 2\ln|x| + \ln\left(1 + \dfrac{1}{x^2}\right), donc

    ln⁡(1+x2)x=2 ln⁡∣x∣x+1xln⁡(1+1x2).\frac{\ln(1 + x^2)}{x} = 2\,\frac{\ln|x|}{x} + \frac{1}{x}\ln\left(1 + \frac{1}{x^2}\right).

    Quand x→+∞x \to +\infty : ln⁡xx→0\dfrac{\ln x}{x} \to 0 (croissances comparées), et ln⁡(1+1x2)→ln⁡1=0\ln\left(1 + \dfrac{1}{x^2}\right) \to \ln 1 = 0 avec 1x→0\dfrac{1}{x} \to 0. Donc ln⁡(1+x2)x→0\dfrac{\ln(1 + x^2)}{x} \to 0.

    Quand x→−∞x \to -\infty : on pose t=−x→+∞t = -x \to +\infty ; alors ln⁡∣x∣x=−ln⁡tt→0\dfrac{\ln|x|}{x} = -\dfrac{\ln t}{t} \to 0, et les autres termes tendent vers 00 comme précédemment. Donc ln⁡(1+x2)x→0\dfrac{\ln(1 + x^2)}{x} \to 0.

    Pour x≠0x \neq 0, f(x)=x(1−ln⁡(1+x2)x)f(x) = x\left(1 - \dfrac{\ln(1 + x^2)}{x}\right) où la parenthèse tend vers 11 en ±∞\pm\infty. Donc lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty et lim⁡x→−∞f(x)=−∞\lim_{x \to -\infty} f(x) = -\infty. [0,5 pt]

    I. 2. Pour x≠0x \neq 0 : f(x)x=1−ln⁡(1+x2)x→1\dfrac{f(x)}{x} = 1 - \dfrac{\ln(1 + x^2)}{x} \to 1 quand x→±∞x \to \pm\infty, d'après la question précédente. D'autre part f(x)−x=−ln⁡(1+x2)f(x) - x = -\ln(1 + x^2) tend vers −∞-\infty quand x→±∞x \to \pm\infty, car 1+x2→+∞1 + x^2 \to +\infty.

    Comme f(x)x→1\dfrac{f(x)}{x} \to 1 et f(x)−x→−∞f(x) - x \to -\infty, la courbe (C)(C) admet, en +∞+\infty comme en −∞-\infty, une branche parabolique de direction la droite (D)(D) d'équation y=xy = x (et non une asymptote, puisque f(x)−xf(x) - x n'a pas de limite finie). [0,5 pt]

    I. 3. La fonction ff est dérivable sur R\mathbb{R} (car 1+x2>01 + x^2 > 0) et, pour tout réel xx :

    f′(x)=1−2x1+x2=1+x2−2x1+x2=(x−1)21+x2.f'(x) = 1 - \frac{2x}{1 + x^2} = \frac{1 + x^2 - 2x}{1 + x^2} = \frac{(x - 1)^2}{1 + x^2}.

    Donc f′(x)≥0f'(x) \geq 0 pour tout xx, et f′(x)=0f'(x) = 0 seulement pour x=1x = 1 : la dérivée est positive et ne s'annule qu'en un point, donc la fonction ff est strictement croissante sur R\mathbb{R}. Avec f(1)=1−ln⁡2≈0,31f(1) = 1 - \ln 2 \approx 0{,}31 :

    xx−∞-\infty11+∞+\infty
    f′(x)f'(x)++00++
    f(x)f(x)−∞-\infty↗\nearrow1−ln⁡21 - \ln 2↗\nearrow+∞+\infty

    [0,75 pt]

    I. 4. On dérive le quotient f′(x)=(x−1)21+x2f'(x) = \dfrac{(x - 1)^2}{1 + x^2} :

    f′′(x)=2(x−1)(1+x2)−2x(x−1)2(1+x2)2=2(x−1)[1+x2−x(x−1)](1+x2)2=2(x−1)(x+1)(1+x2)2=2(x2−1)(1+x2)2.f''(x) = \frac{2(x - 1)(1 + x^2) - 2x(x - 1)^2}{(1 + x^2)^2} = \frac{2(x - 1)\big[1 + x^2 - x(x - 1)\big]}{(1 + x^2)^2} = \frac{2(x - 1)(x + 1)}{(1 + x^2)^2} = \frac{2(x^2 - 1)}{(1 + x^2)^2}.

    Le dénominateur est strictement positif : f′′(x)f''(x) a le signe de x2−1x^2 - 1. Donc f′′>0f'' > 0 sur ]−∞,−1[]-\infty, -1[ et sur ]1,+∞[]1, +\infty[, et f′′<0f'' < 0 sur ]−1,1[]-1, 1[. La courbe (C)(C) est convexe sur ]−∞,−1]]-\infty, -1] et sur [1,+∞[[1, +\infty[, et concave sur [−1,1][-1, 1].

    La dérivée seconde s'annule en changeant de signe en −1-1 et en 11 : (C)(C) admet deux points d'inflexion, I1(−1 ; −1−ln⁡2)I_1(-1\,;\,-1 - \ln 2) et I2(1 ; 1−ln⁡2)I_2(1\,;\,1 - \ln 2).

    Tangente en I1I_1 : f′(−1)=42=2f'(-1) = \dfrac{4}{2} = 2, donc y=2(x+1)−1−ln⁡2y = 2(x + 1) - 1 - \ln 2, soit y=2x+1−ln⁡2y = 2x + 1 - \ln 2. Tangente en I2I_2 : f′(1)=0f'(1) = 0, donc y=1−ln⁡2y = 1 - \ln 2 (tangente horizontale). [0,75 pt]

    I. 5. On a f(0)=0−ln⁡1=0f(0) = 0 - \ln 1 = 0 et f′(0)=11=1f'(0) = \dfrac{1}{1} = 1. La tangente à (C)(C) en OO a pour équation y=f(0)+f′(0)(x−0)=xy = f(0) + f'(0)(x - 0) = x : c'est la droite (D)(D).

    Pour tout réel xx : f(x)−x=−ln⁡(1+x2)f(x) - x = -\ln(1 + x^2). Comme 1+x2≥11 + x^2 \geq 1, ln⁡(1+x2)≥0\ln(1 + x^2) \geq 0, donc f(x)−x≤0f(x) - x \leq 0, avec égalité si et seulement si x=0x = 0. La courbe (C)(C) est donc au-dessous de (D)(D) sur R\mathbb{R}, et la touche en OO uniquement. [0,5 pt]

    I. 6. a) La fonction ff est continue et strictement croissante sur R\mathbb{R}, avec lim⁡−∞f=−∞\lim_{-\infty} f = -\infty et lim⁡+∞f=+∞\lim_{+\infty} f = +\infty. D'après le théorème de la bijection, ff réalise une bijection de R\mathbb{R} sur f(R)=]−∞,+∞[=Rf(\mathbb{R}) = ]-\infty, +\infty[ = \mathbb{R}.

    b) Comme 1∈R1 \in \mathbb{R}, l'équation f(x)=1f(x) = 1 admet une unique solution α\alpha. À la calculatrice : f(3,6)=3,6−ln⁡(13,96)≈0,964<1f(3{,}6) = 3{,}6 - \ln(13{,}96) \approx 0{,}964 < 1 et f(3,7)=3,7−ln⁡(14,69)≈1,013>1f(3{,}7) = 3{,}7 - \ln(14{,}69) \approx 1{,}013 > 1. Comme ff est strictement croissante, f(3,6)<f(α)<f(3,7)f(3{,}6) < f(\alpha) < f(3{,}7) donne 3,6<α<3,73{,}6 < \alpha < 3{,}7. [0,5 pt]

    I. 7. On place les points donnés, le point I1(−1 ; −1,69)I_1(-1\,;\,-1{,}69) avec sa tangente de pente 22 (qui passe par (0 ; 1−ln⁡2)≈(0 ; 0,31)(0\,;\,1 - \ln 2) \approx (0\,;\,0{,}31)), le point I2(1 ; 0,31)I_2(1\,;\,0{,}31) avec sa tangente horizontale, l'origine avec la tangente (D)(D), et le point (α ; 1)(\alpha\,;\,1) avec α≈3,67\alpha \approx 3{,}67. La courbe (C)(C) est strictement croissante, située au-dessous de (D)(D), convexe puis concave puis convexe ; elle s'éloigne de (D)(D) vers le bas à gauche (par exemple f(−3)≈−5,30f(-3) \approx -5{,}30 alors que yD=−3y_D = -3) et vers la droite (par exemple f(5)≈1,74f(5) \approx 1{,}74 alors que yD=5y_D = 5). [0,5 pt]

    Partie II

    II. 1. Montrons par récurrence la propriété P(n)P(n) : « un>0u_n > 0 ».

    Initialisation : u0=2>0u_0 = 2 > 0, donc P(0)P(0) est vraie.

    Hérédité : soit n∈Nn \in \mathbb{N} tel que un>0u_n > 0. La fonction ff est strictement croissante sur R\mathbb{R} et f(0)=0f(0) = 0, donc un>0u_n > 0 entraîne f(un)>f(0)=0f(u_n) > f(0) = 0, c'est-à-dire un+1>0u_{n+1} > 0 : P(n+1)P(n+1) est vraie.

    Conclusion : pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, un>0u_n > 0. [0,5 pt]

    II. 2. a) Pour tout nn : un+1−un=−ln⁡(1+un2)u_{n+1} - u_n = -\ln(1 + u_n^2). D'après la question 1, un>0u_n > 0, donc un2>0u_n^2 > 0 et 1+un2>11 + u_n^2 > 1, donc ln⁡(1+un2)>0\ln(1 + u_n^2) > 0. Ainsi un+1−un<0u_{n+1} - u_n < 0 pour tout nn : la suite (un)(u_n) est strictement décroissante. [0,5 pt]

    II. 2. b) La suite (un)(u_n) est décroissante et minorée par 00 (question 1) : elle est donc convergente. Notons ℓ\ell sa limite ; comme un>0u_n > 0 pour tout nn, on a ℓ≥0\ell \geq 0.

    La fonction ff est continue sur R\mathbb{R} et un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) : en passant à la limite, ℓ=f(ℓ)\ell = f(\ell), c'est-à-dire ℓ=ℓ−ln⁡(1+ℓ2)\ell = \ell - \ln(1 + \ell^2), soit ln⁡(1+ℓ2)=0\ln(1 + \ell^2) = 0. Donc 1+ℓ2=11 + \ell^2 = 1 et ℓ=0\ell = 0.

    La suite (un)(u_n) converge vers 00. [0,5 pt]

    II. 3. a) Pour tout k∈Nk \in \mathbb{N} : ln⁡(1+uk2)=uk−uk+1\ln(1 + u_k^2) = u_k - u_{k+1}. La somme est télescopique :

    ∑k=0nln⁡(1+uk2)=∑k=0n(uk−uk+1)=u0−un+1=2−un+1.[0,5 pt]\sum_{k=0}^{n} \ln(1 + u_k^2) = \sum_{k=0}^{n} (u_k - u_{k+1}) = u_0 - u_{n+1} = 2 - u_{n+1}. \quad [0,5\ \text{pt}]

    II. 3. b) Par propriété de ln⁡\ln (somme de logarithmes) : ln⁡(∏k=0n(1+uk2))=∑k=0nln⁡(1+uk2)=2−un+1\ln\left(\displaystyle\prod_{k=0}^{n}(1 + u_k^2)\right) = \displaystyle\sum_{k=0}^{n}\ln(1 + u_k^2) = 2 - u_{n+1}. D'où

    ∏k=0n(1+uk2)=e 2−un+1.\prod_{k=0}^{n}(1 + u_k^2) = e^{\,2 - u_{n+1}}.

    Comme un+1→0u_{n+1} \to 0 et que la fonction exponentielle est continue, lim⁡n→+∞∏k=0n(1+uk2)=e2\displaystyle\lim_{n \to +\infty}\prod_{k=0}^{n}(1 + u_k^2) = e^{2}. [0,5 pt]

    Partie III

    III. 1. a) Fixons x∈Rx \in \mathbb{R}. Posons U(t)=ln⁡(1+t2)U(t) = \ln(1 + t^2) et V(t)=tV(t) = t ; ces fonctions sont de classe C1C^1 sur R\mathbb{R}, avec U′(t)=2t1+t2U'(t) = \dfrac{2t}{1 + t^2} et V′(t)=1V'(t) = 1. L'intégration par parties donne :

    F(x)=[tln⁡(1+t2)]0x−∫0x2t21+t2 dt=xln⁡(1+x2)−2∫0x(1−11+t2)dt,F(x) = \Big[t\ln(1 + t^2)\Big]_0^x - \int_0^x \frac{2t^2}{1 + t^2}\, dt = x\ln(1 + x^2) - 2\int_0^x \left(1 - \frac{1}{1 + t^2}\right) dt,

    car t21+t2=1−11+t2\dfrac{t^2}{1 + t^2} = 1 - \dfrac{1}{1 + t^2}. Comme arctan⁡′(t)=11+t2\arctan'(t) = \dfrac{1}{1 + t^2} et arctan⁡0=0\arctan 0 = 0 :

    F(x)=xln⁡(1+x2)−2[t−arctan⁡t]0x=xln⁡(1+x2)−2x+2arctan⁡x.[0,75 pt]F(x) = x\ln(1 + x^2) - 2\big[t - \arctan t\big]_0^x = x\ln(1 + x^2) - 2x + 2\arctan x. \quad [0,75\ \text{pt}]

    III. 1. b) Avec arctan⁡1=π4\arctan 1 = \dfrac{\pi}{4} : F(1)=ln⁡2−2+2×π4=ln⁡2−2+π2≈0,264F(1) = \ln 2 - 2 + 2 \times \dfrac{\pi}{4} = \ln 2 - 2 + \dfrac{\pi}{2} \approx 0{,}264. [0,25 pt]

    III. 2. D'après la question I. 5, (C)(C) est au-dessous de (D)(D), donc sur [0,1][0, 1] l'aire du domaine est :

    A=∫01(x−f(x)) dx=∫01ln⁡(1+x2) dx=F(1)=ln⁡2−2+π2.\mathcal{A} = \int_0^1 \big(x - f(x)\big)\, dx = \int_0^1 \ln(1 + x^2)\, dx = F(1) = \ln 2 - 2 + \frac{\pi}{2}.

    L'unité graphique étant 11 cm, l'unité d'aire est 11 cm² : A=ln⁡2−2+π2≈0,26 cm2\mathcal{A} = \ln 2 - 2 + \dfrac{\pi}{2} \approx 0{,}26\ \text{cm}^2. [0,5 pt]

    III. 3. Par linéarité de l'intégrale, avec f(x)=x−ln⁡(1+x2)f(x) = x - \ln(1 + x^2) :

    ∫01f(x) dx=∫01x dx−F(1)=12−(ln⁡2−2+π2)=52−ln⁡2−π2≈0,24.\int_0^1 f(x)\, dx = \int_0^1 x\, dx - F(1) = \frac{1}{2} - \left(\ln 2 - 2 + \frac{\pi}{2}\right) = \frac{5}{2} - \ln 2 - \frac{\pi}{2} \approx 0{,}24.

    (Ce nombre est positif, comme il se doit : f(0)=0f(0) = 0 et ff est croissante, donc f≥0f \geq 0 sur [0,1][0, 1].) [0,5 pt]

    III. 4. a) Soit g(t)=t−ln⁡(1+t)g(t) = t - \ln(1 + t) pour t≥0t \geq 0. La fonction gg est dérivable et g′(t)=1−11+t=t1+t≥0g'(t) = 1 - \dfrac{1}{1 + t} = \dfrac{t}{1 + t} \geq 0 : gg est croissante sur [0,+∞[[0, +\infty[, avec g(0)=0g(0) = 0. Donc g(t)≥0g(t) \geq 0, c'est-à-dire ln⁡(1+t)≤t\ln(1 + t) \leq t pour tout t≥0t \geq 0.

    III. 4. b) Pour x∈[0,1]x \in [0, 1], on applique ce résultat à t=x2≥0t = x^2 \geq 0 : 0≤ln⁡(1+x2)≤x20 \leq \ln(1 + x^2) \leq x^2. Par positivité et croissance de l'intégrale sur [0,1][0, 1] :

    F(1)=∫01ln⁡(1+x2) dx≤∫01x2 dx=13.F(1) = \int_0^1 \ln(1 + x^2)\, dx \leq \int_0^1 x^2\, dx = \frac{1}{3}.

    Avec F(1)=ln⁡2−2+π2F(1) = \ln 2 - 2 + \dfrac{\pi}{2}, cela donne π2≤73−ln⁡2\dfrac{\pi}{2} \leq \dfrac{7}{3} - \ln 2, soit π≤143−2ln⁡2\pi \leq \dfrac{14}{3} - 2\ln 2 (le second membre vaut environ 3,283{,}28). [0,5 pt]

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